Thuin

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Thuin
La ville haute et ses jardins suspendus
La ville haute et ses jardins suspendus
Blason de Thuin
Héraldique
Drapeau de Thuin
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Thuin
Bourgmestre Paul Furlan (PS)
Majorité PS-MR-cdH
Sièges
PS
MR
IC
Ecolo
21
13
6
3
1
Section Code postal
Thuin
Leers-et-Fosteau
Biesme-sous-Thuin
Ragnies
Biercée
Gozée
Donstiennes
Thuillies
6530
6530
6531
6532
6533
6534
6536
6536
Code INS 56078
Zone téléphonique 071
Démographie
Gentilé Thudinien(ne)[1]
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
14 611 (1er janvier 2014)
48,87 %
51,13 %
192 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
(1er janvier 2013)
19,99 %
63,79 %
16,22 %
Étrangers 3,69 % (1er janvier 2013)
Taux de chômage 13,30 % (octobre 2013)
Revenu annuel moyen 13 648 €/hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 50° 20′ N 4° 17′ E / 50.33, 4.28350° 20′ Nord 4° 17′ Est / 50.33, 4.283  
Superficie
– Surface agricole
– Bois
– Terrains bâtis
– Divers
76,17 km2 (2005)
69,32 %
16,66 %
11,77 %
2,25 %
Localisation
Situation de la ville au sein de son arrondissement et de la province de Hainaut
Situation de la ville au sein de son arrondissement et de la province de Hainaut

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Liens
Site officiel thuin.be

Thuin (prononcé [ˈtɥɛ̃] ; en wallon Twin) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne, chef-lieu d'arrondissement en province de Hainaut, au cœur de la Thudinie et au confluent de la Sambre et de la Biesmelle. Elle jouxte les communes de Beaumont, Fontaine-l'Évêque, Ham-sur-Heure-Nalinnes, Lobbes, Merbes-le-Château, Montigny-le-Tilleul et Walcourt.

Étymologie[modifier | modifier le code]

La première attestation de ce toponyme remonte à 868 sous la forme in Tudinio (polyptyque de l'abbaye de Lobbes). Il est formé d'un anthroponyme, Tudo, Theodo (issu du germanique commun *theud « peuple ») ou peut-être Tutus (cognomen latin), et du suffixe -inium et signifie donc « propriété de Tudo, Theodo ou Tutus »[2].

Armoiries[modifier | modifier le code]

Thuin coat of arms.svg
Blason de Thuin depuis la fusion des communes. Ce blason reprend le motif du plus ancien sceau connu de la ville.
Blasonnement : d'azur au château-fort d'argent accosté de deux écussons du même au lion couronné de sable, celui de dextre contourné[3].
  • Délibération communale : 16 octobre 1979
  • Arrêté de l'exécutif de la communauté : 27 août 1984
Blason ville fr Templemars (Nord).svg
Armes de Thuin entre 1883 et la fusion des communes.
Blasonnement : D’azur semé de billettes d’argent au lion d’argent armé et lampassé de gueules brochant sur le tout.
DC 20 mai 1882 - AR 1 mars 1883 - MB 10 avril 1883
Blason ville fr Savigny-sur-Braye (Loir-et-Cher).svg
Après l'indépendance de la Belgique, un Arrêté royal confirme les armes accordées à la ville le 6 décembre 1820 par le Conseil suprême de la Noblesse des Pays-Bas.
Blasonnement : D’azur, à un lion d’or, armé et lampassé de même, l'écu timbré d'une couronne d'or.
DC 10 mai 1837 - AR 7 avril 1838
Flag of Thuin.gif
Drapeau de la Ville de Thuin. Parti de bleu et blanc, la laize bleue chargée de 3 merlettes blanches rangées à sa partie supérieure[4].
DC 2 février 1993 - AE 26 octobre 1993

Situation et particularités[modifier | modifier le code]

La vieille ville et ses jardins suspendus

Capitale de la Thudinie, cette ville occupe un joli site au confluent de la Sambre et de la Biesmelle. C'est aussi une capitale de la batellerie puisque bon nombre de propriétaires de péniches en sont originaires et qu'ils choisissent ce lieu de séjour quand sonne l'heure de la retraite. Thuin s'étage sur plusieurs plateaux et sur plusieurs vallées.

Son beffroi (1638) figure au patrimoine mondial de l'UNESCO.

C'est également sur le territoire de l'entité, à Gozée, que se situent les vestiges de l'abbaye d'Aulne.

Voies de communication[modifier | modifier le code]

Sans être un nœud de communication important, Thuin peut être rallié à l'aide de bon nombre de moyens de transport.

Par voie d'eau[modifier | modifier le code]

La Sambre, canalisée au gabarit 38,50 m depuis 1829, traverse la ville en offrant de très jolis paysages depuis sa vallée. Quatre écluses (n° 5, 6, 7 et 8) sont situées sur le territoire de la commune.

Malheureusement, depuis février 2006, la navigation y est devenue anecdotique. C'est que des ouvrages d'art situés en territoire français, sur le canal de la Sambre à l'Oise, risquant de s'effondrer, la navigation y a été interrompue. De la sorte, il est impossible d'effectuer le voyage vers la vallée de l'Oise et donc d'arriver à Paris. La Sambre est donc devenue un cul-de-sac.

Par chemin de fer[modifier | modifier le code]

La ville dispose de la gare de Thuin (anciennement Thuin-Nord) sur la ligne 130A de Charleroi à Erquelinnes (frontière) et est bien desservie par ce moyen de transport. Cette ligne fut ouverte en 1852 et fut électrifiée en 1962. Voici peu de temps encore, avant l'apparition du Thalys, elle servait aux relations ferroviaires entre Paris, le sillon Sambre-et-Meuse et l'Allemagne du Nord.

Jusqu'au milieu des années 1960, la ville disposait également d'une autre gare (Thuin-Ouest) qui était desservie par la ligne 109 (Mons-Chimay). Cette ligne fut ouverte à l'exploitation complètement en 1882. Le 15 juin 1964, la ligne 109 a été fermée définitivement.

Par voie routière[modifier | modifier le code]

Thuin se trouve sur la nationale 59 (Seneffe-Gozée), qui rejoint à Gozée la nationale 53 reliant Charleroi à Chimay. Abordant la ville par le côté Nord, la route doit traverser la vallée de la Sambre pour rejoindre le plateau Sud où se situe le centre de la ville haute. Autrefois ce passage s'effectuait par une route en lacets, par un passage à niveau et par un pont à tablier ridiculement étroit sur la Sambre, occasionnant ainsi des embouteillages quotidiens importants en même temps que des difficultés de navigation dangereuses quand la Sambre était en crue. Depuis la fin des années soixante un pont en "S" extrêmement élégant, érodant la sinuosité de la route en lacets, enjambant tout à la fois la voie ferrée et le cours de la rivière, tout en accroissant le patrimoine urbanistique de la petite cité a porté remède à ces problèmes.

Par chemin de fer vicinal (tramway)[modifier | modifier le code]

Le 31 décembre 1983, dernier jour du tram régulier
Un des tram de la ligne touristique exploitée par l'ASVi

Thuin possède un tramway historique qui rejoint Lobbes. En outre, un musée du tramway est implanté sur le site de l'ancienne gare de Thuin-Ouest, près du terminus de la ville basse. Cette voie étroite est un des ultimes reliquats du vicinal qui autrefois couvrait toute la Belgique. Ce tramway touristique est géré par l'ASBL ASVi (Association pour la Sauvegarde du Vicinal). Deux lignes de tram avaient leur terminus à la place de la Ville-Basse :

  • la ligne 92 (Charleroi Eden - Marchienne - Fontaine-l'Évêque - Anderlues-Jonction - Lobbes-Bonniers - Lobbes - Thuin) ;
  • la ligne 91 qui empruntait le même parcours mais seulement à partir d'Anderlues.

Faits historiques marquants[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Possession de la principauté de Liège depuis 889, dont elle devenait une des vingt-trois Bonnes Villes, la ville a suivi le destin de cette principauté tout au long de son histoire.

Située aux limites de la Principauté, la ville fut soumise à de nombreux sièges. Le prince-évêque Notger fit fortifier la cité au Xe siècle.

En 1048, Adalbert de Lorraine y fut tué par Godefroy II de Basse-Lotharingie, lors de la bataille de Thuin.

Les comtes de Hainaut s'en emparent en 1053, en 1298 et en 1408.

Temps Modernes[modifier | modifier le code]

En 1654, les troupes espagnoles, sous les ordres du prince de Condé, entreprennent le siège de la ville mais sans pouvoir concrétiser. Mieux, les habitants de la ville s'emparent d'un canon, le Spantole, qui trône toujours dans la ville et qui a donné son nom à une spécialité pâtissière.

Depuis cette date 1654, tous les ans, immanquablement le troisième dimanche de mai, s'y déroule une procession qui a pris plutôt l'allure d'une marche militaire en l'honneur de saint Roch. Parmi tous les uniformes portés par les participants, ce sont les uniformes des soldats du Premier Empire qui ont la faveur des marcheurs et du public.

Cette marche (Saint-Roch) fait partie des quinze marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse qui ont été reconnues en décembre 2012 comme chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité par l'UNESCO[5].

Les zouaves de la 1re Cie de Saint-Roch

En 1675, les troupes françaises occupent la ville jusqu'à la paix de Nimègue (1678).

C'est apparemment au cours de cette période (XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles) que la ville connut son âge d'or puisque c'est à ce moment que sont construits les édifices qui constituent la majeure partie du patrimoine architectural de la ville (ancien hôtel des postes, beffroi, maison espagnole, église Notre-Dame-du-Mont-Carmel, ancien couvent des oratoriens, extension de l'abbaye d'Aulne...).

Le 10 mai 1794, les troupes françaises du général Marceau s'emparèrent de la ville.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

De très violents combats s'y sont déroulés le 23 août 1914 (bataille de Charleroi), plus particulièrement à Gozée et à Biesme-sous-Thuin, lorsque la 5e armée française faillit se faire encercler par les Ire, IIe et IIIe armées allemandes[6].

Les régiments français qui, le 23 août 1914, ont combattu sur le territoire de la commune sont le 12e RI (Tarbes), le 18e RI (Pau), le 34e RI (Mont-de-Marsan), le 49e RI (Bayonne) et le 144e RI (Bordeaux).

Toutes ces unités faisaient partie du 18e Corps d'Armée (Bordeaux) qui constituait le flanc gauche de la 5e armée française et était placé sous les ordres du Gal de Mas-Latrie [7].

Devant l'ampleur des pertes françaises — 983 soldats et officiers du seul 49e RI ont perdu la vie ce jour là à Thuin —, le chef de la 5e armée, le général Lanrezac prit l'initiative — en désobéissant au généralissime Joffre — de faire reculer ses troupes. Cette désobéissance lui permit de sauver l'essentiel de ses forces et fut, de ce fait, l'une des raisons de la victoire de la Marne qui eut lieu quelques semaines plus tard.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, Thuin a été bombardé le 14 mai 1940 ainsi que les jours suivants, ce qui a entraîné un exode d'une très large partie de la population vers la France[8]. Les Allemands rentreront dans une ville presque déserte le 17 mai. Thuin sera libérée par les Alliés le 3 septembre 1944.

Le patrimoine et sa mise en valeur[modifier | modifier le code]

Les monuments et les sites[modifier | modifier le code]

Le beffroi de Thuin

Les musées[modifier | modifier le code]

  • En hommage au passé batelier de la ville, un écomusée de la batellerie a été créé. Installé dans l'ancienne péniche Thudo amarrée près du viaduc, il fait revivre quantité d'objets qui faisaient partie du quotidien des familles batelières. La ville est également le point de départ d'excursions en péniche incluant le passage d'écluses.
  • Thuin possède un tramway historique (tramway Lobbes Thuin) qui rejoint Lobbes. En outre, un musée du tramway est implanté sur le site de l'ancienne gare de l'ouest, près du terminus de la ville basse. Cette voie étroite est un des ultimes reliquats du vicinal qui autrefois couvrait toute la Belgique. Ce tramway touristique est géré par l'ASBL ASVi (Association pour la Sauvegarde du Vicinal).
  • Thuin abrite aussi la Maison de l'Imprimerie. Un musée artisanal vivant dans lequel des machines d'imprimerie en fonctionnement sont visibles. Il est aussi possible d'observer la fabrication de papier chiffon, des presses lithographiques, et même une presse datant de 1823.
  • Biercée abrite un musée de la distillerie.

Divers[modifier | modifier le code]

Thuin est aussi le siège de la Fédération cynologique internationale.

Politique[modifier | modifier le code]

Les bourgmestres et coalitions qui ont dirigé Thuin :

Avant la fusion des communes[modifier | modifier le code]

Sous le régime français et le Royaume uni des Pays-Bas:

  • 1814-1818 : Albert Gérard Martin
  • 1818-1830 : Albert Gérard Martin

Depuis l'indépendance belge:

Depuis la fusion des communes[modifier | modifier le code]


Résultats des élections de 1976
Parti Voix Sièges
PS 3 084 (39,7 %) 9
GGA 2 709 (34,9 %) 8
PSC 1 654 (21,3 %) 4
IC76 259 (3,3 %) 0
Résultats des élections de 1982
Parti Voix Sièges
PS 3 710 (42,1 %) 12
PRL 2 202 (25,0 %) 6
IC 1 843 (20,9 %) 5
UDPW 544 (6,2 %) 0
Résultats des élections de 1988
Parti Voix Sièges
Mieux 5 050 (55,0 %) 13
PS 3 456 (37,6 %) 9
Écolo 678 (7,4 %) 1
Résultats des élections de 1994
Parti Voix Sièges
Mieux 4 623 (48,58 %) 13
PS 2 845 (29,9 %) 8
Ici 1 206 (12,67 %) 2
Écolo 565 (5,93 %) 0
Résultats des élections de 2000
Parti Voix Sièges
Com.une 4 765 (52,19 %) 14
PSC 2 185 (23,93 %) 5
Éco-Ici 1 896 (20,76 %) 4
Geste 283 (3,1 %) 0
Résultats des élections de 2006
Parti Voix Sièges
PS 5 351 (53,85 %) 15
MR 1 840 (18,52 %) 4
CDH 1 495 (15,04 %) 3
Écolo 905 (9,11 %) 1
Les tromblons de la Ve infanterie de la Cie de Saint-Roch tirant une salve

Jumelages[modifier | modifier le code]

Voir aussi : Jumelage des communes belges

Spécialité[modifier | modifier le code]

La ville a pour spécialité les spantôles, biscuits portant le nom d'un canon pris aux Espagnols en 1654.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean Germain, Guide des gentilés : Les noms des habitants en Communauté française de Belgique, Bruxelles, Ministère de la Communauté française,‎ 2008 (lire en ligne), p. 106
  2. Jean-Jacques Jespers, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Lannoo, 2005, p. 578.
  3. Lieve Viaene-Awouters et Ernest Warlop, Armoiries communales en Belgique, Communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t. 2 : Communes wallonnes M-Z, Communes bruxelloises, Communes germanophones, Bruxelles, Dexia,‎ 2002, p. 741
  4. Lieve Viaene-Awouters et Ernest Warlop, Armoiries communales en Belgique, Communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t. 2 : Communes wallonnes M-Z, Communes bruxelloises, Communes germanophones, Bruxelles, Dexia,‎ 2002, p. 742
  5. Patrick Lemaire, « Quinze marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse admises au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco », L'Avenir (Belgique),‎ 5 décembre 2012 (lire en ligne)
  6. Cf. RENARD, J., Le Cahier gozéen de la Grande Guerre, Archives générales du Royaume et Centre d'histoire et d'art de la Thudinie, Bruxelles, 2009 (Coll. Études sur la Première Guerre mondiale, n°15).
  7. Détails de la bataille de Charleroi
  8. Cf. FOULON, R., Six jours de folie en Thudinie dans Sambre & Heure, décembre 1994, p.1-11 (Publication du Centre d’histoire et d’art de la Thudinie, n°44) et MOREL, A., Un chirurgien français se souvient de mai 1940… dans Sambre & Heure, mars 1987, p.4-16 (Publication du Centre d’histoire et d’art de la Thudinie, n°13).
  9. Présentation du projet sur le site du Phasing out de l'Objectif 1 en Hainaut.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]