Lupstein

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Lupstein
Image illustrative de l'article Lupstein
Blason de Lupstein
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine
Département Bas-Rhin
Arrondissement Saverne
Canton Saverne
Intercommunalité C.C. de la région de Saverne
Maire
Mandat
Denis Reiner
2014-2020
Code postal 67490
Code commune 67275
Démographie
Population
municipale
808 hab. (2013)
Densité 103 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 44′ 17″ N 7° 29′ 15″ E / 48.7381, 7.487548° 44′ 17″ Nord 7° 29′ 15″ Est / 48.7381, 7.4875
Altitude Min. 157 m – Max. 234 m
Superficie 7,82 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Bas-Rhin

Voir sur la carte administrative du Bas-Rhin
City locator 14.svg
Lupstein

Géolocalisation sur la carte : Bas-Rhin

Voir sur la carte topographique du Bas-Rhin
City locator 14.svg
Lupstein

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Lupstein

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Lupstein

Lupstein est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. Elle appartient au canton de Saverne.

Ses habitants sont nommés les Lupsteinois et les Lupsteinoises.

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre des Rustauds, le , le village, refuge de paysans en révolte qui avaient quitté Saverne, fut brulé et toute sa population massacrée. On trouve encore aujourd'hui près de l'église un ossuaire qui, selon la légende, contiendrait les os des paysans morts.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Lupstein

Les armes de Lupstein se blasonnent ainsi :
« D'azur aux cinq clous d'or, appointés en éventail. »[1].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours Denis Reiner[2] Agent de la poste
2001 2008 Charles Nonnenmacher  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 808 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
500 521 635 746 701 713 662 658 659
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
632 628 622 594 589 634 664 644 660
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
664 669 612 565 584 582 590 561 565
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2008 2010
558 558 546 579 693 754 775 789 817
2013 - - - - - - - -
808 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale Saint-Quentin[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Une église est attestée dès 994. L'église actuelle date de 1783-1786, elle est due à François-Antoine Le Roy dont le projet proposait une variante (non retenue) selon laquelle l'ancienne tour-chœur aurait été conservée. Construction du clocher-porche en 1862. Pendant les travaux on découvre des fragments de tympans sculptés du début du XVIe siècle, provenant de l'église antérieure.

Description[modifier | modifier le code]

Lupstein, église Saint-Quentin

Édifice orienté, composée d'une tour-porche Ouest, d'une nef à vaisseau unique, d'un chœur plus étroit et bas, à pans coupés, et d'une sacristie dans l'angle Sud-Est. Toute l'église est plafonnée. La tour axiale en hors-œuvre (quatre étages) cache en partie la façade avec sa travée centrale de baies à crossettes et son pignon découvert et chantourné. Dans le chœur, décor moderne de tableaux et médaillons peints sur les murs (Annonciation et Apparition du Sacré Cœur à Sainte Marguerite-Marie, côté Nord ; Apparition de Notre-Dame de Lourdes à Sainte Bernadette et Assomption de la Vierge Marie, côté Sud) ; décor de stuc sur le plafond (XVIIIe siècle) : coquilles et têtes d'angelots ; vitraux moderne dans toute l'église (les vitraux du chœur, réalisés par les ateliers Ott de Strasbourg, représentent les quatre évangélistes avec divers symboles : Saint Matthieu, Saint Marc, Saint Luc et Saint Jean).

Mobilier[modifier | modifier le code]

Le maître-autel a été réalisé par le menuisier Läuffer de Haguenau, en 1784. Sur la porte du tabernacle : l'Agneau couché sur le livre aux sept

sceau (la même thématique est reprise sur le tombeau). Le maître-autel est encore complété d'autres décors : Œil de Jéhovah, têtes d'angelots, trophées liturgiques, blé et raisins. Deux anges agenouillés (bois, polychromie) complètent l'ensemble. Au-dessus du tabernacle figure une huile sur toile (h. 3,80 m) représentant Saint Quentin, patron de la paroisse de Lupstein : Saint Quentin est agenouillé, un crucifix à la main ; sur le sol, les clous de son supplice ; dans le ciel, ange avec palme des martyrs ; à l'arrière-plan, scène de la décollation du saint.

