Paul Biya
Paul Biya, né le 13 février 1933 à Mvomeka’a (Cameroun), sous le nom de Paul Biya’a Bi Mvondo. Il est le second président de la République du Cameroun et est en fonction depuis le 6 novembre 1982. Bien que le Révérend Michel Pierre Ayissi le donne à voir comme le «chef et guide spirituel de la nation camerounaise»[2], dans le quotidien des Camerounais, on affirme avec opiniâtreté qu'il est féru d'ésotérisme[3],[4]. Par ailleurs, en janvier 2011, il a été intronisé Nnom Ngui (un totem négatif en langue beti)[5] par de non-initiés[6].
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Parcours [modifier]
Lorsque naît Paul Barthélemy Biya’a Bi Mvondo, le sud du pays est sous contrôle français (le Cameroun est un « territoire sous mandat de la Société des Nations »). Après ses études secondaires au lycée Général-Leclerc à Yaoundé, il passe successivement, à Paris, par le lycée Louis-le-Grand, l’université de la Sorbonne, l’Institut d’études politiques, où il obtient une licence en droit public en 1961, et l’Institut des hautes études d’outre-mer. Fils d’un catéchiste, ancien séminariste, destiné à la prêtrise, il ne manque pas d’ambition politique.
Dès 1962, il devient chargé de mission à la Présidence de la République dans le gouvernement du président Ahmadou Ahidjo. En 1968, il est nommé ministre secrétaire général à la Présidence, puis, en 1975, Premier ministre d’Ahidjo. Il devient président de la République le 6 novembre 1982 après l’annonce radiodiffusée par le président Ahidjo de sa démission le 4 novembre.
Le 6 avril 1984, une tentative de coup d’État, fomentée selon certains par Ahmadou Ahidjo réfugié en France[réf. nécessaire], vise à assassiner Paul Biya. Pendant près d’une semaine des combats opposent l’armée, restée fidèle, à la garde présidentielle, composée d’hommes du Nord. Les mutins de la garde présidentielle sont exécutés. À la suite de ces événements, Paul Biya change d’orientation politique alors qu’il est encore entouré des anciens caciques de l’ex-président, souvent originaires du nord du pays.
En mars et avril 1991, les opérations de désobéissance civile « Villes mortes », les émeutes et le vent de l’Est qui souffle sur toute l’Afrique le poussent à accélérer la mise en œuvre de sa promesse de libéralisation politique.
En 1992, lors des premières élections multipartites, il gagne face à John Fru Ndi grâce à une courte majorité obtenue de haute lutte. Depuis lors, il a successivement remporté l’élection présidentielle en 1997 et en 2004. L'opposition et la communauté internationale ont émis de nombreux doutes sur la validité des résultats de chacune de ses élections. Les doutes ont notamment portés sur la transparence de chacune des élections.
Le 11 octobre 2004, il est reconduit pour un nouveau septennat après vingt-deux ans passés à la tête du pays, face à une opposition divisée, à l’issue d’un scrutin sujet à caution.
En décembre 2007, lors de son discours de fin d’année à la nation, il annonce son intention de modifier la Constitution qui limite alors le mandat présidentiel à deux exercices. Pour ce faire, il doit changer la loi 6.2 de la constitution en vigueur qui limite les mandats présidentiels. Il compte sur la majorité absolue que son parti possède à l’Assemblée nationale. Cette déclaration soulève beaucoup de remous au sein des populations et des partis politiques. De nombreuses organisations, comme Amnesty International, ont critiqué le régime de Paul Biya, accusé de restreindre les libertés fondamentales des Camerounais et de commettre des violations des droits de l’homme[7]. Le gouvernement camerounais réfute ces accusations[réf. nécessaire]. Il met tour à tour plusieurs de ses collaborateurs directs (Secrétaires généraux à la présidence de la république) en prison, pour avoir eu des ambitions présidentielles[réf. nécessaire], sous le couvert d’une opération baptisée « Épervier[8] ».
Le 23 février 2011, ses services de sécurité se font remarquer en séquestrant Louis-Tobie Mbida, son probable adversaire aux élections présidentielles d’octobre 2011, dans un bâtiment appartenant à l’Église catholique[9],[10],[11].
