Hainaut occidental

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Le Hainaut occidental est une sous-région du Royaume de Belgique. Comme son nom l'indique, elle se situe dans la partie ouest de la province de Hainaut. C'est donc également une sous-région de la Région wallonne.

Politique[modifier | modifier le code]

Suite à la réforme des intercommunales mise en place par la région wallonne, il y a eu une volonté politique de renommer cette sous-région afin de fédérer les communes du Hainaut occidental autour d'un même projet politique de développement économique. La création d'une nouvelle instance, une « communauté de communes de La Wallonie picarde » a ainsi été proposée. Plusieurs appellations se sont ainsi succédé : Tournaisis, Picardie wallonne et Wallonie picarde. L'incapacité de fédérer l'ensemble des communes du Hainaut occidental (notamment par les réticences mouscronnoises) ainsi que l'absence de dialogue avec la population concernée font que les divers projets de changements d'appellation se suivent sans grand succès.

Les différentes forces vives de la Wallonie picarde se sont également rassemblées dans un conseil de développement, à l'instar de ce qui existe à Lille. Transfrontalière par nature, la Wallonie picarde dialogue avec Lille Métropole Communauté urbaine dans le cadre d'un eurodistrict métropolitain en constitution, rassemblant les régions avoisinant les villes de Lille, Tournai et Courtrai.

Communes constitutives[modifier | modifier le code]

Le Hainaut occidental au sein de la province de Hainaut

Par ordre alphabétique, voici les communes qui constituent le Hainaut occidental : Antoing, Ath, Belœil, Bernissart, Brugelette, Brunehaut, Celles, Chièvres, Comines-Warneton, Ellezelles, Enghien, Estaimpuis, Flobecq, Frasnes-lez-Anvaing, Lessines, Leuze-en-Hainaut, Mont-de-l'Enclus, Mouscron, Pecq, Péruwelz, Rumes, Silly et Tournai.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Hainaut occidental se présente souvent comme le carrefour entre la France (le Nord-Pas-de-Calais et Lille), la Région flamande, Bruxelles et la Région wallonne.

Il existe différents pays au sein du Hainaut occidental : le Pays des Collines (autour d'Ellezelles), le Pays Blanc (autour d'Antoing), le Pays Vert (autour d'Ath), le Tournaisis (autour de Tournai), etc.

Caractéristiques principales de la sous-région[modifier | modifier le code]

La première caractéristique fondamentale du Hainaut occidental est son paysage : la région est demeurée verte contrairement aux deux sous-régions voisines que sont le Borinage et le Centre. Celles-ci ont en effet été fortement industrialisées grâce à leur sous-sol riche en houille. Le Hainaut occidental, même s'il a connu et connaît toujours une industrialisation, mise une partie de son développement en se présentant comme une région traditionnellement agricole : c'est le concept de l'Agro-Food Valley[1].

La seconde caractéristique de cette sous-région est sa langue endogène : le picard. Le picard est un ensemble de dialectes et de patois romans qui furent parlés dans les comtés de Flandre et de Hainaut. Le Hainaut occidental n'est pas la seule région de Belgique où l'on parle picard mais c'est la seule où le parler est identifié et revendiqué comme tel. Le Borinage voisin se réfère ainsi à son dialecte en parlant de patois borain.

La troisième caractéristique du Hainaut occidental est qu'il regroupe des territoires aux histoires parfois très différentes. Ainsi, le Hainaut occidental regroupe des communes qui faisaient partie autrefois du comté de Flandre et d'autres qui appartenaient au comté de Hainaut.

Historique de l'appellation[modifier | modifier le code]

Hainaut occidental[modifier | modifier le code]

L'appellation Hainaut occidental remonte aux années 1960. Il est dit que celle-ci fut trouvée par un géographe un peu par défaut, Robert Sevrin (la partie ouest du Hainaut). Celle-ci s'est néanmoins imposée partout :

