Horst Köhler

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Horst Köhler
Horst Köhler, en 2009, à Brême.
Horst Köhler, en 2009, à Brême.
Fonctions
9e président fédéral d'Allemagne

(&&&&&&&&&&&021605 ans, 10 mois et 30 jours)
Élection 23 mai 2004
Réélection 23 mai 2009
Chancelier Gerhard Schröder
Angela Merkel
Prédécesseur Johannes Rau
Successeur Jens Böhrnsen (ad interim)
Christian Wulff
8e directeur général du Fonds monétaire international
Prédécesseur Michel Camdessus
Successeur Anne Krueger (intérim)
Rodrigo Rato
Biographie
Date de naissance (71 ans)
Lieu de naissance Heidenstein (Flag of the NSDAP (1920–1945).svg Allemagne)
Nationalité Flag of Germany.svg allemande
Parti politique CDU
Conjoint Eva Bohnet
Diplômé de Université de Tübingen
Profession Économiste
Religion Protestantisme

Signature

Horst Köhler
Présidents de la République fédérale d'Allemagne

Horst Köhler, né le à Heidenstein, en territoire polonais occupé, est un économiste et homme d'État allemand, membre de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) et président de la République fédérale de 2004 à 2010.

Directeur général du Fonds monétaire international (FMI) à partir de mai 2000, son mandat est marqué par la sévère récession qui frappe l'Argentine, pays de l'Amérique latine peinant à sortir d'une profonde crise économique. Il quitte la direction du FMI en mars 2004, dans le dessein d'assumer sa candidature à la présidence de la République fédérale d'Allemagne.

Le , Horst Köhler est élu président fédéral par l'Assemblée fédérale pour un mandat de cinq ans. Sa présidence est notamment marquée par la dissolution, le , du Bundestag, puis par la nomination, quatre mois plus tard, d'Angela Merkel à la chancellerie fédérale : c'est la première fois qu'une femme accède à cette fonction depuis l'instauration de la République fédérale d'Allemagne, en 1949. Très populaire, le président Köhler est réélu le  ; cependant, à la suite d'une polémique lancée après des propos tenus sur le rôle de la Bundeswehr en Afghanistan, il décida de quitter ses fonctions le . Christian Wulff lui succède au château de Bellevue.

Horst Köhler, durant son mandat présidentiel, a su profiter de sa popularité pour marquer son influence au sein du débat politique. Partisan d'un scrutin présidentiel direct, comme ce fut le cas durant la République de Weimar, il n'avait de cesse de proposer son opinion sur des sujets de société très variés et a tenu à faire de la présidence une institution à l'aura importante.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une enfance marquée par une migration constante[modifier | modifier le code]

Horst Köhler est né dans une famille paysanne nombreuse, originaire de Ryschkanowka, près de Glückstal, à 180 km au nord de Chişinău, qui est, de nos jours, la capitale République de Moldavie. La famille appartenait à la minorité allemande « rapatriée » de Bessarabie dans les frontières du Troisième Reich après la signature du Pacte germano-soviétique pour « recoloniser » des fermes dont les paysans polonais avaient été chassés.

Lors de l'arrivée de l'Armée rouge, la famille Köhler s'enfuit et s'installa près de Leipzig, en zone soviétique, dans ce qui sera la future RDA. Elle y resta jusqu'à la collectivisation des fermes, et s'en enfuit alors de nouveau pour aller en RFA, où elle s'installa dans l'État de Baden-Wuerttemberg.

Un économiste reconnu[modifier | modifier le code]

Après son baccalauréat, obtenu en 1963 à Ludwigsburg, il a fait des études d’économie à l'université de Tübingen, où il a obtenu un doctorat en économie et en sciences politiques. De 1969 à 1976, il fut assistant à l'Institut de recherche économique appliquée. Par ailleurs, entre 1976 et 1989, il occupa plusieurs postes au ministère de l'Économie, puis des Finances de Bonn. Enfin, Köhler occupa les fonctions de secrétaire d’État, de 1990 à 1993, durant trois ans, sous l'autorité du ministre fédéral allemand des Finances, Theodor Waigel.

De 1993 à 1998, il fut à la tête de la Fédération allemande des caisses d’épargne. Il a ensuite été président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement de 1998 à 2000.