Il est officiellement réélu le 21 octobre 2011, avec 77,9 % des voix (3 772 527, avec un taux de participation de 65,82 %). Sept candidats ont contesté le scrutin du 9 octobre, considérant qu’il y avait eu des fraudes, mais la Cour suprême a rejeté le 20 octobre un appel destiné à l’annuler[12].
Politique [modifier]
Pour ceux qui le connaissent bien[évasif], il est « la doublure du prince de Machiavel, imprévisible, prudent et attentif ». Il est, en outre, « prompt à temporiser devant des situations alarmantes » (Michel Roger Evmana, Paul Biya. Les secrets du pouvoir, éd. Karthala, Paris, 2005 ; François Mattei, Le Code Biya, éd. Balland, Paris, 2009).
Famille [modifier]
Il a été marié à Jeanne-Irène Biya, décédée en 1992. Il a un fils Franck Emmanuel Biya. Aujourd’hui, il est marié avec Chantal Vigouroux, avec qui il a deux enfants, Paul Junior Biya et Anasthasia Brenda EYENGA. Il est aussi le père adoptif des deux enfants de sa seconde épouse Chantal, issus d’une précédente relation. Mais il faut également noter (depuis 2012) qu'un homme au nom de Gilbert Baongla dit haut et fort dans les médias qu'il est l'un des fils de Paul Biya mais l'actuel président de la République du Cameroun ne s'est pas prononcé à ce sujet de manière officielle soit pour affirmer ou infirmer les propos de ce dernier[13].
Notes et références [modifier]
- République unie du Cameroun (1972-1984).
- Paul Biya intronisé chef et guide spirituel, cameroon-info.net, 21 novembre 2011
- Au Cameroun, une liberté au goût amer, Vincent Hugeux, lexpress.fr, 9 juillet 2010
- Le Cameroun de Biya noyauté par les sociétés secrètes, Pierre Prier, lefigaro.fr, 28 octobre 2011
- Louis-Tobie MBIDA : « A Belinga Ya, Yi amala ? Belinga, sommes nous maudits ? », Louis Tobie Mbida, blog-pdc-cpd.org, 9 février 2011
- Fanny PIGEAUD , Au Cameroun de Paul Biya, KARTHALA, p.75-76
- (en) Amnesty International - Cameroon: Blatant disregard for human rights
- Cameroun : Opération épervier est le nom donné par les médias à une vaste opération judiciaire dans le cadre de la lutte anti-corruption au Cameroun, AfricaPresse.com, 5 septembre 2010
- Camroon-info.net
- Lanouvelleexpression.info
- Pdc-cpd.org
- Paul Biya officiellement réélu président du Cameroun, site du Monde, 21 octobre 2011, consulté le 22 octobre 2011.
- Darysh, « Georges Gilbert Baongla : « je suis le fils aîné et biologique du président Paul Biya…» », sur culturebene.com, 25 mai 2012. Consulté le 11 avril 2013.
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Bernard Amougou, La pensée politique de Paul Biya, L'Harmattan Cameroun, Paris/Yaoundé, 2013, 148 p. (ISBN 9782336000381)
- Thierry Amougou, Le biyaïsme : le Cameroun au piège de la médiocrité politique, de la libido accumulative et de la (dé)civilisation des mœurs, L'Harmattan, Paris, 2011, 391 p. (ISBN 978-2-296-56199-1)
- Pierre Kamé Bouopda, Cameroun, les crises majeures de la présidence Paul Biya, L'Harmattan, 2007, 235 p. (ISBN 978-2-296-03083-1)
- Michel Roger Emvana, Paul Biya : les secrets du pouvoir, Karthala, Paris, 2005, 290 p. (ISBN 2-8458-6684-4)
- François Mattei, Le code Biya, Balland, Paris, 2009, 365 p. (ISBN 978-2-35315-060-1)
- (en) John Mukum Mbaku et Joseph Takougang (dir.), The leadership challenge in Africa : Cameroon under Paul Biya, Africa World Press, Trenton, NJ, 2004, 563 p. (ISBN 1-59221-179-8)
- Fanny Pigeaud, Au Cameroun de Paul Biya, Karthala, Paris, 2011, 266 p. (ISBN 978-2-8111-0526-6)
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- Biographie officielle
- Site officiel du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti politique au pouvoir au Cameroun et dont Paul Biya est président national
- Paul Biya vend sa succession au plus offrant (The African Independent)
- Portail Internet dédié à la Constitution du Cameroun dans un contexte de révision contestée