Alteckendorf

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Alteckendorf
Vue sur l'église luthérienne d'Altdorf.
Vue sur l'église luthérienne d'Altdorf.
Blason de Alteckendorf
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Saverne
Canton Bouxwiller
Intercommunalité C.C. du Pays de la Zorn
Maire
Mandat
Alain Hipp
2014-2020
Code postal 67270
Code commune 67005
Démographie
Gentilé Alteckendorfois
Population
municipale
824 hab. (2012)
Densité 144 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 47′ 37″ N 7° 35′ 43″ E / 48.793611, 7.59527848° 47′ 37″ Nord 7° 35′ 43″ Est / 48.793611, 7.595278
Altitude Min. 167 m – Max. 265 m
Superficie 5,72 km2
Localisation

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Liens
Site web alteckendorf.payszorn.com

Alteckendorf (prononcé [altɛkəndɔrf ]) est une commune française située dans le département du Bas-Rhin en région Alsace. Le village est né en 1777 de l'union des communautés villageoise d'Eckendorf et (Ober)Altdorf. Au cours du XIXe siècle, les deux villages, en s'étendant, se sont rejoint par la même rue principale. Eckendorf est attesté dans les textes d'archives dès le VIIIe siècle ; des abbayes et monastères du Saint-Empire romain germanique y ayant des possessions agricoles. Au Moyen Âge tardif, entre 1332 et 1490, les deux localités sont des fiefs des seigneurs des Lichtenberg. Leur possession passe ensuite aux comtes de Hanau-Lichtenberg jusqu'en 1736 puis aux landgraves de Hesse-Darmstadt jusqu'à la Révolution française. Les deux villages deviennent français en 1680 dans le cadre de la politique des Réunions quand leur seigneur, le comte Frédéric Casimir de Hanau se soumet à l'autorité de Louis XIV. Comme le reste de l'Alsace, Alteckendorf redevient allemand durant la période wilhelminienne (1871-1918) puis lors de l'occupation Nazi (1940-1945).

En 2012, avec ses 824 habitants, Alteckendorf est la quatrième commune la plus peuplée de la Communauté de communes du Pays de la Zorn, après Hochfelden, Schwindratzheim et Wingersheim.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Géographie du Bas-Rhin.

Localisation et communes limitrophes[modifier | modifier le code]

La commune d'Alteckendorf se trouve au cœur de la partie septentrionale du département du Bas-Rhin. À vol d'oiseau, elle se situe à 25,3 km au nord-ouest de Strasbourg, chef-lieu de département, à 18,3 km au nord-est de Saverne, chef-lieu d'arrondissement, à 14,4 km de Haguenau et à 10,1 km de Brumath. Hochfelden, chef-lieu de la communauté de communes du Pays de la Zorn est à une distance de 4,0 km et Bouxwiller, chef-lieu du canton à 9,5 km[1].

Communes limitrophes d’Alteckendorf
Ettendorf Grassendorf, Huttendorf
Lixhausen Alteckendorf Minversheim
Bossendorf Schwindratzheim

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Plaine d'Alsace et Vosges.
illustration couleur du relief du bassin rhénan entouré des Vosges et de la Forêt Noire. Les principales villes sont mentionnées.
Carte du relief de l'Alsace. Alteckendorf se trouve dans la zone des collines situées entre Strasbourg et Haguenau.

La superficie de la commune d'Alteckendorf est de 572 hectares. Ce territoire comme l'ensemble de la plaine d'Alsace fait partie du fossé rhénan (ou vallée du Rhin), une zone de basses altitudes orientée nord-sud et allant de Bâle en Suisse à Francfort-sur-le-Main en Allemagne. Dans sa partie méridionale, le fossé rhénan est bordé par le massif des Vosges à l'ouest et massif de la Forêt-Noire à l'est. Il y a 65 Ma, ces deux massifs n'en formaient qu'un seul d'une altitude de 3 000 mètres. À la suite de la formation des Alpes, deux lignes de cassures sud-nord parallèles se sont formées dans ce massif unique. La zone comprise entre ces deux fractures s'est progressivement effondrée et a été envahie par une mer peu profonde durant l'Éocène supérieur (vers - 35 Ma) et durant l'Oligocène inférieur (Rupélien, vers - 30 Ma), la comblant en partie de dépôts marins. Plus tard, il y a un million d'années seulement, le Rhin s'est insinué dans ce fossé d'effondrement et y a apporté des alluvions fluviatiles[2].

Alteckendorf est située plus précisément dans la zone des collines sous-vosgiennes et loessiques de l'arrière-Kochersberg dans le secteur du champ de fracture de Saverne. Par collines sous-vosgiennes, on désigne des coteaux de 200 à 400 mètres d'altitude et qui viennent en transition entre la plaine rhénane à l'est et le massif vosgien à l'ouest[3]. Le village est situé à 177 mètres au-dessus du niveau de la mer, en bordure du ruisseau Landgraben et se trouve entouré par les collines du Koppenberg (256 mètres), de l’Englischberg (288 mètres) et du Schyrberg (250 mètres)[4].

Hydrologie[modifier | modifier le code]

petit ruisseau du bout du monde que le soleil inonde de ses rayons dorés
Ruiseau du Landgraben à son niveau d'étiage - juillet 2015.

Le finage de la commune d'Alteckendorf n'est pas traversé par des cours d'eau d'importance notable. On peut toutefois signaler deux ruisseaux.

Le Landgraben « le fossé du pays » prend sa source au nord, sur le territoire de Buswiller. Il s'écoule vers le sud pour traverser Ettendorf, puis longe Alteckendorf et Minversheim. À Mommenheim, ce modeste cours d'eau prend le nom de Minversheimerbach « le ruisseau de Minversheim » où ses eaux se jettent dans la rivière Zorn ; un sous-affluent du Rhin[5].

Le Schweinbachgraben ou Schweingraben « le ruisseau aux cochons » est un cours d'eau qui marque en partie la frontière orientale du territoire communal d'Alteckendorf. Ce ruisseau prend sa source au nord du village sur le territoire de Grassendorf. Il s'écoule vers le sud pour rejoindre le Landgraben au sud-ouest de Minversheim[6].

Espaces naturels[modifier | modifier le code]

paysage verdoyant
Vue sur la ZNIEFF des Prés-vergers - lieu-dit Grossmattgärten - Alteckendorf.

Une partie du territoire communal d'Alteckendorf est classé en Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type 1, c'est-à-dire un espace homogène d’un point de vue écologique et qui abrite au moins une espèce et/ou un habitat rares ou menacés, d’intérêt aussi bien local que régional, national ou communautaire. Ayant pour objectif un inventaire des espèces animales ou végétales, une ZNIEFF ne s'accompagne d'aucune mesure de protection réglementaire. La ZNIEFF des Prés-vergers à Altdorf et Ettendorf couvre une superficie de 123,99 hectares, à cheval sur les territoires d'Alteckendorf et Ettendorf. Ce secteur de collines est constitué à 15 % de vergers, à 70 % de prairies et à 10 % de champs mis en culture[7]. Aucun inventaire n'a encore mis sa richesse faunistique en évidence mais la Ligue pour la protection des oiseaux a signalé en 2005 la présence de la pie-grièche à tête rousse (Lanius senator Linnaeus), placée sur la Liste rouge de l'UICN ; catégorie LC (préoccupation mineure) au niveau mondial et européen, catégorie NT (quasi menacée) au niveau français[8]. Cette ZNIEFF Prés-vergers est partie intégrante d'une zone plus vaste, la ZNIEFF continentale de type 2 dite du Paysage de collines avec vergers du Pays de Hanau. Cette dernière à une superficie de 28 841,21 hectares et se répartie sur onze zones naturelles de type 1. Elle s'étend sur une soixantaine de communes situées tout autour de Bouxwiller. Il s'agit d'un grand ensemble naturel riche et peu modifié avec des potentialités biologiques importantes[9].

Climat[modifier | modifier le code]

Article connexe : Climat du Bas-Rhin.
Ville Ensoleillement
(h/an)
Pluie
(mm/an)
Neige
(j/an)
Orage
(j/an)
Brouillard
(j/an)
Moyenne nationale 1 973 770 14 22 40
Strasbourg[10] 1 637 610 30 29 65
Paris 1 661 637 12 18 10
Nice 2 724 733 1 29 1
Brest 1 605 1 211 7 12 75

Le climat qui règne à Alteckendorf est de type climat océanique dégradé avec une assez grande amplitude de température. Ainsi, les hivers connaissent des précipitations neigeuses assez fréquentes tandis que certaines journées d'étés peuvent être chaudes et étouffantes. Située entre deux massifs montagneux (les Vosges et la Forêt-Noire) le village est peu exposé aux vents. De même, les précipitations sont relativement peu abondantes et irrégulières comparées aux autres régions françaises grâce à la protection naturelle contre les vents d'ouest dominants que constituent les Vosges (effet de fœhn). La localité est souvent sujette à de violents orages au printemps et en été. Les plus dévastateurs se sont produits les 18 et 30 mai 2008, des inondations et des coulées de boue ayant envahi des habitations[11].

Températures et précipitations moyennes à Strasbourg[12]

Mois Jan. Fév. Mars Avr Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
Températures moyennes (°C) 1,6 2,8 6,7 9,7 14,3 17,3 19,5 19,3 15,5 10,6 5,3 2,8
Précipitations (mm) 30,0 35,0 36,1 42,5 78,2 76,7 66,2 57,9 62,1 52,5 49,8 44,5
Sources des données : Météo France

Voies de communications et transport[modifier | modifier le code]

Réseau routier[modifier | modifier le code]

L'ensemble du maillage routier (routes départementales, rues et chemins vicinaux) occupe neuf hectares sur les 572 du territoire communal[13]. La localité est traversée d'ouest en est (Rue principale) par la D 69 qui relie Kirrwiller à Mommenheim. Cette route croise à Altdorf la D 25 qui relie Ettendorf à Hochfelden. Cette dernière voie est prolongée par plusieurs autres routes départementales ; la D 769 vers Eckendorf, la D 106 vers Bossendorf, la D 32 vers Schwindratzheim et la D 100 vers Hochfelden[14]. L'entrée et la sortie de l'autoroute A4 (Paris - Strasbourg) sont possible par le proche péage de Schwindratzheim (sortie 46 - Hochfelden) ainsi que par la sortie sortie 45 - Saverne, la sortie sortie 47 - Brumath Nord et la sortie sortie 48 - Brumath Sud. Au péage de Schwindratzheim, un petit parking est mis à la disposition des adeptes du covoiturage[15].

Transports en commun[modifier | modifier le code]

La ligne de chemin de fer Sarreguemines-Strasbourg traverse depuis 1895 le territoire communal et occupe une emprise de dix hectares[16]. La gare ferroviaire située à Eckendorf est aujourd'hui désaffectée. Ce bâtiment a été acheté par la municipalité en 1982 puis transformé en 1984 en salle polyvalente[17]. Désormais, la station SNCF la plus proche est la gare de Mommenheim, accessible depuis Alteckendorf par une liaison d'autocars TER Alsace de la ligne Obermodern-Mommenheim[18].

Des ramassages vers le collège de Hochfelden[19] et vers le lycée de Bouxwiller sont organisés lors des périodes scolaires.

Fusion de deux villages[modifier | modifier le code]

Historique de la fusion[modifier | modifier le code]

L'année 1777 est généralement avancée comme étant celle de l'union des deux villages d'Altdorf et Eckendorf. La chronique paroissiale rapporte que pour marquer cet événement, une fête a été organisée à mi-chemin des deux localités, près d'un bosquet appelé « die Laube »[20]. Il faut cependant inscrire cet événement dans un mouvement plus large ; tant en amont, qu'en aval de cette date. Aussi, plutôt qu'une union, il vaut mieux parler d'un processus fusionnel.

Primitivement filiales de la paroisse de Minversheim, Eckendorf et Altdorf forment en 1474 une paroisse autonome, d'abord catholique puis luthérienne à partir de 1545[21]. Les deux villages se voient attribuer en 1577 un sceau commun. Ce dernier représente Saint Martin, patron de la chapelle d'Altdorf[22]. Ce sceau unique démontre qu'Eckendorf et Altdorf sont déjà lié administrativement et que le seigneur de Hanau-Lichtenberg était représenté dans les deux villages par un unique Schultheiss (écoutète), dépositaire du sceau des deux communautés. Ce personnage exerçait un pouvoir judiciaire de première instance au sein du Gericht, un tribunal villageois composé d'au moins sept Schoeffen (échevins). Les sentences et les amendes étaient prononcées en fonction de la Dorfordnung, un règlement villageois qui était une codification d'abord orale puis écrite, d'us et de coutumes issues du Moyen Âge[23].

maison alsacienne à colombage
Ferme S'Stawalters - Altdorf - construite en 1699.

En 1662, est rédigé un livre terrier unique qui recense tous les propriétaires fonciers des deux villages. Il est établi par le Schultheiss Dieboldthansen Dieboldt avec cinq échevins du tribunal villageois[24]. Ce document démontre que les deux villages n'ont qu'un seul territoire communal plus d'un siècle avant l'union de 1777[25].

Après la rattachement de l'Alsace à la France par Louis XIV, un protestant ne peut plus être nommé Schultheiss. Aussi, au sein du comté luthérien de Hanau-Lichtenberg, les Schultheiss sont remplacés par des Stabhalter (Stawalter en alsacien); ce qui représente un simple changement de dénomination. Du 19 mars 1769 au 31 mars 1790 cette fonction a été assurée à Alteckendorf par Johann Richert (1736-1806). Ce Stabhalter a donc assuré sa charge huit années avant la fête de l'union de 1777 ainsi que les treize années suivantes. En passant, on peut faire remarquer ici, que l'autorité préfectorale napoléonienne, a fait perdurer la carrière politique locale du Stabhalter Johann Richert en le nommant Maire d'Alteckendorf à partir de 1800[26].

Que représente alors l'année 1777 ? Avant la Révolution, en Alsace, la population rurale était divisée grosso modo en deux catégories : les Schirmer (manants) et les Bürger (bourgeois)[27]. Chaque année, les bourgeois d'Eckendorf élisaient un Bürgermeister (bourgeois en chef) chargé des finances de la communauté des bourgeois et des impôts que ces derniers se devaient de verser. De leur côté, les bourgeois d'Altdorf faisaient de même. C'est cette fonction qui a été unifiée en 1777. Avant cette date, et depuis une époque immémoriale, les deux communautés villageoise avaient donc chacune leur propre Bürgermeister même si elles ne relevaient que d'un unique tribunal villageois dirigé par un Schultheiss issu de l'une de ces deux communauté bourgeoise et nommé par la Régence seigneuriale[16].

