Monarchie de Habsbourg

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Monarchie de Habsbourg
Habsburgermonarchie (de)

1526-1804

Drapeau Blason
Devise
Gott erhalte Franz den Kaiser
« Dieu protège l'empereur François »
Description de cette image, également commentée ci-après
La monarchie de Habsbourg vers l'an 1789 (zone en vert).
Informations générales
Statut Monarchie
à l'intérieur et à l'extérieur du
Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Capitale Vienne (1526-1583)
Prague (1583-1611)
Vienne (1611-1804)
Langue

Langues officielles : latin, allemand, français, hongrois, tchèque, croate.

Autres langues : roumain, slovène, néerlandais, italien, picard, polonais.
Religion Église catholique, luthéranisme, calvinisme, Église orthodoxe serbe, Église orthodoxe roumaine, judaïsme.
Démographie
Population 1683 ~ 8 500 000 hab.
1720 ~ 17 000 000 hab.
1780 ~ 26 000 000 hab.
Superficie
Superficie 1683 ~ 340 000 km2
1720 ~ 750 000 km2
Histoire et événements
1526 L'archiduc d'Autriche Ferdinand Ier devient également roi de Hongrie et de Bohême.
Ferdinand Ier succède à son défunt frère Charles Quint et prend la tête du Saint-Empire romain germanique.
17401748 Guerre de Succession d'Autriche, née de la Pragmatique Sanction par laquelle Charles VI lègue à sa fille Marie-Thérèse les États héréditaires de la maison des Habsbourg. Se termine par le traité d'Aix-la-Chapelle en 1748.
1780 Naissance du « joséphisme » (subordination de l'Église à l'État) après que Joseph II, fils de Marie-Thérèse et de François de Lorraine, soit devenu empereur, fondant ainsi la maison Habsbourg-Lorraine.
17921797 « Première Coalition » contre la France révolutionnaire qui avait déclaré la guerre à l'empereur François Ier d'Autriche. Le conflit s'achève le par le traité de Campo-Formio.
1799 « Deuxième Coalition » qui prend fin au traité de Lunéville le .
Début de l'empire d'Autriche et fin de ce que l'on appelle l'Empire des Habsbourg (informel) lorsque François II du Saint-Empire est proclamé « François Ier, empereur héréditaire d'Autriche ».
À la fin de la « Troisième Coalition », le Saint-Empire romain germanique est dissout de fait par le traité de Presbourg.
Archiduc d'Autriche
Roi de Hongrie et Roi de Bohême
15261564 (1er) Ferdinand Ier
17921804 (Der) François II (Franz der Kaiser)

Entités suivantes :

Le terme monarchie de Habsbourg ([ˈabzbuʁ]), également monarchie d'Autriche ou empire de Habsbourg, renvoie à l'ensemble des territoires européens gouvernés directement par la branche cadette autrichienne de la maison de Habsbourg puis par la maison de Habsbourg-Lorraine du début de l'époque moderne jusqu'aux guerres napoléoniennes. Cette monarchie est donc à distinguer de l'empire de la maison de Habsbourg en Espagne et aussi des États immédiats du Saint-Empire sous la suprématie indirecte des Habsbourg en tant qu'empereurs romains germaniques.

La monarchie se compose essentiellement des territoires héréditaires des Habsbourg, ainsi que des pays de la couronne de Bohême et du royaume de Hongrie, tous unis en union personnelle à partir de 1526. La politique matrimoniale de la lignée autrichienne descendant de Ferdinand Ier, frère cadet de l'empereur Charles Quint, lui a assurée la domination sur un grand espace fermé d'Europe centrale. Depuis le mariage de l'archiduchesse Marie-Thérèse d'Autriche et François Étienne de Lorraine en 1736, la dynastie porte le nom de Habsbourg-Lorraine.

Face au sacre de Napoléon Ier en 1804, le dernier empereur romain germanique François II créa le titre d'empereur d'Autriche. Ainsi est né l'empire d'Autriche que la dynastie de Habsbourg-Lorraine gouverna jusqu'au Compromis de 1867 puis la double monarchie d'Autriche-Hongrie gouvernée en union réelle jusqu'en 1918.

Croissance territoriale de l'empire des Habsbourg d'Autriche de 1282 à 1918.

Chronologie et expansion[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Autriche.

Les origines de la monarchie de Habsbourg remontent au Moyen-Âge, quand le comte Rodolphe de Habsbourg est élu roi des Romains en 1273. Ses pays d'origine étaient inclus dans le duché de Souabe, centrés sur la région de Klettgau et le château de Habsbourg. Après avoir défait son rival le roi Ottokar II de Bohême à la bataille de Marchfeld, il inféoda les duchés de Autriche et de Styrie, patrimoine de la maison de Babenberg, à ses fils Albert et Rodolphe II.

Lors de l'extinction de la branche tyrolienne de la maison de Gorizia, le duché de Carinthie et la marche de Carniole rejoignent les possessions des Habsbourg en 1335, suivi du comté de Tyrol en 1363 ; en même temps, de nombreuses propriétés en Souabe furent irrémédiablement perdues à la suite de la fondation de la Confédération suisse. Ces territoires qui demeurèrent entre les mains des Habsbourg se trouvent rassemblés sous la suprématie de l'Autriche antérieure. À partir de 1375, les divers comtés du Vorarlberg sont achetés les uns après les autres.

