La Reine morte

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La Reine morte
Auteur Henry de Montherlant
Nb. d'actes 3
Lieu de parution Paris
Éditeur Éditions Gallimard
Date de parution 1942
Nombre de pages 255
Date de création en français 8 décembre 1942
Lieu de création en français Comédie-Française
Metteur en scène Pierre Dux
Rôle principal Jean-Louis Barrault
(le roi Ferrante),
Madeleine Renaud
(Inès de Castro)

La Reine morte est un drame en trois actes d'Henry de Montherlant écrit en 1942 et représenté pour la première fois le à la Comédie-Française dans une mise en scène de Pierre Dux, des décors et costumes de Roland Oudot, avec Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud. Dans les années soixante le rôle d'Inès de Castro fut interprété avec talent par Geneviève Casile, sociétaire de la Comédie-Française (mise en scène de Pierre Dux puis de Pierre Franck), rôle qu'elle a également interprété pour la télévision dans une réalisation de Roger Iglésis.

C'est une des pièces les plus connues de l'auteur qui développe le thème classique de l'amour contrarié par la raison d'État.

Cette pièce est librement inspirée de l'histoire des rois de Portugal Alphonse IV et Pierre Ier et d'Inés de Castro, d'après le drame espagnol Reinar después de morir (Régner après sa mort), de Luis Velez de Guevara[1].

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Ferrante, roi de Portugal, 70 ans
  • Le Prince Don Pedro, son fils, 26 ans
  • Egas Coelho, premier ministre
  • Alvar Gonçalvès, conseiller
  • Don Christoval, anciennement gouverneur du Prince (vieillard)
  • Le Grand Amiral et Prince de la Mer
  • Dino Del Moro, page du roi
  • Don Eduardo, secrétaire de la main (vieillard)
  • Don Manoël Ocayo
  • L’infant de Navarre
  • Le capitaine Batalha
  • Deux pages du roi
  • Le lieutenant Martins
  • Inès de Castro, 26 ans
  • L’Infante de Navarre (Dona Bianca), 17 ans
  • Trois dames d’honneur de l’Infante
  • Officiers
  • Soldats
  • Gens de la Cour

Argument[modifier | modifier le code]

Un mariage est prévu entre l'Infante de Navarre et le prince Pedro, fils de Ferrante, roi du Portugal. Il s'agit de fonder une alliance politique entre les deux royaumes contre la Castille.

La pièce débute par une entrevue entre le roi Ferrante et l'Infante de Navarre. La jeune fille de dix-sept ans lui annonce que le fils du roi, Pedro, refuse le mariage. Humiliée, elle décide de repartir pour la Navarre. Ferrante lui demande un délai afin de pouvoir raisonner son fils.

Lors d'un entretien privé avec Pedro, il va ainsi essayer de rappeler à son fils ses devoirs de prince. Il refuse que sa liaison et son affection pour Inès de Castro (dont il était au courant) l'empêchent d'épouser l'Infante. Malgré l'insistance de Ferrante, Pedro refuse obstinément l'idée de ce mariage. Il est profondément amoureux de la jeune femme et ne veut pas sacrifier son bonheur à la raison d’État. Craignant son père, il n'a pas non plus eu le courage de lui annoncer qu'il s'est marié en secret avec Inès et qu'elle attend un enfant de lui. C'est Inès elle-même qui dira la vérité au roi, sans toutefois lui préciser qu'elle est enceinte.

Ferrante fait arrêter son fils, dans le seul but de le ramener à la raison. Le mariage ne pouvant être cassé, plusieurs conseillers du roi le poussent à faire mourir Inès au nom de la raison d'État. Il s'agit à la fois de faire disparaître celle qui fait obstacle à une alliance politique essentielle et de montrer l'autorité du roi. Ferrante, qui éprouve de l'affection pour la jeune femme, s'y refuse. Il croit en une solution plus diplomatique et suspecte par ailleurs des mauvaises intentions chez certains de ses conseillers.

Inès ignore les menaces qui pèsent sur elle et a même la possibilité de voir son mari. Elle ne vit que pour Pedro et l'enfant qu'elle sent dans son ventre. L'Infante quant à elle, bien que blessée dans son orgueil par le prince Pedro, se prend d'affection pour Inès. Elle l'informe des dangers qu'elle court et lui propose de l'emmener avec elle en Navarre. Ainsi elle sera sauvée. Inès refuse: elle croit en la bonté du roi et ne veut pas abandonner l'époux qu'elle aime.

Inès reste donc à la cour et s'entretient longuement avec le roi Ferrante. Il se confie à elle et lui fait part des douleurs du pouvoir et de sa lassitude. Inès lui avoue alors qu'elle porte l'enfant de Pedro. L'entretien se poursuit encore et Ferrante finit par dire à Inès de partir, escortée de ses quatre hommes. Lorsqu'elle est sortie, on comprend qu'il a décidé de la faire assassiner sur la route. Malgré ses hésitations, il ne fait rien pour la sauver. Quelques instants après, il est pris d'un malaise et meurt. Le cadavre d'Inès est alors apporté sur une civière. Pedro, très ému, vient pleurer sur sa femme tandis que les princes lui prêtent allégeance. Le corps de Ferrante reste seul, abandonné.

Jugements[modifier | modifier le code]

  • « Avoir écrit La Reine Morte suffit à justifier une vie », Maurice Maeterlinck[réf. incomplète]
  • « Devant cette Reine morte, quel sentiment? Un sentiment complexe. Mettons: une double humilité. Le regret de ne pas avoir fait une œuvre plus belle. Et, en même temps, se sentir assez petit devant ce qu'on a soi-même créé. » (Henry de Montherlant, En relisant La Reine morte, 1954)

Mises en scène fameuses[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Une Reine morte est adaptée pour la télévision en 2009 par Pierre Boutron et diffusée le 19 mai 2009 sur France 2. Les rôles principaux sont attribués à Michel Aumont (le roi Ferrante), Gaëlle Bona (Inès de Castro), Thomas Jouannet (Don Pedro) et Astrid Berges-Frisbey (l'Infante de Navarre).

Ballet[modifier | modifier le code]

Un ballet en deux actes est chorégraphié et mis en scène par Kader Belarbi sur une musique de Tchaïkovsky et créé le 26 octobre 2011 au Théâtre du Capitole de Toulouse.

Cinéma[modifier | modifier le code]

C'est la pièce que jouent les comédiens du Théâtre Montmartre au début du film de François Truffaut, Le Dernier métro.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Robichez, Le Théâtre de Montherlant, SEDES, 1973, p. 63 à 66.