Du Laubweg[modifier | modifier le code]

Le plan agraire de 1760 montre deux villages bien distinct (en rose)[28]

La fusion des deux communautés entérinée en l'an 1777 n'est pas remise en cause en 1790 lors de la réorganisation administrative conduite durant la Révolution française. Les deux villages restent liés au sein d'une même nouvelle municipalité. Cependant le plan cadastral de 1828, tout comme son prédécesseur, le plan agraire de 1760, montre encore deux villages bien distincts[29]. Eckendorf est séparé d'Altdorf par des prairies mais les localités sont reliées entre elles par un chemin alors appelé le Laubweg[30]. Le mot allemand Laubweg est composé du mot Weg qui signifie « chemin », et par le mot Laub qui signifie « feuillage, die Laube se traduisant par « la tonnelle ». Le Laubweg renvoie à la notion de justice villageoise pré-révolutionnaire évoquée plus haut. Le tribunal du Gericht dirigé par le Schultheiss siégeait durant les XIVe et XVe siècles, dans une maison ouverte à tous les vents pour garantir la publicité de ses débats. Cette maison appelée die Laube est un lieu plus agréable que la place publique située à l'ombre du tilleul villageois où se tenaient à l'origine les débats[31]. Pour exemple, aujourd'hui encore, à Wintzenheim, dans le Kochersberg, se dresse dans le centre du village, son ancienne Laube édifiée à la fin du XVIe siècle[32]. Or le plan agraire de 1760 indique une petite construction solitaire érigée à la mi-chemin d'Altdorf et Eckendorf en bordure du Laubweg. Elle est de plus située non loin de l'actuelle rue Mercière, une voirie qui rejoint le chemin de la Pfaffenhoffergasse. Ce dernier conduit, via Grassendorf, à Pfaffenhoffen, le chef-lieu du bailliage dont dépendait Altdorf et Eckendorf. Il faut peut-être y voir le bâtiment de la Laube d'Alteckendorf. Quoi qu'il en soit c'est à cet endroit qu'a été organisé en 1777 la fête marquant l'union des deux villages[33].

… à la Rue Principale[modifier | modifier le code]

photo noir et blanc
Les écoles primaires d'Alteckendorf vers 1990. Au premier plan, le bâtiment de 1835 aujourd'hui disparu. Au second plan, le bâtiment de 1865, l'actuelle « Salle multifonctionnelle ».

Le plan cadastral de 1828 indique que la commune d'Alteckendorf dispose de plusieurs édifices en double, les uns à Eckendorf, les autres à Altdorf. Deux églises, deux écoles et deux corps de garde[n 1]. Si les deux églises existent toujours en ce début de XXIe siècle, les autres bâtiments ont été regroupés en 1835 en un seul édifice situé à mi-chemin d'Altdorf et Eckendorf. Au rez-de-chaussée, le bâtiment accueille alors une vaste salle de classe tandis que l'étage se regroupe le logement de l'instituteur, le bureau de la mairie et le corps de garde[34]. Cette construction a depuis été rasée pour faire place à une école plus moderne construite en l'an 2000.

Au XIXe siècle, la construction de cette unique école-mairie s'inscrit dans un contexte où de nouvelles habitations sont édifiées le long du Laubweg comme les fermes S'Bockstegels (1848), S'Waldhanse (1840), S'Benis (1847), S'Harters (1855), S'Rehle (1863). En 1865, une seconde école est construite à côté de la première. Au début du XXe siècle, la zone intermédiaire au deux villages est ainsi entièrement urbanisée. Durant la période de l'annexion de Alsace-Lorraine au Deuxième Reich allemand, le Laubweg prend les noms de Dorfgasse ou Hauptstrasse. C'est cette dernière dénomination qui perdure de nos jours par ses traductions en langue française (Rue Principale) et en langue alsacienne (Hauptstross)[35].

En 1926, dans un souci d'hygiène, les deux cimetières proches des habitations car situés autour des deux églises sont désaffectés et un nouveau cimetière est inauguré à l'extérieur du village à mi-chemin des deux lieux de culte[36]. Après la Seconde Guerre mondiale, le maire de l'époque, dans un souci d'économie, émit l'idée de raser à leur tour les deux églises, propriétés de la commune, et de les remplacer par un unique bâtiment. Cette proposition avorta très rapidement.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'actuel village d'Alteckendorf est le résultat de la fusion de deux localités auparavant bien distinctes ; Eckendorf au sud-est du territoire communal et Altdorf (Oberaltdorf) au nord-ouest. Dès le XVIIe siècle, mais surtout à partir de 1777, année de l'union des deux villages, on parle d’Alt und Eckendorf, puis durant tout le XIXe siècle d’Alt-Eckendorf et enfin depuis le début du XXe siècle d’Alteckendorf[37].

Eckendorf[modifier | modifier le code]

Instabilité des suffixes[modifier | modifier le code]

Eckendorf est mentionné dès le milieu du VIIIe siècle mais sous différents appellatifs, tels Echanhaime en 742, Ecchenheim en 744, Ecchenheimomarca en 764 et 792, Ecchenthorf en 774, Ekkendorf et Ekindorf en 1146[38]. On constate que vers la fin du VIIIe siècle, s'est opéré un changement de suffixe ; -heim se voyant remplacé par -dorf. Le mot germanique -heim n'a pas de strict équivalent dans la langue française. Il signifie actuellement « chez-soi, domicile, foyer, habitation » et anciennement « patrie d'une tribu ». Dans la plaine d'Alsace, les villages en -heim sont fréquents. Ces lieux ont été gagnés par les Germains sur les Gallo-romains. Le suffixe -dorf signifie « village » et provient de l'étymon francique thorp qui a pour équivalent latin curtis (suffixe actuel -court). Tous deux ont le double sens de « domaine rural, ferme » et de « troupe » et sont très répandus sur la frontière linguistique entre les langues latines et germaniques (surtout en Lorraine)[39]. Avec le toponyme Ecchenheimomarca on assiste à l'adjonction de deux suffixes -heim et -marca. Ce dernier, issu du latin, signifie « pays de frontière, lisière d'un bois, hameau écarté »[n 2].

Racine Eck(e)[modifier | modifier le code]

dessin noir et blanc
Altdorf et Eckendorf sur une carte du XVIe siècle établie par Daniel Specklin.

Selon le toponymiste Ernest Nègre, Eckendorf est formé de Eck(e) « pointe, coin », suivi de l'appellatif dorf « village », c'est-à-dire « village en coin » et décrirait la forme originelle du village[40]. Selon Michel Paul Urban, auteur en 2003 d'un dictionnaire étymologique consacré aux lieux-dits alsaciens, Eck(e) est un terme germanique qui signifie à l'origine « pointe » mais qui en toponymie désigne des « haies d'épineux », d'où la notion de « zone infranchissable ». Selon Paul Piémont, de nombreux toponymes trouveraient leurs origines dans les institutions administratives et militaires mises en place par les autorités romaines du Bas Empire. La frontière face à la Germanie aurait été surveillée par une multitude de minuscules garnisons éparpillées à l'arrière du Limes. Cette armée aurait stationnée dans des villages, des tours de guets isolées ou près des carrefours, telle une gendarmerie paysanne. Les militaires aurait été tout autant paysans que soldats. Dans ce cadre, l'étymon Eck(e) provient du latin cuneus « coin », abréviation de cuneus equitum qui est au IVe siècle la formation d'attaque par excellence et qui prend la première place au combat[41]. Selon ce chercheur, Alteckendorf pourrait avoir été le poste de commandement d'une troupe de réserve placée au sud-ouest de la Forêt de Haguenau. Disséminée dans une quinzaine de villages environnants, cette troupe pouvait se porter rapidement au nord ou au sud de cette grande forêt et surprendre un envahisseur[42].

Altdorf (Oberaltdorf)[modifier | modifier le code]

Par rapport à Eckendorf, le nom d'Altdorf apparaît plus tard dans l’Histoire. À l'origine, Altdorf a vraisemblablement porté un tout autre nom ; peut-être Mazonivilare (Mazenweiler) car dans un document de 752 il apparaît que Sigfrid, fils de Sigismund offre tous ses biens de « Villa Ecchenheimo et Mazonivilare » à l'abbaye de Wissembourg. Aucune mention du village n’apparaît plus tard. Il a sans doute été dévasté au cours d’une guerre. Quand des habitants revinrent y vivre, ils le désignèrent alors sous le nom d’Altdorf[4] ; c’est-à-dire l’« Ancien Village ». Ce nom d’Altdorf n’apparaît qu’en 1331. L’appellation Oberaltdorf « vieux village du haut » est parfois utilisée pour le distinguer du hameau de Niederaltdorf « vieux village du bas », appartenant à la commune de Uhlwiller et distant de quelques sept kilomètres[43].

Lieux-dits[modifier | modifier le code]

Reflet du long passé linguistique allemand de l'Alsace, les micro-toponymes ruraux (ou lieux-dits cadastraux) ne sont pas en français mais en allemand. À un kilomètre au nord d’Eckendorf, on trouve les noms de Weilerhöltzel « Forêt du hameau » et de Weilerberg « Colline du hameau ». Le mot allemand Weiler « hameau » et plus particulièrement sa forme alémanique Willer est assez fréquente en Alsace. Ils sont issus du mot latin villare « exploitation agricole », lui-même dérivé du terme villa. On peut alors supposer qu'à ces endroits contiguës a pu exister une ferme isolée depuis longtemps désertée et oubliée[44]. Certains toponymes décrivent le paysage ou leurs fonctions dans les pratiques agricoles du passé ; Michelmatt « Grande prairie », Kleinmatt « Petite prairie », Muhlweg « Chemin du moulin », Auf die fünf Weidenbäumen « Les cinq saules », Saubach « Fossé aux cochons », Auf dem Gänsbühl « Coteau aux oies », Thiergarten « Enclos du bétail », Eichelberg « Collines aux chênes ». D'autres sont des rappels de leurs anciens propriétaires ; Lenzenberg « Colline de (Laurent) Lenz », In der Munchmatt « Prés des moines », ou des cultures et activités pratiquées jadis ; Auf der Röt « Sur le rouge » d'après la garance des teinturiers, Erzwäsche « lavage du fer » d'après le minerai oolithique mélangé à de l'argile et lavé à cet endroit avant d'être livré aux forges de Dietrich (jusqu'en 1845)[45].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Plan contemporain du territoire communal d'Alteckendorf. On distingue encore très nettement les deux villages originels ; Eckendorf au sud-est, Altdorf au nord-ouest.

L'aspect actuel du village d'Alteckendorf est le résultat de la fusion des deux petites localités d'Aldorf et Eckendorf. En s'étendant, ces dernières se sont rejointes par la même rue principale. Le bâti ancien est constitué de fermes à colombage des XVIIIe et XIXe siècles. Ces constructions se déroulent de part et d'autre d'une longue voirie constituée par l'enfilade des Rue de Hochfelden (Eckendorf au sud-ouest), de la Rue Principale (tissu de liaison du XIXe siècle) et de la Rue de Ringendorf (Altdorf au nord-est). Il est à noter que ces trois rues ont porté jusque dans les années 2000 le seul et même nom de Rue Principale. Vers 1895-1910 Eckendorf s'est étendu vers l'Est par la formation d'un petit quartier par devant la gare ferroviaire (en direction de Minversheim). Dans les années 1955-1970, est apparu le quartier pavillonnaire de la Rue des Écoles en montant vers le cimetière communal. Cette rue s'est étendue par les rues Neuve et Haute (années 1985-1995). Plus récemment, se sont lotis (années 2000-2010) les rues du Puits, du Pommier, du Cerisier et du Noyer. Ces quatre dernières se présentent comme le doublement de l'ancien tissu de liaison du côté d'Altdorf. Dans le même temps s'est constitué le lotissement de l’Impasse des Roseaux à Eckendorf[46].

Logement[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous présente une comparaison du logement à Alteckendorf par rapport à l'ensemble de l'Alsace en 2012, au travers de quelques indicateurs[47],[48] :

Le logement à Alteckendorf en 2012.
Alteckendorf Alsace
Part des résidences principales (en %) 94,1 89,7
Part des logements vacants (en %) 5,6 7,8
Part des ménages propriétaires de leur logement (en %) 87,7 58,4
photo d'un village depuis le ciel vers le soir
Photographie aérienne d'Alteckendorf prise depuis un ULM - vers 2010.

Les chiffres de l'INSEE indiquent qu'en 2012, Alteckendorf comporte 332 logements dont 312 maisons, 19 appartements et 1 résidence secondaire (19 logements étant vacants) ; 243 résidences sont des 5 pièces ou plus. Cette année là, 66,3 % des ménages résident dans la commune depuis plus de 10 ans et 19,9 % depuis 2 à 4 ans. Sur les 281 résidences principales construites avant 2010, 95 résidences ont été édifiées avant 1946 (33,7 %), 101 résidences entre 1946 et 1990 (36,1 %) et 85 résidences entre 1991 et 2009 (30,3 %). Depuis 1946, le nombre de résidences principales sur Alteckendorf a ainsi triplé, très majoritairement sous forme de résidences individuelles. L'habitat se caractérise surtout par une très forte proportion de ménages propriétaires de leur habitation, bien supérieure à la moyenne alsacienne ; le logement locatif ne représente que 11,0 % des résidences principales. Le taux de logements vacants, inférieur de deux points à la moyenne alsacienne en 2012, est en augmentation d'un point depuis 2007[49]. Entre 2008 et 2010, deux nouveaux quartiers ont vu le jour. Il s'agit des lotissements Clos Saint Georges à Eckendorf et les Vergers à Altdorf, soit une quarantaine de logements. La municipalité, après avoir acheté en 2009 deux anciennes fermes à Eckendorf, à côté du lotissement du Clos Saint Georges, a décidé de les raser pour faire place un nouvel ensemble de huit logements locatifs avec un magasin multi-services.

Architecture traditionnelle[modifier | modifier le code]

Le logis de la ferme S'Buredewels -1809 - Altdorf.

Les plus anciennes fermes sont des maisons à colombage qui ont été construites dans le style architectural traditionnel alsacien. L'ossature des bâtiments est en bois avec un remplissage de torchis, les soubassements étant en pierre. Ces exploitations de polyculture reprennent toutes, peu ou prou, le même plan de base. Elles sont composées de plusieurs bâtiments organisés autour d'une cour carrée. La maison d'habitation, avec ou sans étage, est orientée, sauf rares exceptions, pignon sur rue. De l'autre côté de la cour, se situent les écuries et les étables et au fond une grange. La cour est séparée de la rue par un grand portail. Visible depuis la rue, les noms et prénoms des constructeurs, avec l'année des travaux, sont inscrits sur les bâtiments ou sur les portails[50]. Aucune construction ne remonte plus en avant du XVIIIe siècle. Les fermes reconstruites au début du XIXe siècle, se situent toutes à Eckendorf et à Altdorf. Celles qui furent construites à partir du milieu du XIXe et au début du XXe siècle se situent le long de la rue principale. À partir du dernier tiers du XIXe siècle les constructions abandonnent progressivement le bois et le torchis au profit de la brique cuite ; le plan traditionnel est toutefois conservé[51].

