Évangélisme

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Évangélisme
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Culte évangélique, Lakewood church
Situation
Type Mouvement chrétien
Organisation
Effectifs environ 300 millions

L'évangélisme, couramment nommé christianisme évangélique ou encore protestantisme évangélique, parfois évangélicalisme, est un mouvement chrétien.

Le terme « évangélique » est au départ un simple adjectif découlant du mot évangile. Bien que les plus anciens mouvements évangéliques remontent à la Réforme radicale du XVIe siècle, l'évangélisme actuel est pour l'essentiel issu de mouvements inspirés par la Réforme protestante à partir du XVIIIe siècle, en particulier le méthodisme britannique et le piétisme luthérien. Il est présent dans plusieurs branches du protestantisme[1]. Bien que les évangéliques se reconnaissent comme issus de la Réforme protestante, ils ont parfois été rejetés par les autres protestants ; ce fut par exemple le cas du baptisme à partir de 1609 ou du pentecôtisme à partir de 1906. Les églises issues de l'évangélisme sont toutefois nombreuses aujourd'hui à avoir adhéré au Conseil œcuménique des Églises.

Les chrétiens évangéliques ont essentiellement en commun l'importance qu'ils accordent à la conversion individuelle relevant d'un choix personnel et, à la suite, de l'expérience de la « rencontre avec le Christ ». Ceci implique donc un changement de vie et une relation individuelle avec Dieu s'articulant autour de la lecture de la Bible et de la communion par la prière (personnelle ou en communauté). Le premier point de distinction d'une église chrétienne évangélique est la nouvelle naissance (conversion personnelle) et le baptême du croyant (adulte).

Le mouvement compte quelque 285 millions de croyants, soit 13 % de l'ensemble des chrétiens[2].

Lexicologie et usage[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

À partir de la fin du XVIIIe siècle, le terme anglais evangelical[3] commence à être utilisé dans le monde anglo-saxon pour désigner les groupements internes au protestantisme qui se distinguent du protestantisme établi par leur insistance sur la piété personnelle et sur le changement de vie, et parfois par un retour à l'orthodoxie religieuse protestante telle qu'elle avait été énoncée par les réformateurs, cela au cours d'un vaste mouvement qu'on appelle le grand Réveil. Cette utilisation du terme évangélique se répand dans la francophonie au cours de la seconde moité du XXe siècle (terme et acception popularisés en France vers la fin des années 1960). Aujourd'hui, le terme « évangélisme » désigne précisément cette tendance protestante.

En français, le terme terme « évangélique », dont le sens premier est selon le Larousse "qui est relatif à l'Évangile, est contenu dans l'Évangile ou est conforme aux préceptes de l'Évangile"[4], était traditionnellement un quasi synonyme de « protestant ». Ce terme était par exemple couramment utilisé dans les noms des églises protestantes historique issues du luthéranisme ou du calvinisme - qui toutes se réclament de la fidélité à la Bible et particulièrement à l'Évangile - (par exemple : Église évangélique luthérienne de France). En Belgique on parle volontiers du culte protestant-évangélique; dans beaucoup de pays francophones en Afrique, l'Église évangélique désigne l'ensemble des Églises chrétiennes non catholiques reconnues, autrement dit, les Églises protestantes.

Toujours selon le Larousse[4], en allemand, le mot « évangélique » (adjectif evangelisch ou substantif Evangelisch(en)) est généralisé pour désigner le protestantisme en général, à la suite de la fusion, à partir de 1817, des églises réformées et luthériennes sous la pression de l'autorité étatique, notamment dans les territoires prussiens. Le mot « évangélique » est donc synonyme là aussi de « protestant » (luthérien ou réformé) même si on constate depuis les années 1980 que certains des courants historiques protestants allemands préfèrent se dénommer protestantisch[réf. nécessaire].

Usage actuel[modifier | modifier le code]

« Évangélique » est donc un terme générique. Il désigne aujourd’hui dans les régions à prédominance de langues germaniques (Allemagne, Europe nordique, Angleterre) les luthériens et les réformés, la forme dominante du christianisme issu de la Réforme (XVe et XVIe siècles). Aux États-Unis, au Canada, en Afrique du Sud, en Australie, il caractérise une prise de position singulière et fréquemment conservatrice dans le christianisme protestant.

En français, selon le contexte, il peut revêtir les deux significations. Le sens anglo-saxon est le plus souvent évoqué dans les expressions comme « christianisme évangélique» ou « (les) évangéliques ».

Ne pas confondre[modifier | modifier le code]

Beaucoup d'amalgames et d'erreurs sont dus à la polysémie du terme et à la confusion engendrée par son utilisation dans des circonstances qui ne se recoupent jamais totalement. L'évangélisme est à ne pas confondre avec :

  • le conservatisme évangélique, qui est une tendance s'attachant à l'importance d'une compréhension plus traditionnelle des points focaux du christianisme (principalement sur le Christ et sa personne). Il n'en reste pas moins que le conservatisme sur des questions doctrinales, en même temps que le progressisme sur des questions rituelles ou de théologie pratique par exemple, a souvent influencé l'évolution du mouvement évangélique en Europe et, plus tardivement (années 1920 et 1930), aux États-Unis ;
  • le fondamentalisme évangélique, qui est un courant théologique distinct, ici marqué en particulier par le littéralisme biblique (sans prendre en compte le contexte social de l'époque) ;
  • l'évangélisation - Il y a souvent confusion entre « évangéliste » qui fait référence à l'évangélisation et « évangélique » qui désigne un membre de l’Église évangélique.

Définition[modifier | modifier le code]

Caractéristiques communes aux évangéliques[modifier | modifier le code]

Selon le Conseil national des évangéliques de France, la foi évangélique se résume en trois points[5] qui se retrouvent également dans la déclaration de foi de l'Alliance évangélique mondiale, adoptée en 1951[6] :

  1. Biblicisme : la Bible est la référence de la foi évangélique ;
  2. Nouvelle naissance : reconnaître l'œuvre du Christ par repentance et faire la démarche d'un choix personnel de donner sa vie à Jésus pour « recevoir » le « don » du salut qui correspond à une nouvelle naissance (ou « régénération » en langage théologique). Le baptême adulte anabaptiste est souvent l'expression de cette décision ;
  3. Témoignage : l'Évangile est la Bonne Nouvelle (trad. du grec) que les chrétiens évangéliques se doivent de partager avec leur famille, leurs amis, leurs voisins, leurs collègues, toutes les personnes qu'ils peuvent rencontrer, aussi bien dans leur vie quotidienne qu'en tant que missionnaires à l'étranger.

Ces critères sont dus au sociologue britannique David Bebbington, qui ajoute à ceux-ci le caractère central de la crucifixion de Jésus (appelé « crucicentrisme »), thème rémanent dans les prédications évangéliques et vu comme un tournant dans l'histoire de l'humanité. C'est néanmoins le critère le moins souvent retenu, peut-être parce que moins objectivable. D'autres groupes peuvent se rapprocher théologiquement ou sociologiquement (c'est le cas de certains catholiques) de cette tendance, sans pour autant être évangéliques au sens strict.

