Cassel (Nord)

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Cassel
Cassel, vue du clocher
Cassel, vue du clocher
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Nord
Arrondissement Dunkerque
Canton Cassel
Intercommunalité Communauté de communes du pays de Cassel
Maire
Mandat
René Decodts
2008-2014
Code postal 59670
Code commune 59135
Démographie
Gentilé Casselois (es)
Population
municipale
2 287 hab. (2010)
Densité 181 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 48′ 02″ N 2° 29′ 18″ E / 50.800556, 2.48833350° 48′ 02″ Nord
       2° 29′ 18″ Est
/ 50.800556, 2.488333
  
Altitude Min. 32 m — Max. 176 m
Superficie 12,65 km2
Localisation

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Cassel

Cassel ; Kassel en néerlandais et en flamand occidental, Castellum Menapiorum en latin (qui signifie le château des ménapiens, du nom d’un des peuples celtiques de l’Antiquité) est une commune française, située dans le département du Nord et la région Nord-Pas-de-Calais.

Sommaire

Géographie [modifier]

Accès et transports [modifier]

Une des voies romaines

Sur les cartes routières actuelles, on distingue l'importance des anciennes voies romaines qui rayonnent en lignes droites autour de Cassel, dessinant encore les frontières des communes avoisinantes (vers Dunkerque, vers Watten, vers Aire-sur-la-Lys). Il y avait en réalité plus de voies romaines qu'on ne peut en deviner car, à l'époque romaine, Cassel constituait un des deux grands nœuds routiers du nord de la Gaule. Depuis le parc au sommet du mont, ces voies se distinguent facilement à l’œil nu.

Topographie et géologie [modifier]

Les moulins du Mont-Cassel, vus depuis la Grand'Place au tout début du XXe siècle

Avec ses 176 mètres d'altitude, le Mont Cassel est une butte-témoin, relique de l'ère tertiaire. Cassel domine largement la plaine des Flandres maritimes françaises et belges, mais n'est pas le point culminant régional. Celui-ci se situe à Anor (270 m).

Communes limitrophes [modifier]

Situation du canton et de la commune dans l'arrondissement

Climat [modifier]

Histoire [modifier]

Premières occupations humaines [modifier]

Avant l'arrivée des romains, la ville était une des oppida célèbres qui servait de cité principale au peuple des Morins : elle était alors appelée Castellum morinorum qui deviendra par la suite Castellum menapiorum sous la Ménapie romaine quand la ville sera donnée aux Ménapiens par Carinas qui a d'ailleurs reçu un « triomphe » à Rome pour sa victoire.
Le Mont Cassel devient donc grâce aux Romains un centre urbain important pour les Ménapiens. Son nom latin était "Castellum menapiorum" (du latin castellum : château et menapiorum : des ménapiens). Le nom Cassel dérive de castellum selon les règles de phonétique germaniques.

Moyen Âge et époque moderne [modifier]

Vue panoramique de Cassel, fin XVIIe siècle, musée de Flandre

Le château est une création des comtes de Flandres qui en firent le centre d'une châtellenie.

Par la suite, le secteur de Cassel sera le théâtre de nombreuses batailles :

Époque contemporaine [modifier]

  • En 1782, l’Encyclopédie méthodique de géographie moderne (1782)[2] décrit Cassel comme suit ;
«Jolie ville démantelée, & châtellenie de France, dans la Flandre, généralité de Lille. Elle est remarquable par les trois batailles qui se sont données près de ses murs, contre Philippe I, roi de France, qui y fut défait par Robert le Frison, comte de Flandres en 1071 ; contre Philippe-le-Bel, qui remporta une victoire complète sur les sujets du comte de Flandres révoltés, & saccagea la ville en 1318 & contre Philippe, duc d'Orléans, qui, en 1677 y défit le prince d'Orange, & prit la ville. Elle fut cédée à la France en 1678, par le traité de Nimègue.
Elle est fur une montagne, où se trouve la terrasse d'un ancien château. On y jouit d'une des plus belles vues de l'univers. De cette terrasse, on découvre trente-deux villes, un grand espace de mer, & les côtes d'Angleterre, à 6 li. de la mer, 4 n. e. de Saint-Omer, 7 f. e. de Gravelines, 6 f. e. de Dunkerque, & long. 20 d. 9' 9" ; lat. 50 d. 47' 54". Cette ville eft bâtie en longueur, ayant la place ou grand marché au milieu, ornée d'une belle fontaine. Il y a deux collégiales, qui font aussi paroisses, un hôpital, un collège, &c. (М.D.M.)
 »
À cette époque Cassel domine encore un paysage bocager densément arboré d'où émergent quelques bosquets et au loin la Forêt de Nieppe et la Forêt de Clairmarais. De nombreux vergers, champs (blé, orge, avoine, lin, colza, betterave, tabac, houblon, pomme de terre..) et pâturages (vache flamande) y sont protégés des intempéries et de l'ardeur du soleil en été (La Flandre est une région dépourvue de nappes phréatiques).
La Grand'Place au début du XXe siècle...
... et un jour de marché, avec le tramway
  • En 1851, le naturaliste J. Macquart, en 1851 décrivait[3] comme suit le panorama visible de Cassel, embrassant toute la Flandre française ; « de Dunkerque à Lille »;
« Cette heureuse contrée où les terres arables luttent de fertilité avec les nombreux pâturages, est semblable à une vaste forêt mêlée de petites clairières, et cependant, à l'exception de la forêt de Nieppe, du bois de Clairmarais et de quelques bosquets, toutes les plantations qui semblent couvrir la terre sont celles des vergers, dont l'intérieur est planté d'arbres fruitiers, et le bord, généralement orné d'un ou deux cordons d'ormes. Dans les haies d'Aubépines ou de Pruneliers s'élèvent des Chênes, des Peupliers, des Frênes. Le bord des chemins est planté de Peupliers de Hollande (Bois-blancs), dont les racines traçantes raffermissent le sol et en absorbent l'humidité, tandis qu'un large fossé préserve de cet effet les champs riverains »
  • Première Guerre mondiale : Dès 1914, le Général Foch y établit son quartier général. C'est aussi un quartier général de l'armée Britannique depuis lequel la branche nord du front de l'ouest est dirigée.
  • Seconde Guerre mondiale : En mai 1940, la ville fut sévèrement bombardée par l'aviation allemande: l'arrière garde britannique y résista pendant trois jours, ce qui facilita l'embarquement des armées alliées à Dunkerque.

Héraldique [modifier]

Armes de Cassel (Nord)

Les armes de Cassel se blasonnent ainsi : « D'azur à une épée d'or accostée de deux clefs adossées du même »[4].

L'ancien blason était : « D'or à l'épée de sable accostée de deux clefs adossées du même ».

blason

Administration [modifier]

Le clocher de l'église de Cassel vu depuis le sommet du mont
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1792 Pierre Lenglé de Schoebeque    
1792 1793 Jacques Makereel    
1793 1796 Louis Moreel    
1796 1814 Laurent Deschodt    
1814 1815 Joseph Behaghel    
1815 1816 Laurent Deschodt    
1816 1820 Joseph Behaghel    
1820 1823 Melchior Desmedt    
1823 1841 Alexandre Duvet   Conseiller d'arrondissement
1841 1843 Jean Baptiste Venem    
1843 1848 Louis Stalen    
1848 1896 Aimé Desmyttère   Conseiller général du Canton de Cassel
1896 1915 Constant Moeneclaey   Conseiller général du Canton de Cassel
1915 1925 Georges Malot   adjoint, cité à l'ordre du pays
1925 1945 Georges Masselis   Conseiller général du Canton de Cassel
1945 1946 Marcel Leclercq    
1946 1955 Jules Glorian   Conseiller général du Canton de Cassel
1955 mars 1971 André Beurey    
mars 1971 mars 1989 Édouard Lecerf   Conseiller général du Canton de Cassel
mars 1989 en cours René Decodts PS Conseiller général du Canton de Cassel

Démographie [modifier]

Évolution démographique [modifier]

L'évolution du nombre d'habitants depuis 1793 est connue à travers les recensements de la population effectués à Cassel depuis cette date :

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
5 030 3 601 3 809 4 241 4 234 4 495 4 410 4 231 4 334
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
4 180 4 260 4 242 4 258 4 291 4 276 3 839 3 931 3 562
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 222 3 091 3 018 2 955 2 912 2 721 2 725 2 429 2 680
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
2 479 2 621 2 340 2 223 2 177 2 298 2 322 2 326 2 331
2009 - - - - - - - -
2 288 - - - - - - - -
Sources - Nombre retenu jusque 1962 : base Cassini de l'EHESS[5] et à partir de 1968 : Insee (population sans doubles comptes puis population municipale à partir de 2006)[6],[7],[8],[9]


