Christian Wulff

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Christian Wulff
Christian Wulff, en 2010.
Christian Wulff, en 2010.
Fonctions
10e président fédéral d'Allemagne
30 juin 201017 février 2012
(&&&&&&&&&&&&05971 an, 7 mois et 17 jours)
Élection 30 juin 2010
Chancelier Angela Merkel
Prédécesseur Horst Köhler
Jens Böhrnsen (intérim)
Successeur Joachim Gauck
Horst Seehofer (intérim)
10e ministre-président de Basse-Saxe
4 mars 200330 juin 2010
(&&&&&&&&&&&030408 ans, 3 mois et 26 jours)
Gouvernement Wulff I et II
Législature 15e et 16e Landtag
Coalition CDU-FDP
Prédécesseur Sigmar Gabriel
Successeur David McAllister
Biographie
Nom de naissance Christian Wilhelm Walter Wulff
Date de naissance 19 juin 1959 (55 ans)
Lieu de naissance Osnabrück (RFA)
Nationalité allemande
Parti politique CDU
Conjoint Bettina Körner (2008-2013)
Diplômé de Université d'Osnabrück
Profession Avocat
Religion Catholicisme
Résidence Hanovre

Signature

Christian Wulff
Ministre-présidents de Basse-Saxe
Présidents de la République fédérale d'Allemagne

Christian Wilhelm Walter Wulff (né le 19 juin 1959 à Osnabrück[1]) est un homme politique allemand, membre de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), ancien ministre-président de Basse-Saxe et président fédéral.

Ancien président de l'organisation des étudiants chrétiens-démocrates Schüler Union (SU), il est élu en 1994 président de la CDU de Basse-Saxe, et tente sans succès de reprendre le Land au social-démocrate Gerhard Schröder. À la suite de cette défaite, il prend la tête du groupe CDU au Landtag. Il échoue de nouveau en 1998, mais finit par s'imposer cinq ans plus tard face à Sigmar Gabriel, avec l'un des meilleurs scores régionaux de son parti. Il prend alors la tête d'une coalition noire-jaune, dont il assure la reconduction aux élections de 2008, tout en perdant près de six points.

Présenté comme un conservateur modéré, évitant les controverses et polémiques[2], il est élu 10e président fédéral d'Allemagne le 30 juin 2010 au troisième tour de scrutin et prête serment deux jours plus tard. Il est alors le plus jeune titulaire de ce poste principalement honorifique. Il démissionne en 2012, à la suite d'un scandale financier pour lequel il est relaxé deux ans plus tard.

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Après avoir obtenu son Abitur, il accomplit des études supérieures de droit à l'université d'Osnabrück de 1980 à 1986. Un an plus tard, il passe son premier examen juridique d'État, puis réussit le second en 1990.

Il est depuis avocat au cabinet « Dr. Funk, Prof. Dr. Tenfelde und Partner » d'Osnabrück, mais se trouve en congé du fait de son engagement en politique.

Vie privée[modifier | modifier le code]

De 1988 à 2007, il a été marié avec Christiane Vogt, rencontrée lors de ses études de droit, avec qui il a eu une fille, Annalena, née en 1993. En 2008, il épouse en secondes noces Bettina Körner, travaillant à la chancellerie régionale, de quatorze ans sa cadette et elle-même mère d'un enfant. Le couple a depuis eu un fils, prénommé Linus Florian. Après la publication, en 2012, d'une autobiographie de son épouse dans laquelle elle révèle des difficultés conjugales, le couple annonce sa séparation au début du mois de janvier 2013[3].

Vie politique[modifier | modifier le code]

Au sein de la CDU[modifier | modifier le code]

En 1978, il prend la présidence fédérale de la Schüler Union (SU), association des étudiants de la CDU et l'occupe jusqu'en 1980. Il entre au comité directeur de la Junge Union (JU) en Basse-Saxe en 1979, et en devient président quatre ans plus tard. Il quitte l'organisation en 1985, un an après avoir été élu membre du comité directeur régional de la CDU.

En 1994, à l'âge de 35 ans, Christian Wulff prend la tête de la fédération du parti en Basse-Saxe. Quatre ans plus tard, il est désigné vice-président fédéral de la CDU, sous la présidence de Wolfgang Schäuble. Il est maintenu en fonction lorsque celui-ci est remplacé par Angela Merkel, en 2000.

Il a été remplacé à la présidence de la CDU régionale en 2008 par David McAllister.

À la suite de son élection à la présidence fédérale allemande, il a renoncé à son adhésion à la CDU et démissionné de la vice-présidence fédérale du parti.

Carrière en Basse-Saxe[modifier | modifier le code]

Il est élu au conseil municipal d'Osnabrück en 1986 et y siégera durant quinze ans. En 1989, il est porté à la tête du groupe municipal du CDU, renonçant à ce poste cinq ans plus tard.

