Réforme des rythmes scolaires

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La réforme des rythmes scolaires désigne un ensemble de mesures modifiant le système éducatif français afin de mettre en place une nouvelle organisation du temps scolaire à l'école primaire, publié par le décret no 2013-77 du 24 janvier 2013[1].

Initiée par le ministre de l'Éducation nationale Vincent Peillon dans le cadre de la préparation de la loi sur la « refondation de l'école »[2], la réforme prône le retour à la semaine de quatre jours et demi.

La réforme s'applique à la rentrée 2013 pour les communes volontaires, concernant 1,3 million d'élèves[3]. En septembre 2014, le reste des écoles françaises doit la mettre en œuvre.

Selon le site du ministère de l'Éducation nationale, « l'organisation du temps répond à des objectifs pédagogiques pour permettre aux enfants de mieux apprendre à l'école : favoriser les apprentissages fondamentaux le matin, au moment où les élèves sont les plus attentifs ; bénéficier de 5 matinées pour des temps d'apprentissage plus réguliers »[4].

Objectifs et organisation[modifier | modifier le code]

Le mini-char de carnaval, issu des travaux des élèves de l'école primaire de Sergines, dans le cadre des nouvelles activités périscolaires.

Le , Vincent Peillon est nommé ministre de l'Éducation nationale. Dès le lendemain de sa prise de fonction, il annonce la fin de la semaine de quatre jours et simultanément des 60 heures d'aide personnalisée dispensée par les enseignants à des groupes de 5 ou 6 élèves (les deux ayant été mises en place par Xavier Darcos, en 2008, dans l'enseignement primaire) pour la rentrée 2013, et donc le retour à une semaine de quatre jours et demi.

Des chronobiologistes estimant que la concentration du temps d'enseignement sur 4 jours s'avère préjudiciable pour les apprentissages des enfants, notamment du fait de la fatigue supplémentaire occasionnée, la réforme de Vincent Peillon instaure la mise en place de cinq matinées au lieu de quatre, afin de permettre aux enfants de bénéficier de meilleures conditions d'apprentissage à l'école. Elle doit permettre, notamment, de favoriser les apprentissages fondamentaux le matin, au moment où les élèves sont les plus attentifs.

Les 24 heures d'enseignement hebdomadaire sont donc étalées sur neuf demi-journées de sorte que la journée de classe ne dépasse pas 5 heures 30 avec une pause méridienne de 1 heure 30 au minimum. En pratique, ces nouveaux rythmes permettent d'alléger le temps de classe de 45 minutes par jour.

Le temps ainsi dégagé doit permettre aux collectivités territoriales de mettre en place des activités périscolaires. Le temps d'activité périscolaire (TAP) est donc à la charge des municipalités, qui doivent initier un « projet éducatif de territoire » (PEDT) avec l'ensemble des acteurs locaux.

Afin d'accompagner financièrement les collectivités territoriales dans l'application de la réforme, l'État met en place un fonds dit « d'amorçage » de 250 millions d'euros[5] pour 2013-2014 et 2014-2015, correspondant à une dotation de 50 euros par élève (une dotation supplémentaire de 40 € est allouée aux communes éligibles à la DSU et à la DSR).

Historique[modifier | modifier le code]

Le site du gouvernement français propose une frise chronologique sur la réforme des rythmes scolaire[6].

Financement[modifier | modifier le code]

Le coût de la réforme des rythmes scolaire est estimé à 150 € par enfant[7].

L'aide de l'État est la suivante : une aide forfaitaire de 50 € par élève et par an plus 40 € par élève et par an pour les communes éligibles à la dotation de solidarité urbaine (SDU) ou la dotation de solidarité rurale (SDR)[8].

Critiques[modifier | modifier le code]

En octobre 2013, 419 directeurs et directrices des écoles publiques de Paris s'adressent à leur Directeur académique et critiquent la confusion entre temps scolaire et temps périscolaire, consécutive à la mise en place des nouveaux rythmes scolaires[9].

Le 18 mai 2015, le syndicat FSU des Inspecteurs de l'Éducation nationale (IEN), sans remettre en cause les objectifs, dresse un bilan négatif de la façon dont la réforme a été mise en œuvre devant l'Inspection générale de l'Éducation nationale (IGEN)[10]. Il regrette en particulier le manque de cadre national et la trop grande latitude donnée aux élus locaux, ainsi que la précipitation dans laquelle elle a été menée, aboutissant parfois à des projets trop fragiles.

Assouplissements[modifier | modifier le code]

Après avoir remplacé Vincent Peillon en avril 2014, le nouveau ministre Benoît Hamon publie un décret[11] qui autorise un assouplissement dans la mise en œuvre de la réforme. Tout en maintenant les cinq matinées de travail obligatoires, le décret permet d'adapter localement l'organisation de la semaine scolaire, notamment avec la possibilité de concentrer les activités périscolaires sur une seule après-midi.

Par ailleurs, le fonds d'amorçage est prolongé pour 2015-2016.

Mise en œuvre[modifier | modifier le code]

Les collectivités font principalement appel aux associations présentes sur la commune ainsi qu'aux services municipaux ou intercommunaux (comme les bibliothèques[12]) pour mettre en œuvre les nouvelles activités périscolaires (NAP). Il existe 3 champs principaux dans lesquels s'inscrivent les NAP : le sport, la culture et le soutien scolaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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