Pyramide des âges [modifier]

Pyramide des âges à Cassel en 2007 en pourcentage[10].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,6 
90 ans ou +
1,2 
5,8 
75 à 89 ans
9,8 
13,0 
60 à 74 ans
13,4 
19,9 
45 à 59 ans
18,5 
23,6 
30 à 44 ans
19,8 
16,5 
15 à 29 ans
16,9 
20,5 
0 à 14 ans
20,5 
Pyramide des âges du département du Nord en 2007 en pourcentage [11].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,7 
4,6 
75 à 89 ans
8,2 
10,4 
60 à 74 ans
11,9 
19,8 
45 à 59 ans
19,5 
21,0 
30 à 44 ans
19,9 
22,5 
15 à 29 ans
20,9 
21,5 
0 à 14 ans
18,9 

Économie et vie locale [modifier]

Plusieurs commerces et services sont présents sur la commune.

Tourisme [modifier]

Cassel propose en 2011 différents hébergements touristiques : 2 hôtels, 4 chambres d'hôtes, 1 gite[12]. Le classement en ville d'art et d'histoire, les nombreuses possibilités de promenade et restauration et les vues remarquables sur le paysage attirent les touristes. Ceci est également favorisé par la proximité avec la frontière belge. Plusieurs boutiques vendent des produits de terroir et artisanaux[13].

Santé [modifier]

Plusieurs médecins, infirmiers, podologues, dentiste sont présents sur la commune en 2011. Elle est équipée d'une maison de retraite, la résidence des Hautes de Flandre. L’hôpital le plus proche est à Hazebrouck (15 minutes en voiture).

Éducation [modifier]

La commune est équipée d'écoles, de la crèche Les petits oursons, ainsi que des collèges Robert Le Frison et Sainte Marie.

Sports [modifier]

Il existe plusieurs associations sportives pratiquant la course à pied, le cyclotourisme, le tennis, le football[14]...

Lieux et monuments [modifier]

Monuments [modifier]

Le kastel meulen
La collégiale Notre-dame
La Châtellenie, au début du XXe siècle
  • Le « Kasteel Meulen » (moulin du Château) remplace le moulin du XVIe brûlé en 1911. C'est en 1947 que le Syndicat d'initiative racheta le moulin d'Arnèke appartenant alors à la famille Ruytoor et qui date du XVIIIe siècle, de type sur pivot. Il est ouvert au public depuis 1949. Cassel comptait 24 moulins au début du XXe;

Espaces verts [modifier]

  • Le jardin public dominant la plaine des Flandres (comme le disaient les Anciens : « d'ici on peut contempler cinq royaumes, celui de France, de Belgique, de Hollande, d'Angleterre et le Royaume de Dieu »).

Culture et patrimoine [modifier]

Les Géants Reuze Papa et Reuze Maman sont classés en 2002 Monuments historiques

Article détaillé : Brasseries du Nord Pas-de-Calais.
Reuze Papa

Reuze Papa [modifier]

La ville est célèbre pour son géant Reuze Papa (6,25 m). Le géant sort deux fois par an, la première le dimanche précédant mardi Gras et est accompagné, lors du carnaval du lundi de Paques de sa femme, Reuze Maman (5,85 m). Le carnaval du lundi de Paques est l'occasion d'une grande fête où reuze papa et reuze maman rentrent au bercail et qui symbolise la clôture de l'ensemble des carnavals de la région dont le plus connu est celui de Dunkerque. L'harmonie de Cassel qui entoure les deux géants joue à cette occasion le "Reuze lied" ou air du Reuze, un air repris par tous les carnavaleux de Cassel : "Als de groote klokke luidt, de reuze komt uit" à travers les rues de Cassel pendant six heures. Œuvre d'Ambroise Bafcop, Reuze Papa est le doyen des géants de France, il a été créé en 1827. Son épouse fut créée par Alexis Bafcop en 1860. Ils sont le symbole par excellence de l'identité casseloise farouchement défendue[18].

Depuis novembre 2005, les géants de Cassel ont fait leur entrée dans le patrimoine mondial de l’UNESCO. Ils sont honorés du titre de chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité.