Rodolphe III d'Autriche, fils d'Albert, monte sur le trône du royaume de Bohême en 1306 mais est chassé de Prague peu après. En 1437, le duc Albert V d'Autriche succède à Sigismond de Luxembourg en tant que roi de Hongrie. Les deux royaumes reviennent définitivement à la maison de Habsbourg après la mort du roi Louis II Jagellon à la bataille de Mohács en 1526.

Expansion territoriale[modifier | modifier le code]

Blason de l'Empereur Habsbourg montrant l'étendue de ses possessions territoriales.
Poignée en forme d'aigle habsbourgeoise, petit appartement de la reine à Versailles.

Transformation en Empire d'Autriche[modifier | modifier le code]

Face au risque de dissolution du Saint-Empire romain germanique par Napoléon Ier, François II du Saint-Empire joint en 1804 à son titre d' « Empereur germanique élu des Romains » celui d' « Empereur héréditaire d'Autriche ». Le 26 décembre 1805 (traité de Presbourg) il accepte de facto la fin du Saint-Empire et devient François Ier, souverain de l'Empire d'Autriche.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Les chefs des dynasties de Habsbourg puis de Habsbourg-Lorraine régnèrent jusqu'en 1806 comme « empereurs des Romains » sur le Saint-Empire romain germanique, et comme rois de Hongrie et de Bohême sur ces deux royaumes, ensuite comme empereurs d'Autriche, rois de Hongrie, de Croatie-Slavonie, de Bohême-Moravie et de Galicie-Lodomérie de 1804 à 1867, et enfin comme empereurs-rois d'Autriche et de Hongrie de 1867 jusqu'en 1918.

Maison de Habsbourg[modifier | modifier le code]

Sous le nom de maison d'Autriche, la dynastie régna sur plusieurs pays d'Europe :

Les domaines des Habsbourg d'Autriche (en jaune) et d'Espagne (en rouge) vers l'an 1700.

Marie-Thérèse d'Autriche fut la dernière représentante de cette maison. Les enfants qu'elle eut de son mariage avec François-Étienne de Lorraine inaugurèrent la dynastie des Habsbourg-Lorraine.

Maison de Habsbourg-Lorraine[modifier | modifier le code]

Seule branche légitime actuellement subsistante de la maison de Lorraine, les membres de la maison impériale et royale de Habsbourg-Lorraine sont issus du mariage du duc François III, duc de Lorraine et de Bar (1708-1765), et de Marie-Thérèse de Habsbourg (1717-1780), « roi » de Hongrie et de Bohême et archiduchesse souveraine d'Autriche.

Les membres de cette branche, héritant des possessions patrimoniales des Habsbourg et de leur vocation à l'Empire mais descendant en ligne mâle de la maison de Lorraine, accolèrent les deux noms.

Cette branche régna sur :

  • le grand-duché de Toscane (de 1737 à 1860) ;
  • l'archiduché puis l'Empire d'Autriche, le royaume de Hongrie, le royaume de Bohême (de 1780 à 1918) ;
  • le duché de Modène (de 1814 à 1859) ;
  • le duché de Parme (de 1738 à 1748 et de 1814 à 1847)
  • l'empire du Mexique (de 1864 à 1867).

En revanche ils ne régnèrent jamais sur la Lorraine ni sur le Barrois, territoires annexés en 1766 par la France, mais ils en conservent toujours les titres de duc de Lorraine et de Bar.

En 1806, le bouleversement des États germaniques par Bonaparte signa la disparition du Saint-Empire romain germanique. Cependant, en prévision de la perte de son titre d'empereur des Romains, François II se déclara lui-même empereur héréditaire d'Autriche en 1804, juste après que Bonaparte se fut déclaré empereur des Français.

Nostalgique de la gloire passée, l'ex-François II utilisa un titre officiel développé : « Nous, François le premier, par la grâce de Dieu, empereur d'Autriche ; roi de Jérusalem, Hongrie, Bohême, Dalmatie, Croatie, Slavonie, Galicie, et Lodomérie ; archiduc d'Autriche ; duc de Lorraine, Salzbourg, Wurtzbourg, Franconie, Styrie, Carinthie, et Carniole ; grand-duc de Cracovie; prince de Transylvanie ; margrave de Moravie ; duc de Sandomir, Masovie, Lublin, haute et basse Silésie, Auschwitz et Zator, Teschen, et Frioul ; prince de Berchtesgaden et Mergentheim ; prince-comte de Habsbourg, Gorizie, et Gradisce et du Tyrol ; et margrave des haute et basse Lusace et d'Istrie ».

Son titre d'usage resta néanmoins celui d'« empereur d'Autriche ».

En 1867 une autonomie effective fut octroyée à la Hongrie à l'intérieur de l'empire d'Autriche sous les termes du « compromis » (Ausgleich : voir Autriche-Hongrie). Le titre du chef d'État devint alors « empereur d'Autriche et roi de Hongrie », bien que l'on parle aussi d'« empereur d'Autriche-Hongrie ». En 1918, Charles Ier, dernier souverain, renonça à l'exercice du pouvoir, sans toutefois abdiquer. Il fut contraint à l'exil en 1919.

Arbre généalogique[modifier | modifier le code]

Généalogie