L'ensemble des deux autels latéraux et retables datent du XVIIIe siècle. L'huile sur toile de l'autel latéral Sud représente Saint Sébastien (patron secondaire de la paroisse) attaché à un arbre et transpercé de flèches ; la toile de l'autel latéral Nord représente la Vierge Marie recevant sur ses genoux le Christ mort que l'on vient de détacher de la croix (Déploration).

La chaire à prêcher (XVIIIe siècle) comporte une belle représentation du Bon Pasteur (huile sur bois). Au pied de la chaire se trouve le baptistère en grès daté de 1685 ; il est orné de délicates sculptures de têtes d'angelots.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Père Aloys Kayser (1877-1944)[modifier | modifier le code]


Aloys Kayser est né le 29 mars 1877 à Lupstein, petit village d'Alsace faisant alors partie de l'Empire allemand, depuis le 10 mai 1871 et restitué à la France à l'issue de la Première Guerre mondiale. Sa langue maternelle est l'alsacien, langue proche de l'allemand. Il fait ses études en allemand.

Missionnaire à Nauru (Pacifique)[modifier | modifier le code]

En 1902, Aloys Kayser est envoyé comme missionnaire catholique à Nauru, une colonie allemande du Pacifique, par la Société des Missionnaires du Sacré-Cœur, une congrégation française. Il s'installe au village d'Ibwenape dans l'actuel district de Meneng et a alors pour mission d'évangéliser la population en concurrence avec le missionnaire protestant Philip Delaporte avec qui il aura d'âpres controverses, les deux missionnaires étant tous deux devenus des experts de la société nauruane. Parallèlement à ses activités religieuses, il étudie le nauruan et publie un dictionnaire nauruan/allemand et une grammaire nauruane.

À l'issue de la Première Guerre mondiale, la colonisation allemande de Nauru prend fin et Aloys Kayser en est expulsé, en tant que citoyen allemand. Il parvient néanmoins à revenir dans ce territoire désormais sous juridiction australienne en 1921 de manière individuelle avec désormais un passeport français. En 1928, il reçoit officiellement de la part du père australien Thomas J. O’Brien une mission des Missionnaires du Sacré-Cœur. En 1936, il permet l'installation de sœurs sur l'île.

Déportation[modifier | modifier le code]

Aloys Kayser et son collègue de nationalité suisse, le père Pierre Clivaz, sont parmi les quelques occidentaux à rester sur place après l'évacuation des étrangers effectuée par Le Triomphant en février 1942. Les japonais débarquent en août, Kayser et Clivaz sont autorisés à continuer leur travail mais le 16 août 1943, ils sont déportés ainsi que plusieurs centaines de Nauruans dans les îles Truk à des milliers de kilomètres de Nauru. Les deux prêtres sont sévèrement torturés le 28 août 1944 par les Japonais qui soupçonnent la communauté nauruane de détenir un poste radio. Interrogés et battus en alternance pendant trois heures, ils sont accusés d'être à la tête de conspiration et de détenir des armes. Ils sont ensuite attachés à des cocotiers et laissés là pendant des heures sous le soleil et sans eau. Ce traitement portera un coup fatal au père Aloys Kayser âgé de 67 ans et en bonne santé avant son arrestation. Il se plaint par la suite de douleurs abdominales et ne peut plus manger. Deux semaines plus tard, il s'alite et meurt le 21 octobre 1944. Le père Clivaz donnera par la suite un témoignage complet sur cette affaire aux enquêteurs américains. Deux des officiers responsables de ce crime de guerre seront condamnés chacun à cinq ans d'emprisonnement.

Canal de la Marne au Rhin à Lupstein.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul de Gassowski, « Blasonnement des communes du Bas-Rhin », sur http://www.labanquedublason2.com (consulté le 24 mai 2009)
  2. [PDF] Liste des maires au 1 avril 2008 sur le site de la préfecture du Bas-Rhin.
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2008, 2010, 2013.
  5. Photo du mémorial érigé à Nauru en la mémoire d'Alois Kayser indiquant les dates et les lieux de sa naissance et de sa mort

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :