Clementine Churchill

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Clementine Churchill
Clementine Churchill en 1915.
Clementine Churchill en 1915.
Épouse du Premier ministre britannique
10 mai 1940 - 27 juillet 1945
26 octobre 1951 – 7 avril 1955
Prédécesseur Anne Chamberlain
Violet Attlee
Successeur Violet Attlee
Clarissa Eden
Biographie
Date de naissance 1er avril 1885
Lieu de naissance Mayfair, Londres
Date de décès 12 décembre 1977 (à 92 ans)
Lieu de décès Prince's Gate, Knightsbridge, Londres
Conjoint Winston Churchill
Enfants Diana (1909-1963)
Randolph (1911-1968)
Sarah (19141982)
Marigold (19181921)
Mary (1922-)

Clementine Ogilvy Spencer-Churchill, Baronne Spencer-Churchill GBE, CSTJ, née Hozier (1er avril 1885 - 12 décembre 1977) était la femme de Winston Churchill.

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Winston Churchill avec sa fiancée Clementine Hozier (peu de temps avant leur mariage en 1908).

Elle est née dans le quartier de Mayfair à Londres. Sa mère est Henrietta Blanche Hozier (18521925), fille du 10e comte d'Airlie, et seconde épouse de Henry Montague Hozier (18381907). Elle est la seconde de quatre enfants (trois filles et un garçon).

En raison de la supposée stérilité de Sir Henry, sa paternité est sujette à débats, Lady Blanche étant par ailleurs connue pour ses nombreuses liaisons. En 1881, son mari la surprend avec un amant. Elle évite le divorce grâce aux infidélités de son mari mais le couple se sépare quand même quelques années plus tard.

Lady Blanche a toujours maintenu que le père biologique de Clementine était Bay Middleton, ce que pensait aussi Mary Soames, la plus jeune fille de Clementine et sa biographe[1] .

Le biographe officiel de Clementine, Joan Hardwick, pense quant à lui, que tous les enfants Hozier ont été conçu par Algernon Bertram Freeman-Mitford (18371916), mari de la sœur de Lady Blanche, mieux connu pour être le grand-père des sœurs Mitford dans les années 20.

Quelle que soit sa paternité, Sir Henry a reconnu Clementine comme sa propre fille.

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Clementine Hozier est d'abord élevée par une gouvernante, puis étudie brièvement à l'école d'Édimbourg, dirigée par Karl Froebel, le neveu de Friedrich Fröbel[2]. Elle poursuit ensuite ses études au collège Berkhamsted (aujourd’hui Berkhamsted School) puis à la Sorbonne à Paris.

À l'été 1899, Clementine avait alors quatorze ans, lady Blanche fait déménager toute sa famille à Dieppe. La famille y passe un été idyllique, entre natation, canoë et cueillette de mûres[3]. La famille se lie avec un groupe nommé « La Colonie », constitué de militaires, peintres, et écrivains anglais, comme Aubrey Beardsley ou Walter Sickert, qui devient plus tard un bon ami de la famille. D'après Mary Soames, Clementine fut profondément frappée par Mr Sickert, elle le considérait comme l'homme le plus irrésistible qu'elle ait jamais vu[3].

La vie joyeuse des Hozier en France prend fin avec la maladie de Kitty, la fille ainée de la famille, qui contracte la fièvre typhoïde. Blanche Hozier estime alors que la meilleure chose à faire est d'envoyer Clementine et sa sœur Nellie en Écosse, afin qu'elle puisse se consacrer entièrement à soigner sa fille. Kitty meurt le 5 mars 1900.

Clementine a été fiancée deux fois secrètement à Sidney Peel, tombé amoureux d'elle quand elle avait dix-huit ans[4].

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

Maison de Clementine Hozier en 1900 et 1903.

Clementine fut présentée à Winston Churchill pour la première fois en 1904, mais ils ne firent réellement connaissance que quatre ans plus tard, quand ils se recroisent à un dîner en 1908[5]. Après une soirée en sa compagnie, il se rend compte de son intelligence vive et de son caractère animé[3].La cour de Winston à Clementine fut courte. Après plusieurs mois de correspondance, Churchill écrit à Lady Blanche pour lui demander son consentement pour le mariage.