D'un point de vue socio-historique, il apparaît que l'évangélisme peut être également défini par deux critères principaux :

  • le revivalisme, qui englobe les conceptions sur l'importance de la conversion individuelle en tant qu'appropriation personnelle du salut ;
  • l'orthodoxie (au sens protestant) : l'autorité de la Bible et de sa pleine inspiration, la justesse de son contenu et la défense subséquente des « vérités chrétiennes »[7].

Principales dénominations rattachées à l'évangélisme[modifier | modifier le code]

Le baptisme, le pentecôtisme, le mouvement charismatique évangélique, le mouvement néo-charismatique et le christianisme non dénominationnel sont des mouvements évangéliques dont les croyants et les églises se rattachent au christianisme évangélique [8].

Relation entre évangélisme et protestantisme[modifier | modifier le code]

Certaines Églises évangéliques préfèrent se distancer du protestantisme. C'est le cas des évangéliques qui se qualifient eux-mêmes de « non dénominationnels », ou de certaines Églises pentecôtistes. Pourtant, la prétention à être évangélique déborde le cadre des communautés spécifiquement dénommées comme telles, de sorte que, plus largement, « évangélique » peut, et à certains égards, devrait être compris comme « une manière de dire et de vivre la foi » qui traverse des dénominations diverses[9]. À ce titre, par souci de clarté, la distinction s'opère entre « Églises de professants » d'un côté (qui sont des Églises évangéliques au sens strict) et, au-delà des cercles strictement évangéliques, une « tendance évangélique » plus large dans le protestantisme (avec des Églises individuelles ou des Églises établies étant, de ce fait, de tendance évangélique).

La série d'articles sur l'évangélisme concerne au premier chef les Églises de professants, « noyau évangélique, séparé des Églises établies »[10]. On ne saurait pourtant passer sous silence les rattachements immanquables qui existent entre les Églises de professants et les autres Églises de tendance évangélique mais n'étant pas dénommées comme telles, tout particulièrement au sein des Églises établies. On traitera donc aussi de ces dernières, sans donc manquer de parler de la plus large « tendance évangélique ».

Historique[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

On ne peut pas attribuer la naissance des évangéliques à un seul événement en particulier, mais la Réforme protestante principalement, les guerres du XVIe siècle, la prise de parti de Luther en faveur de la noblesse allemande, le calvinisme, l'arminianisme et les mouvements du Réveil y ont leur part[11],[12].

Les prémices de l'évangélisme se trouvent dans ce qu'il est convenu d'appeler la Réforme radicale du XVIe siècle. Celle-ci est issue de la Réforme protestante mais va plus loin, notamment en réaction aux relations des Réformateurs avec les détenteurs du pouvoir dont certains veulent incarner la nouvelle religion.

Un mouvement issu de la Réforme radicale qui a perduré jusqu'à ce jour est l'anabaptisme, aujourd'hui connu sous le nom de mennonitisme ou mennonisme. Né à Zurich vers 1525, de l’opposition d’un groupe de radicaux avec Zwingli, il a en effet été formalisé et enseigné par le curé frison Menno Simons (1496-1561). Cette rupture s’articule autour de deux points fondamentaux très "évangéliques"[13] :

  • le baptême qui ne peut se faire que sur profession de foi résultant d’une démarche volontaire. Dans les premiers temps du mouvement, les prosélytes étaient baptisés sur profession de foi alors qu’ils avaient déjà été baptisés enfants, d’où le nom d’« anabaptistes » (en grec : baptiser de nouveau) ou « rebaptiseurs », dont leurs détracteurs les ont affublés.
  • la dissociation radicale du spirituel et du temporel[14], ce qui les conduit à refuser de prêter serment (en s’appuyant notamment sur un passage des Évangiles[15]).

D'autres mouvements de la Réforme précurseurs de l'évangélisme sont apparus par la suite : citons le puritanisme (à partir de 1559), le baptisme (à partir de 1609), le quakerisme (à partir de 1648).

Le Réveil[modifier | modifier le code]

À partir de la fin du XVIIIe siècle, les Églises protestantes connaissent un vaste mouvement de Réveil, marqué notamment par l'émergence du méthodisme, mais aussi par une intense activité missionnaire de toutes les confessions protestantes, y compris les Églises protestantes traditionnelles (anglicane, réformée, luthérienne)[16]. Plusieurs Églises dites « évangéliques » sont fondées à cette époque. Le terme « évangélique » se répand suite à ce mouvement du Réveil : c'est donc le nom que choisissent les chrétiens qui prônent un retour à l'Évangile[17].

On peut citer parmi les inspirateurs de l’évangélisme les noms de John Wesley (1703-1791), Charles Spurgeon (1834-1892)[18], William Joseph Seymour (1870-1922) ou Smith Wigglesworth (1859-1947), les deux derniers nommés étant des représentants du courant pentecôtiste[19]. Dwight L. Moody (1837-1899) est un prédicateur évangélique emblématique du développement de l'évangélisme aux États-Unis au XIXe siècle ; en 40 ans de ministère, il aurait prêché devant un auditoire cumulé de 100 millions d'auditeurs et converti un million de personnes[20].

Dans les pays anglo-saxons, les églises et mouvements issus du Réveil connaissent une forte croissance tout au long du XIXe siècle. Les Frères moraves et les méthodistes sont d'ardents missionnaires qui soit assurent le développement de leurs églises, soit en font naître de nouvelles. La pratique de réunions publiques de masse en plein air, les "camp meetings", déjà initiée par George Whitefield et John Wesley, se répand largement, notamment dans le cadre du Mouvement de sanctification (en anglais, holyness movement).

Dans les pays francophones, le Réveil se produit à partir des années 1820 sous l'influence initiale des Frères moraves et avec l'appui de pasteurs et missionnaires suisses ou anglo-saxons, ou des œuvres qu'ils ont créées, telles que, initialement, la "Société continentale de Londres" fondée par Henry Drummond (1786–1860) ou, ultérieurement les YMCA (en français UCJG pour Unions chrétiennes de jeunes gens) lancées par le méthodiste américain John Mott (1865-1955)[21].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

De nouveaux réveils se produisent au début du XXe siècle, notamment le réveil gallois de 1904-1905 ou réveil d'Azusa Street (1906), qui déclenche le développement "viral" du Pentecôtisme. (Aujourd'hui le Pentecôtisme représente 279 millions de pratiquants, et le christianisme charismatique, qui s'inspire des pratiques pentecôtistes sans faire partie d'églises pentecôtistes, 305 millions, soit au total 584 millions de croyants[22].)

Le XXe siècle est aussi marqué par l'émergence des mégachurches et du télévangélisme. Une précurseure de ces deux tendances est la pasteure canadienne évangélique Aimee Semple McPherson, qui fonde la megachurch International Church of the Foursquare Gospel à Los Angeles et utilise la radio dès les années 1920 pour atteindre un public plus large[23]. Bien que l'accès aux media ait été à la disposition de tous les groupes religieux, il semble que ce soit l'évangélisme qui en ait tiré le profit maximum[24]. Il y a aujourd'hui des centaines de megachurches évangéliques dans le monde [25].

Parmi les très nombreux télévangélistes qui ont atteint un vaste public, l'histoire retiendra sans aucun doute le nom de Billy Graham, un prédicateur baptiste actif mondialement qui parvient à prêcher publiquement dans les pays communistes d'Europe et bénéficie d'une popularité à l'égal des présidents des États-Unis dans l'opinion américaine[26].

