Eleanor Roosevelt

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Eleanor Roosevelt
Eleanor Roosevelt en 1933.
Eleanor Roosevelt en 1933.
Fonctions
1re présidente de la Commission présidentielle américaine sur le statut de la femme
20 janvier 19617 novembre 1962
Président John Kennedy
Prédécesseur Poste créé
Successeur Esther Peterson
Déléguée des États-Unis auprès de l’Assemblée générale des Nations unies
31 décembre 194631 décembre 1952
Président Harry S. Truman
Présidente de la Commission des droits de l'homme des Nations unies
19461951
Président Harry S. Truman
Prédécesseur Poste créé
Successeur Charles Malik
Représentante des États-Unis auprès de la Commission des droits de l'homme des Nations unies
19471953
Président Harry S. Truman
Prédécesseur Poste créé
Successeur Mary Lord
34e Première dame des États-Unis
4 mars 193312 avril 1945
Président Franklin Delano Roosevelt
Prédécesseur Lou Henry Hoover
Successeur Bess Truman
Biographie
Nom de naissance Anna Eleanor Roosevelt
Date de naissance 11 octobre 1884
Lieu de naissance New York, New York (États-Unis)
Date de décès 7 novembre 1962 (à 78 ans)
Lieu de décès New York,New York (États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Franklin Delano Roosevelt
Profession Diplomate,
Activiste

Anna Eleanor Roosevelt, (« Éléonore », la version traduite de son prénom, est souvent aussi d'usage pour les francophones), née le 11 octobre 1884 et morte le 7 novembre 1962, est l’épouse de Franklin Delano Roosevelt. Par cette union, elle devient la Première dame des États-Unis du 4 mars 1933 au 12 avril 1945. Elle a été la première à rendre ce rôle actif.

Elle pèse aussi sur la décision d'engager les États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. Féministe engagée, elle s'oppose au racisme[1] et défend le Mouvement américain pour les droits civiques.

Après le conflit, elle joue un rôle déterminant dans la création de l’Organisation des Nations unies (ONU) puis préside pendant la présidence de Harry S. Truman la commission chargée de rédiger la Déclaration universelle des droits de l’homme[2]. Ses nombreux voyages dans le monde et sa diplomatie contribuent à l'adoption de cette déclaration par l'Assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Anna Eleanor Roosevelt est née à New York. Elle est le premier enfant de Elliott Roosevelt (en), wasp de Virginie et Anna Hall Roosevelt (en). Elle a deux frères, Elliott Roosevelt, Jr. (1889-1893) et Hall Roosevelt (en) (1891-1941) ainsi qu'un demi-frère, Elliott Roosevelt Mann (mort en 1941) né d'une relation extraconjugale de son père avec Katy Mann, une servante de la famille. Elle est la nièce du président des États-Unis Theodore Roosevelt. Manquant d'affection de la part de sa mère, elle se considère comme laide[3].

Élevée dans une famille aristocratique américaine aisée, à l'âge de 8 ans elle perd sa mère morte de diphtérie, son père alcoolique et drogué maintenu dans un sanatorium meurt deux ans plus tard, elle est alors confiée avec son frère à sa grand-mère maternelle, Marie Ludlow Hall (1843-1919) à Tivoli, New York. En 1898, elle entre au pensionnat d'Allenswood, école anglaise réputée près de Londres, dont la directrice Marie Souvestre lui apprend à cultiver la curiosité intellectuelle mais aussi le goût des voyages et des langues (elle parle notamment couramment le français) ainsi que de la cause féminine. De retour à New York en 1902, elle fait ses débuts dans la société new-yorkaise[4].

Mariage[modifier | modifier le code]

Elle rencontre Franklin D. Roosevelt, avec qui sa famille partageait un ancêtre commun d'origine hollandaise, Nicholas Roosevelt (1658-1742), qui l'éblouit lorsqu'il la courtise. En novembre 1904, ils se fiancent malgré l'opposition de la mère de Franklin, Sara Delano Roosevelt. Le mariage très médiatique (de par la présence du président des États-Unis Theodore Roosevelt) a lieu le 17 mars 1905. Les nouveaux mariés s'installent à New York dans une maison fournie par la mère de Franklin. Sa belle-mère se mêle de toutes les questions domestiques, Eleanor acceptant une position assez effacée en dépit des préceptes inculqués par Marie Souvestre, mais elle reprend progressivement de l'autorité. Quand son mari est élu membre du Sénat de l'État de New York, la famille déménage à Albany (New York) et elle échappe à l'emprise de Sara, à son grand soulagement[5].

