Eleanor Roosevelt

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Eleanor Roosevelt
Eleanor Roosevelt en 1933.
Eleanor Roosevelt en 1933.
Fonctions
1re présidente de la Commission présidentielle américaine sur le statut de la femme
Président John Kennedy
Prédécesseur Poste créé
Successeur Esther Peterson
Déléguée des États-Unis auprès de l’Assemblée générale des Nations unies
Président Harry S. Truman
Présidente de la Commission des droits de l'homme des Nations unies
19461951
Président Harry S. Truman
Prédécesseur Poste créé
Successeur Charles Malik
Représentante des États-Unis auprès de la Commission des droits de l'homme des Nations unies
19471953
Président Harry S. Truman
Prédécesseur Poste créé
Successeur Mary Lord
34e Première dame des États-Unis
Président Franklin Delano Roosevelt
Prédécesseur Lou Henry Hoover
Successeur Bess Truman
Biographie
Nom de naissance Anna Eleanor Roosevelt
Date de naissance
Lieu de naissance New York, New York (États-Unis)
Date de décès (à 78 ans)
Lieu de décès New York,New York (États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Franklin Delano Roosevelt
Profession Diplomate,
Activiste

Anna Eleanor Roosevelt, (« Éléonore », la version traduite de son prénom, est souvent aussi d'usage pour les francophones), née le et morte le , est l’épouse de Franklin Delano Roosevelt. Par cette union, elle devient la Première dame des États-Unis du au . Elle a été la première à rendre ce rôle actif.

Elle pèse aussi sur la décision d'engager les États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. Féministe engagée, elle s'oppose au racisme[1] et défend le Mouvement américain pour les droits civiques.

Après le conflit, elle joue un rôle déterminant dans la création de l’Organisation des Nations unies (ONU) puis préside pendant la présidence de Harry S. Truman la commission chargée de rédiger la Déclaration universelle des droits de l’homme[2]. Ses nombreux voyages dans le monde et sa diplomatie contribuent à l'adoption de cette déclaration par l'Assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948.

Elle est également au centre de tout un groupe de conseillers et d'hommes politiques favorables ou agissant directement pour l'Union soviétique. Pour sa biographe « son influence sur la politique étrangère des États-Unis fut désastreuse »[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Anna Eleanor Roosevelt est née à New York. Elle est le premier enfant de Elliott Roosevelt (en), wasp de Virginie et Anna Hall Roosevelt (en). Elle a deux frères, Elliott Roosevelt, Jr. (1889-1893) et Hall Roosevelt (en) (1891-1941) ainsi qu'un demi-frère, Elliott Roosevelt Mann (mort en 1941) né d'une relation extraconjugale de son père avec Katy Mann, une servante de la famille. Elle est la nièce du président des États-Unis Theodore Roosevelt. Manquant d'affection de la part de sa mère, elle se considère comme laide[4].

Élevée dans une famille aristocratique américaine aisée, à l'âge de 8 ans elle perd sa mère morte de diphtérie, son père alcoolique et drogué maintenu dans un sanatorium meurt deux ans plus tard, elle est alors confiée avec son frère à sa grand-mère maternelle, Marie Ludlow Hall (1843-1919) à Tivoli, New York. En 1898, elle entre au pensionnat d'Allenswood, école anglaise réputée près de Londres, dont la directrice Marie Souvestre lui apprend à cultiver la curiosité intellectuelle mais aussi le goût des voyages (elle parle notamment couramment le français) et la réflexion liée à l'indépendance des femmes. De retour à New York en 1902, elle fait ses débuts dans la société new-yorkaise[5].

Mariage[modifier | modifier le code]

Elle rencontre Franklin D. Roosevelt, avec qui sa famille partageait un ancêtre commun d'origine hollandaise, Nicholas Roosevelt (1658-1742), qui l'éblouit lorsqu'il la courtise. En novembre 1904, ils se fiancent malgré l'opposition de la mère de Franklin, Sara Delano Roosevelt. Le mariage très médiatique (de par la présence du président des États-Unis Theodore Roosevelt) a lieu le 17 mars 1905. Les nouveaux mariés s'installent à New York dans une maison fournie par la mère de Franklin. Sa belle-mère se mêle de toutes les questions domestiques, Eleanor devenant une femme soumise malgré les préceptes inculqués par Marie Souvestre mais elle reprend progressivement de l'autorité. Quand son mari est élu membre du Sénat de l'État de New York, la famille déménage à Albany (New York), elle échappe totalement à l'emprise de Sara, à son grand soulagement[6].

Quand son mari est nommé secrétaire adjoint à la Marine en 1913, elle le suit à Washington, D.C., continuant à remplir son rôle de femme de personnage public. En 1919, elle découvre dans les poches de costume de son mari des lettres d'amour de sa secrétaire Lucy Mercer. Trompée, elle lui demande le divorce mais Franklin refuse pour préserver sa carrière politique. Désormais un nouveau contrat s'établit dans le couple : de femme soumise, elle devient partenaire[7].