  • Au sein des partis politiques de Belgique francophone qui possèdent des fédérations Hainaut occidental[2] : le Parti socialiste[3] (le PS vient de changer la dénomination de sa fédération en "PS de Wallonie Picarde") et le Mouvement réformateur[4].
  • Au sein des organisations sociales telles que les syndicats[5] et les mutualités[6] : la CSC[7], la CGSLB[8] et la mutualité socialiste[9].
  • Au sein d'associations économiques et professionnelles : l'Association royale des architectes du Hainaut occidental[10], la Société de développement et de participation du Hainaut occidental[11].
  • Au sein de l'enseignement supérieur, que ce soit dans le réseau libre ou le réseau officiel : Haute école libre du Hainaut occidental (HELHO)[12] et Haute école provinciale du Hainaut occidental (HEPHO)[13].
  • Au sein du milieu associatif : La Ligue des familles a une régionale Hainaut occidental[14] tout comme la Ligue de l'enseignement et de l'éducation permanente[15], la Fédération francophone des sourds de Belgique (FFSB)[16], la Fondation rurale de Wallonie a une section "Wallonie picarde"[17].

Picardie wallonne ou Picardie hennuyère[modifier | modifier le code]

L'idée de changer d'appellation en Picardie wallonne ou Picardie hennuyère a été lancée en octobre 2004 par le ministre de la Santé, Rudy Demotte[18].

Si elle a été suivie par certains acteurs, l'idée n'a pas eu un grand succès car la population n'était pas du tout associée au projet mais aussi parce qu'aucun autre parti que le PS n'avait été consulté.

Le président de la fédération Hainaut occidental du MR, Jean-Luc Crucke avait d'ailleurs mis ce petit texte critique sur son site web[19] :

« Wallonie picarde ? Picardie wallonne ? Qu’en dites-vous ?
Hainaut Occidental : parlons-en ! Certains voudraient le débaptiser et dénommer « Picardie wallonne » ou « Wallonie picarde ». Nul ne contestera nos origines picardes mais faut-il un renouvellement de façade ? La fédération MR s’est prononcée : aucun changement d’identité ne peut intervenir sans l’aval et la consultation de la population concernée. L’essentiel ne se situe pas dans une opération marketing mais dans un travail de fond.
À cet égard, il nous faut constater que ce n’est pas le boulot qui manque et que ni la Wallonie, ni le Hainaut, ni le Hainaut occidental, ne se portent au mieux de leur forme. »

Wallonie picarde[modifier | modifier le code]

L'initiative du nom Wallonie picarde revient au Conseil de développement (organe représentant les différents acteurs des forces vives couvrant le territoire) dans le cadre d'une réflexion sur l'identité du territoire et un projet de région. Dans ce cadre des forums de sensibilisation ont été lancés pour associer la population dans ses diverses composantes à ce projet qui se veut mobilisateur.

Progressivement, les associations de Wallonie picarde adaptent leur dénominations :

  • Au sein des médias : le nom officiel de la télévision locale est « No Télé, du Grand Tournai à la Wallonie picarde ».
  • Au sein d'associations économiques et professionnelles : la Chambre de commerce et d’industrie s'est récemment rebaptisée "Chambre de Commerce de Wallonie Picarde"[20].

Hainaut picard[modifier | modifier le code]

Au-delà des discussions de nature politique qui se profilent derrière cette appellation, quels qu'en soient les présupposés, il convient de rappeler que les deux termes de cet intitulé, à savoir Wallonie (wallon) et Picardie (picard) recouvrent des notions qui sont d'abord et avant tout d'ordre linguistique ou dialectal et non de nature historique (quand bien même la Wallonie est certes aujourd'hui une réalité institutionnelle et politique). Associer wallon et picard relève donc au sens littéral d'une contradiction. On ne peut à la fois être (et parler) wallon et être (et parler) picard, et ce même si dans une frange du territoire wallon, comprise entre les régions d'Entre-Sambre-et-Meuse et le Hainaut occidental (Borinage, Hainaut central), on parle une forme dialectale mixte, entre wallon et picard, dénommée "picardo-wallon" (cfr. les cartes des isomorphes lexicaux de l'Atlas linguistique de Wallonie). L'appellation de Hainaut picard aurait, pour cette raison, été plus judicieuse, le Hainaut ayant une existence historique dont l'origine remonte au Haut Moyen Âge.

Notes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Camelbeeck T.(1985), Recent seismicity in Hainaut. Scaling laws from the seismic stationsin Belgium and Luxemburg, in « Seismic activity in western Europe», Ed : P. Melchior, Reidel, p. 109-116.