Risques naturels et technologiques majeurs[modifier | modifier le code]

Dans les vingt dernières années, la commune d'Alteckendorf a fait l'objet de trois arrêtés de reconnaissance de catastrophe naturelle après des inondations et des coulées de boue (27 juin 1999, 25 décembre 1999, 18 et 30 mai 2008)[52]. Le risque des coulées est principalement lié aux violents orages printaniers qui s'abattent sur le secteur. Sous le mandat du maire Georges Harter a été mis en œuvre un vaste programme de lutte en collaboration étroite avec la profession agricole. Un plan d'assolement a été concerté pour favoriser l’alternance entre cultures de printemps et cultures d’hiver. Entre 2009 et 2011, des fascines et des bandes végétalisées sont apparues dans le paysage afin de ralentir la progression des boues dévalant les collines. Les travaux de création d'exutoires comme la réouverture du fossé en face du monument aux morts, le creusement de quatre bassin de rétention et le rehaussement de la RD 25 (pour faire barrage) ont été menés à terme[53].

Alteckendorf comme la majeure partie de la plaine d'Alsace est située en zone de sismicité modérée, soit de niveau 3 sur une échelle de 1 à 5. Le risque diminue en Alsace Bossue (niveau 2) et augmente dans le Sundgau (niveau 4). Les mouvements tectoniques qui affectent le fossé rhénan supérieur entre Vosges et Forêt Noire résultent des contraintes générées en avant de la collision alpine ; la formation de ce massif montagneux étant liée à la convergence des plaques africaine et européenne et à l'interposition de la microplaque adriatique (enfoncement vers le Nord-Nord-Ouest)[54].

Dans un rayon de 100 km autour d'Alteckendorf, on trouve deux centrales nucléaires ; celle de Philippsburg dans le Bade-Wurtemberg à 80 km (fermeture prévue en 2017) et celle de Fessenheim dans le Haut-Rhin à 99 km[55].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire de l'Alsace.

Il y a peu de choses à dire avant la période du Moyen Âge. En mars 1912, un ouvrier s'affairant dans la carrière d'argile d'une tuilerie a mis au jour une sépulture de l'âge du bronze. Elle contenait la dépouille d'un guerrier avec une lance pour seul mobilier[56]. De vagues tessons de tuiles en plein champ indiquent que durant la période romaine a existé un habitat, sans doute une villa rustica, au nord de l'actuel village, en bordure de la voie romaine qui reliait Schwindratzheim à Ingwiller (RD 32 et son prolongement RD 69)[57].

Moyen Âge et Renaissance[modifier | modifier le code]

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

intérieur peint d'une église
Fresque de la passion du Christ peinte dans le chœur roman de l'église d'Eckendorf.

Avant 744, les deux villages d'Eckendorf et Altdorf sont des biens impériaux et relèvent immédiatement de l'empereur du Saint-Empire romain germanique. À partir du milieu du VIIIe siècle, il est attesté que divers particuliers se sont livrés à des donations en faveur de l'abbaye bénédictine Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Wissembourg[58]. En 744/751, Sigifrid, fils du défunt Sigismund, offre toutes ses possessions situées à villa Ecchenheimo et Mazonivilare. En 774, Wisagart offre cinq jurnales, un terrain de construction et le serf Altrado avec ses biens situé à villa Echenheim. En 779/780, Sacco fait don de tous ses biens localisés à Eccenhaim. En 782/790, le dénommé Rachio fait don de 10 jurnales et de la servante Baduhilt de la villa Ecchenheimomarca. En 783, le prêtre Liodold offre 5 jurnales et le serf Isanbald[59].

Plus tard, en 1120, le monastère de Marmoutier-Sindelsberg possède des biens à Alteckendorf ; une demi-manse. En l’an 1146, le chevalier Simon de Frundsberg cède sa possession à Ekindorf pour « 16 ½ lötig Silberstücke » à l’abbaye de Sturzelbronn. En l’an 1194, le monastère de Neubourg est possessionné à Eckendorf[4]. Sans doute sous la menace d'une guerre, un riche particulier se voit contraint au cours du XIIe siècle d'enterrer un pot contenant 2 800 pièces de monnaie d'argent. Ce trésor est découvert en octobre 1896, à près d'un mètre de profondeur, lors d'un arrachage de vignes au lieu-dit de la Goldgrube[60].

Au XIIIe siècle, les deux villages sont en la possession du landgrave von Werd en tant que fief de l’abbaye de Wissembourg. À la place des comtes de Werd, on trouve aussi les Seigneurs d’Eberstein en tant que suzerain. La plus ancienne mention d’une église dans les deux villages remonte à 1313 quand Rudolf von Hüttendorf, fils de Burckhard chevalier de Hüttendorf, est installé en tant que recteur de l’église de d’Eckendorf[61].

Seigneurs de Lichtenberg[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Seigneurie de Lichtenberg.
Armoiries de la famille Lichtenberg - Codex Ingeram - 1459.

En l’an 1331, les deux villages sont les fiefs de Ludwig von Onovilsheim. L’année suivante, en 1332, ils reviennent en tant qu’héritage à Hanemann II et à Ludemann III, tous deux seigneurs de Lichtenberg. Lors de cette succession, ces deux hobereaux reçoivent avec Brumath et le château du Grand-Arnsberg une série de villages, dont Altdorf et Eckendorf. Cette possession est partagée entre les enfants de Ludemann III. Simon reçoit entre autres Altdorf et Eckendorf[62].

Après que les Seigneurs de Lichtenberg soient entrés en possession des deux villages, ils installent, dans le château d’Eckendorf des féodaux qui prennent le nom d’Eckendorf. À partir de 1334, on trouve les noms de Hans von Eckendorf, mais aussi Blass, Fritsch, Ludwig et Götze. Ce dernier est en 1365 prêtre et chanoine à l'église Saint-Étienne de Strasbourg. En 1356, le chevalier Ludwig von Eckendorf prête serment de bourgeoisie à Strasbourg. En 1384, il détient plusieurs biens à titre de fief du seigneur Ottemann von Ochsenstein ; à Furchhausen, à Wolschheim, à Dettwiller, à Hegeney et à Hochfelden. Le 12 septembre 1390, Ludwig participe à un tournoi à Strasbourg. Au milieu de XIVe siècle, les nobles d’Eckendorf vivent à Strasbourg et il semble que cette lignée se soit éteinte dans les années 1430[63].

Dès l’an 1365, les Lichtenberg transmettent la gestion du château d'Eckendorf et de la dîme au chevalier Hans Zückmantel l’ancien, fils de Wilhelm. En 1371, il prend pleinement possession du château. Il succède ainsi à Ludwig von Eckendorf et à Otto von Hochfelden, fils d’Ottemann. Hans Zückmantel est originaire de Silésie et à cette date, il s'occupe déjà de la gestion de biens sis à Brumath où il réside avec les nobles de Wittersheim dont il partage le blason. De plus, par son mariage avec la fille du chevalier Nicklaus von Grostein, il avait déjà obtenu des droits sur le village de Wintzenheim. Après Hans Zuckmantel l'ancien, on trouve son fils Hans le jeune ainsi que son petit-fils comme seigneurs inféodés. Ce dernier réside au château en 1435 et cette possession reste dans la famille Zuckmantel par delà les siècles, jusqu'en 1781[64].

Réforme luthérienne[modifier | modifier le code]

photo d'une église
Intérieur de l'église luthérienne d'Altdorf.

Le règne du comte Philippe IV de Hanau-Lichtenberg (1538-1590) est marqué par l'introduction de la réforme luthérienne au sein de ses possessions. Marié à une protestante, Éléonore de Furstenberg, le comte nomme en 1542 pour la paroisse de Bouxwiller le prédicateur Théobald Groscher. Sous l'influence de ce dernier, le comte se déclare publiquement pour la Réforme en 1544 et à partir du 25 septembre de cette année, la messe n'est plus dite à Bouxwiller. Ses maîtres à penser sont des réformateurs proches des idées de Martin Luther, tels l'Alsacien Martin Bucer et le Badois Philippe Melanchthon. Le , l'ensemble des prêtres du comté est convié à un synode à Bouxwiller dans le but de les rallier à la nouvelle foi. Peu d'entre eux se convertissent de suite. Pour mieux ancrer ce mouvement réformateur, le comte Philippe IV demande à Bucer de lui envoyer des prédicateurs. Le Silésien Pantaléon Blasius arrive ainsi auprès du comte puis est nommé pasteur et surintendant dans le bourg de Pfaffenhoffen. C'est à ce titre qu'il organise la réforme de l'Église du comté. Le , Blasius préside un synode à Pfaffenhoffen où, les membres présents, adoptent la Confession d'Augsbourg et le Petit catéchisme de Luther[65]. Le desservant de la paroisse d'Alteckendorf, fidèle à sa foi catholique, ne se rend pas au synode. En représailles, la dîme seigneuriale ne lui est plus versé et, très peu de temps après, faute de revenus, il quitte sa cure[66]. Il est remplacé en 1547 par Kaspar Reichenbach, le premier pasteur luthérien en poste à Alteckendorf. Ce dernier exerce sa charge pastorale jusqu'à sa mort en 1563[67]. La mise en place du luthéranisme est achevée dans le comté en 1573 par la promulgation de la Hanauische Kirchen - und Schulordnung ou en français « Ordonnances ecclésiastiques et scolaires » c'est-à-dire un ensemble strict de réglementations destiné à régenter de la vie cultuelle et scolaire des fidèles[68].

Les affres de la guerre de Trente Ans[modifier | modifier le code]

De 1618 à 1648, la guerre de Trente Ans ravage l'Europe. L'Alsace est en première ligne. Concernant cette période, il manque des descriptions ou des statistiques fiables pour Alteckendorf et plus largement pour tout le comté de Hanau-Lichtenberg auquel le village appartenait. Il est donc difficile de se faire une idée très précise des malheurs endurés.

Bataille de Pfaffenhoffen (31 juillet 1633)[modifier | modifier le code]

image en noir et blanc
Illustration de la bataille de Pfaffenhoffen du 31 juillet 1633 entre les Lorrains et les Suédois.

À partir d'indications trouvées dans les archives seigneuriales et les registres paroissiaux des villages environnants, le comté de Hanau-Lichtenberg semble être dans un bien triste état. Bouxwiller, sa capitale, n'est plus habitée en 1634 que par huit personnes. En 1639, Printzheim ne compte plus que trois habitants; Ernolsheim-lès-Saverne ne recense plus que cinq hommes, deux veuves et un enfant; Imbsheim et Kirrwiller n'ont plus qu'un habitant chacun. Toujours en 1639, à Hattmatt, il n'y a plus qu'un bourgeois et seulement trois champs cultivés[69]. Plutôt que de conclure à un massacre général, il faut plus raisonnablement penser à une fuite des villageois devant les troupes ennemies. Le pasteur de Pfaffenhoffen indique clairement dans un de ses registres qu'il a dû s'enfuir avec ses paroissiens vers le Château de Lichtenberg et que son retour s'est fait le 10 mars 1634. On constate qu'il n'a inscrit aucun baptême entre le 15 mai 1633 et le 10 août 1634. C'est durant ce laps de temps que Pfaffenhoffen et ses environs ont été le théâtre d'une bataille qui a opposé les 31 juillet et 1er août 1633, la victorieuse infanterie suédoise du prince de Birkenfeld aux troupes lorraines des Impériaux. Une autre fuite s'est produite entre le 24 octobre 1635 et le 8 juillet 1637, car là aussi aucun baptême n'a été inscrit à Pfaffenhoffen[70]. Du fait de la faible distance entre Pfaffenhoffen et Alteckendorf, l'exode des populations s'étale à peu de choses près sur les mêmes périodes ; les Alteckedorfois devant trouver refuge à Bouxwiller.

Bouxwiller, une cité refuge[modifier | modifier le code]

tableau montant une haute tour
Vue sur les anciennes fortifications de Bouxwiller - La Porte-Haute d'après une aquarelle de 1838.

À cette époque, les villes sont ceintes de murailles et sont mieux défendues militairement. Les villes alsaciennes servent ainsi de refuge aux populations rurales. En 1622, lors de l'invasion de Mansfeld, les 2 000 habitants de Saverne accueillent chez eux plus de 1 600 réfugiés de trente-trois villages différents[71]. En janvier de cette même année, la ville de Strasbourg, forte de ses 25 000 habitants, recense 9 812 réfugiés accourus des villages environnants avec leurs cheptels et réserves de vin, farine et céréales. Cette grande promiscuité a très vite entraîné des épidémies de pestes. En 1622, 4 388 décès sont ainsi enregistrés à Strasbourg[72].

Entre 1618 et 1648, les registres de la paroisse luthérienne de Bouxwiller font ressortir que cette petite ville a elle aussi vu arriver une vaste population de réfugiés. Les pires années, les fuyards sont originaires de vingt à trente villages différents. La majeure partie de ces localités sont situées au sud, sud-est de Bouxwiller et sont surtout des villages de confession luthérienne. Les réfugiés arrivent des villages immédiats comme Kirrwiller et Bosselshausen. Des lieux plus éloignés sont aussi mentionnés comme Duntzenheim situé à plus de treize kilomètres à vol d'oiseau. Des habitants de villages catholiques sont aussi attestés, Lixhausen, Bossendorf et Ettendorf par exemple[73].

Concernant les habitants d'Alteckendorf, on peut distinguer trois pics de présence à Bouxwiller[74]. La première fuite d'avril-mai 1622 est la conséquence de l'invasion du général Mansfeld en Alsace. Mais la période la plus dure du conflit pour les Alteckendorfois semble se situer entre 1633 et 1636. Ainsi, la majeure partie des actes de baptêmes et de sépultures d'Alteckendorfois enregistrés à Bouxwiller se situe, premièrement, entre mai 1633 et avril 1634 avec 13 baptêmes et 19 enterrements. Puis, deuxièmement, entre octobre 1635 et novembre 1636 avec 5 baptêmes et 38 enterrements dont celui du Schultheiss d'Alteckendorf, Hans Ziller, le 12 mars 1636[75].

Long retour à la normale[modifier | modifier le code]

Page d'introduction du registre paroissial d'Alteckendorf, milieu du XVIIe siècle.

La Guerre de Trente ans a durement touché Alteckendorf. Le minimum que l'on puisse dire est que l'autorité seigneuriale du comté qui organisait la vie religieuse depuis l'introduction de la Réforme protestante en 1545 n'a plus été en mesure de pourvoir, de 1622 à 1654, la chaire pastorale par un pasteur attitré. Au plus fort des troubles et des épidémies, la paroisse est desservie par des diacres venant de Bouxwiller. Georg Burkhard Knoderer est mentionné en 1622 en tant que pasteur pour Alteckendorf mais cette année-ci un de ses enfants est enterré à Bouxwiller, victime de la peste. Après la fin du conflit, de 1650 à 1654 Alteckendorf est desservi par le pasteur Zinck du village voisin de Schwindratzheim. Puis, l'administration comtale se réorganise et la paroisse se voit nommer de 1654 à 1658 le pasteur Johann Georg Ledermann. Son successeur de 1658 à 1680 est Johann Schmeder. D'après l'historien Rodolphe Reuss, en 1660, il touchait 35 florins, 20 quartauts de seigle, 5 quartauts de froments, deux quartauts d'avoine et un demi-foudre (environ 465,5 litres) de vin. Pour ses fonctions de maître d'école, il recevait 50 bottes de paille, 50 fagots et de chaque enfant un écolage trimestriel de 2 schillings et 6 pfennigs[76]. Les registres paroissiaux enregistrant les baptêmes, mariages et décès débutent en 1654 et en 1658 avec ces deux pasteurs. D'après une notice figurant en introduction de ces mêmes registres, les anciens livres ont été perdus lors du conflit[77].

Au sortir de la guerre, un déficit de population est avéré. Avant le conflit, en 1618 le village comptait 68 bourgeois (chefs de familles). À la fin des hostilités, en 1649-1650, il ne subsiste plus que 16 bourgeois. La population villageoise serait ainsi passée, très approximativement, de 340 à 80 habitants[78]. D'après le registre des mariages de la paroisse luthérienne, entre 1659 et 1725, il ressort que les deux communautés d'Eckendorf et d'Oberaltdorf ont comblé ce vide de population en accueillant une trentaine d'immigrants suisses[79], des Bernois pour la plupart, ainsi que quatre Wurtembergeois[80]. Cependant, ces migrants on trouvé sur place des conjoints originaires du village. La communauté villageoise n'a donc pas été entièrement décimée par le conflit[81]. En 1672, à la lumière du nouveau livre terrier[n 3], il apparaît que de nombreux champs ne sont plus cultivés faute de propriétaires. Ces biens dits caducs sont attribués à ces immigrants tels les Suisses Adam Gebweiler, Heinrich Fechter ou Peter Wolling[82]. Le rétablissement de la communauté se voit aussi dans les réparations effectuées sur l'église paroissiale. Le 13 janvier 1683, après avoir été mise en gage à Strasbourg, la cloche est de retour au village et le toit de l'église est remis à neuf[83].

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Le château disparu d'Eckendorf[modifier | modifier le code]

L'ingénieur militaire Guillin, au service du roi Louis XIV, nous a laissé une description d'une grande partie de l'Alsace du point de vue militaire. Son intérêt s'est porté sur tous les bâtiments qui pouvaient avoir une utilisation à des fins de guerre ou de défense (clochers, châteaux, murs et murailles). Voici son témoignage concernant les deux villages d'Altdorf et Eckendorf en 1702 ; l'orthographe d'origine a été conservée[84] :

« Oberaldorff : lieu scitué dans un fond dans lequel il n'y a qu'une petite chapelle.
Eckendorff : lieu scitué dans un fond proche d'un petit ruisseau avec une église qui a un clocher non voûté ; le cimetière est renfermé de broussailles. Il y a dans ce dit lieu un bon château scitué sur le bord du ruisseau qui forme une figure quarrée dont les coztés ont de largeur 20 toises flanqué par trois tours garnies de créneaux. Les murs sont élevéz du rez de chaussée de 15 pieds, épais de 2 à 3 pieds en bon estat entouré d'un bon fossé plein d'eau large de 30 à 40 pieds, profond de 6; tout le dedans dudit château est brûlé »

— Extraits du rapport de l'ingénieur militaire Guillin[85].

D'après les dires de Guillin, nous pouvons conclure que le château d'Eckendorf, aujourd'hui disparu, était un bâtiment militaire de type Wasserburg, c'est-à-dire un château de plaine entouré par un fossé inondé. Le corps du château était un carré de 39 mètres de long. Ses murs avaient une épaisseur de 65 à 95 centimètres pour une hauteur de près de 5 mètres. Il possédait un fossé pour assurer sa défense, sans doute rempli par les eaux du ruisseau Landgraben. Ce fossé était large de 10 à 13 mètres; pour une profondeur de 2 mètres. Le bâtiment devait vraisemblablement se situer dans la boucle formée par les actuelles voiries rue Principale et rue de Hochfelden sur l'emplacement de l'ancienne ferme Brechbiel S'Meyers. Le souvenir du château est conservé par le lieu-dit cadastral Schlossgarten « Potager du château » localisé en contrebas de l'église d'Eckendorf[86].

Incursion des Pandoures (1744)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Succession d'Autriche.
peinture d'un soldat à cheval
Fresque du Pandoure - ferme S'Stawalters d'Altdorf.

Durant la Guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), la France de Louis XV prend part au conflit en soutenant l'Électeur de Bavière Charles VII et le roi de Prusse Frédéric II contre Marie-Thérèse d'Autriche. À partir du , la Basse-Alsace est le théâtre de mouvements de troupes. Après le passage en force des Autrichiens sur le Rhin grâce à un pont en barques, la place de Lauterbourg est prise facilement. Saverne est prise et reprise et soumise au pillage durant quinze jours à partir du . Les villages du comté de Hanau-Lichtenberg dont Alteckendorf sont soumis au même traitement. Les Français se replient au sud jusqu'au niveau de la rivière Bruche. Ils reprennent cependant pied et le , les Autrichiens évacuent l'Alsace en repassant le fleuve au niveau de Drusenheim et Beinheim[87]. Ces envahisseurs sont des Slaves de l'Empire d'Autriche ; des Pandoures recrutés en Croatie dans la lie de la société par le baron Franz von Trenck. Ces Pandoures ont fait grande impression aux paysans nord-alsaciens par les innombrables dévastations et les viols qu'ils ont commis. Pour de longues années, les enfants désobéissants ont été menacés d'être livrés aux Pandoures ou, du fait de la couleur de leur uniforme, aux Rothmantel, les Manteaux-rouges ; « Warte nur, der Pandur kommt ! - Prends garde à toi, le Pandoure va venir te chercher ! »[88]. L'incursion des Pandoures est illustrée à Alteckendorf par une fresque apposée sur le mur gouttereau du logis de la ferme S'Stawalters (rue de Ringendorf à Altdorf), côté cour, près de la porte d'entrée. Cette belle peinture polychrome d'art populaire représente un cavalier moulinant du sabre et monté sur un cheval cabré ; son uniforme est gris-bleu avec un gilet rouge. Il porte un chapeau à large bord, une moustache noire fournie et une natte de cheveux dans la nuque. Sous l'équidé est figuré un petit paysage dévasté par un incendie bleuté et rougeoyant. Un bâtiment semble être en flammes, peut-être une église. Un paysan affolé court, les bras tendu devant lui. Il est suivi de son chien, tandis qu'un oiseau est perché sur un arbre. Peinte vers 1776, elle a été redécouvert sous un badigeon et restaurée en 1982[89].

Migrations vers l'Amérique[modifier | modifier le code]

Alteckendorf sur la Carte de Cassini (Ober Altdorff et Eckendorff).

En 1720, 55 foyers fiscaux sont recensés mais en 1750, on ne compte plus que 51 foyers. Les historiens appliquent généralement un coefficient de 5 soit 500 personnes pour 100 foyers, la population villageoise peut alors être estimée approximativement à 275 personnes pour 1720 et 255 pour 1755. Ce chiffre est sans doute une sous-estimation, puisque lors du recensement de 1793, 531 habitants ont été comptés[90].

Une des causes probables de la baisse de la population locale est l'immigration religieuse et économique vers le Nouveau Monde. Entre autres migrants, on peut signaler Catharina Ruch née le 16 novembre 1724 à Alteckendorf. Le 18 mars 1750, elle arrive à Herrnhaag en Hesse, où elle entre dans la communauté des frères moraves fondée par Nikolaus Ludwig von Zinzendorf. Puis après des escales en Hollande et en Angleterre, elle arrive le 25 novembre 1752 à Bethlehem en Pennsylvanie via New York. Après un passage par Nazareth (Pennsylvanie), elle retourne à Bethlehem où elle fonde une famille avec Johann Krause[91]. Un autre de ces migrants est Johannes Adam Mattern né le 14 mars 1700 à Eckendorf. Après avoir été débouté en 1730 par le tribunal du Conseil souverain de Colmar au sujet d'un excédent d'impôt de 118 florins, il s'installe à Ingwiller où il se marie. Les 16 et 21 juillet 1751 ses biens sis dans cette localité sont saisis et vendus aux enchères après sa fuite vers les Amériques. On le retrouve le 16 septembre 1751 au port de Philadelphie. À peine débarqué du navire Edinburgh, il doit obligatoirement, avec une vingtaine de personnes de sa famille, jurer fidélité au roi britannique[92].

Statistiques fiscales[modifier | modifier le code]

photo d'une construction en colombage
Ferme S'Richerts - XVIIIe et XIXe siècles - Altdorf.

Le plus ancien document cartographique décrivant le territoire communal remonte à l'année 1760[93]. Sur un total de 1051,06 arpents, 635,70 arpents sont consacrés aux terres labourables, 125,72 arpents aux prés, 118,78 arpents aux pâturages, 84,40 arpents aux vignes, 48,20 arpents aux bois et 38,26 arpents aux vergers et aux habitations[94]. En 1782, 45 % des terres agricoles du finage sont la propriété des villageois ; soit 930 acres sur une superficie de 2072 acres[95]. Pour la perception de l'impôt du vingtième, cinq cultivateurs sont imposés pour une exploitation de 30 à 35 hectares, deux pour 20 à 30 hectares, cinq pour 10 à 20 hectares et onze pour 2 à 5 hectares[96]. Pour 1789, on dispose d'un registre de la corvée. Ce document distingue trois catégories de cultivateurs : ceux qui peuvent mettre à la disposition des autorités des attelages tractés par des chevaux, ceux qui peuvent disposer d'une charrette tirée par des bœufs et les personnes qui n'ont que leurs bras. Pour Alteckendorf, on apprend que sept cultivateurs possèdent six chevaux ou plus, deux possèdent cinq chevaux, quatre en possèdent quatre, et un en possède trois. Dix-huit cultivateurs possèdent deux bœufs et 73 manouvriers sont disponibles pour la corvée. Comme douze cultivateurs sont imposés pour 10 à 35 hectares et que quatorze cultivateurs disposent de 4 à 10 chevaux, on peut raisonnablement penser que le cultivateur qui possède trois chevaux exploite au moins 10 hectares[97].

Reconstruction des églises[modifier | modifier le code]

image en noir et blanc
L'église d'Eckendorf après la reconstruction de la nef en 1765 ; le clocher n'a pas encore été surélevé.

En 1764, l'église d'Eckendorf montre des signes de délabrement et se révèle trop petite par rapport au nombre des fidèles. Le plan d'une nouvelle nef est établi avec deux façades chacune percée de trois hautes fenêtres. L'ancienne nef est démolie mais la tour et le chœur sont conservés car encore en bon état. En 1765, débute la reconstruction de la nef et les travaux prennent fin cette même année. L'église présente alors la curieuse silhouette où la nef est plus haute que la tour. Cette dernière est finalement rehaussée de deux étages supplémentaires avec une toiture en pointe. L'entretient de la tour incombant au baron von Zuckmantel, ce dernier prend en charge les frais de rehaussement. Dix ans plus tard, en 1775, c'est à l'église d'Altdorf d'être reconstruite. L'ancien bâtiment, trop petit, est entièrement rasé. Les frais de démolition et de reconstruction ont été signés par le Stabhalter Johannes Richert. Le montant du devis s'élève à 5 885 Livres et le comte Louis IX de Hesse-Hanau-Lichtenberg s'engage à s'acquitter du tiers de la somme[20]. Le bois de charpente est issu de la forêt d'Alteckendorf. Pour la construction d'une église, trente chênes doivent être abattus. Mais, au préalable, ce prélèvement est soumis à une autorisation comtale[98].

Révolution et Empire[modifier | modifier le code]

Doléances paysannes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cahiers de Doléances.

En 1788, face à une situation financière désastreuse, Louis XVI se résout à convoquer les États Généraux. En mars 1789, à l'occasion de l'élection des députés sont rédigés les Cahiers de Doléances. Il s'agit de recueils où sont consignées les protestations adressées au roi par les communautés provinciales. Sans que l'on sache vraiment pourquoi, l'Alsace présente la particularité fâcheuse de ne plus conserver que 10 à 15 % des Cahiers rédigés. Ils ont peut-être été perdus lors la guerre de 1870 (bombardement de Strasbourg) ou éliminés lors d'un triage par les archivistes départementaux du début du XIXe siècle. Le Cahier d'Alteckendorf est perdu. Aussi est-t'on dans l'ignorance des récriminations adressées par les Alteckendorfois à leur souverain. Plus heureusement, le Cahier du village voisin de Schwindratzheim est conservé (sept griefs) de même que celui de Wilwisheim (onze griefs). D'une manière générale, les Cahiers ruraux alsaciens ne s'embarrassent guère de politique. Les problèmes soulevés sont avant tout fiscaux ; les impôts sont nombreux, inéquitables et trop lourds. La colère s'exprime, non pas contre le roi, mais contre les seigneurs locaux jugés comme trop rapace. Le problème principal est celui des biens communaux (prés, forêts) accaparés frauduleusement par les nobles afin d'augmenter leurs revenus. La corvée est perçue comme une brimade et une vexation intolérable qui éloigne des champs à des moments inopportuns[99].

Terreur robespierriste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Terreur (Révolution française).
portrait d'un homme
Euloge Schneider, accusateur public du tribunal révolutionnaire de Strasbourg.

Le pasteur Jakob Christian Roehrich en poste à Alteckendorf de 1795 à 1802, a laissé dans les archives paroissiales un témoignage écrit concernant la période de la Terreur[100].

