Drusenheim

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Drusenheim
Vue de la mairie de Drusenheim.
Vue de la mairie de Drusenheim.
Blason de Drusenheim
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin (Strasbourg)
Arrondissement Haguenau-Wissembourg
Canton Bischwiller
Intercommunalité C.C. de l'Espace Rhénan
Maire
Mandat
Jacky Keller
2014-2020
Code postal 67410
Code commune 67106
Démographie
Gentilé Drusenheimois(es)
Population
municipale
5 100 hab. (2014)
Densité 324 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 45′ 46″ N 7° 57′ 09″ E / 48.76277778, 7.952548° 45′ 46″ Nord 7° 57′ 09″ Est / 48.76277778, 7.9525  
Altitude Min. 119 m – Max. 128 m
Superficie 15,73 km2
Localisation

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Liens
Site web www.drusenheim.fr

Drusenheim est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située sur l'axe ferroviaire Strasbourg - Lauterbourg, Drusenheim est une petite ville de l'Alsace au bord du Rhin. Elle est une étape sur la Véloroute Rhin EV 15 (1 320 km) qui relie la source du Rhin, située à Andermatt en Suisse, à son embouchure à Rotterdam.

Drusenheim est reliée par un bac sur le Rhin à Greffern sur la rive allemande.

La commune est baignée par la Moder.

Histoire[modifier | modifier le code]

Drusenheim aurait été un des nombreux châteaux-forts que Drusus, fils de l'impératrice Livie, construisit le long du Rhin pour arrêter les incursions des Germains.

Ce village figure sur la charte de donation concédée en 758 par le comte Ruthard à l'abbaye de Schwartzach. Celle-ci sut y conserver jusqu'à la Révolution le patronage et la dime, elle y jouissait aussi des droits castrensiens de l'ancien Brughof.

Drusenheim, qui faisait partie dans le Comté de Hanau-Lichtenberg du bailliage d'Offendorf, embrassa la Réforme en 1570 et redevint catholique en 1687[1].

Buste de Nero Claudius Drusus - Musée du Louvre.

Drusenheim du VIIIe au XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

A partir du VIIIe siècle (et durant 600 ans ): les habitants de Drusenheim sont sujets de l’Abbé de Schwarzach. La commune passe ensuite entre les mains de plusieurs seigneurs successifs, dont les célèbres comtes de Hanau-Lichtenberg (1570 à 1736).

Drusenheim du XVIIe au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au milieu du XVIIe siècle, l’Alsace devient française. Pour repeupler Drusenheim, vidée par les guerres, les famines et les épidémies, on fait venir des Suisses, des Allemands, des Lorrains.

De nombreux affrontements ont lieu à Drusenheim entre la guerre de Trente ans (1618-1648) et le milieu du XVIIIe siècle. Après cette période chaotique, la paix s’installe enfin, le village se reconstruit et se développe. L’église est agrandie aux alentours de 1780, des industries s’installent.

Drusenheim du XIXe au XXe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1814 : défaite de l’empereur Bonaparte, la région est occupée par les troupes russes, autrichiennes et allemandes.

Le XIXe siècle sera celui des révolutions à Drusenheim : révolution démographique (la population triple entre 1805 et 1820), industrielle (création de la filature et de la tuilerie et travaux d’endiguement du Rhin) et militaire (déclassement du poste de Drusenheim). Pas de révolution politique locale, en revanche : seuls quatre maires seront en fonction de la restauration jusqu’au XXe siècle.

  • 1870-1871 : guerre franco-allemande et rattachement de l’Alsace à l’Allemagne (jusqu’en 1918). C’est donc sous l’uniforme allemand que les soldats drusenheimois se sont battus durant la première guerre mondiale. 53 hommes ont perdu la vie sur les champs de bataille.
  • 1918 : après la victoire de la France, Alsace et Moselle redeviennent des provinces françaises. Drusenheim prospère, l’industrie se développe, la vie religieuse et associative connaît un nouvel essor.

Drusenheim pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

  • 3 septembre 1939 : la Seconde Guerre mondiale est déclarée.
  • 31 août 1939 : évacuation des habitants de Drusenheim vers le Limousin, à Saint-Léonard-de-Noblat.
  • 21 juin 1940 : capitulation de l’armée française. Les autorités allemandes ordonnent le retour des populations évacuées. Au cours du mois d’août, les Drusenheimois réfugiés à Saint-Léonard sont rapatriés.