Le 13 mai 1994, il devient député régional au Landtag à la suite des élections régionales auxquelles il se présentait comme candidat au poste de ministre-président contre le sortant Gerhard Schröder et qu'il a perdues avec 67 députés contre 81 sur 161. Il est alors désigné président du groupe CDU. Ce duel se répète le 1er mars 1998, de nouveau remporté par Schröder avec 83 élus sur 157, contre 62 à la CDU. Finalement, cette dernière s'impose aux élections du 2 février 2003 en obtenant 48 % des voix et 91 sièges sur 183. Le 4 mars, Christian Wulff est élu ministre-président de la Basse-Saxe par le Landtag, en remplacement de Sigmar Gabriel et soutenu par une coalition noire-jaune. David McAllister lui succède à la présidence du groupe parlementaire.

Personnalité politique populaire, son nom fut brièvement évoqué pour être le candidat de la CDU/CSU à la chancellerie fédérale (kanzlerkandidat) dans le cadre des législatives prévues pour septembre 2006. Toutefois, après l'annonce de l'anticipation des élections fédérales au 18 septembre 2005, il annonça qu'il n'y serait pas candidat, arguant qu'il n'avait pas achevé son premier mandat régional. Le scrutin n'ayant dégagé aucune majorité, son nom revint alors en cas d'échec d'Angela Merkel à former une coalition ou à gouverner le pays.

Il a occupé la présidence de la conférence des ministre-présidents de 2006 à 2007.

Le 27 janvier 2008, il remporte les élections régionales en obtenant 42 % des suffrages et 68 députés régionaux sur 152. Il reconduit alors sa coalition avec le Parti libéral-démocrate (FDP) et est investi pour un second mandat le 26 février. Lors du remaniement ministériel du 27 avril 2010, il nomme Aygül Özkan ministre des Affaires sociales, faisant d'elle la première ministre allemande d'origine turque[4]. Il démissionne du Landtag le 14 juin, et est remplacé par David McAllister quelques heures à peine après sa démission de la direction du gouvernement régional, le 1er juillet.

Présidence fédérale[modifier | modifier le code]

Bettina Wulff, le pape Benoît XVI et Christian Wulff, en septembre 2011 à Berlin.

Élection[modifier | modifier le code]

À la suite de la démission du président fédéral Horst Köhler le 31 mai 2010, il est désigné le 3 juin comme candidat de la coalition noire-jaune fédérale, qui dispose de 644 sièges sur les 1 244 que compte l'Assemblée fédérale, à l'élection présidentielle anticipée convoquée le 30 juin. Opposé à la candidature d'Ursula von der Leyen, ministre fédérale du Travail un temps favorite, il a réussi à faire l'unanimité aussi bien dans le secteur conservateur de son parti que parmi les barons de la CDU/CSU et les libéraux du FDP[5]. Son style consensuel et sa religion catholique ont également joué en sa faveur, dans la mesure où la chancelière Angela Merkel, dont il était l'un des principaux rivaux au sein de la CDU, est pour sa part protestante[6]. Toutefois, des dissensions au sein du centre-droit sont nées au cours de la période précédant l'élection concernant sa candidature[7],[8],[9].

Le 30 juin, il est élu président fédéral au troisième tour de scrutin face à Joachim Gauck avec 625 voix contre 494, sur 1242. Il est alors le plus jeune président de l'histoire allemande, le troisième élu lors du troisième tour de scrutin, et le premier chef de gouvernement régional en exercice élu.

Bien qu'il ait battu Gauck avec 131 voix d'avance, son élection est considérée comme un échec pour Angela Merkel du fait de la confortable majorité dont disposait la coalition noire-jaune à l'Assemblée fédérale. À l'inverse de son principal adversaire, qui a engrangé entre 37 et 28 voix de plus que ses soutiens, il n'a pas su rassembler au-delà de son propre camp, et même à l'intérieur de celui-ci, en particulier les libéraux[10],[11].

Mandat et prises de position[modifier | modifier le code]

Il entre en fonction le 2 juillet, à la suite de sa prestation de serment devant le Bundestag et le Bundesrat réunis. Lors de son discours d'investiture, il dit vouloir être « le président de tous ceux qui vivent en Allemagne », et non seulement de tous les Allemands, selon la formule traditionnelle, et « jeter des ponts » entre les différentes catégories de citoyens. Selon un sondage paru ce même jour, 72 % de ses concitoyens estiment qu'il fera « un bon président fédéral »[12].

Le 16 septembre 2010, le Bundestag annonce avoir ouvert une enquête à son encontre pour abus de biens sociaux, qu'il aurait commis au cours de campagnes électorales régionales, pour un préjudice estimé à 400 000 euros[13].

Le 24 août 2011, le président Wulff critique, devant un parterre de Prix Nobel d'économie, la politique de rachat d'emprunts d'État, profitables à l'Italie et à l'Espagne notamment, menée par la Banque centrale européenne. Le chef de l'État allemand critique ainsi cette politique « juridiquement contestable »[14].