« En notre époque règnent les plus violentes persécutions contre le culte et les serviteurs de la religion. Sous la menace de subir de lourdes condamnations à la prison, voire à la peine de mort, il fut interdit aux membres du clergé d'exercer quelque acte religieux que ce soit. Il était tout autant interdit de baptiser, de célébrer un mariage, d'assister les défunts, de porter les paroles de réconfort aux malades. Euloge Schneider et consorts, les représentants d'un gouvernement assoiffé de sang, étaient prêts à considérer toute intervention du clergé comme un acte d'hostilité envers l'État, ou d'être un crime contre-révolutionnaire qui tombait sous la menace d'une intervention de la guillotine qui était promenée à travers le pays. Sous le gouvernement de Robespierre, tous les objets du culte, vases et étoffes, furent enlevés; le clergé fut emprisonné au vu de décret du 1er Thermidor de l'an II. Cette persécution continua encore après la chute de Robespierre et ce jusqu'au décret du 3 Ventôse de l'an III qui accordait à nouveau le libre exercice de toutes les religions. La plus pénible des périodes de persécution n'avait donc duré qu'une longue année avant que la vie paroissiale ne pût reprendre. Mon prédécesseur, Michael Mehl, étant décédé il y a un an, le 3 Ventôse de l'an II, moi, Jakob Christian Roehrich de Strasbourg fus élu maître de religion de cette paroisse et accepté le 14 Germinal de l'an III (ou le 3 avril 1795). J'ai continué à inscrire dans le registre paroissial les baptêmes, décès, mariages et confirmations. Je me suis également efforcé de compléter les registres puisque durant les années de persécution il avait été interdit de les tenir. Ainsi j'ai essayé, autant que faire faire se peut, de répertorier tous les mariages et baptêmes clandestins célébrés par les sages-femmes ou autres citoyens. »

À l'automne de l'année 1799, un rapport sur l'état de l'opinion publique indique que pour le canton de Hochfelden, « sauf quelques communes, Alteckendorf, Duntzenheim, Wickersheim, Waltenheim, Wilshausen, Hohfrankenheim, Ingenheim et Melsheim, toutes les autres composant l'arrondissement, sont un repaire de prêtres rebelles, d'émigrés, de déserteurs et autres ennemis les plus acharnés de la république[101] ».

Empire napoléonien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Premier Empire.
homme debout
Le Grenadier par Édouard Detaille.

Le 1er Messidor de l'an VIII (20 juin 1800), J.-Ch.-J. Laumond, préfet du Bas-Rhin, nomme l'ancien Stabhalter Johann Richert (1736-1806) au poste de maire d'Alteckendorf. Charge pour lui de constituer un conseil municipal et d'en communiquer la liste, pour approbation, à la préfecture ; chose faite le 20 vendémiaire de l'an IX (12 octobre 1800)[102]. Les archives communales font voir un document de 1804, une lettre du sous-préfet, qui est un appel du pied aux habitants de venir acclamer l'Empereur de passage à Hochfelden le soir du 11 Vendémiaire (3 octobre)[103]. Le 9 juin 1811, une grande fête est célébrée en l'honneur du Roi de Rome né le 20 mars précédent. Parmi les jeux festifs figurent une série de trois courses où vingt cavaliers s'affrontent, des courses à pieds, des chants et un bal autour d'un feu de joie ; le tout pour une dépense exceptionnelle de 326 Francs sur le budget communal[104]. Dans le cadre de la conscription militaire, plusieurs jeunes alteckendorfois ont été amenés à participer à l'épopée napoléonienne. Sans être exhaustif, on peut citer quelques individus. Jacques Bauer est mort en avril 1809 à Talavera de la Reina durant la Campagne d'Espagne. Jacques Bock est fait prisonnier en 1813 durant la Campagne d'Allemagne trois jours avant la Bataille de Leipzig. Jean Kleiber a participé aux campagnes de 1809 en Allemagne et à celles de 1810 et 1811 au Portugal. Jacques Mahler est quant à lui présent au blocus de Hambourg (1813-1814) où son cheval s'abat sur lui et le blesse[105]. Le musicien Chrétien Lapp, s'engage comme volontaire en l'an VII et cesse le service en l'an XIV. Son neveu par alliance, Charles Wambach né à Pfaffenhoffen, est en service entre 1809 et 1811. Il s'installe dans le village et occupe entre 1816 et 1836 la place d'instituteur à l'école d'Eckendorf[106].

De la Restauration au Second Empire[modifier | modifier le code]

Crise latente du monde agricole alsacien[modifier | modifier le code]

photo d'un plan
Plan cadastral d'Eckendorf - début du XIXe siècle.

Entre 1793 et 1836, à l'image des autres communautés villageoises de la plaine d'Alsace, Alteckendorf voit sa population augmenter en flèche. Durant ces quarante-trois années, la population passe de 531 habitants en 1793 à 777 habitants en 1836, soit une augmentation de 31,66 %. Puis de 1836 à 1901, Alteckendorf connait une stabilisation de son nombre d'habitants. La moyenne de la population, entre cette seconde période est alors de 750,5 personnes. Le minima est atteint en 1856 avec 712 habitants et le maxima en 1901 avec 786 habitants[107].

Les années 1850 marquent le début d'une crise longue et latente du monde agricole alsacien. Selon le géographe Étienne Juillard, la campagne alsacienne n'a pas été en mesure de s'adapter à la révolution industrielle et à l'explosion urbaine qui en a découlé. Les structures agricoles et sociales, héritées d'un XVIIIe siècle prospère, n'ont pas été capables de se moderniser et de concurrencer des régions françaises ou européennes plus à l'écoute des besoins de leur époque. La ruralité alsacienne se fige alors, et reste caractérisée par la petitesse de ses exploitations agricoles, par l'exiguïté de ses parcelles cultivées et par une population rurale attachée à son terroir et à ses méthodes productives obsolètes[108].

Cette inadéquation de la ruralité alsacienne à un nouveau milieu économique plus concurrentiel, s'accompagne d'un exode rural qui ne cessera qu'après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cependant, les villages alsaciens conservent de fortes densités de peuplement (entre 75 et 150 habitants au kilomètre carré). Si des villages voisins, tels Minversheim, Ettendorf, ou Buswiller, connaissent une baisse continue de leur population entre 1831 et 1954, Alteckendorf connaît une situation démographique un peu meilleure. En effet, jusqu'en 1901, la population ne baisse pas mais se stabilise. La crise démographique ne surviendra que durant les cinquante premières années du XXe siècle. Ainsi, entre 1901 et 1954, la population baisse de 23,28 % pour passer de 786 habitants en 1901 à 603 en 1954. On constate donc qu'au plus fort de l'exode, Alteckendorf conserve une forte densité de peuplement avec 105,42 habitants au kilomètre carré[107].

Émigration massive[modifier | modifier le code]

Une famille alsacienne attendant l'embarquement au Havre vers les Amériques. Gravure sur bois d'après le tableau Les émigrants de Théophile Schuler.

Dans les années 1830-1860, la plaine d'Alsace est incapable d'offrir du travail à toute sa population. Il ne s'agit pas d'une crise de subsistance car, sauf années de mauvaises récoltes, la production est excédentaire. Il est plutôt question d'une crise de l'emploi. L'économie est presque exclusivement basée sur l'agriculture et les terroirs sont exploités à plein. Il n'y a pas de travail pour tout le monde et pour une rémunération suffisante. Le principal signe de cette crise est le départ des populations rurales vers le Nouveau Monde mais aussi vers la Russie et l'Algérie. Une poussée de départs se produit en 1827-1828 et une autre entre 1845-1855. Cette émigration a largement préoccupé les autorités préfectorales du Bas-Rhin sous la Monarchie de Juillet et sous le Second empire. Il est difficile de chiffrer ce phénomène du fait des départs non signalé. Pour la seule émigration déclarée (demandes de passeports) entre 1828 et 1838, plus de 14 350 Bas-Rhinois ont quitté la France. Parmi-eux 4 620 personnes ont quitté l'arrondissement de Saverne dont 998 du canton de Bouxwiller et 474 du canton de Hochfelden[109]. L'administration préfectorale après avoir considéré cette émigration comme une calamité (perte de soldats en puissance) s'est mis à faciliter les départs en délivrant des passeports gratuits pour les indigents. Pour mieux cerner l'ampleur des départs, les fonctionnaires religieux (curés et pasteurs) ont été chargés de dresser un état des lieux pour chaque paroisse. Pour Alteckendorf, en 1856, apparaît dans le registre des baptêmes une mention qui indique que depuis 1828 près d'une centaine de personnes sont parties pour les Amériques[110]. Cette même proportion se retrouve dans bon nombre de villages du Pays de Hanau et de l'Arrière-Kochersberg[111]. Parmi les émigrants d'Alteckendorf, on peut entre-autres citer Jean Matter fils, Michel Matter, Catherine Kaeser (veuve L. Ruch), Jacques Fuchs, la famille Jean Fuchs, la famille Jean Ruch, la famille Michel Eschrich et Jacob Scholler. Ce dernier s'installe dans l'Ohio où il devient prédicateur méthodiste dans la Church of the United Brethren in Christ (Église des frères réunis en Christ)[112].

Conscription et remplacement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Service militaire en France.
image d'un groupe d'homme joyeux
Souvenir de conscription.

Entre 1798 et 1889, la France a mis en place le système du tirage au sort pour désigner les jeunes hommes destinés à être enrôlé durant sept dans l'armée française. Ce système prend fin en 1871 en Alsace du fait de l'annexion à l'Allemagne. Chaque canton se doit de fournir son contingent annuel de recrues ; 60 à 70 pour le Canton de Hochfelden durant le Second Empire. Ceux qui tirent un numéro plus grand que le contingent requis sont exemptés. En corollaire, s'est mis en place des possibilités de substitution (entre 1800 et 1872). Celui qui ne voulait pas devenir militaire devait trouver un volontaire et présenter ce remplaçant au Conseil de recrutement. Le volontaire accepté, la famille du remplacé lui versait devant notaire une forte somme d'argent en compensation. Cet échange d'hommes se faisait le plus souvent en ayant recours aux services d'un « marchand d'hommes », Conscritsmakler en alsacien, dont la spécialisation était très lucrative. En 1894, le folkloriste Auguste Kessel a recueilli les souvenirs d'un personnage de ce genre ; le bistrotier Michel Matter (1835-1911), propriétaire du restaurant Zum Rebstock à Altdorf. Le remplacement peut certes se faire entre hommes du même canton, mais le trafic peut aussi mettre en contact de jeunes Alsaciens pauvres avec des familles fortunées de Besançon ou de Normandie. En temps de paix, la somme négociée tourne autour de 1 500 Francs. Cependant lors de la Guerre de Crimée (1853-1856), l'échange se monnaye entre 2 400 et 3 000 Francs[n 4]. Le remplaçant est donc le plus souvent un indigent pour qui la vie militaire est une solution à sa misère - être nourri et logé, possibilité d'apprendre le Français, de monter en grade, de bénéficier du prestige de l'uniforme, d'offrir une vie meilleure à ses parents, etc[113]. L'État civil local conserve la trace de jeunes alteckendorfois mort sous l'uniforme. Le 21 janvier 1844, décède à l'hôpital militaire d'Alger, le fusilier au régiment des Zouaves Jacques Kuntz après avoir contracté la fièvre typhoïde. Dix ans plus tard, le 28 octobre 1854, le cavalier au 7e régiment des Dragons Michel Ruch meurt à Gallipoli après avoir contracté le choléra[114].

Situation religieuse[modifier | modifier le code]

Durant le XIXe siècle, la communauté villageoise reste très homogène du point de vue religieux. En 1861, sont recensés 734 habitants dont 725 luthériens, 3 catholiques, et 6 dissidents[115]. Cinq ans plus tard, en 1866, sur 760 habitants recensés, 748 sont protestants et les 12 restants sont qualifiés de sectaires. Les personnes comptées comme dissidents ou sectaires sont probablement des membres du mouvement religieux des Fröhlichianer, nouvelle religion anabaptiste introduite à Alteckendorf par Sophie Abert, fille du pasteur luthérien local, Frédéric Christian Schneider, en poste de 1802 à 1841[116]. Les membres de cette secte avaient pris pour habitude de se rendre à la Heiligbrunnel pour s'y faire baptiser dans leur nouvelle religion. Cette source alimente le ruisseau Schweinbach et se trouve au nord du village[117].

Philippe Auguste Kroh, pasteur luthérien en poste de 1855 à 1886, dans un de ses rapports, indique qu'Alteckendorf « est une commune essentiellement agricole. Point d'indigents proprement dits; quelques secours provenant de fondations sont distribués à des personnes peu aisées; le bureau de bienfaisance cumule une partie de ses recettes. Quatre cabarets dans une commune de 760 âmes ne favorisent pas les mœurs et l'économie parmi la jeunesse »[118]. Agacé par le manque de ferveur des Alteckendorfois, ce même pasteur énumère en 1860 les excuses avancées par les absentéistes du culte « en été il fait trop chaud, en hiver trop froid ; dans les autres saisons il fait trop humide ou il y a trop de vent... ou on ne peut pas quitter l'alambic »[119].

Faits divers[modifier | modifier le code]

Au cours du XIXe siècle, la quiétude d'Alteckendorf se voit troublée par des faits divers de plus ou moins grande importance. Le 26 décembre 1818, le garde-champêtre Charles Wohlfarth est mort assassiné à l'âge de 48 ans ; son corps est retrouvé dans un fossé du chemin communal à Altdorf. Le procès se tient en juin 1818 à Strasbourg et le 17 août 1819, Georges Metzger est guillotiné sur la place du marché à Hochfelden[110] ; Georges Heid, condamné à perpétuité, meurt en août 1824 au bagne de Toulon[120]. En 1830, des habitants sont victimes de vols, le 19 mars chez le fileur Georges Peter et le 29 juillet chez Jean Wendling où des habits et draps sont dérobés. Dans les deux cas, les soupçons se portent sur « les familles ambulantes qui sortent des montagnes, qui s'arrêtent derrière les hauteurs et qui sont toujours pourvues de passeports »[121]. Dans le journal communal rédigé par les gardes-champêtres, outre ces vols, figurent aussi les divagations des animaux échappés de leurs prés ; par exemple trois vaches le 18 avril 1839 ou quatre chevaux le lendemain 19 avril[122]. Ces problèmes de divagations ne sont pas des choses anodines et peuvent conduire à de longues tracasseries judiciaires. En 1854, la commune d'Alteckendorf est condamnée par le Conseil d'État à rembourser à plusieurs plaignants des taxes indûment perçues en 1849 pour l'entretien des taureaux communs. Selon une ancienne pratique, les propriétaires de vaches saillies par les taureaux communaux doivent s'acquitter de taxes. La commune n'a cependant pas pu établir que les dits-taureaux ont effectivement sailli les vaches en divagation des plaignants quand bien même leur présence a été constatée de temps à autres dans le même pré[123].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Modernité et solidarités[modifier | modifier le code]

S'Rehle - une famille d'Alteckendorf vers 1915.

Après la défaite française de 1870, l'Alsace et une partie de la Lorraine sont intégrées au Reich wilhelmien (1871-1918). L'administration civile s'exerce dans le cadre légal du Reichsland Elsaß-Lothringen sous l'étroite surveillance d'un gouverneur nommé par le gouvernement impérial de Berlin. Durant cette période, la modernisation de la société s'accélère[124]. En 1895, la ligne de chemin de fer entre Strasbourg et Sarreguemines est ouverte et le premier train passe le 27 avril. Alteckendorf bénéficie d'une station avec chef de gare ; le tout étant sous la gestion de la Kaiserliche Generaldirektion der Eisenbahnen in Elsaß-Lothringen (Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine). Plus tard, en 1913, la commune est raccordé au réseau électrique de la Elektrizitätswerk Straßburg (Électricité de Strasbourg)[125].

Dans ce monde agricole en mutation le besoin de solidarités se fait sentir. Fin février 1888, un terrible incendie ravage durant trois jours la ferme S'Meyers (famille G. Brechbiel). Certes, une pompe à incendie est signalée dans le village dès la fin du XVIIIe siècle et en 1800 est élaboré un règlement en cas d'incendie. Cependant, ce n'est qu'après ce sinistre qu'est fondé en 1889 le Corps des Sapeurs-pompiers local. Fort de 45 hommes, il est mis sous le commandement de l'instituteur Valentin Huss. Des uniformes d'occasion sont achetés par la municipalité auprès d'un régiment de dragons stationné à Haguenau[126]. Face à la crise du phylloxéra qui décime le vignoble européen, à Alteckendorf, de nombreux plants de vignes sont arrachés et remplacés par des arbres fruitiers (pommiers, cerisiers, quetschiers). Ceci se fait, entre autres, sous l'impulsion du même Valentin Huss, créateur vers 1893 de l’Obstbaumverein Alteckendorf (Syndicat des arboriculteurs)[127].

Mutualisme agricole[modifier | modifier le code]

photo en noir et blanc
Ferme S'Bürejockels - Défilé lors de la fête du village en septembre 1906.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, pour beaucoup de fermiers pauvres, le recours aux usuriers est le seul moyen pour se voir avancer des sommes en numéraire. Les intérêts de la dette sont exorbitants et le remboursement des échéances peut s'avérer impossible les années de mauvaise récolte, faute de revenus suffisants. À partir de 1848, cette spirale de la pauvreté commence à être brisée en Allemagne sous l'impulsion du protestant Frédéric-Guillaume Raiffeisen (1818-1888), le fondateur du mouvement des banques coopératives. Dans ces organismes financiers, les sociétaires sont en nombre limité et ont la double-qualité d'usagers (clients déposants ou emprunteurs) et de propriétaires. Les prêts ne sont accordés qu'aux sociétaires et aucun bénéfice n'est distribué. En Alsace, la première Caisse de ce type est créée en 1882. Trois décennies plus tard, en 1914, il en existe 471. Le , sous l'impulsion du pasteur Paul Grünberg, en poste entre 1887 et 1892, est fondée la Spar-und Darlehnskasseverein Alteckendorf (Caisse de dépôts et de prêts)[n 5]. Dès le jour de sa fondation, la Caisse compte 42 sociétaires, la part sociale de chacun étant fixée à 3 Marks. Le gouvernement impérial encourage cette démarche et accorde une subvention de 300 Marks en juillet 1889. Le premier dépôt est effectué par la sage-femme Magdalena Etter en octobre et les premiers prêts sont accordés en décembre. Les sommes sont modestes, de 80 à 320 Marks et servent à rembourser des dettes antérieures, des achats de terrains ou d'animaux domestiques[n 6]. Cette action connaît un grand succès et dès la fin 1889, le bilan annuel se solde par un budget équilibré de 36 728 Marks pour 85 sociétaires. Les dépôts enregistrés s'élèvent à 9 517 Marks et 38 prêts ont été accordés pour un montant total de 11 319 Marks. L'activité financière se double vite d'une section d'approvisionnement et de vente ; achat en commun de farine à partir de 1893, acquisition de matériel agricole comme un butoir à pomme de terre en 1894 ou de deux herses en 1904. Le premier compte courant est ouvert en 1891 par Michel Matter, propriétaire d'une tuilerie à Altdorf, pour y déposer la somme de 6 000 Marks[128].

Pratiques folkloriques[modifier | modifier le code]

image coloré d'un couple
Messtiburscht et Messtimaid d'Alteckendorf - peinture à aquarelle - BNUS.

Face aux prétentions pangermanistes des autorités du Reich et au chauvinisme patriotique de immigrants allemands venus s'installer en Alsace-Lorraine, nombre d'Alsaciens ont participé à partir de 1890 au renouveau de la culture régionale par la peinture et le théâtre dialectal ou en exaltant son folklore. Parmi les vieilles coutumes remarquées à Alteckendorf figure son Elsässer Bauermessti (fête villageoise paysanne). Le Messti local apparaît en 1737 et se tient chaque année dans le début du mois de septembre, deux semaines après le Messti de Bouxwiller et une semaine avant celui de Hochfelden. La principale attraction est un joyeux défilé de la jeunesse, musique en tête et offrant des gorgés de vin. Un couple retient plus particulièrement l'attention. Un jeune homme, le Messtiburscht, porte un chapeau agrémenté d'un grand bouquet de fleur orné de rubans colorés. Il est accompagné de sa fiancé, la Messtimaid qui porte outre son costume traditionnel, un grand nœud coloré pardessus la poitrine. Le couple est chaperonné par le Messtihüter, un jeune homme armé d'un fusil. Tous portent à la poitrine une cuillère à soupe. Au devant, défile le Messtihammel, un bélier destiné à récompenser une tombola. En plus du défilé, se tiennent des réceptions chez les édiles, festins dans les restaurants et danses autour du Maïe, un arbre de mai agrémenté de victuailles et symbole d'abondance[n 7]. Cette fête villageoise a perduré sous cette forme jusqu'au début des années 1980 puis à rapidement périclité[129].

Une autre tradition est le défilé des Pfingstknechte ou Valet de la Pentecôte. Ce jour-là, les enfants vont de maison en maison réclamer de la nourriture en vue d'un festin. L'un d'eux, transporte le Gosse, un jeune arbre fraîchement coupé. Un autre, le Pfingstenklotz mène le cortège, déguisé en obèse, un sabre en bois à la main et le visage noirci de suie[130]. Cette coutume a désormais disparu à Alteckendorf mais perdure encore dans le Pays de Hanau à Uhrwiller[131].

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première Guerre mondiale.
carte postale en noir et blanc
Alteckendorf vers 1921.

Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, l'Alsace-Lorraine est allemande depuis le Traité de Francfort de 1871. Le , l'ordre de mobilisation est placardé dans toutes les communes du Reich allemand. Tous les hommes nés entre 1869 et 1897 sont incorporés dans l'armée soit près de 220 000 soldats pour le seul Reichsland[132]. Entre 1914 et 1918, 166 jeunes hommes d'Alteckendorf sont enrolés dans l'armée du Kaiser Guillaume II. Lors du conflit, dix-neuf d'entre-eux sont tués ou portés disparus. Huit soldats sont morts sur le front russe, un au Maroc et neuf sur le front français[133]. Pour soutenir l'effort de guerre, en 1917, trois des quatre cloches que possède le village sont déposées puis fondues. Une seule subsiste, à Altdorf, datée de 1879[134].

Après quatre années de guerre, l'Allemagne s'effondre. Le , les troupes françaises du général Henri Lebocq entrent dans Hochfelden. Le lendemain 22 novembre, les Français entrent dans Strasbourg où le maréchal Philippe Pétain fait une entrée solennelle le 25 sous les vivats de la foule ; marquant par là le retour de l'Alsace à la France. Le , le Bürgermeister (maire) d'Alteckendorf Johann Richert né en 1853 et en poste depuis 1893, démissionne de sa fonction du fait de son ignorance la langue française. Son successeur, le maire Georges Luc Richert (1884-1949) reste en fonction jusqu'en 1940. Pour commémorer le souvenir des soldats tombés au front, un monument au mort est inauguré en 1921 sous la forme sobre d'un petit obélisque[135]. Deux ans plus tard, en 1923, les cloches fondues sont remplacées par de nouvelles[136].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première Guerre mondiale.
Carte souvenir d'un enrôlé de force dans la Wehrmacht et tombé sur le front russe.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, en 1940, deux Alteckendorfois engagés sous l'uniforme français sont tués dans les combats contre les Allemands, l'un près de Seltz l'autre près de Rennes. Après l'effondrement de la France, l'Alsace et la Moselle sont, de fait, intégrés au Reich hitlérien. De suite, le maire francophile Georges Luc Richert est destitué par les autorités d'occupation Nazi. Il est remplacé jusqu'à la fin de la guerre par Michel Fuchs à la tête d'un conseil municipal pro-allemand. Le 25 août 1942, en mépris du droit international (l'Alsace n'est pas officiellement allemande), le Gauleiter Robert Wagner rend obligatoire la conscription des jeunes alsaciens dans la Wehrmacht. Environ 100 000 Alsaciens sont mobilisés. Soixante-huit Alteckendorfois sont ainsi enrôlés de force ; quarante-trois d'entre-eux sont envoyés sur le front russe. Vingt de ces Malgré-nous sont tués ou sont portés disparu lors des combats[137].

Du point de vue des combats à Alteckendorf, on peut signaler les deux épisodes aériens de 1944. Le 21 septembre 1944, un train militaire allemand est attaqué et bombardé près de la gare par des avions alliés. Dix Allemands sont blessés et trois sont tués. Une semaine plus tard, le 28 septembre 1944 a lieu un combat aérien dans le ciel d'Alteckendorf, à faible altitude. Trois avions s'écrasent au sol vers Hochfelden, Issenhausen et Obermodern et une villageoise est blessée par balle à la cuisse[138].

Le 24 novembre 1944, le village est libéré par les forces terrestres américaines. Le conseil municipal mis en place par les nazis est dissout et le maire Georges Luc Richert, en poste dans l'entre-deux guerres, retrouve sa fonction jusqu'à son décès, à l'âge de 65 ans, le 2 novembre 1949[139].

Fin du monde agricole[modifier | modifier le code]

L'église d'Eckendorf vers 1950.

La première décennie du XXe siècle marque, pour Alteckendorf, l'apogée de sa population. En 1901, le village se voit peuplé par 786 personnes. En 1907, on compte 156 exploitations agricoles dont dix ont une superficie de moins de 50 ares. Quarante-huit exploitations ont des surfaces allant de 50 ares à 2 hectares, soixante de 2 à 5 hectares et trente-huit de 5 à 20 hectares[140]. Ces chiffres montrent bien la petitesse des exploitations. Dans les années 1950, pour conserver un modeste revenu, ces exploitations se maintiennent dans la polyculture. Au sein d'une même exploitation la diversification est extrême : élevage d'une poignée de veaux et de porcelets, vente journalière de quelques litres de lait à la coopérative, récolte de tabac, de betteraves sucrières, de céréales, de pommes de terre, vendanges[141].

À la fin du siècle, en 1989, il ne reste plus que 26 exploitations, dont trois ont une superficie de moins de 5 hectares. Sept exploitations ont des surfaces allant de 4 à 10 hectares, sept de 10 à 20 hectares, six de 20 à 40 hectares et trois de plus de 40 hectares. En 1952, le Syndicat agricole local décide de construire au centre du village un bâtiment adapté à la collecte du lait. En 1953, cette laiterie accepte les livraisons de 150 sociétaires. En 1955, le bâtiment est vendue à la commune qui y installe à l'étage les locaux de la mairie ; le rez-de-chaussée restant consacré à la collecte[142]. En 1980, 80 exploitants livrent encore leur production de lait. Dix ans plus tard, elle est fermée et remplacée par 3 réservoirs laitiers privés. Cette baisse du nombre des exploitations s'est accompagné d'un gros effort de mécanisation. En 1942, le premier tracteur fait son apparition. Cinquante ans plus tard, 65 tracteurs sont dénombrés ainsi que 7 moissoneuses-batteuses[143]. En 2006, seuls 2,2 % des actifs d'Alteckendorf se consacrent encore à l'agriculture[144].

Rurbanisation du village[modifier | modifier le code]

Article principal : Périurbanisation.

Après la guerre, le phénomène de la rurbanisation modifie profondément la vie des campagnes situées autour des grandes villes. Concrètement, il s'agit de l'introduction dans le milieu rural traditionnel des pratiques sociales et des activités jusqu'alors réservées aux habitants des villes. Ces pratiques sont apportées par de nouveaux résidents qui ont quitté les villes centres et leurs banlieues proches. Ce sont le plus souvent des ouvriers, des employés ou des cadres moyens. Ce fait se traduit dans le paysage par le développement de l'habitat pavillonnaire autour du noyau formé par l'ancien village. En 1957, la scolarisation des très jeunes enfants est rendue possible par la construction d'une école maternelle (rue des Écoles). La même année, le village est raccordé aux conduites de l'eau courante du Syndicat des Eaux de Hochfelden. L'éclairage public est rénové en 1973 et l'assainissement des eaux usées arrive en 1985, par le raccordement du tout à l'égout à la station d'épuration de Mommenheim. En 1987 est créé le premier lotissement. Le changement se manifeste aussi dans le développement de la pratique associative récréative. En 1983 est fondé le Football Club d'Alteckendorf (F.C.A.) et en 1984 sont aménagés un terrain de sport et une salle polyvalente. La même année est fondé le Club de Gymnastique d'Entretien (G.E.A) pour les adultes qui se double en 1988 par la création d'une section pour enfants. Plus tard, apparaissent d'autres activités (danse, country, chorale). Cette nouvelle attractivité du village se manifeste par l'augmentation de la population qui passe de 603 habitants en 1954 à 824 en 2012[145]. Ce dernier chiffre est un maximum jamais enregistré depuis l'instauration des recensement à la fin du XVIIIe siècle, le précédent record étant de 786 habitants en 1901.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Canton et intercommunalité[modifier | modifier le code]

carte en couleur
Situation de la C.C. du Pays de la Zorn (jaune), autour de Hochfelden (rouge) et au sein du Bas-Rhin (blanc).

Avant le redécoupage cantonal de 2014, Alteckendorf était l'une des 29 communes du canton de Hochfelden. Depuis lors, la commune dépend du canton de Bouxwiller (59 communes pour près de 48 000 habitants). Selon le principe de parité, deux conseillers départementaux - une femme, un homme - sont nécessairement issus des suffrages. À la suite des élections départementales des 22 et 29 mars 2015, les représentants auprès du conseil départemental du Bas-Rhin sont Marie-Paule Lehmann, maire de Scherlenheim et Étienne Burger, maire de Kuttolsheim (Les Républicains). Ces deux élus sont, respectivement, la conseillère sortante de l'ancien canton de Hochfelden et le conseiller sortant de l'ancien canton de Truchtersheim[146].

Alteckendorf fait partie de la communauté de communes du Pays de la Zorn (CCPZ) qui regroupe en son sein vingt-six communes situées autour de Hochfelden. Depuis les élections municipales des 23 et 30 mars 2014, cette institution est présidée par Bernard Freud, maire de Wingersheim. Les deux délégués d'Alteckendorf pour cette structure intercommunale sont le maire Alain Hipp et le premier-adjoint André Hammann[147].