Le XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Statistiques[modifier | modifier le code]

Dénombrement[modifier | modifier le code]

Le foisonnement et la diversité des églises et dénominations évangéliques à l'échelle mondiale ne facilitent pas les décomptes. D'autre part, la question se pose de savoir s'il faut agréger les effectifs des églises pentecôtistes avec ceux des églises évangéliques non pentecôtistes. Pour mémoire, le pentecôtisme se caractérise par plusieurs éléments spécifiques : l'importance accordée au Saint-Esprit[27], les dons accordés par le Saint Esprit (considéré comme la manifestation spirituelle et continue de Dieu dans l’histoire humaine), dont les guérisons miraculeuses et le parler en langues[28].

  • Si l'on n'inclut pas les pentecôtistes, selon une étude publiée en 2011 par le Pew Research Center, les évangéliques seraient au nombre d'environ 285 millions, soit 13,1% de l'ensemble des chrétiens[29]. L'étude précise la difficulté du décompte : de nombreux pentecôtistes et charismatiques se considèrent également comme évangéliques ou leur église est affiliée à une association évangélique. L'étude ne précise pas le nombre de ces chrétiens à la double appartenance[30].
  • Si l'on inclut les pentecôtistes, on dispose alors de deux estimations :
    • celle de l'Alliance évangélique mondiale, qui se définit en 2015 comme un réseau d'Églises de 129 nations et de plus de 100 organisations internationales regroupant plus de 600 millions de chrétiens évangéliques[31],[32].
    • celle de Sébastien Fath, chercheur au CNRS, qui estime qu'en 2016, les évangéliques seraient au nombre de 619 millions dans le monde, soit 1 chrétien sur 4[33] et en 2017, environ 630 millions, soit une augmentation de 11 millions [34].

Croissance[modifier | modifier le code]

Entre 1960 et 2000, la croissance globale du nombre des évangéliques est trois fois supérieure à celle de la population mondiale et deux fois à celle de l'islam[35].

Répartition géographique dans le monde[modifier | modifier le code]

Région % de la population qui se déclare évangélique dans la région % du total mondial de la population évangélique
Amérique (Nord et Sud) 10,0% 32,9%
Afrique subsaharienne 13,3% 38,4%
Asie-Pacifique 1,5% 20,8%
Europe 2,9% 7,5%
Proche-Orient & Afrique du nord 0,3% 0,3%
Total mondial 4,1% 100%

Source: Center for the Study of Global Christianity, cité par l'étude du Pew Research Center, p. 68.

La plus forte concentration d'évangéliques se situe aux États-Unis, avec 28,9% de la population (soit 91,76 millions de fidèles), et au Brésil, avec 26,3% de la population (soit 51,33 millions de fidèles)[36]. Aux États-Unis, les évangéliques (parfois appelés aussi fondamentalistes) représentent une force politique importante ; un grand nombre sont regroupés dans la Bible Belt[37].

Approche ecclésiologique[modifier | modifier le code]

Henrik Lindell, journaliste français, écrivait en juin 2006 dans les colonnes du magazine catholique Témoignage chrétien :

« Les évangéliques sont difficiles à cerner comme groupe distinct. Comme chez les cathos, on y retrouve des communautés progressistes et conservatrices. Au sein du protestantisme, dont ils forment un des principaux courants, ils sont connus pour leur relative orthodoxie biblique, leur insistance sur la conversion personnelle, le sens de la communauté professante et leur méfiance à l'égard des grandes structures. À l'échelle de la planète, il existe plusieurs centaines de millions d'évangéliques, particulièrement en Amérique, en Afrique et en Asie du Sud-Ouest. En Europe, ils s'imposent de plus en plus face aux Églises historiques. En France, selon un sondage CSA pour Réforme et La Croix il y a six mois, environ un quart des protestants (4 % de la population) se dit proche des évangéliques. Ils seraient aussi nombreux que les réformés. Les jeunes Français (18-24 ans) se sentent plus proches des évangéliques […] que des luthériens et réformés réunis. »

— Henrik Lindell, « Les oubliés du 20 heures. Les évangéliques au-delà des clichés », Témoignage chrétien, n°3208 du 8 juin 2006, page 9

En 2011, le mouvement (comprenant le baptisme, pentecôtisme, mouvement charismatique et mouvement néo-charismatique) compte 656 millions de croyants dans le monde[38] ,[39], [40]. Ce mouvement est ainsi au deuxième rang parmi les religions issues du christianisme, après le catholicisme. La foi évangélique serait la religion qui progresse le plus au monde. Le monde évangélique d'aujourd'hui est une véritable mosaïque. Il y règne une immense diversité, allant de gens extrêmement ouverts sur le plan théologique et œcuménique, à d'autres extrêmement fermés sur ces plans-là, mais entre les deux, il y a place pour la variété. Et variété il y a aussi dans l'organisation : épiscopalienne (sous l'autorité d'un seul, l'évêque), presbytérienne (autorité du conseil des anciens) ou congrégationaliste (autorité de l'ensemble des membres de l'assemblée).

Bien qu'il y ait certains points que presque chaque dénomination évangélique partage avec d'autres (Églises de professants, points principaux de la profession de foi), ces Églises se caractérisent donc par une très grande diversité, tant dans l'organisation que dans les dogmes de foi, que dans le rapport à la Bible, aux questions sociales ou à l'œcuménisme.

Approche théologique[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Théologie évangélique et Fondamentalisme.

Profession de foi[modifier | modifier le code]

Parmi les chrétiens, les évangéliques se distinguent particulièrement par leur piété et la place qu'ils accordent à la pratique de leur religion. Cela est tellement vrai que les sociologues les plus remarqués n'ont pas vraiment pu donner d'autre distinction de l'identité évangélique que dans ce que les évangéliques croient.

Ainsi n'est-il pas injuste de mentionner à quel point ce que l'on peut appeler la « théologie évangélique » s'appuie d'abord sur une profession de foi, singulièrement porteuse d'identification, étant donné que c'est cette importance cruciale de la profession de foi elle-même qui permet certaines particularités socioreligieuses évangéliques telles l'interdénominationalisme, l'œcuménisme des convertis, et la pensée globaliste.

Comme vu précédemment, la foi évangélique se distingue en trois points[5] :

  1. biblicisme : la Bible est la référence de la foi évangélique ;
  2. nouvelle naissance : reconnaître l'œuvre du Christ par repentance, et faire la démarche d'un choix personnel de donner sa vie à Jésus, pour « recevoir » le « don » du salut correspond à une nouvelle naissance (ou « régénération » en langage théologique). Le baptême adulte anabaptiste est l'expression de cette décision ainsi que la participation à certains symboles, telle la sainte cène[41];
  3. témoignage : l'Évangile est la Bonne Nouvelle que les chrétiens évangéliques aiment partager, dans leur famille et à l'étranger, dans le respect de la liberté individuelle.

On ne peut poursuivre sans y ajouter d'autres éléments d'expression de la foi chrétienne traditionnelle et de la Réforme protestante, moins particuliers aux évangéliques :

En sociologie des religions, ces points de foi se traduisent par des attitudes sociologiques qui permettent d'identifier un comportement sociologiquement évangélique.

Principaux axes doctrinaux[modifier | modifier le code]

On retrouve deux principaux axes doctrinaux; les fondamentalistes et les évangéliques modérés[43],[44]. Les libéraux sont plus rares et se retrouvent généralement dans les églises protestantes traditionnelles.

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, les protestants éprouvent de plus en plus de difficulté à réfléchir en termes de doctrine quand il est question des croyances principales. La question se pose avec plus d'acuité pour les évangéliques qui, par la tradition d'attachement aux expressions traditionnelles de la foi chrétienne, la peur des hérésies et l'autorité conférée à la Bible, ont constitué un corps de croyances considérées comme essentielles. C'est ainsi que chez les plus fondamentalistes, certains points de doctrine se révèlent plus proches de dogmes lorsque leur compréhension et leur interprétation est faite de façon rigoriste. C'est dans ces courants que la frontière entre théologie, doctrine et dogme est la plus mince et la plus confuse[45].

Sans renier le caractère essentiel de la profession de foi évangélique, d'autres courants, dit « évangéliques modérés » sont plus sensibles au progressisme et à la conciliation science et foi. Ils ont périodiquement révélé leur ouverture à des réflexions plus réfléchies sur les vérités chrétiennes, dans une démarche de défense de ces vérités (insistance sur la « saine doctrine»)[46]. La montée en force de ce courant – désormais majoritaire – de l'évangélisme a commencé à se faire voir en particulier aux États-Unis (bien que ce courant existait en Europe, plus silencieusement, mais depuis plus longtemps) à partir des années 1920-1930. C'est en ce temps-là qu'un divorce marqué a été consommé entre « évangéliques fondamentalistes » et les dénommés « néo-évangélicalistes » (évangéliques modérés). Dans les années 1960-1970, les premières générations ont été formées aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en France[47]. À cette approche critique, interpellées par la sécularisation de la société américaine et par les mouvements de contre-culture, ont lancé un renouveau de l'apologétique chrétienne (une apologétique désormais enrichie de la démarche scientifique), dans un mouvement tendant à imposer la notion de doctrine comme « croyance véritable et rationnelle », à laquelle on adhère par raisonnement et conviction plutôt que par foi aveugle[48],[49],[50].

Différentes orientations théologiques[modifier | modifier le code]

Toutes les tendances évangéliques confondues, qu'elles relèvent des Églises de professants ou d'autres dénominations, se retrouvent dans les grands traits de ce que l'on peut qualifier de théologie évangélique. En fait, il n'y a pas d'autorité évangélique statuant sur la doctrine ; c'est un trait typique du protestantisme. On ne peut pas désigner de référence unique pour la théologie évangélique, bien que certaines Églises décident collégialement pour leurs communautés des orientations doctrinales dont l'application peut parfois aller jusqu'à être très rigoriste, voire inflexible (sortant par là même de la libre-pensée que l'on reconnaît comme un fondement de la pensée protestante).

C'est différemment qu'il faut dire que les tendances évangéliques retrouvent dans leur théologie une dose variable des grands courants du protestantisme. Il en résulte que l'observateur aguerri reconnaîtra divers courants dans la théologie évangélique;

Ces courants sont différemment utilisés selon les dénominations évangéliques, (baptisme ou pentecôtisme).

Principaux courants[modifier | modifier le code]

La diversité de ces mouvements est à attribuer à une caractéristique même d’un des piliers du protestantisme, la Sola Scriptura (« l’Écriture seule »), établissant la Bible comme l’autorité suprême en matière de foi (à l’exclusion de la Tradition, en rupture avec le catholicisme romain) et l’ultime fondement de celle-ci, associé à un choix délibéré pour le libre examen : le croyant est appelé à lire la Bible pour lui-même et à forger son avis sur base de sa propre critique et des éclairages des spécialistes. C’est donc à partir d’interprétations divergentes de certains points particuliers des écrits bibliques (du canon protestant), ou alors d’emphase sur certains points non doctrinaux qui peuvent être ou ne pas être disputés, que des écoles différentes se sont constituées en Églises, appelées dénominations.

Les principaux courants évangéliques le baptisme, pentecôtisme, mouvement charismatique évangélique, mouvement néo-charismatique et christianisme non dénominationnel [8].

Baptisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Baptisme.

Le baptisme est une confession chrétienne évangélique issus d'un réveil lancé par le pasteur anglais John Smyth en Hollande en 1609[51],[52]. Ce mouvement se caractérise par l'importance donnée à la Bible, à la nouvelle naissance, au baptême adulte en tant que témoignage volontaire, un esprit missionnaire, un engagement moral de vie ainsi que par l’autonomie locale des églises, la séparation de l’Église et de l’État, et finalement l’autorité de la congrégation (congrégationaliste). En 2010, le baptisme compterait 100 millions de croyants[53]. Une certaine partie est regroupée dans l'Alliance baptiste mondiale[54], [55].

Pentecôtisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pentecôtisme.

Le pentecôtisme se caractérise par l'importance donnée à la Bible, à la nouvelle naissance, aux dons du Saint-Esprit, au baptême adulte en tant que témoignage volontaire, un esprit missionnaire, un engagement moral de vie ainsi que par l’autonomie locale des églises, la séparation de l’Église et de l’État[56].

Existant sous une forme classique depuis le début du XXe siècle, c'est aujourd'hui l’une des deux mouvances principales répandues par le Mouvement charismatique initié dans les années 1950, avec le plus de succès dans les communautés afro-américaines des États-Unis, mais mondialement généralisée. C'est Douglas Scott et son épouse, missionnaires anglais, qui ont fait connaître le pentecôtisme en France dans une communauté baptiste au Havre à partir du 1er janvier 1930.

Le pentecôtisme met l’emphase sur le Saint Esprit (considéré comme manifestation spirituelle et continue de Dieu dans l’histoire humaine et dans les histoires des vies humaines) et ses dons, tels que présentés dans le Nouveau Testament, surtout les écrits pauliniens et les Actes des Apôtres (glossolalie, guérisons miraculeuses, et même résurrections font partie de ces dons). Il s'attache, dans le cadre protestant – et encore plus depuis un mouvement appelé « troisième vague » né aux États-Unis dans les années 1980 – à un retour le plus conforme possible à l'Église primitive décrite dans ces livres. Dans la pratique, il se distingue par un culte dynamique et moderne. En 2011, le pentecôtisme compterait 279 millions de personnes [57].

Mouvement charismatique évangélique[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, après le début du mouvement charismatique, certaines églises évangéliques ont décidé de suivre les directions de ce mouvement et de prendre des distances de leurs conventions pentecôtistes [58] Proche du pentecôtisme, le mouvement charismatique évangélique ne fait pas du parler en langues (glossolalie) une preuve nécessaire du baptême du Saint-Esprit. Il remet à l'avant la diversité des dons spirituels [59] ,[60],[61]. En 2011, le mouvement (regroupé avec le mouvement néo-charismatique), compterait 305 millions de personnes [40].

Mouvement néo-charismatique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mouvement néo-charismatique.

La mouvement néo-charismatique a commencé aux États-Unis, dans le début des années 1980. Le baptême du Saint-Esprit, annoncé par Jésus et les neuf dons du Saint-Esprit sont des éléments centraux du courant[59]. Les églises néo-charismatiques ont souvent recours aux moyens de communications modernes[62]. La théologie du mouvement charismatique évangélique est reprise par le mouvement néo-charismatique avec plus d'ampleur et avec quelques aspects théologiques supplémentaires, tels le combat spirituel, la parole de foi et le renouvellement structurel[63]. En 2011, le mouvement (regroupé avec le mouvement charismatique), compte 305 millions de personnes [57].

Christianisme non-dénominationnel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Christianisme non-dénominationnel.

Églises libres[modifier | modifier le code]

Le terme d'« Église libre » recouvre l'idée d'Églises indépendantes de l'État. De telles Églises se constituent donc en réaction à une Église plus ou moins liées à l'État.

En France, les Églises évangéliques libres, dont les membres se disent « libristes », sont issues de l'Église Réformée de France : en 1849 l'État décide de rémunérer les pasteurs en maintenant le Concordat de Napoléon, les privant ainsi de toute autonomie vis-à-vis du pouvoir. Les Églises de la Réforme qui refusent cette tutelle font dissidence et, en se regroupant avec d'autres Églises protestantes indépendantes issues du Réveil, créent l'« Union des Églises évangéliques libres » dans le sens « indépendantes de l'État » et « fidèles à l'Évangile » par opposition au courant libéral non confessionnel qui traversait l'Église réformée à cette époque. L'Union des Églises évangéliques libres (UEEL) est associée au Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et également membre de la Fédération protestante de France (FPF).

Les Églises libres sont des Églises de professants et non de multitude. Les libristes sont proches des baptistes mais ne font pas du baptême par immersion une condition d'accès à la sainte cène ou au statut de membre. L'UEEL compte une cinquantaine d'Églises en France pour environ 4 000 membres et sympathisants. Elle est associée aux Églises évangéliques libres dans le monde par l’intermédiaire de la Fédération internationale des Églises évangéliques libres (IFFEC).

En Suisse, dans le Canton de Vaud, l'Église libre existe entre 1848 et 1966 comme scission de l'Église nationale, par souci d'indépendance vis-à-vis de l'État, avec Alexandre Vinet comme figure de proue. L'Église libre re-fusionne avec l'Église nationale pour former l'Église évangélique réformée du Canton de Vaud en 1966. Dans le canton de Neuchâtel et au-delà, les Églises évangéliques libres sont issues du réveil de Genève, et ont longtemps formé la « fédération des Églises évangéliques libres » (FEEL), aujourd'hui incluse dans la « fédération romande d'Églises évangéliques ».

En Allemagne, l'idée d'Église libre (Freikirche) recouvre toutes les Églises qui ne sont pas Églises d'État.

Mouvements connexes[modifier | modifier le code]

Églises de réveil[modifier | modifier le code]

Les églises de réveil sont inspirées du Grand Réveil aux États-Unis au XIXe siècle. Plusieurs églises de réveil ont des enseignements adaptés par des pasteurs indépendants, d'autres font partie de dénominations structurées.

En France par exemple, plusieurs églises de réveil se rassemblent à l'UEER (Union des Églises Évangéliques de Réveil) [64]

En Suisse, les églises évangéliques de réveil sont rattachées à l'UEER Suisse[65].

En Afrique, notamment en Congo, il existe différents types de réseaux locaux d'églises de réveil, aux aspirations quelque peu différentes et se distinguant par des clivages générationnels. On distingue notamment la CAPEC (Communauté des Assemblées du Plein Évangile de Congo) rassemblant 13 églises locaux, la FAR (Fédération des assemblées du Réveil) regroupant 45 églises principalement pentecôtistes, la CER (Communauté des Églises de Réveil) qui est un collectif de plusieurs dizaines de petites églises indépendantes.

Judaïsme messianique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Judaïsme messianique.

Le judaïsme messianique est un mouvement né au sein du christianisme épiscopalien des États-Unis au début du XXe siècle et qui s'est développé surtout à partir des années 1960 et 1970. Il combine une théologie chrétienne avec une pratique religieuse inspirée du judaïsme. Ses fidèles se présentent comme des Juifs affirmant la messianité de Yechoua (Jésus)[66]. Le groupe le plus connu, même s'il n'est pas le plus important en nombre, se nomme Jews for Jesus. Il fut fondé en 1973 par un pasteur d'origine juive, converti au christianisme 20 ans plus tôt.

Le judaïsme messianique n'est pas reconnu par quelque organisation juive que ce soit, y compris les juifs réformés, à part deux voix dissidentes et marginales, à savoir la Rabbanit reconstructionniste Carol Harris-Shapiro et le Rav réformé Dan Cohn-Sherbok.

Les Juifs messianiques se définissent comme chrétiens, tout en soulignant l'importance des traditions juives, pour autant qu'elles soient en accord avec l'Évangile.

La plupart des communautés messianiques sont regroupées au sein de l'IMJA (International Messianic Jewish Alliance), dont le siège est aux États-Unis. La branche française de l'IMJA est l’AFJM (Alliance francophone des Juifs messianiques).

Aujourd'hui ils seraient, selon les sources, entre 50 000 et 350 000, principalement sur le continent américain.

Adventisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Adventisme.

Mouvement issu de la prédication de l'Américain William Miller (1782-1849), fortement orientée vers l’eschatologie chrétienne, prêchant notamment le retour en gloire de Jésus sur terre (en latin Secundum Adventum Christi, d'où le nom d'adventistes). Il connut un certain succès puisque 50 000 « millerites » sont acquis à sa cause en moins de quinze ans. Sur la base de calculs à partir de la Bible (surtout le livre prophétique de Daniel), il avança que le Second Avènement (ou Seconde Venue) du Christ devait se dérouler en 1844, cet événement étant effectivement annoncé dans la Bible mais sans datation explicite.

L’histoire lui ayant donné tort, « la grande déception » donna un coup sévère à la popularité du millerisme. À la suite de cette « grande déception » le mouvement se scinda en différentes branches adventistes. La plupart rejetant totalement la prédication de l'Américain William Miller. La plus connue est, bien sûr, l’Église adventiste du septième jour, qui toujours croit qu'en 1844, un événement prophétique s'est accompli. Il existe cependant d’autre dénominations adventistes comme l'Église de Dieu (Septième Jour)[67],[68], la Conférence Générale de la Foi Abrahamique[69] ou encore l’Église Chrétienne Adventiste[70]. Toutes ces Églises ne pratiquent d’ailleurs pas toutes nécessairement le Sabbat, mais elles ont certaines doctrines en commun comme l'annihilationisme.

Ellen White (1827-1915) avec l'Église adventiste du septième jour jouera un rôle important, sinon déterminant, dans la repopularisation du mouvement en arguant des erreurs d’interprétation de Miller et surtout de l'« attachement au respect du jour du samedi » (septième jour de la semaine juive) « en tant que jour du repos » plutôt que le dimanche. D’aucuns, dans le milieu protestant, ont considéré l’adventisme comme une secte.

Les principaux désaccords doctrinaux de Église adventiste du septième jour avec les autres mouvements évangéliques et même au sein de l'adventisme concernent :

  • l'autorité que donnent les fidèles à Ellen White qui la considèrent comme une prophétesse ;
  • ses prises de position doctrinales sur le sabbat (cependant certains pentecôtistes[71], baptistes[72] et d’autres Églises adventistes[68],[67] pratiquent également le Sabbat) ;
  • la rigueur des codes vestimentaires et de mode de vie (interdiction formelle de la consommation du tabac et de boissons alcoolisées) ;
  • la tendance au légalisme (ici, un attachement réputé erroné et trop grand à la Loi juive, ou Torah).

L'Église adventiste du septième jour a abandonné certaines positions qui faisaient l'objet de reproches comme l'excès de leadership et de direction. Néanmoins, sa position n’a pas vraiment changé concernant le sabbat, les codes vestimentaires ou la consommation de l’alcool, par exemple. Il s’ensuit que L'Église adventiste du septième jour est probablement l'Église protestante qui a le plus de désaccords doctrinaux avec le reste des évangéliques, si bien que leur classification parmi les évangéliques ne va pas toujours de soi.

On a observé dans cette mouvance adventiste une tendance au rapprochement vers le christianisme protestant. De son côté, le reste du protestantisme a, au cours des dernières décennies, de plus en plus rejoint l'avis des adventistes sur l'imminence de la Seconde Venue du Christ, annonçant selon la Bible la fin des temps et le Jugement.

Néanmoins, c’est au mouvement adventiste au sens large que l’on doit une partie importante de la littérature et de la pensée eschatologique chrétienne contemporaine, et une emphase plus forte sur l’héritage judaïque du christianisme et des doctrines chrétiennes.

Assemblées de Frères[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Assemblées de Frères.

Les Assemblées de Frères, parfois appelées Églises darbystes, sont apparues vers 1826 au sein de l'Église anglicane (Irlande, Angleterre) et d'autres Églises protestantes (France, Suisse, etc). John Nelson Darby, J.-G. Bellett et George Muller furent quelques pionniers de ce mouvement. Leur ligne théologique reprend en grande partie les acquis des Réveils allemands et anglais dans le protestantisme des XVIIe et XIXe siècles avec comme axes majeurs :

  • les grands piliers de la théologie protestante sur la Bible, la grâce, la souveraineté de Dieu, le salut par la foi…
  • l'importance de l'engagement personnel, qui les rapproche de l'Anabaptisme ;
  • les quatre bases du courant évangélique : Bible, nouvelle naissance, témoignage personnel et l'importance de la croix ;
  • le sacerdoce universel des croyants, poussé jusqu'à refuser la mise en place d'un « clergé ». Chez les « Frères larges » depuis plusieurs décennies des pasteurs sont nommés, mais simplement comme faisant partie d'un groupe de responsables (« anciens ») à direction collégiale ;
  • l'autonomie des Églises locales (congrégationalisme), supervisées par des anciens chez les « Frères Larges », mais sans aucun titre dans l'aile plus exclusive.

Le mouvement s'est développé au XIXe en Europe et dans tous les pays anglo-saxons. Il s'est aussi implanté en terre de mission (Afrique, Moyen-Orient, Inde…) au XXe siècle. Depuis 1848, il est scindé en deux tendances: Les frères « larges » et les frères « étroits ». L'approche exclusive est incarnée par John Nelson Darby.

Les « Frères larges » se sont distancés de la « doctrine » de Darby. On les appelle « Open Brethren » en Grande-Bretagne, « Communautés et assemblées évangéliques de France » ou CAEF en France, AESR en Suisse (les AESR sont désormais intégrées à la Fédération romande d'Églises évangéliques). Ils accordent plus d'autonomie aux Églises locales, sont plus ouverts aux autres croyants et aux changements doctrinaux, et sont plus actifs dans l'évangélisation. Leur nombre est évalué à deux millions dans le monde.

Une autre partie de ces croyants est restée attachée à la « doctrine » de Darby et a conservé le nom d’Assemblées de Frères ; ils sont plus interdépendants, plus conservateurs, très attachés à la spontanéité et la collégialité et forment plusieurs cercles de communion plus ou moins cloisonnés, des plus modérés aux plus étroits. Ils sont moins de 500 000 dans le monde. Ils sont souvent qualifiés de « darbystes », mais ne se désignent eux-mêmes que rarement ainsi ; seulement comme des « chrétiens » cherchant à appliquer de façon exacte les principes doctrinaux de la Bible.

Culte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culte (évangélisme).

Le culte dans les églises évangéliques est vu comme un acte d'adoration de Dieu[73]. Il n'y a pas de liturgie, la conception du culte est plus informelle[74]. Il est généralement dirigé par un pasteur. Certains cultes ont lieu dans des auditoriums ou des salles polyvalentes avec peu de signes religieux[75], [76], [77].

Lieux de culte[modifier | modifier le code]

Les lieux de cultes sont généralement appelés "temples" ou simplement "bâtiment (d'église)" [78],[79],[80],[81]. Dans certaines megachurches, on parle de "campus"[82],[83].

L'Unité dans la foi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Interdénominationalisme.

Les diversités qui se répercutent en termes sociaux, culturels, politiques, ethniques et linguistiques autant que dénominationnels ne posent aux évangéliques, paradoxalement peut-être, aucun problème d'ordre doctrinal. C'est une conséquence directe d'un autre pilier du protestantisme, celui de la Sola fide (« la foi seule ») selon lequel, pour le dire simplement, peu importe la dénomination d'une personne, c'est sa foi seule et non ses actions qui sont vues par Dieu comme critère pour trouver faveur à ses yeux, et en fin de compte pour son salut ou non. Les évangéliques sont, il semble, les moins frileux à admettre que les membres de leur Église ou de leur dénomination ne seront pas nécessairement tous sauvés lors du Jour du Jugement. Aussi préfèrent-ils, sans distinction de dénominations (et quand bien même le catholicisme romain n'est vu par eux que comme une autre dénomination), parler de l'Église (tout court) aussi appelée Église universelle à la suite du « Symbole des apôtres » (« Je crois en […] la Sainte Église universelle […] »), qui est à comprendre comme l'ensemble des « vrais » croyants en Christ, sauvés par leur foi.

Depuis un quart de siècle, on observe dans les groupes protestants à caractère évangélique une tendance au rapprochement entre les différentes dénominations. Une politique volontariste pour l’ouverture à tous, la minimisation des différences et la fuite du « dénominationalisme », en plus du fait du manque de distinction du christianisme évangélique en général, l’amène déjà depuis longtemps aussi à une tendance à l’uniformisation sur base de ce qui les unit tous : l’attachement à l’Écriture biblique en tant que fondement de leur foi. Le Conseil national des évangéliques de France ou encore le Réseau évangélique suisse[84] en sont les preuves tangibles.

La fuite de l’étiquette et de la catégorisation trop rapide les pousse à développer des comportements ecclésiastiques interdénominationnels. Ainsi, les chrétiens d’obédience évangélique auront une forte tendance à se nommer simplement « chrétiens », à avoir des pratiques ou activités similaires en dehors du simple culte hebdomadaire institué, et à développer un langage dont les fondements bibliques (afin d’éviter les particularismes et la labellisation) amènent souvent certains à le qualifier de « patois de Canaan ». En guise d'exemples : dans ce « patois », se convertir est plus valablement remplacé par l’expression « rencontrer Jésus » ou « accepter Christ », pratiquer sa foi sera plutôt appelé « vivre en Christ », l’engagement à la repentance est volontiers désigné par l’expression « mourir au péché ».

Cette tendance occasionne souvent une difficulté de communiquer de façon compréhensible l’Évangile de manière directe aux non-convertis au christianisme évangélique (que le jargon évangélique anglo-américain appelle les unchurched ; comprenez « ceux qui ne font pas (encore) partie de l'Église (universelle, sans considération de dénominations) »). Cette tendance force les évangélisateurs (c’est-à-dire, idéalement dans le christianisme évangélique, tous les croyants) à chercher une façon de communiquer l’Évangile de façon plus compréhensible dans le monde développé actuel, et par des moyens plus en phase avec le cadre sociologique de l’endroit d’évangélisation. C’est probablement l’un des éléments d’explication du succès de la foi chrétienne évangélique aujourd’hui.

Les évangéliques et la politique[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, les évangéliques étaient parmi les opposants les plus forts à la pratique du sport par les femmes, au nom de la morale[85].

Certains dirigeants politiques chrétiens évangéliques n'hésitent pas à partager leur foi dans l'exercice de leurs fonctions administratives. C'est le cas de nombreux présidents africains, notamment Boni Yayi, John Dramani Mahama, Goodluck Jonathan, Pierre Nkurunziza, Olusegun Obasanjo ou Yoweri Museveni. Le Premier ministre canadien Stephen Harper a affirmé certaines prises de positions influencées par ses convictions chrétiennes[86],[87]. Aux États-Unis, la foi est régulièrement mêlée à la politique.

L'exemple des États-Unis[modifier | modifier le code]

Les évangéliques aux États-Unis votaient peu jusque dans les années 1970 : 70 % d'entre eux n'avaient pas voté pour la présidentielle de 1976[88]. Jimmy Carter avait été le premier à avoir ouvertement affirmé sa foi chrétienne évangélique lors de la campagne, faisant ainsi de la religion un nouveau thème de campagne, une innovation qui allait le desservir au moment de sa 2e campagne électorale[88]. En effet, quatre ans plus tard, les positions prises par le président Carter sur l'avortement, l'homosexualité et le féminisme, avaient déçu beaucoup des chrétiens évangéliques qui l'avaient soutenu en 1976[88] et certains décidèrent de s'organiser et de former un groupe de pression politique conservateur, baptisé The Moral Majority ("la majorité morale") ou the Religious Right ("la droite religieuse")[89] que Ronald Reagan sut récupérer. Les évangéliques avaient de toute façon déjà pris leurs distances avec un Parti démocrate qui avait, selon eux, participé au déclin moral des États-Unis. Une fois la présidentielle de 1980 gagnée, Reagan fit d'ailleurs voter une série de lois et favorisa des amendements directement liés aux valeurs chrétiennes que défendent les évangéliques[90]. De Reagan à Bush fils, les évangéliques, tout en s'organisant toujours mieux, ont voté massivement pour les Républicains[90]. Dès 1980, l'influence des télévangélistes conservateurs devint un phénomène de premier ordre dans les campagnes électorales ; les plus actifs d'entre eux étaient Jerry Falwell, Pat Robertson, Jim Bakker, James Robison, ou encore Bill Bright, avec sa campagne "Campus Crusade for Christ" ("Croisade des camus pour le Christ")[88].

Au cours de la campagne pour l'élection présidentielle de 2000, George W. Bush réaffirma sa foi[91] et se fit le défenseur des valeurs traditionnelles mais avec un peu moins de véhémence que ses prédécesseurs. Les évangéliques attendaient beaucoup de Bush et de sa promesse, la faith-based initiative, une série de dispositions spéciales de l'État américain et de subventions destinées aux associations religieuses afin d'aider à lutter contre la pauvreté. Une partie d'entre eux furent déçus par une opposition jugée trop faible au mariage homosexuel, par le manquement à la faith-based initiative et par la politique militariste du président et de son administration. À ce sujet, David Kuo, conseiller spécial de Bush pour la faith-based initiative démissionna de son poste en 2006 en dénonçant le dénigrement de l'administration en place envers les pauvres et déclara que cette même administration recherchait le soutien des chrétiens tout en se moquant d'eux[92]. Leur moindre mobilisation à partir de 2008 , bien que n'étant pas, et de loin, le seul facteur, a favorisé l'élection de Barack Obama[93].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christianity report.
  2. Cela sans inclure les effectifs des pentecôtistes, voir ci-dessous le paragraphe "statistiques". Christianity : A Report on the Size and Distribution of the World's Christian Population, Pew Forum, 19 décembre 2011, p. 17.
  3. D’un point de vue lexical, l'anglais, dont l'usage actuel au sens "évangélisme" est issu, dispose de deux adjectifs distincts : evangelical (« évangélique », « de l’Évangile » ou « des évangiles »; mais signifie parfois également en tant que substantif « adhérent au christianisme évangélique ») et evangelistic (« lié à la promotion de la prédication et de la dissémination de l’Évangile chrétien »), que le français nomme « évangéliste ».
  4. a et b Définition du mot évangélique dans le Larousse en ligne
  5. a et b Voir sur lecnef.org.
  6. Voir sur eglises.org.
  7. Voir Jean Baubérot, « Protestantisme », dans Encyclopædia Universalis, Paris, Encyclopædia Universalis, 2002, vol. 18, p. 1045, col. I.
  8. a et b Brian Stiller, Evangelicals Around the World: A Global Handbook for the 21st Century, Thomas Nelson, USA, 2015, p. 28, 90
  9. Il reste que dans ce cas, la variété devient tellement grande que le terme lui-même risque d'en perdre de sa signification. D'où la vision, plus commode, de « l'évangélisme » comme un phénomène social religieux particulier d'un côté, ce dont nous traitons ici, et de l'autre côté du fait d'être « évangélique » comme un caractère théologique variablement observé dans des Églises protestantes, voire catholiques. On peut consulter à cet égard l'avis du sociologue français Sébastien Fath qui privilégie la conception plus restreinte.
  10. Sébastien Fath selon Religioscope, « À propos de l'évangélisme et des Églises évangéliques en France – Entretien avec Sébastien Fath », en ligne le 3 mars 2002.
  11. Brian Stiller, Evangelicals Around the World: A Global Handbook for the 21st Century, Thomas Nelson, USA, 2015, p. 10
  12. http://lecnef.org/leur-histoire Histoire des évangéliques
  13. Outre ces deux points, les anabaptistes ont quelques autres caractéristiques : pacifistes, ils refusent de porter des armes, ainsi que l'exprime la confession de foi de Dordrecht de 1632. Ils pratiquent le lavement des pieds et la Cène dans leur liturgie. Les confessions de foi de 1527 et 1632, ainsi que des ordonnances exposaient aussi des exigences d’ordre vestimentaire et social telles que l’endogamie, ou la « non-mondanité », c'est-à-dire le fait de rester à l'écart de la mode et des activités de la société.
  14. Revue d'Alsace no 137 (2011), p. 467 à 473, Les Assemblées anabaptistes-mennonites de la Haute Vallée de la Bruche (1708-1870), article de Françoise Fischer-Naas
  15. Math. 5, 37: « que votre oui soit oui, que votre non soit non : tout le reste vient du Malin ».
  16. Émile Léonard, Histoire générale du protestantisme, vol. 3, Paris, Presses universitaires de France, (ISBN 9782130418894), p. 492
  17. Voir sur museeprotestant.org.
  18. Mark Hutchinson, John Wolffe, A Short History of Global Evangelicalism, Cambridge University Press, UK, 2012, p. 12
  19. Brian Stiller, Evangelicals Around the World: A Global Handbook for the 21st Century, Thomas Nelson, USA, 2015, p. 18-19, 21
  20. « D.L. Moody », sur le site de Cane Creek Church (consulté le 13 avril 2018)
  21. Sébastien Fath, Du ghetto au réseau: le protestantisme évangélique en France (1800-2005), n°47 de Histoire et société, Labor et Fides, , 425 p. (ISBN 9782830911398)
  22. Christianity : A Report on the Size and Distribution of the World's Christian Population, Pew Forum, 19 décembre 2011, p. 67.
  23. Mark Ward Sr., The Electronic Church in the Digital Age: Cultural Impacts of Evangelical Mass Media [2 volumes]: Cultural Impacts of Evangelical Mass Media, ABC-CLIO, USA, 2015, p. 104, 231
  24. (en) J.K. Haden, C.E. Swann, Prime Time Preachers.The Rising Power of Televangelism (1981), pp. 18-19
  25. Le Leadership Network contient un répertoire des mégaéglises évangéliques du monde sur son site web Warren Bird,, « The World's Largest Churches », sur le site web leadnet.org (consulté le 13 avril 2018)
  26. Céline Hoyeau, « Billy Graham, le pasteur de l’Amérique, est mort », sur le Site du journal La Croix,
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  28. Allan Anderson, An Introduction to Pentecostalism: Global Charismatic Christianity, Cambridge University Press, UK, 2013, p. 19
  29. Christianity : A Report on the Size and Distribution of the World's Christian Population, Pew Forum, 19 décembre 2011, p. 17
  30. Christianity : A Report on the Size and Distribution of the World's Christian Population, Pew Forum, 19 décembre 2011, p. 18
  31. (en) « WEA » [archive du ], Alliance évangélique mondiale, (consulté le 15 mars 2015).
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  53. J. Gordon Melton and Martin Baumann, Religions of the World: A Comprehensive Encyclopedia of Beliefs and Practices, ABC-CLIO, USA, 2010, p. 299
  54. Baptist World Alliance, Statistics, Site web officiel, USA, consulté le 21 août 2016
  55. Randall Herbert Balmer, Encyclopedia of Evangelicalism: Revised and expanded edition, Baylor University Press, USA, 2004, p. 58
  56. Randall Herbert Balmer, Encyclopedia of Evangelicalism: Revised and expanded edition, Baylor University Press, USA, 2004, p. 533
  57. a et b Pew Research Center, Global Christianity – A Report on the Size and Distribution of the World’s Christian Population, 19 décembre 2011, USA
  58. Randall Herbert Balmer, Encyclopedia of Evangelicalism, Baylor University Press, USA, 2004, page 149
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  63. Sébastien Fath et Jean-Paul Willaime, La nouvelle France protestante: essor et recomposition au XXIe siècle, Édition Labor et Fides, France, 2011, p. 142-143
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  77. Keith A. Roberts, David Yamane, Religion in Sociological Perspective, SAGE , USA, 2011, p. 209
  78. D. A. Carson, Worship: Adoration and Action: Adoration and Action, Wipf and Stock Publishers, USA, 2002, p. 161
  79. Jörg Stolz, Olivier Favre, Caroline Gachet, Emmanuelle Buchard, Le phénomène évangélique: analyses d'un milieu compétitif, Labor et Fides, Suisse, 2013, p. 99
  80. Anne C. Loveland, Otis B. Wheeler, From Meetinghouse to Megachurch: A Material and Cultural History, University of Missouri Press, USA, 2003, p. 149
  81. Harold W. Turner, From Temple to Meeting House: The Phenomenology and Theology of Places of Worship, Walter de Gruyter, Allemagne, 1979, p. 258
  82. Justin G. Wilford, Sacred Subdivisions: The Postsuburban Transformation of American Evangelicalism, NYU Press, USA, 2012, p. 78
  83. Anne C. Loveland, Otis B. Wheeler, From Meetinghouse to Megachurch: A Material and Cultural History, University of Missouri Press, USA, 2003, p. 2
  84. « Réseau évangélique suisse », sur www.evangelique.ch (consulté le 12 août 2014).
  85. (en) T. Collins, Sport in Capitalist Society. A Short History (Londres-New York, 2013), p. 39.
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  87. (en) Erin Jex, CANADIAN FOREIGN AID AND THE CHRISTIAN RIGHT: STEPHEN HARPER, ABORTION, AND THE GLOBAL CULTURE WARS IN SUB-SAHARAN AFRICA, 2006–2015 (thèse, Faculty of Social Sciences, School of Political Studies, University of Ottawa, 2017). Voir en particulier p.2 et la bibliographie, dont fait partie l'ouvrage de Marci McDonald, "The Armageddon Factor: The Rise of Christian Nationalism in Canada", éditeur : Vintage Canada, Toronto, 2010. lire en ligne
  88. a, b, c et d (en) Richard M. Harley, The Evangelical Vote and the Presidency, 25 juin 1980, The Christian Science Monitor, page 12.lire en ligne
  89. (en) Robert KAISER, As With the Country, Differing Sympathies for The "New Tolerance": The Social Issues, 1er novembre 1980, The Washington Post, lire en ligne.
  90. a et b (en) Steven P. auteur=Miller, The Age of Evangelicalism: America's Born-Again Years, Oxford University Press,  ; extrait en ligne : Steven P. Miller, « The evangelical presidency: Reagan’s dangerous love affair with the Christian right », (consulté le 13 avril 2018)
  91. (en) Maureen DOWD, We keep bumping into Jesus on the campaign trail, 16 décembre 1999, Register-Guard.
  92. (en) David Kuo, Tempting Faith: An Inside Story of Political Seduction, Free Press, (ISBN 9780743287135).
  93. (en) « A Post-Election Look at Religious Voters in the 2008 Election », sur le site du Pew Research Center - Religion & Public Life, (consulté le 13 avril 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Linda Caille, Soldats de Jésus, les évangéliques à la conquête de la France, Paris, Fayard, 2013
  • Patrice de Plunkett, Les évangéliques à la conquête du monde, Paris, Perrin, 2009
  • Jean Duchesne, Jesus Revolution: made in U.S.A., Paris, Édition du Cerf, 1972, 135 p. N.B.: En dépit du titre anglais de ce livre, son texte est en français; la trad. espagnole, portant le même titre, a été publiée par Ediciones Marova, Madrid, en 1973, 196 p., dans la coll. « Nuevas fronteras ».
  • Sébastien Fath (dir.), Le protestantisme évangélique, un christianisme de conversion, Turnhout, Brépols, 2004 (actes d'un colloque en Sorbonne)
  • Sébastien Fath, Du ghetto au réseau, Le protestantisme évangélique en France, 1800-2005, Genève, Labor et Fides, 2005
  • Yannick Fer, L'offensive évangélique. Voyage au cœur des réseaux militants de Jeunesse en Mission, Genève, Labor et Fides, 2010
  • Jörg Stolz, Olivier Favre, Caroline Gachet, Emmanuelle Buchard, Le phénomène évangélique. Analyses d’un milieu compétitif, Labor et Fides, 2013

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]