Robert Campin

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Robert Campin

Naissance v. 1378
Valenciennes
Décès 26 avril 1444
Tournai
Nationalité Tournaisien
Activités Peintre
Élèves Roger de la Pasture
Jacques Daret
L'Annonce faite à Marie, panneau central du Triptyque de Mérode, atelier de Robert Campin, Metropolitan Museum of Art, New York

Robert Campin, dit le « Maître de Flémalle », né à Valenciennes (comté de Hainaut) vers 1378 et mort à Tournai le 26 avril 1444[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de Valenciennes, alors située dans le comté de Hainaut, il fait une partie de son apprentissage à Dijon. Sa première apparition en tant que peintre se situe à Tournai (à l'époque petite république communale et épiscopale) où plusieurs acquisitions immobilières sont à son nom, ce qui dénote une certaine réussite matérielle. Entre 1418 et 1432, il devient chef d'atelier à Tournai et a comme élève Roger de la Pasture à partir de 1427 et Jacques Daret. Il rencontre probablement Jan van Eyck qui réside alors à Lille durant ses visites à Tournai.

Il va par la suite s'engager intellectuellement du côté des Français contre les pro-Bourguignons, ce qui lui occasionne plusieurs condamnations en justice.

En 1423 il est l’un des meneurs d’une révolte des artisans de Tournai contre le pouvoir aristocratique. Il joua un rôle important dans le nouveau gouvernement et exerça diverses fonctions publiques : au sein de la magistrature, comme doyen de de la Guilde de saint Luc des orfèvres et des peintres, et à partir de 1428 comme marguillier de l'église Saint Pierre. Mais l'année suivante, il fut condamné pour sa participation à ce soulèvement et du payer une amende et accomplir un pèlerinage à Saint Gilles en Provence. Il lui fut également interdit d'exercer toute fonction publique.

En 1432 il se retrouve à nouveau accusé, mais cette fois pour sa liaison extra conjugale avec Laurence Polette. Il fut banni de Tournai pendant un an, mais grâce à l'intervention de Marguerite de Bourgogne la sanction fut commuée en amende[2].

Ses œuvres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des œuvres de Robert Campin.
Le Triptyque de Werl (auj. exposé au Musée du Prado) avec Sainte Barbe lisant sur le panneau de droite.

L'analyse de son œuvre est rendue excessivement difficile par l'absence totale de tableau signé de son nom et par la notion de travail d'atelier : l'artiste commence une peinture qui est achevée par ses élèves et n'hésite pas à en faire des copies de sa main ou par d'autres personnes. De plus, Robert Campin est le peintre qui a le plus de titres à être assimilé au « Maître de Flémalle », cependant la véritable identité de celui-ci reste obscure et hypothétique. En effet beaucoup d'autres artistes de l'époque auraient pu incarner ce mystérieux personnage. L'attribution est donc sujette à caution et repose sur des arguments chronologiques (un seul tableau est daté), géographiques et stylistiques.

Campin reste cependant le grand précurseur de la peinture de la renaissance flamande où apparaissent des représentations réalistes et non plus symboliques de personnages, de décors ou d'objets. L'irruption de la vie réelle dans des œuvres à thématique sacrée n'est pas totalement neuve pour l'époque, mais fut traitée d'une manière particulièrement détaillée par le maître : sages-femmes dans la Nativité du musée de Dijon, intérieur bourgeois dans la Vierge à la cheminée (musée de l'Ermitage) ou dans le triptyque de l'Annonciation conservé à New York.

Ce « réalisme » entraîne progressivement la disparition de certains symboles religieux : fonds dorés ou auréole et on passe successivement d'une Nativité sur une « scène qu'aucun spectateur n'aurait pu jamais voir » à une Annonciation « dans un espace théoriquement visible et néanmoins assez abstrait », enfin, à une Sainte Barbe « dont chacun d'entre nous pourrait s'imaginer en spectateur » (Tzvetan Todorov).

La Nativité, 1420-26.

Il fit un certain nombre de portraits (dont deux sont visibles à la National Gallery à Londres), figés de trois-quarts, les visages remplissant l'essentiel du cadre, et qui sont les premiers à prendre en modèle des notables locaux, témoins de « l'irruption triomphante de l'individu » (Tzvetan Todorov).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Felix Thürlemann, Robert Campin: a monographic study with critical catalogue, Prestel, coll. « Art and Design Series »,‎ 2002, 385 p. (ISBN 9783791327785)
  • Henri Installé, "Le triptique Merode : évocation mnémonique d'une famille de marchands colonais, réfugiée à Malines" in Hande/lingen van de Koninklijke Kring voor Oudheidkunde, Letteren en Kunst van Mechelen, 1992, no 1, pp. 55-154
  • Albert Châtelet, Robert Campin, le Maître de Flemalle : la fascination du quotidien, Anvers, 1996.
  • Tzvetan Todorov, Éloge de l'individu, essai sur la peinture flamande de la Renaissance, Paris, Adam Biro, 2000.
  • Campin in Context. Peinture et société dans la vallée de l’Escaut à l’époque de Robert Campin, 1375-1445. Actes du colloque international organisé par l’Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis, l’Institut royal du Patrimoine artistique / Koninklijk Instituut voor het Kunstpatrimonium et l’Association des Guides de Tournai, Tournai, Maison de la Culture, 30 mars - 1er avril 2006, éd. Ludovic Nys et Dominique Vanwijnsberghe, Valenciennes/Bruxelles/Tournai, 2007.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bulletins de la Société historique et littéraire de Tournai, 1886
  2. Jean-Claude Frère, Les primitifs flamands, Edition Pierre Terrail,‎ 1996 (ISBN 2-87939-115-6), p. 50