Situation administrative et judiciaire[modifier | modifier le code]

Depuis le , Alteckendorf est rattachée à l'arrondissement de Saverne.

La commune dépend de la septième circonscription du Bas-Rhin. Le député de cette circonscription est Patrick Hetzel candidat investi par l'Union pour un mouvement populaire aux élections législatives françaises de 2012. Le 17 juin 2012, il remporte son mandat au second tour avec 57,21 % des suffrages exprimés, succédant ainsi au député sortant Émile Blessig[148].

La commune se trouve dans la circonscription de gendarmerie de la communauté de brigade (COB) de Hochfelden - Truchtersheim[149].

Tendances politiques[modifier | modifier le code]

Élections présidentielles[modifier | modifier le code]

Lors du second tour de l'élection présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy, UMP, élu, avait obtenu à Alteckendorf 75,16 % des suffrages et Ségolène Royal, PS, 24,84 % des suffrages ; le taux de participation était de 87,57 %[150].

Cinq ans plus tard, lors du second tour de l'élection présidentielle de 2012, François Hollande, PS, élu, avait recueilli 23,94 % des suffrages et Nicolas Sarkozy, UMP, 76,06 % des suffrages ; le taux de participation était de 83,47 %[151].

Élections municipales les plus récentes[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants étant compris entre 500 et 1 500, le nombre de membres du conseil municipal est de 15[152]. Lors des élections municipales de 2008, les 15 conseillers municipaux (onze hommes, 4 femmes) ont été élus dès le premier tour ; le taux de participation était 86,54 %[153]. Le maire sortant, Georges Harter est confirmé dans sa fonction.

Lors des élections municipales de 2014, deux listes concurrentes se sont présentés. Une liste est conduite par Georges Harter. Maire depuis 2001, il a donné sa démission en août 2012 après avoir été mis en minorité le 23 juillet 2012 ; le conseil municipal l'ayant désavoué au sujet d'un projet de construction d'une nouvelle salle polyvalente. L'autre liste est conduite par Alain Hipp, maire en remplacement depuis cette date[154]. Après une vive campagne électorale, les 15 conseillers municipaux (11 hommes, 4 femmes) ont été élus dès le premier tour ; le taux de participation était de 89,15 %. Tous les colistiers du maire sortant Alain Hipp ont été élus[155].

Blason communal[modifier | modifier le code]

En 1577, les communautés villageoises d'Eckendorff et d'Aldorff se voient attribuer un sceau ainsi décrit en langage héraldique allemand : Sankt Martin zu fuss, seinen Mantel teilend, mit dem Armen nackt am Rande des Weges sitzend zur eine Seite, und Kirchlein mit Augen Gottes auf einem Hügel zur anderen Seite, das ganze in Gold auf blauem Grund. Ce sceau est actuellement conservé à Bouxwiller[156].

L'Armorial de Louis XIV, reprend ce sceau et indique, en langage héraldique français, pour les communautés d'Oberaltorff et Exquendorff: D'azur, à un Saint Martin, coupant la moitié de son manteau pour le donner à un pauvre assis à sénestre, le saint adextré en pointe d'une église posée sur un monticule, le tout d'or.[157]

Cependant, la commission héraldique créée par le préfet du Bas-Rhin en 1946 a modifié ce blason en le simplifiant : D'or à la chape de Saint Martin d'azur. Toutefois la municipalité, n'ayant pas connaissance de ces travaux, utilise jusqu'à la fin des années 1980 un blason représentant une pomme à l'envers inspiré d'une borne communale[158]. Après avoir pris connaissance de l'existence du sceau de 1577, la municipalité décide d'adopter un blason inspiré par celui-ci. De ce fait, le blason simplifié créé par la commission héraldique n'a jamais été en usage[16].

Listes des maires[modifier | modifier le code]

Mandat en cours
Période Identité Étiquette Qualité
octobre 2012 en cours Alain Hipp sans étiquette Fonctionnaire (catégorie B)

Fiscalité[modifier | modifier le code]

L'imposition des ménages et des entreprises à Alteckendorf en 2008 et 2009[159],[160]
Taxe Taux appliqué en 2008 (part communale) Taux appliqué en 2009 (part communale) Recettes dégagées en 2009 et en €
Taxe d'habitation (TH) 6,41 % 6,57 % 51 000
Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) 7,41 % 7,60 % 39 000
Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) 40,80 % 41,82 % 17 000
Taxe professionnelle (TP) 9,83 % 10,08 % 21 000

Budget[modifier | modifier le code]

[161]

Évolution de l'endettement (en milliers d’€)[161] :

Évolution des dépenses d’équipement (en milliers d’€)[161] :

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population[modifier | modifier le code]

Évolution démographique depuis 1793
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846
531 588 624 701 732 777 770 757
1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886
758 712 734 760 747 730 745 739
1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931
735 757 786 776 767 675 646 670
1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990
653 637 603 619 618 648 661 705
1999 2007 2012 - - - - -
746 738 824 - - - - -
(Sources : Insee[162], cassini.ehess.fr)


Histogramme
  • Commentaire :

Selon les chiffres du recensement de 1999, les cinq communes les plus peuplées du Pays de la Zorn sont Hochfelden, Schwindratzheim, Wingersheim, Alteckendorf et Ettendorf. En 2006, avec ses 739 habitants, Alteckendorf descend à la cinquième place et se voit devancer par Ettendorf. Cette dernière, entre 1999 à 2006, a vue sa population augmenter de 97 habitants pour passer de 700 à 797 habitants. Durant cette même période Alteckendorf a perdu sept habitants pour passer de 746 à 739 habitants. Au recensement de 2012, Alteckendorf regagne sa quatrième place avec 824 habitants contre 795 pour Ettendorf[163].

En 2013, après l'achèvement de deux lotissements, la population d'Alteckendorf atteint les 854 habitants.

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramides des âges de la commune d'Alteckendorf
Recensement de 2006, en pourcentage du total
pyramide des âges d'Alteckendorf.
Hommes Classe d’âge Femmes
0,5 
> 90 ans
0,3 
4,8 
75-89 ans
8,7 
14,2 
60–74 ans
15,7 
27,7 
45–56 ans
27,0 
20,9 
30–44 ans
24,1 
14,0 
15–29 ans
10,8 
17,8 
0–14 ans
13,4 
Pyramides des âges du département du Bas-Rhin
Recensement de 2006, en pourcentage du total
pyramide des âges du Bas-Rhin.
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
> 90 ans
0,9 
4,5 
75-89 ans
8,0 
11,8 
60–74 ans
12,5 
20,8 
45–56 ans
19,8 
22,8 
30–44 ans
21,6 
20,7 
15–29 ans
20,1 
19,1 
0–14 ans
17,2 

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune d'Alteckendorf est rattachée à l'académie de Strasbourg. Cette académie fait partie de la zone B pour son calendrier de vacances scolaires.

Depuis 1983, les communes de Minversheim et d'Alteckendorf se sont associées en Regroupement pédagogique intercommunal (RPI) pour offrir aux élèves des classes maternelles et primaires un meilleur cadre éducatif mais aussi pour éviter des fermetures de classes[164]. Auparavant, un regroupement avait été tenté avec le proche village d'Ettendorf. Le projet a cependant échoue face à la différence cultuelle soulevé par quelques parents d'élèves de cette localité. En effet, ce dernier village est à majorité catholique tandis qu'Alteckendorf est luthérien (en Alsace-Moselle, l'enseignement religieux est encore pratiqué durant une heure hebdomadaire). Plus heureusement, cette différence n'a pas rebuté les édiles de Minversheim, où là aussi, la croyance catholique est pratiquée.

Les élèves vont ensuite au collège Gustave-Doré de Hochfelden. Pour poursuivre leurs études en lycée, les jeunes Alteckendorfois se rendent principalement à Bouxwiller ou à Saverne.

Vie culturelle et sportive[modifier | modifier le code]

Vie associatives[modifier | modifier le code]

En 2014, l'offre associative pour un village de moins de 900 habitants s'est montré assez diversifiée.

  • L'amicale du Corps de sapeurs-pompiers. Le corps local, créé en 1888, est regroupé avec celui d'Ettendorf depuis le 23 octobre 2008 (18 pompiers dont 12 de la localité).
  • Le syndicat des Arboriculteurs d'Alteckendorf et environs a été créé vers 1899 par l'instituteur Valentin Huss en réponse à l'érosion des sols et au fléau du Phylloxéra. L'association propose des excursions, des commandes d'arbres fruitiers, des cours de taille et de greffage ainsi que des sorties de reconnaissance aux insectes nuisibles et aux maladies spécifiques comme la Sharka[165].
  • La société de musique Alsatia, fondée le 9 décembre 1925 (19 membres).
  • Le Football Club d'Alteckendorf (FCA), créé le 2 décembre 1983 (35 licenciés séniors pour la saison 2008-2009), l'équipe première évoluant en troisième division départementale.
  • Le club de Gymnastique d'entretien d'Alteckendorf (GEA), fondé en juillet 1984 (une trentaine de membres).
  • Le club La Fleur de l'Âge, (anciennement club du troisième âge).
  • Le Country Club Black Angels (une trentaine de membres).
  • La chorale paroissiale créée en 1995 sous l'impulsion du pasteur Sybille Stohrer (une quinzaine de chanteurs).
  • Le club Les Frissons de la danse, créé en 2001 (70 membres)[166].

Équipements culturels et sportifs[modifier | modifier le code]

  • La salle polyvalente est en fonction depuis les années 1980. Il s'agit de l'ancienne gare SNCF qui est devenue la propriété de la commune. Ce bâtiment est composé d'une grande et d'une petite salles qui sont louées aux associations et aux particuliers lors de leurs manifestations festives ou culturelles. La gestion de ce lieu est assurée par l'Association Sport et Loisirs d'Alteckendorf (ASLA) qui regroupe en son sein toutes les associations d'Alteckendorf.
  • La station de tri sélectif est située place de la Gare. Les particuliers peuvent y déposer leurs vieux papiers et cartons, ainsi que les bouteilles usagées en verre et en plastique. Pour les objets et déchets plus encombrants la communauté de communes du Pays de la Zorn a mis en place les déchèteries de Bossendorf et de Mutzenhouse.
  • Le stade municipal ou grand terrain de football, inauguré le 27 juin 1987, est la propriété de la commune. Cependant le petit stade situé à l'arrière du précédent est la propriété du Football Club d'Alteckendorf.
  • La salle multifonctionnelle (ancienne école) est réservée aux associations. Lors des élections ce lieu sert de bureau de vote.

Santé et services d'urgence[modifier | modifier le code]

Un médecin généraliste réside à Alteckendorf. Les pharmacies les plus proches se trouvent à Schwindratzheim, Hochfelden et Mommenheim. Quant aux hôpitaux, ils sont situés à Saverne - Centre hospitalier Sainte Catherine (391 places), Haguenau - Centre hospitalier (432 places) et Strasbourg - Hôpital Civil (1088 places) et Hôpital de Hautepierre (1018 places)[167].

Alteckendorf dispose sur son territoire communal d'un centre d'incendie et secours (section d'Alteckendorf-Ettendorf) composé d'une douzaine de sapeurs-pompiers. En 2013, 27 sorties ont été effectuées dont 17 assistances à personnes en danger, 7 destructions de nids de guêpe et 1 captures de chien. En 2014, les sorties ont été plus nombreuses. Sur un total de 37 interventions, on a compté 22 assistances à personnes en danger, 1 accident de circulation, 1 feu de cheminée, 11 destructions de nids de guêpe et 2 captures d'animaux[168]

Médias[modifier | modifier le code]

Le quotidien régional des Dernières Nouvelles d'Alsace, dans son édition de Saverne consacre, de temps à autres, quelques articles à l’actualité communale ; Atout Zorn est le magazine de la Communauté de communes du Pays de la Zorn et Alt'échos est depuis mai 2008 le bulletin d'information distribué par la commune d'Alteckendorf.

Dans le domaine des médias audiovisuels, deux chaînes de télévision sont accessibles aux habitants d'Alteckendorf et relaient les informations locales : France 3 Alsace et Zorn TV (via Numéricable). Parmi les nombreuses stations de radio disponibles, on peut citer France Bleu Alsace basée à Strasbourg, plus spécialement dédiée à la musique et aux informations locales alsaciennes.

Cultes[modifier | modifier le code]

photo d'une maison blanche
Le presbytère luthérien en 2014.

De par son histoire, Alteckendorf est un village majoritairement protestant. Le village est passé au luthérianisme en 1545 comme tout le comté de Hanau-Lichtenberg mais le premier pasteur n'a été nommé qu'en 1547. Depuis les années 1970, ce fait luthérien est tempéré par la désaffection des fidèles, l'arrivée de nouveaux habitants de confession catholique et par la création d'une nouvelle Église évangélique libre.

Paroisse luthérienne[modifier | modifier le code]

Ayant deux églises à sa disposition, le culte est célébré un dimanche sur deux à Altdorf, en alternance avec Eckendorf. Le presbytère est situé à l'arrière de l'église d'Eckendorf. La paroisse luthérienne d'Alteckendorf fait partie du Consistoire de Schwindratzheim et dépend de l'inspection de Bouxwiller ; elle est membre de l'Église protestante de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (EPCAAL) qui compte environ 200 000 membres, 235 paroisses et 260 pasteurs (dont 25 % de femmes et 75 % d'hommes). Comme toutes les anciennes communautés religieuses d'Alsace et de Moselle, l'EPCAAL vit sous le régime des Articles organiques qui furent promulgués par Napoléon Ier en 1802. Les pasteurs sont donc assimilés à des fonctionnaires, ils sont nommés et rémunérés par l'État[169].

Église évangélique d'Alteckendorf[modifier | modifier le code]

photo de maisons
Les locaux de l'Église évangélique.

L'origine de cette jeune église remonte à 1965 quand le Suisse Nicolas Kessely commence un travail d'évangélisation parmi les jeunes de la région. Cinq ans plus tard, il s’installe à Alteckendorf. De là, il organise des soirées d'évangélisation dans divers lieux des environs. Lors de ces soirées, des dizaines de jeunes se retrouvent pour étudier la Bible, prier et partager entre eux leurs expériences religieuses. En 1974, pour répondre à l’attente spirituelle de ces croyants, il est décidé de se constituer en Église ; « L’Église Évangélique d’Alteckendorf » est créée. En 1980, l’Église est enregistrée comme association cultuelle et adhère à la Fédération évangélique de France. En 1983, une grange d'Eckendorf est transformée en local pour les réunions. Onze ans plus tard, en 1994, face au succès, ce local est devenu trop petit. Une nouvelle salle de culte, moderne, spacieuse et confortable, est alors construite. En 1996, l'association culturelle – VIADUC – est fondée pour mieux encadrer le travail avec les jeunes[170].

Économie[modifier | modifier le code]

Activité économique[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous détaille le nombre d'entreprises implantées à Alteckendorf en 2012, selon leur secteur d'activité et le nombre de leurs salariés[171] :

Établissements actifs par secteur d'activité au 31 décembre 2012.
Total  % 0
salarié
1 à 9
salariés
10 à 19
salariés
20 à 49
salariés
50 salariés
ou plus
Ensemble 55 100,0 47 6 2 0 0
Agriculture, sylviculture et pêche 15 27,3 15 0 0 0 0
Industrie 3 5,5 2 0 1 0 0
Construction 3 5,5 1 2 0 0 0
Commerce, transports, services divers 29 52,7 26 2 1 0 0
dont commerce et réparation automobile 6 10,9 6 6 0 0 0
Administration publique, enseignement, santé, action sociale 5 9,1 3 2 1 0 0
Champ : ensemble des activités.

Sur les 55 entreprises implantées à Alteckendorf en 2012, quarante-sept ne font appel à aucun salarié, six comptent 1 à 9 salariés et deux emploient entre 10 et 19 personnes.

En 2013, six entreprises ont été créées à Alteckendorf, une dans le secteur de la construction et cinq dans le secteur du commerce, du transport et des services divers. La commune est située dans un triangle formé par les villes de Strasbourg, Haguenau et Saverne, qui sont les principaux bassins d'emploi du département du Bas-Rhin. Sur les 410 actifs de la commune, 41 travaillent dans le village et 347 dans une autre communes du département[172].

Population active[modifier | modifier le code]

En 2004, le revenu moyen par ménage s'élevait à 16 583 €/an (15 027 €/an au niveau national)[173]. En 2006, sur 739 habitants, la population active était représentée par 350 personnes (204 hommes et 146 femmes). Mais seulement 36 d'entre elles exerçaient leur activité sur la commune. La plus grande partie (297 individus) travaillaient sur une autre commune du département.

Structure des emplois à Alteckendorf, selon le recensement de 1999

  Agriculteurs Artisans, commerçants, chefs d'entreprise Cadres, professions intellectuelles Professions intermédiaires Employés Ouvriers
Alteckendorf 2,2 % 4,4 % 7,89 % 21,1 % 25,6 % 38,9 %
Moyenne nationale 2,4 % 6,4 % 12,1 % 22,1 % 29,9 % 27,1 %
Sources des données : INSEE[174]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous présente les principales caractéristiques des exploitations agricoles d'Alteckendorf, observées sur une période de 22 ans[175] :

Évolution de l’agriculture à Alteckendorf entre 1988 et 2010.
1988 2000 2010
Nombre d’exploitations 49 26 10
Équivalent Unité de travail annuel 42 17 10
Surface Agricole Utile (SAU) (ha) 570 476 405
Cheptel (UGBTA)[n 8] 696 432 406
Terres labourables (ha) 423 418 347
Superficie moyenne des exploitations (ha) 11,6 18,3 40,5

La superficie agricole utilisée à alteckendorf représente 405 ha en 2010. L'examen des données présentées révèle qu'au cours des vingt-deux dernières années, le nombre d'exploitations a été divisé par cinq, passant de 49 à 10[n 9] ; l'agriculture procure de moins en moins d'emploi sur la commune, les exploitations agricoles étant dans leur presque totalité des structures sans salarié ; le cheptel a fortement diminué sur la période, même s'il s'est stabilisé sur la dernière décennie ; la taille des exploitations a quadruplé. L'agriculture alteckendorfoise s'est détournée de l'élevage des vaches laitières mais est restée tournée vers les céréales (233 ha en 2010) et la culture de maïs (132 ha en 2010)[176].

Industrie, BTP, commerce et services[modifier | modifier le code]

Après la fermeture du Restaurant de la Gare, entre 1978 et 2009, il n'y avait plus de restaurant à Alteckendorf. Depuis 2009, est ouvert l'établissement S'Rebstoeckel situé dans la rue Principale[177]. Plus récemment, depuis le s'est ouvert le magasin S'Dorfladel, un dépôt de pain, filiale de la boulangerie Pain de la laiterie de Ringendorf[178]. L'agriculture est devenue marginale en termes d'actifs avec 2,2 % de la population active sur une quinzaine d'exploitations).

La principale entreprise villageoise est la carrosserie industrielle de poids-lourds Mathis fondée en 1959 et située rue de Pfaffenhoffen (vers Ettendorf). Son activité se diversifie dans l'élaboration de camion-grue, de camion à plateaux, de camion-benne, de camion-fourgon et de camion PLSC (bâches coulissantes)[179].

Depuis trois décennies, la société Brenner est spécialisée dans les travaux de charpente (six employés) et plus spécialement dans les travaux de restauration de maisons à colombages par la réalisation d'ossature et ce, en suivant les principes ancestraux de la construction en bois[180].

Existent aussi dans le secteur du bâtiment, un carreleur, un couvreur-zingueur, un menuisier-ébéniste, un architecte, un serrurier. Depuis 1973, un vitrier d'art de renommée régionale est installé sur la commune. Il est récompensé, entre-autres, par un Bretzel d'or[181].

Culture locale[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

Église luthérienne d'Eckendorf[modifier | modifier le code]

Avant l'introduction de la Réforme, l'église luthérienne d'Eckendorf était dédiée à Saint-Arbogast ; un ermite du VIIe siècle nommé évêque de Strasbourg. La partie la plus ancienne est la tour-chœur de style roman qui pourrait remonter au XIVe siècle pour ses deux niveaux inférieurs. Le chœur est décoré avec des fresques de la Passion du Christ restaurées avec fantaisie au début du XXe siècle par l'artiste Heinrich Ebel de Fegersheim. Les deux derniers niveaux du clocher ont été ajoutés au XVIIIe siècle après la reconstruction de la nef en 1765. La clef de voute du chœur porte la date de 1667 indiquant peut-être la date de travaux de restauration. L'orgue remonte à 1898 et a été fabriqué par les frères Linck (Wurtemberg) avec une façade restaurée en 1928 par Roetinger, transformé en 1954 par Muhleisen et réparé en 1991.

Église luthérienne d'Altdorf[modifier | modifier le code]

Avant l'introduction de la Réforme protestante en 1545, l'église d'Altdorf était anciennement dédiée à Saint-Martin de Tours. Elle a été entièrement reconstruite en 1775 d'après des plans de Charles Christiani, inspecteur des ponts et chaussées de la Basse-Alsace. Il ne subsiste aucune trace de l'ancienne église. Le bâtiment voisin du chœur, indiqué sur le plan cadastral de 1828, et qui abritait le corps de garde a lui aussi été détruit. Le pourtour de l'église, cimetière communal avant 1926, a été réaménagé en pelouse. En 1976, lors d'une campagne de restauration, les peintures polychromes d'origines de la balustrade de la tribune ont été redécouvertes et remis en valeur par l'entreprise Goetz de Brumath (inscription sur le garde-corps : « freigelegt 1976 ». Le style est d'art populaire alsacien avec des tons gris, jaune et bleu en harmonie avec les marbrures jaunes des cinq colonnes supportant la tribune[182]. L'autel, daté de 1776, présente une image naïve d'une brebis, au corps trop allongé par rapport à ses membres, tenant un étendard. Le vitrail de la tour-chœur représente Jésus-Christ en résurrection et se présente comme une variante de La Résurrection de Piero della Francesca (1463). Le Christ est debout, drapé de rouge. Il sort de son tombeau dans une nuée, il bénit de la main droite et tient une bannière dans la main gauche[183].

En 1846, le facteur d'orgue Stiehr a déplacé vers Altdorf une moitié de l'orgue de Phalsbourg réalisé par Sébastien Kraemer en 1789. En 1907, celui-ci est remplacé par un orgue neuf fabriqué par les frères Link de Giengen an der Brenz (Wurtemberg). Une nouvelle façade est installée en 1928 par Roethinger et une transformation a été effectuée par Muhleisen (de Cronenbourg) en 1956 et 1984 ; révision en 1990 par Chr. Guerrier[184],[185]

Vestiges d'une enceinte[modifier | modifier le code]

Au nord du village, à flanc de colline, subsistent les vestiges - un talus et un fossé - d'une petite enceinte fortifiée. Faute des sources écrites et de recherches archéologiques, on ne dispose pas de renseignements quant à l'ancienneté, aux propriétaires et au rôle de cette fortification[186]. Son souvenir est conservé par le lieu-dit cadastral Auf der Burg « sur le château-fort »[117].

Sobriquets[modifier | modifier le code]

  • Sürmelichblotzer : baratteurs de lait caillé
  • d'Briechler : ceux du marécage
  • Söïkewwel : auge à cochons
  • Jusqu'en 1930 se déroulait chaque lundi de Pentecôte la coutume du défilé des Pfingstknechte.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jacques Matter né le 31 mai 1791 à Alteckendorf, fils d'un des premiers maires de cette commune. Décédé en 1864. Pédagogue, philosophe et historien. Ses dons pour les études furent remarqués par le pasteur local de l'époque, Jean Frédéric Schneider[187].
  • Thimothée Guillaume Roehrich né en 1802 à Alteckendorf, décédé à Strasbourg en 1860. Pasteur au temple Saint-Guillaume à Strasbourg, il publia en quatre volumes une Histoire de la Réforme en Alsace. Fils du pasteur d'Alteckendorf, Jacques Christian Roehrich, en poste entre 1795 et 1802[188].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Histoire et géographie[modifier | modifier le code]

  • (fr): Walter Bodmer, L'immigration suisse dans le comté de Hanau-Lichtenberg au XVIIe siècle, Strasbourg, Editions Heintz,‎ .
  • (fr): Jean-Michel Boehler, Une société rurale en milieu rhénan: La paysannerie de la plaine d'Alsace, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg,‎ , 2222 p. (ISBN 2868201393).
  • (fr): Collectif, « Le canton de Bouxwiller », Pays d'Alsace, Saverne, SHASE, no 103bis,‎ (ISSN 0245-8411)
  • (fr): Collectif, Histoire de l'Alsace rurale, Paris - Strasbourg, Librairie Istra,‎ , 512 p.
  • (de) et (fr): Collectif, Alteckendorf, deux clochers, un village, Strasbourg, Editions Coprur,‎ , 224 p. (ISBN 2903297452).
  • (fr) A. Humm et A. Wollbrett, Villages disparus d'Alsace, Saverne, SHASE,‎ (ISSN 0245-8411)
  • (fr): Etienne Juillard, La vie rurale en Basse-Alsace, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg,‎ (réimpr. 1992), 585 p. (ISBN 2868208169).
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Internet[modifier | modifier le code]

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    reportage vidéo, durée : 15,03 min.
  • (fr): Alteckendorf, Alt'echos : Éditions spéciale (no 23),‎ , 24 p. (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La nuit, certains habitants, à tour de rôle, devaient veiller afin d'assurer la sécurité de la localité.
  2. L'instabilité des suffixes est un fait patent qui a été remarqué pour de nombreuses localités alsaciennes et mosellanes. Selon le germaniste Alain Simmer, il s'agit d'une anarchie généralisée qui ne trouble personne au Bas Moyen Âge. Il ne s'agit pas d'un mouvement concerté. L'emploi des différents suffixes est le signe de leur évidente équivalence. Cette variation est surtout vraie dans le riche cartulaire de l'Abbaye de Wissembourg. Ceci est le reflet de la perméabilité de la frontière linguistique. Une zone linguistique ne s'arrête pas d'une manière nette mais d'une manière fluctuante et nuancée avec un bilinguisme qui se décline sous une multitude d'aspects comme l'usage de doublets toponymiques. Lire : Alain Simmer, Peuplement et langues dans l'espace mosellan de la fin de l'Antiquité à l'époque carolingienne, Metz, 2013, pages 342-344.
  3. Il s'agit du Oberalt. und Eckendorffer General Bann Erneuerungs Protocoll. Ce document est déposé aux Archives départementales du Bas-Rhin à Strasbourg sous la cote E2314.
  4. Pour se faire une idée de l'importance de la somme négociée, on peut par comparaison indiquer qu'une petite ferme d'Alteckendorf située sur un terrain de 10 ares s'est vendue pour 2 000 Francs en juin 1869 (contrat de vente entre Anne Gebhart et Jacques Finitzer). Les pères de familles pouvaient, en outre, souscrire à un système d'assurance contre le risque de conscription et ainsi bénéficier d'un pécule pour financer le remplacement du fils.
  5. Cette caisse locale perdure dans le réseau du Crédit mutuel dans la fédération Crédit mutuel Centre Est Europe
  6. Pour se faire une idée de la valeur des biens terriens à Alteckendorf à cette époque, on peut indiquer qu'une parcelle de 10,80 ares de forêt s'est vendue pour 120 Marks, une parcelle de champ de 12,67 ares pour 500 Marks, une parcelle vigne de 2,12 ares pour 120 Marks, les bâtiments d'une ferme sur une parcelle de 23,20 ares sont estimée à 3200 Marks (année 1907). Selon les actes notariaux des archives personnelles de G. Finitzer (1881-1965).
  7. Il est manifeste que cette festivité villageoise est issue de diverses pratiques anciennes entremêlées ; bal populaire et mariage paysan du XVIIIe siècle, fête des conscrits du XIXe siècle, célébrations païennes du mois de mai, fête des récoltes et des vendanges. Lire entre-autres : Freddy Sarg, Fêtes et Coutumes d'Alsace : Au fil de la vie, Mémoire d'Alsace, 2002.
  8. Unité gros bétail alimentation totale (UGBTA) : unité employée pour pouvoir comparer ou agréger des effectifs animaux d’espèces ou de catégories différentes (par exemple, une vache laitière = 1,45 UGBTA, une vache nourrice = 0,9 UGBTA, une truie-mère = 0,45 UGBTA).
  9. On peut constater une différence entre les données fournies par l'Insee et par le ministère de l'Agriculture ; en cause, une définition plus restrictive de l'exploitation agricole par le ministère de l'Agriculture (attribution obligatoire d'un numéro de SIRET) et la prise en compte, dans les enquêtes de l'Insee, des exploitations de sylviculture. Pour compléments d'information, lire :
    Recensement agricole 2010 - Méthodologie, instructions aux enquêteurs, p. 5-8,[lire en ligne][PDF]
    Maurice Desriers, L'agriculture française depuis cinquante ans : des petites exploitations familiales aux droits à paiement unique, in L’agriculture, nouveaux défis, édition 2007, p. 18, [lire en ligne][PDF].

Références[modifier | modifier le code]

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  187. Voir Une notice biographique rédigée en 1833 où sont recensés ses travaux.
  188. Voir Sa biographie écrite deux ans après son décès.