Elle a plusieurs relations avec des femmes, la plus notable étant celle qui l'unit à 49 ans et alors que son mari entre à la Maison-Blanche à Lorena Hickok, journaliste, avec laquelle elle passe une grande partie de son temps et échange plusieurs milliers de lettres[8]. Lorena Hickok en consacrant nombre d'articles à l'enfance malheureuse et aux déboires mondains de la First Lady contribue fortement à façonner l'image qui passera à la postérité d'Eleanor Roosevelt[9]. C'est elle qui l'encourage à tenir des rubriques dans les journaux comme My Day (en). Cette importance correspondance est perçue par le patron du FBI J. Edgar Hoover, comme une possibilité de faire pression sur le président des États-Unis. La presse évoque également cette relation[10].

Vie publique[modifier | modifier le code]

Quand Franklin est atteint d'une maladie paralytique en août 1921 (poliomyélite ou syndrome de Guillain-Barré ?), elle le soigne avec un grand dévouement et devient ses yeux, ses oreilles et ses jambes (bien que timide, elle fait des apparitions publiques en son nom, sous les conseils de Louis McHenry Howe), le poussant à poursuivre sa carrière politique contre l'avis de sa belle-mère possessive qui souhaite voir son fils devenir gentleman farmer dans la propriété familiale : doublure de son mari, elle contribue à l'ascension de son mari au poste de gouverneur de New York en 1928 puis à la présidence des États-Unis en 1933. Elle devient la Première dame des États-Unis du au , ayant notamment une influence sur la politique intérieure de son époux (programmes sociaux du New Deal, amélioration du sort des femmes, droits civiques de la population noire, etc.), faisant des conférences de presse, tenant des rubriques dans les journaux puis produisant des émissions de radio[7]. Grâce au talent d'Eleanor, le couple présidentiel gagne en popularité en se servant du nouveau pouvoir que représentent les médias.

« Ministre sans portefeuille » qui donne son avis sur tout, elle provoque dès 1940 des inquiètudes concernant l'étendue de son pouvoir et commence à devenir la cible de la presse et des humoristes[11].

Elle est également influençable, s'entiche d'une jeune militant syndicaliste, Joseph Lash, membre des Jeunesses communistes, qu'elle introduit à la Maison-Blanche. Celui-ci l'encourage dans son militantisme fervent pour une intervention américaine en faveur des républicains espagnols lors de la guerre d'Espagne. Elle lui offre cadeaux mirobolants telle une Pontiac décapotable 1941. Averti par les services secrets, Franklin Roosevelt refuse de voir le danger politique de cette liaison et se contente de faire expédier Lasch dans le Pacifique sud.

Depuis 1933, elle use de son influence pour le rétablissement des relations diplomatiques avec l'Union soviétique et nourrit l'espérance de pouvoir s'entretenir directement avec Staline[12].

Elle pèse aussi sur la décision d'engager les États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale et n’hésite pas à rendre visite aux troupes sur le front[réf. nécessaire]. Elle soutient la création d'une escadrille de chasse composée de pilotes noirs qui se battent en Italie et escortent les bombardiers sur l'Allemagne (escadrille Tuskegee Airmen); elle est également à l'origine du corps féminin de pilote de l'armée de l'air américaine, le Women Airforce Service Pilots, et permet à de nombreuses femmes de devenir pilote.

Le cinquième des six collèges de l’université de Californie à San Diego a été nommé le Eleanor Roosevelt College.

Elle entretint une célèbre polémique avec le cardinal Francis Spellman en raison de ses idées anti-catholiques.

À la mort de son mari, elle utilise son charisme et son talent diplomatique pour contribuer à la commission chargée de rédiger la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elle lit celle-ci à la tribune de l'Organisation des Nations unies et reçoit à titre posthume le prix des droits de l'homme des Nations unies en 1968.

Les archives de Moscou dévoilent de nombreux aspects de la liaison Eleanor-Lash. Elles notent ainsi que celle-ci est « facile à influencer et à mener quand on sait la prendre. »[13]. Par l'intermédiaire de Lash, quantités d'informations sont transmises à Moscou. Eleanor consciemment ou inconsciemment a favorisé tout un groupe de conseillers et d'hommes politiques favorables à l'Union soviétique.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Le couple a eu six enfants, dont l'un meurt en bas âge :

  • Anna Eleanor, Jr. (3 mai 1906 - 1 décembre 1975) : journaliste, responsable des relations publiques.
  • James (23 décembre 1907 - 13 août 1991) : homme d'affaires, membre du Congrès.
  • Franklin Delano, Jr. (18 mars 1909 - 1 novembre 1909).
  • Elliott (23 septembre 1910 - 27 octobre 1990) : homme d'affaires, maire.
  • Franklin Delano, Jr. (17 août 1914 - 17 août 1988) : homme d'affaires, membre du Congrès, agriculteur.
  • John Aspinwall (13 mars 1916 - 27 avril 1981) : commerçant, courtier en valeurs mobilières.