Démission[modifier | modifier le code]

À la fin de l'année 2011, il est mis en cause pour ses liens avec un homme d'affaires de Basse-Saxe, Egon Geerkens. Devant le Landtag, quand il était encore ministre-président, il avait assuré, en février 2010, n'avoir aucun lien avec cet homme, alors même que lui et son épouse avaient bénéficié d'un prêt de 500 000 euros de la part de la femme de Geerkens, Edith. Peu après avoir répondu aux députés régionaux, il avait fait remplacer ce prêt privé par un prêt bancaire classique[15]. Cette affaire le rattrape au début de l'année 2012, lorsque le journal Bild affirme que le chef de l'État a joint Friede Springer, actionnaire majoritaire de leur éditeur, Axel Springer Verlag, le président du directoire de la société ainsi que son rédacteur en chef, pour qu'ils empêchent le quotidien de publier ses révélations, tandis que, selon Die Welt, également propriété de Springer, il a convoqué un de ses journalistes au château de Bellevue[16].

Le parquet fédéral de Berlin décide, à la suite d'une plainte, d'ouvrir une enquête préliminaire[17]. Le 16 février 2012, le parquet de Hanovre, indiquant avoir recueilli des éléments permettant de soupçonner le président Wulff de prévarication, demande au Bundestag la levée de son immunité[18]. Il annonce sa démission dès le lendemain matin[19].

Christian Wulff percevra une pension à vie d'environ 200 000 euros par an comme le permet la loi allemande, qui indique à ce titre qu'un président démissionnaire ne perçoit de pension que s'il quitte ses fonctions « pour des raisons politiques ou de santé »[20]. Pourtant, cette annonce fait polémique, le chef de l'État démissionnaire n'étant resté en poste qu'un peu plus d'un an et demi alors que son prédécesseur, Horst Köhler, avait quant à lui renoncé à une retraite à vie après six années d'exercice présidentiel.

Après la présidence[modifier | modifier le code]

Le 12 avril 2013, un procès s'ouvre contre lui au Landgericht de Hanovre. Christian Wulff est accusé de corruption, pour s'être fait payer, avec son épouse, un séjour dans un hôtel pour une valeur de 500 euros, par le réalisateur David Groenewold, lors d'une visite à Münich pour l'Oktoberfest[21]. Il est acquitté le 27 février 2014[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « German President Wulff quits in home loan scandal », BBC, 17 février 2012.
  2. (de) Christian Wulff : L'homme des tons mesurés, Frankfurter Allgemeine Zeitung, 4 juin 2010.
  3. (en) « Germany's Former First Couple Splits Up », Spiegel Online International, le 7 janvier 2013.
  4. Musulmane, Aygül Özkan devient la première ministre d’origine turque d’Allemagne, La Tribune de Genève, 26 avril 2010.
  5. Christian Wulff succédera à Horst Köhler à la présidence de la République allemande, Le Monde, 4 juin 2010.
  6. Le conservateur Christian Wulff candidat à la présidentielle allemande, Radio France internationale, 4 juin 2010.
  7. (de) Des personnalités politiques du FDP se disent plus proches de Gauck, Frankfurter Allgemeine Zeitung, 7 juin 2010.
  8. (de) Laissez le libre choix ! par Kurt Biedenkopf, Frankfurter Allgemeine Zeitung, 17 juin 2010.
  9. (de) Tillich prévient Westerwelle, Frankfurter Allgemeine Zeitung, 20 juin 2010.
  10. Allemagne : pénible victoire du candidat de Merkel à la présidentielle, Le Monde, 30 juin 2010.
  11. Berlin s'est choisi un nouveau président avec difficulté, Le Figaro, 30 juin 2010.
  12. Merkel focalise la colère des Allemands, Le Figaro, 2 juillet 2010.
  13. Le président allemand visé par une enquête pour abus de bien sociaux, Le Monde, le 16 septembre 2010.
  14. « Haro allemand sur la BCE et Trichet », La Tribune, 24 août 2011.
  15. « Une affaire de prêt privé déstabilise le président allemand », Le Monde, le 13 décembre 2011.
  16. « Allemagne : rattrapé par les affaires, le président risque son poste », Le Parisien, le 3 janvier 2012.
  17. « Allemagne : le président près de la démission ? », TF1 News le 3 janvier 2012.
  18. « L'immunité du président allemand levée? », Le Figaro, le 16 février 2012.
  19. Le président allemand démissionne, Le Figaro, le 17 février 2012.
  20. Pension annuelle de 200 000 € pour Wulff, Le Figaro, 29 février 2012.
  21. L'ex-président allemand Wulff inculpé, Le Figaro, 12 avril 2013.
  22. Frédéric Lemaître, « L'honneur retrouvé de l'ancien président allemand Christian Wulff », in lemonde.fr, 28 février 2014.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]