Le retour des Drusenheimois[modifier | modifier le code]

Le village et les terres sont à l’abandon depuis un an, de nombreuses maisons sont démolies, les granges et habitations ont été pillées. Comme le reste de l’Alsace, Drusenheim subit une campagne de germanisation : les noms de rues français sont changés, les prénoms français sont transformés, les enseignes des commerces démontées, l’allemand devient la langue officielle.

Dès août 1942 : incorporation de force des jeunes hommes (sauf bien sûr ceux qui parviennent à déserter malgré les grands risques pour eux et leur famille). juin 1944 : Libération de la Normandie et de Paris. Drusenheim devra attendre le début 45.

La première libération de Drusenheim[modifier | modifier le code]

La première libération de DrusenheimUne première libération de la ville a lieu le 12 décembre 1944, par les forces américaines. Les allemands s’étant retirés sans combattre, le village fut donc relativement épargné. Le 5 janvier 1945, une contre-attaque nazie est lancée, sous le nom de code « Nordwind ». Les premières victimes civiles tombent le jour même, touchées par l’artillerie allemande. Le 20 janvier 1945, l’armée US se retire au Barrwald et commence à bombarder le village. Les dégâts les plus importants sont situés autour de l’église, dont le clocher constituait un point d’observation privilégié des Allemands. La population vit un véritable calvaire durant les deux mois qui suivent, subissant la faim, le froid, les bombes, l’artillerie, les combats de rue.

Colonne de chars américains sur la route mennant de Rohrwiller à Drusenheim

Drusenheim enfin libre[modifier | modifier le code]

17 mars 1945 : les Allemands quittent Drusenheim. Quatre jeunes gens rassemblent alors leur courage pour aller prévenir, à travers les champs de mines, les troupes alliées stationnées à proximité. Le village est libéré par 3 régiments, dont le 9e régiment des zouaves d’Alger, commandé par l’adjudant-chef Pradeau, originaire de Saint-Léonard-de-Noblat.

Au cours de ce premier trimestre 1945, une cinquantaine de victimes civiles sont décédées à Drusenheim. 74 soldats, enrôlés sous l’uniforme allemand ou français, sont tombés au combat. Les dégâts matériels sont très importants, le village est détruit à 85%. La ville se verra d’ailleurs attribuer la croix de guerre avec étoile de vermeil en 1948.

Un essor rapide[modifier | modifier le code]

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le village de Drusenheim est devenu une ville. La population a plus que doublé en 50 ans pour dépasser aujourd'hui les 5 000 habitants.

Des industries pourvoyeuses d’emplois se sont installées, des lotissements ont été construits pour accueillir de nouveaux habitants. Des infrastructures de qualité, rarement visibles dans une ville de 5 000 habitants, ont été créées : piscine été-hiver, pistes cyclables, gymnase intercommunal, l'espace de loisirs "Le Gabion", les Jardins de l’Altwasser et le Pôle Culturel. Des travaux d’urbanisme, d’assainissement, de rénovation routière ont également créé un cadre de vie agréable et sûr. Enfin, le fleurissement de la commune a été couronné en 2007 par l'attribution de la 4e fleur au concours national des Villes et Villages Fleuris.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Drusenheim

Les armes de Drusenheim se blasonnent ainsi :
« Parti : au premier coupé au I d'or aux trois chevrons de gueules et au II d'azur au lion couronné d'or lampassé de gueules, au second d'or au globe d'azur cerclé et croiseté du champ. »[2].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

  • Maire sortant : Jacky Keller (UMP)
  • 23 sièges à pourvoir au conseil municipal (population légale 2011 : 5 088 habitants)
  • 6 sièges à pourvoir au conseil communautaire (CC Espace Rhénan)
Résultats de l'élection municipale des 23 et 30 mars 2014 à Drusenheim[3]
Tête de liste Liste Premier tour Second tour Sièges
Voix % Voix % CM CC
Jacky Keller * UMP 1 249 45,40 1 363 51,04 23 5
Marcel Vierling DVD 775 28,17 661 24,75 3 1
Véronique Steinmetz DVG 727 26,42 646 24,19 3
Inscrits 4 134 100,00 4 134 100,00
Abstentions 1 311 31,71 1 383 33,45
Votants 2 823 68,29 2 751 66,55
Blancs et nuls 72 2,55 81 2,94
Exprimés 2 751 97,45 2 670 97,06
* Liste du maire sortant

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Le maire actuel de Drusenheim est Jacky Keller depuis mars 2001. Il succède à Pierre Schott qui était en fonction de 1965 à 2001. En 2014, il est réelu pour un troisième mandat consecutif avec une large majorité.

Liste des maires successifs de Drusenheim depuis 1800
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Jacky Keller UMP cadre dirigeant retraité
1965 mars 2001 Pierre Schott RPR Directeur de collège retraité
1947 1965 Alexandre Huck PCF  
1946 1947 Eugène Schmitt PCF  
1945 1946 Joseph Schiff PCF  

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 5 089 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
850 528 898 1 511 1 572 1 666 1 616 1 720 1 848
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
1 562 1 606 1 723 1 649 1 703 1 616 1 687 1 603 1 625
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 711 1 868 1 946 1 993 2 100 2 298 2 405 2 060 2 454
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
2 907 3 335 3 827 4 309 4 363 4 723 4 921 5 046 4 990
2012 - - - - - - - -
5 089 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Le 14 décembre 1819, Drusenheim comptait 1 495 âmes. La famille la plus présente alors est la famille Gabel, qui est présente dans 17 foyers du village. Les Gabel étaient déjà présents en 1680, tout comme d'autres et parmi eux les Klein, Beninger, Kormann, Hoch, Eichler, Gumbel, Schwoob, Gless ou Veith.

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Drusenheim centre[modifier | modifier le code]

Le centre historique, le « village », est principalement constitué de maison individuelles.

Le noyau originel de la ville se situe principalement autour de l'église. Les maisons d’habitation situées autours de l'église sont implantées à l’alignement, en ordre serré le long des rues qui suivent le tracé d’anciens chemins ruraux.

Après la Seconde Guerre mondiale, le développement urbain de Drusenheim se fait par vagues successives. Le nouveau quartier d'après guerre (années 50-60), est créée au sud et à l'ouest de la Moder.

Événements et fêtes[modifier | modifier le code]

  • Fin du mois de septembre:messti du village.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Mairie de 1822
Les rives du Rhin
  • L'Église Saint-Mathieu (saint patron de Drusenheim) construite en 1839.
  • La mairie construite en 1822. Il s'agit du plus vieux bâtiment de Drusenheim encore en activité.
  • Le pôle culturel qui s’étend sur trois niveaux et deux demi-niveaux, offrant 2600 m² d’installations modernes dans une architecture épurée. Le pôle culturel est le siège de la musique municipale Alsatia.
  • Les rives du Rhin, lieu touristique et de détente (pavillon du Rhin).
  • La gare construite et mise en service en 1876.

Associations et organisations[modifier | modifier le code]

Drusenheim comporte de nombreuses associations sportives tel que le foot, le basket ou encore le tennis qui font partie de la vie communale depuis longtemps. Mais l'organisation la plus importante de la commune reste la musique municipale dotée du plus grand budget associatif et accueillant plus de 100 élèves dans différentes formations instrumentales.

L'orchestre d'harmonie[modifier | modifier le code]

Constituée d’une cinquantaine de musiciens, l'orchestre d'harmonie regroupe les instruments de la famille des bois, des cuivres et des percussions. Les musiciens sont pour la plupart issus de l'école de musique[6].

L'orchestre d'harmonie représente la formation musicale haute de la ville de Drusenheim. En être membre est considéré comme un honneur et un grand privilège.

L'orchestre des jeunes[modifier | modifier le code]

Composé des instruments de la famille des bois, cuivres et percussions, l’orchestre des jeunes est une véritable ouverture à l’apprentissage de la musique en groupe, de l’orchestre d’harmonie, de l’évolution au milieu de personnes de diverses origines, de la tolérance, du respect des autres et de la vie associative[7].

L'orchestre des jeunes représente la formation basse de la ville.

Entreprises[modifier | modifier le code]

Drusenheim est le siège de nombreuses entreprises issue de divers secteurs tels que l'industrie avec l'entreprise Dow chimical et Dow agro science ou les métiers de l'artisanat tels que menuisiers. Une grande multinationale à son siège social implanté à Drusenheim : Caddie.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Roland Wagner (1955), ancien international de football, né à Drusenheim.
  • Cyrille Schott (1950), préfet, né à Drusenheim.
  • PASO (1935), artiste-peintre, né à Drusenheim.
  • Jacques Gachot (1885-1954) : artiste-peintre, dessinateur alsacien, membre du célèbre Groupe de Mai[8].

Jumelage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]