La médiathèque [modifier]

La médiathèque est une ancienne chapelle, la chapelle Saint-Louis, transformée pour cet usage[19] par le bureau Ara Architectes. En 2008, cette réalisation a été récompensée par le prix départemental du Ruban du patrimoine. Le bâtiment initial avait été achevé en 1879[20].

Radio Uylenspiegel [modifier]

Le mont des Récollets

C'est depuis le Mont Cassel qu'émet depuis 1978 une radio libre ; radio Uylenspiegel[21] (91.8 FM). Cette radio associative a pour vocation de promouvoir la langue et la culture flamandes. On peut la recevoir une 50aine de kilomètres autour de Cassel (jusque Dunkerque, Ypres, St Amand). Longtemps pirate, elle a obtenu une autorisation officielle d'émettre lors de la libéralisation de la FM, au début des années 1980. Aujourd'hui encore elle s'adresse à la communauté flamande de France en bilingue. Les pionniers de cette station locale ont presque tous disparu, mais beaucoup d'auditeurs de l'époque se souviennent de Klerktje, Harritje van Wormhout (Henri Becquaert) qui donnait des cours de flamand en direct à la radio le dimanche matin à son petit-fils Thomas, aujourd'hui animateur pour Radio France. Le barde flamand Ghislain Gouwy officiait, lui le dimanche après-midi dans "En direct de Breughelland".

À l'heure actuelle Radio Uylenspiegel retrouve son âme de l'origine, la défense et la promotion de la langue et de la culture flamande. Elle informe ses auditeurs sur l'histoire régionale non enseignée, l'actualité musicale régionale du classique en passant par le blues tout en donnant une place prépondérante aux musiques traditionnelles, l'actualité régionale; elle travaille à la mise en place de cours radiophonique de flamand occidental (langue régionale de l'arrondissement de Dunkerque en France et de la province de Flandre Occidentale en Belgique) et de néerlandais (langue académique et officielle des Flamands de Belgique et des Néerlandais)

Chemin dans le mont des Recollets

Festival international Albert-Roussel [modifier]

Vitrine de la créativité artistique de la Flandre, ce festival de musique classique se déroule chaque année en septembre-octobre.

Personnalités liées à la commune [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Daniel Tack, Mont Cassel historique, archéologique et pittoresque, éditions De Baeke, 1923

Notes, sources et références [modifier]

  1. La bataille de Cassel, site consacré à Cyrille Bonningue
  2. Voir page 283 de l’Encyclopédie méthodique de géographie moderne imprimée à Paris, M DCC. LXXXII (1782), Chez Plomteux, Imprimeur des états
  3. , Arbres et arbrisseaux d'Europe et leurs insectes, par J. Macquart, Membre résident dans les Mémoires de la Société des sciences de l'agriculture et des arts de Lille, 1851 (page 189)
  4. lettre à en-tête de la ville de Cassel
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, sur site de l'École des hautes études en sciences sociales. Consulté le 26 juillet 2010
  6. Évolution et structure de la population (de 1968 à 2007), sur Insee. Consulté le 26 juillet 2010
  7. Recensement de la population au 1er janvier 2006, sur Insee. Consulté le 26 juillet 2010
  8. Recensement de la population au 1er janvier 2008, sur Insee. Consulté le 5 janvier 2011
  9. Populations légales 2009 de la commune, sur Insee. Consulté le 4 janvier 2012
  10. Évolution et structure de la population à Cassel en 2007, sur le site de l'Insee. Consulté le 26 juillet 2010
  11. Résultats du recensement de la population du Nord en 2007, sur le site de l'Insee. Consulté le 26 juillet 2010
  12. Hébergements sur le site de l'office de tourisme de Cassel
  13. Produits locaux sur le site de l'office du tourisme de Cassel
  14. [Sports et loisirs du Pays de Cassel]
  15. La Mairie, ancienne Châtellenie de Cassel, base Mérimée, ministère français de la Culture
  16. La Chapelle des Jésuites, base Mérimée, ministère français de la Culture
  17. La Collégiale Notre-Dame, base Mérimée, ministère français de la Culture
  18. Josse MARTIN, « Mont Cassel : Lés Géants », sur http://www.mont-cassel.com, 2001. Consulté le 30 décembre 2012
  19. Présentation de la médiathèque sur le site de la commune
  20. Historique de la médiathèque sur le site de la commune
  21. Site internet de : Radio Uylenspiegel

Annexes [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]