« My dear Lady Blanche Hozier,
Clementine will be my ambassador today. I have asked her to marry me & we both ask you to give your consent & your blessing. You have known my family for so many years that there is no need to say vy much in this letter. I am not rich nor powerfully established, but your daughter loves me & with that love I feel strong enough to assume this great & sacred responsibility; & I think I can make her happy & give her a station & career worthy of her beauty and her virtues.

Marlborough is vy much in hopes that you will be able to come down here today & he is telegraphing to you this morning. That would indeed be vy charming & I am sure Clementine will persuade you.

With sincere affection
Yours ever,
Winston S. Churchill[3] »

Le 12 septembre 1908, elle épouse Winston Churchill, parlementaire engagé de dix ans son aîné, à l’église Sainte-Marguerite à Westminster.

Ils ont cinq enfants :

Marigold est morte à l'âge de trois ans, Diana et Randolph sont également morts avant leur mère.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la Première Guerre mondiale, Clementine Churchill s'occupe des cantines pour les travailleurs, au sein de la Young Men's Christian Association (YMCA) dans le nord-est de Londres.

Années 1930[modifier | modifier le code]

Dans les années 1930, Clementine voyage sans son mari sur le yacht de Walter Guinness, le Rosaura. Elle visite ainsi Bornéo, l'île de Sulawesi, les Moluques, la Nouvelle-Calédonie et les Nouvelles-Hébrides. Durant ce voyage, elle a une liaison avec Terence Philip, un marchand d'art, de sept ans son cadet. Cette liaison ne pouvait pas durer au delà du voyage mais fut importante pour Clementine.

Elle revient de ce voyage avec une colombe de Bali. À sa mort, elle la fait enterrer dans son jardin, sous un cadran solaire. Sur la base du cadran elle fait inscrire:

« HERE LIES THE BALI DOVE
It does not do to wander
Too far from sober men.
But there’s an island yonder,
I think of it again.[7] »

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, elle travaille pour la Croix-Rouge. L'hôpital Clementine Churchill à Harrow est nommé ainsi en son honneur.

Après guerre[modifier | modifier le code]

Plaque posée sur la maison de Berkhamsted.

En 1946 elle est nommée dame grand-croix de l'Empire britannique et devient ainsi Dame Clementine Churchill GBE. Elle est ensuite honorée par l'Université de Glasgow et l'Université d'Oxford, et, en 1976, par celle de Bristol. En mai 1965, elle est fait pair à vie et devient Baronne Spencer-Churchill, de Chartwell dans le comté du Kent. Elle a siégé à la Chambre des Lords comme non affiliée à un parti. Sa surdité croissante l'a empêchée de prendre part de façon normale à la vie parlementaire.

À cause de l'inflation et de l'augmentation du coût de la vie, Clementine Churchill mit aux enchères en 1977 cinq des peintures de son mari[8]. Le prix qu'elle en tira fut plus élevé que prévu, la sauvant ainsi de ses problèmes financiers. On ne découvrit qu'après sa mort qu'elle avait détruit, parce qu'elle ne l'aimait pas, le fameux portrait de son mari, fait par Graham Sutherland.

Lady Spencer-Churchill meurt à Prince's Gate dans le quartier de Knightsbridge à Londres, d'une crise cardiaque à 92 ans. Elle est enterrée au côté de son mari à Bladon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « [[Dictionary of National Biography]] »
  2. Soames, M. (2002). Clementine Churchill: the biography of a marriage. London, Doubleday
  3. a, b, c et d Soames, M. (2002). Clementine Churchill: the biography of a marriage. London, Doubleday
  4. Mancester, W. (1988) The Last Lion – Winston Spencer Churchill – Alone – 1932–1940; p. 386; Little, Brown & Co.; ISBN 0-316-54503-1
  5. « Un couple uni par l'humour », Le Figaro,‎ 13 novembre 2013 (lire en ligne)
  6. http://www.telegraph.co.uk/news/politics/10868042/Lady-Soames-Winston-Churchills-last-surviving-child-dies-aged-91.html
  7. Manchester, W. (1988) The Last Lion – Winston Spencer Churchill – Alone – 1932-1940; p. 263; Little, Brown & Co.; ISBN 0-316-54503-1
  8. TIME magazine, 7 March 1977, p. 40

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