Le , Horst Köhler fut nommé président du conseil d'administration et directeur général du Fonds monétaire international (FMI). Au cours de son mandat, il doit faire face à la grande crise économique qui secoua l'Argentine entre 1998 et 2002.

Président fédéral[modifier | modifier le code]

Candidat des chrétiens-démocrates de la CDU et des libéraux à la présidence fédérale, Horst Köhler démissionna de la direction du FMI le . Ces partis étant majoritaires à l'Assemblée fédérale (624 des 1205 membres), l'élection du était considérée par la presse comme gagnée d'avance. Cependant, bien que Köhler fut élu dès le premier tour, le résultat se révéla plus serré que prévu.

Horst Köhler succède au président Johannes Rau le . La même année, le château Bellevue subit d'importants travaux de rénovation; le couple présidentiel s'installe alors au château de Charlottenburg qui devient provisoirement siège de la présidence de la République fédérale, jusqu'en 2006.

Il est le premier président fédéral à ne pas appartenir à l'appareil d'un parti politique. Ses déclarations et prises de position, inhabituellement tranchées pour un président allemand, ont été à l'origine de quelques controverses dans la presse et les médias. Ce manque de neutralité lui a été à nouveau reproché au moment où le chancelier Gerhard Schröder préparait l'organisation d'élections anticipées en 2005. De nombreux membres du SPD l'accusent alors d'avoir laissé filtrer dans la presse des informations sur ses entretiens avec le chancelier.

En , pour pouvoir juger de l'opportunité de gracier Christian Klar, condamné pour sa participation au sein de la Fraction armée rouge, il décide d'avoir un entretien privé avec lui, ce qui déclenche les foudres du parti conservateur bavarois CSU. Certains menacent ouvertement le chef de l'État de ne pas le soutenir lors de la prochaine élection présidentielle à venir dans deux ans, ce qui déclenche une vive polémique au niveau gouvernemental, car la chancelière Angela Merkel prend sa défense. La demande de grâce de Christian Klar est refusée, mais le bureau du président ne donne pas de raisons.

Dans son discours à la Nation de Noël 2007, Horst Köhler encouragea vivement le gouvernement Merkel à accélérer le rythme des réformes. Il critiqua également l'introduction d'un salaire minimum dans le secteur postal, initiative qui a entraîné la perte de 1 000 emplois dans le groupe PIN, rival de la Deutsche Post, déclarant qu’« un salaire minimum qui ne peut pas être payé par les employeurs de la concurrence détruit des emplois »[1].

Le , Köhler a annoncé sa candidature pour un second mandat en tant que président fédéral. Il est réélu le au premier tour avec la majorité minimale requise de 613 voix. Lors de la crise financière de l'année 2008, il dénonce publiquement le marché financier comme étant devenu « un monstre qui doit être remis à sa place ».

Le , de retour d'Afghanistan, il estime que la société « comprend la nécessité d'engagements militaires » pour protéger les intérêts économiques de l'Allemagne. Face aux critiques suscitées dans le pays, il démissionne neuf jours plus tard ; critiques qui se concentraient sur l'action de l'Allemagne en Afghanistan alors que le président évoquait l'action des forces allemandes à l'opération européenne Atalanta, visant à sécuriser le passage des bateau dans l'océan Indien, vis-à-vis des pirates somaliens[2]. Il est remplacé à titre intérimaire par Jens Böhrnsen, président du Conseil fédéral[3].

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Il est marié à Eva Köhler, avec laquelle il a deux enfants, Ulrike (née en 1972) et Jochen (né en 1977). Par ailleurs, Horst Köhler est membre de l'Église évangélique en Allemagne. Ulrike Köhler, à l'adolescence, est devenue aveugle à la suite d'une rétinite pigmentaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Stuttgarter Zeitung, 29 décembre 2007
  2. (fr) Philippe Leymarie, « Mourir pour Kaboul ? », Manière de voir-Le Monde diplomatique, Allemagne histoire d'une ambition 1949-2011, avril-mai 2011, n°116, page 97.
  3. (fr) « Le président allemand Horst Köhler démissionne », Le Point, .

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]