Quand son mari est nommé secrétaire adjoint à la Marine en 1913, elle le suit à Washington, D.C., continuant à remplir son rôle de femme de personnage public. En 1919, elle découvre dans les poches de costume de son mari des lettres d'amour de sa secrétaire Lucy Mercer. Trompée, elle lui demande le divorce mais Franklin refuse pour préserver sa carrière politique. Désormais un nouveau contrat s'établit dans le couple : ils deviennent bien plutôt des partenaires politiques que des conjoints[6].

Elle a plusieurs amitiés suivies avec des femmes, la plus notable étant, alors qu'elle a 49 ans et que son mari entre à la Maison-Blanche, celle qu'elle entretient avec Lorena Hickok, journaliste, avec laquelle elle passe beaucoup de temps et échange plusieurs milliers de lettres[7]. Lorena Hickok en consacrant nombre d'articles à l'enfance malheureuse et aux déboires mondains de la First Lady contribue fortement à façonner l'image qui passera à la postérité d'Eleanor Roosevelt[8]. C'est elle qui l'encourage à tenir des rubriques dans les journaux comme My Day (en). Cette importance correspondance est perçue par le patron du FBI J. Edgar Hoover, comme une possibilité de faire pression sur le président des États-Unis. La presse évoque également cette relation[9].

Vie publique[modifier | modifier le code]

Quand Franklin est atteint d'une maladie paralytique en août 1921 (poliomyélite ou syndrome de Guillain-Barré ?), elle le soigne avec un grand dévouement et devient ses yeux, ses oreilles et ses jambes (bien que timide, elle fait des apparitions publiques en son nom, sous les conseils de Louis McHenry Howe), le poussant à poursuivre sa carrière politique contre l'avis de sa belle-mère possessive qui souhaite voir son fils devenir gentleman farmer dans la propriété familiale : doublure de son mari, elle contribue à l'ascension de son mari au poste de gouverneur de New York en 1928 puis à la présidence des États-Unis en 1933. Elle devient la Première dame des États-Unis du 4 mars 1933 au 12 avril 1945, ayant notamment une influence sur la politique intérieure de son époux (programmes sociaux du New Deal, amélioration du sort des femmes, droits civiques de la population noire, etc.), faisant des conférences de presse, tenant des rubriques dans les journaux puis produisant des émissions de radio[6]. Grâce au talent d'Eleanor, le couple présidentiel gagne en popularité en se servant du nouveau pouvoir que représentent les médias.

« Ministre sans portefeuille » qui donne son avis sur tout, elle provoque dès 1940 des inquiètudes concernant l'étendue de son pouvoir et commence à devenir la cible de la presse et des humoristes[8].

À compter de 1933, elle est favorable au rétablissement des relations diplomatiques avec l'Union soviétique et nourrit l'espérance de pouvoir s'entretenir directement avec Staline[8]. Elle introduit à la Maison Blanche un jeune militant syndicaliste, Joseph Lash, membre des Jeunesses communistes qui milite, sans grand succès d'ailleurs, pour une intervention américaine en faveur des républicains espagnols lors de la guerre d'Espagne. Averti par les services secrets, Franklin Roosevelt fait affecter Lash dans le Pacifique sud. Des archives de Moscou, dont le degré de véracité ou d'intégralité est difficile à estimer eu égard aux conditions dans lesquelles elles sont rendus publiques, évoquent l'amitié entre Eleanor et Lash, notant que celle-ci est « facile à influencer et à mener quand on sait la prendre »[8].

Elle est favorable à la décision d'engager les États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale et n’hésite pas à rendre visite aux troupes sur le front[réf. nécessaire]. Elle soutient la création d'une escadrille de chasse composée de pilotes noirs qui se battent en Italie et escortent les bombardiers sur l'Allemagne (escadrille Tuskegee Airmen); elle est également à l'origine du corps féminin de pilote de l'armée de l'air américaine, le Women Airforce Service Pilots, qui permettra à de nombreuses femmes de devenir pilotes.

Le cinquième des six collèges de l’université de Californie à San Diego a été nommé le Eleanor Roosevelt College.

Elle entretint une célèbre polémique avec le cardinal Francis Spellman en raison de ses idées, jugées anti-catholiques par ses opposants, au nombre desquels comptait la machine démocrate de Tammany Hall à New York, largement dominée par des Américains d'origine irlandaise et de religion catholique, également adversaires politiques de son mari.

À la mort de son mari, elle utilise son charisme et son talent diplomatique pour contribuer à la commission chargée de rédiger la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elle lit celle-ci à la tribune de l'Organisation des Nations unies et reçoit à titre posthume le prix des droits de l'homme des Nations unies en 1968.

Les archives de Moscou dévoilent de nombreux aspects de la liaison Eleanor-Lash. Elles notent ainsi que celle-ci est « facile à influencer et à mener quand on sait la prendre. »[8]. Par l'intermédiaire de Lash, quantités d'informations sont transmises à Moscou. Eleanor consciemment ou inconsciemment a favorisé tout un groupe de conseillers et d'hommes politiques favorables à l'Union soviétique.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Le couple a eu six enfants, dont l'un meurt en bas âge :

  • Anna Eleanor, Jr. (3 mai 1906 - 1 décembre 1975) : journaliste, responsable des relations publiques.
  • James (23 décembre 1907 - 13 août 1991) : homme d'affaires, membre du Congrès.
  • Franklin Delano, Jr. (18 mars 1909 - 1 novembre 1909).
  • Elliott (23 septembre 1910 - 27 octobre 1990) : homme d'affaires, maire.
  • Franklin Delano, Jr. (17 août 1914 - 17 août 1988) : homme d'affaires, membre du Congrès, agriculteur.
  • John Aspinwall (13 mars 1916 - 27 avril 1981) : commerçant, courtier en valeurs mobilières.

Eleanor Roosevelt est donnée par certains auteurs comme bisexuelle, et ferait partie de ces personnalités célèbres dont la bisexualité aurait été volontairement ignorée ou effacée : elle a parfois été présentée comme une lesbienne[10], la découverte de ses relations avec des femmes causant une crise familiale similaire à celle résultant de la révélation de l'infidélité de son mari avec sa secrétaire)[11]. Les auteurs divergent toutefois à ce sujet, et rien ne prouve que la relation avec Lorena Hickok ait été de nature sexuelle, tout comme rien ne démontre que se développa en une liaison l'attachement qu'elle eut à compter de 1929 pour Earl Miller, un policier désigné pour être son garde du corps[réf. nécessaire].

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Tu dois accepter tout ce qui arrive, et la seule chose importante est d'y faire face avec courage et avec le meilleur que tu as à offrir. »
    • « You have to accept whatever comes, and the only important thing is that you meet it with courage and with the best that you have to give. »
  • « L'avenir appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves. »
    • « The future belongs to those who believe in the beauty of their dreams. »[12]
  • « Les grands esprits discutent des idées. Les esprits moyens discutent des événements. Les petits esprits discutent des gens. »
    • « Great minds discuss ideas. Average minds discuss events. Small minds discuss people »
  • « Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement. »
    • « No one can make you feel inferior without your consent. »[13]
  • « Fais ce que ton cœur te dit de faire – de toutes les façons, on te critiquera. Tu seras damné si tu le fais, et damné si tu ne le fais pas. »
    • « Do what you feel in your heart to be right — for you’ll be criticized anyway. You'll be damned if you do, and damned if you don’t. »
  • « La paix mondiale ne peut être le travail d'un seul homme, d'un seul parti, ou d'une seule nation. Cette paix doit reposer sur la volonté commune du monde entier »
    • « The structure of the world peace cannot be the work of one man, or one party or one nation. It must be a peace which rests on the cooperative effort of the whole world. »[14]

Hommage[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A. Deysine, L'empire de l'exécutif américain (1933-2006), Paris, Atlante, 2008, (ISBN 978-2-35030-061-0), p.66
  2. A. Deysine, L'empire de l'exécutif américain (1933-2006), Paris, Atlante, 2008, (ISBN 978-2-35030-061-0), p.434
  3. (en) Joseph P. Lash (en), Eleanor and Franklin, W.W. Norton & Company,‎ 1971, p. 48
  4. « Education : New School for Old Students », sur The New York Times,‎ 24 février 1967(en)
  5. Roosevelt Eleanor (1884-1962) sur Universalis
  6. a et b Claude-Catherine Kiejman, Eléonore Roosevelt - First Lady et rebelle, Tallandier,‎ 2012, 249 p.
  7. (en) Tina Gianoulis, Eleanor Roosevelt, glbtq.com : An Encyclopaedia of Gay, Lesbian, Bisexual, Transgender and Queer Culture, 2004
  8. a, b, c, d et e Beata de Robien, Eleanor Roosevelt, une femme influente sous influence, La Nouvelle Revue d'Histoire, no 69, novembre-décembre 2013, p. 21-24
  9. (en) Russell Baker, The Charms of Eleanor, The New York Review of Books,‎ 9 juin 2011 (lire en ligne)
  10. Maurine Hoffman Beasley, Holly Cowan Shulman, Henry R. Beasley, The Eleanor Roosevelt Encyclopedia, Greenwood Publishing Group, (2001), 628 pages, p. 59
  11. (en) Russell Baker, « The Charms of Eleanor », The New York Review of Books, 9 juin 2011
  12. Roosevelt, p. 12.
  13. Beasley, p. xxviii.
  14. George D Pozgar, Legal aspects of health care administration, Sudbury, Mass. : Jones and Bartlett Publishers, 2007. (ISBN 9780763739270), p. 485

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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