Eleanor Roosevelt est bisexuelle, et fait partie de ces personnalités célèbres dont la bisexualité a été volontairement ignorée ou effacée : de par ses relations avec des femmes, elle a parfois été présentée à tort comme une « lesbienne[14]. » La découverte de ses relations avec des femmes cause une crise familiale (elle a lieu après la révélation de l'infidélité de son mari avec sa secrétaire)[15].

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Tu dois accepter tout ce qui arrive, et la seule chose importante est d'y faire face avec courage et avec le meilleur que tu as à offrir. »
    • « You have to accept whatever comes, and the only important thing is that you meet it with courage and with the best that you have to give. »
  • « L'avenir appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves. »
    • « The future belongs to those who believe in the beauty of their dreams. »[16]
  • « Les grands esprits discutent des idées. Les esprits moyens discutent des événements. Les petits esprits discutent des gens. »
    • « Great minds discuss ideas. Average minds discuss events. Small minds discuss people »
  • « Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement. »
    • « No one can make you feel inferior without your consent. »[17]
  • « Fais ce que ton cœur te dit de faire – de toutes les façons, on te critiquera. Tu seras damné si tu le fais, et damné si tu ne le fais pas. »
    • « Do what you feel in your heart to be right — for you’ll be criticized anyway. You'll be damned if you do, and damned if you don’t. »
  • « La paix mondiale ne peut être le travail d'un seul homme, d'un seul parti, ou d'une seule nation. Cette paix doit reposer sur la volonté commune du monde entier »
    • « The structure of the world peace cannot be the work of one man, or one party or one nation. It must be a peace which rests on the cooperative effort of the whole world. »[18]

Hommage[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A. Deysine, L'empire de l'exécutif américain (1933-2006), Paris, Atlante, 2008, (ISBN 978-2-35030-061-0), p.66
  2. A. Deysine, L'empire de l'exécutif américain (1933-2006), Paris, Atlante, 2008, (ISBN 978-2-35030-061-0), p.434
  3. Beata de Robien, Eleanor Roosevelt, une femme influente sous influence, La Nouvelle Revue d'Histoire, no 69, novembre-décembre 2013, p. 21-24
  4. (en) Joseph P. Lash (en), Eleanor and Franklin, W.W. Norton & Company,‎ 1971, p. 48
  5. « Education : New School for Old Students », sur The New York Times,‎ 24 février 1967(en)
  6. Roosevelt Eleanor (1884-1962) sur Universalis
  7. a et b Claude-Catherine Kiejman, Eléonore Roosevelt - First Lady et rebelle, Tallandier,‎ 2012, 249 p.
  8. (en) Tina Gianoulis, Eleanor Roosevelt, glbtq.com : An Encyclopaedia of Gay, Lesbian, Bisexual, Transgender and Queer Culture, 2004
  9. Beata de Robien, Eleanor Roosevelt, une femme influente sous influence, La Nouvelle Revue d'Histoire, no 69, novembre-décembre 2013, p. 21-24
  10. (en) Russell Baker, The Charms of Eleanor, The New York Review of Books,‎ 9 juin 2011 (lire en ligne)
  11. Beata de Robien, Eleanor Roosevelt, une femme influente sous influence, La Nouvelle Revue d'Histoire, no 69, novembre-décembre 2013, p. 21-24
  12. Beata de Robien, Eleanor Roosevelt, une femme influente sous influence, La Nouvelle Revue d'Histoire, no 69, novembre-décembre 2013, p. 21-24
  13. Beata de Robien, Eleanor Roosevelt, une femme influente sous influence, La Nouvelle Revue d'Histoire, no 69, novembre-décembre 2013, p. 21-24
  14. Maurine Hoffman Beasley, Holly Cowan Shulman, Henry R. Beasley, The Eleanor Roosevelt Encyclopedia, Greenwood Publishing Group, (2001), 628 pages, p. 59
  15. (en) Russell Baker, « The Charms of Eleanor », The New York Review of Books, 9 juin 2011
  16. Roosevelt, p. 12.
  17. Beasley, p. xxviii.
  18. George D Pozgar, Legal aspects of health care administration, Sudbury, Mass. : Jones and Bartlett Publishers, 2007. (ISBN 9780763739270), p. 485

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Maurine Hoffman Beasley, The Eleanor Roosevelt encyclopedia, Westport, Conn. : Greenwood Press, 2001. (ISBN 9780313301810)
  • (fr) Beata de Robien, Les Passions d'une présidente : Eleanor Roosevelt, Perrin, 2000 (ISBN 978-2262016661)
  • (en) Eleanor Roosevelt, Donald Wigal, The wisdom of Eleanor Roosevelt, New York, NY : Citadel Press/Kensington Pub. Corp., 2003. (ISBN 9780806524788)
  • (en) Anna Eleanor Roosevelt in Past First Ladies, , biography, The White House.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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