Germaine Coty

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Germaine Coty
Germaine Coty
Épouse du 17e président de la République française
16 janvier 1954 – 12 novembre 1955
(1 an, 9 mois et 27 jours)
Prédécesseur Michelle Auriol
Successeur Yvonne de Gaulle
Biographie
Nom de naissance Germaine Alice Corblet
Date de naissance 9 avril 1886
Lieu de naissance Le Havre (Seine-Inférieure)
Date de décès 12 novembre 1955 (à 69 ans)
Lieu de décès Rambouillet (Seine-et-Oise)
Conjoint René Coty

Germaine Coty, née Germaine Alice Corblet le 9 avril 1886 au Havre (Seine-Inférieure) et morte le 12 novembre 1955 au château de Rambouillet (Seine-et-Oise), est l'épouse de René Coty, dix-septième président de la République française du 16 janvier 1954 au 8 janvier 1959.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Fille d'un armateur havrais, Germaine Coty est élevée dans des pensions religieuses, tout d'abord à celui de la Miséricorde puis dans un couvent de Southampton, en Angleterre (elle devient ainsi bilingue anglophone). Elle reste toute sa vie une catholique pratiquante.

Mariage avec René Coty[modifier | modifier le code]

Germaine Corblet épousa René Coty, un avocat, le 21 mai 1907 devant le chanoine havrais Lestiboudois, au cours d'une cérémonie religieuse.

Le couple a deux filles, Geneviève, née en 1908, qui épousa en 1929 Louis Félix Egloff, ingénieur centralien, et Anne-Marie, née en 1910, qui, quant à elle, s'unit en 1932 au docteur Maurice Georges, oto-rhino-laryngologiste au Havre, député UNR de la 6e circonscription de Seine-Maritime de 1962 à 1973 et conseiller général pour le 5e canton du Havre de 1965 à 1973. Toutes deux mourront en 1987.

Le couple Coty réside dans un appartement situé au no 5 du quai aux Fleurs, dans le IVe arrondissement de Paris.

Première dame de France[modifier | modifier le code]

Lorsque René Coty est élu président de la République, en 1953, la presse accueille avec étonnement la nouvelle « première dame de France », dont le style change radicalement de celle qui l'a précédée, Michelle Auriol. Femme assez enveloppée, c'est en tablier et de la farine plein les mains qu'elle accueille les journalistes venus interviewer l'épouse du nouveau président de la République[1]. Françoise Giroud dit notamment d'elle, dans la seconde édition de Nouveaux Portraits, en 1954[2], pour souligner son humilité : « Aussitôt après l'élection, quai aux Fleurs, lorsqu'elle s'est vue dans les journaux, elle a reçu un choc : « Regardez-moi », dit-elle attristée, « je ne prétends pas être mince, mais enfin tout de même... » ». Elle déclare aussi : « je ne suis pas une pin-up, je suis une grand-mère »[3]. Les premiers surnoms que lui donnent les chansonniers sont ainsi assez méchants : « Madame sans gaine »[1], « la bûche de Noël »[1] ou encore « Madame des tas »[1].

Germaine Coty devient pourtant rapidement très populaire dans l'opinion française et les critiques stoppent, en raison des protestations qui s'élevent du public. Celui-ci apprécie en effet sa gentillesse maternelle (elle fait aménager des chambres au palais de l'Élysée pour y recevoir ses dix petits-enfants), sa simplicité bon enfant (elle sert un jour de guide incognito à de jeunes étudiantes américaines qui visitaient le château de Rambouillet ; elle offre des pâtisseries à des enfants qui la suivent dans les rues de Vizille ; elle a pour le personnel de l'Élysée des attentions délicates), sa générosité (elle consacre cinq heures par jour à différents services sociaux et œuvres caritatives) et son autorité bienveillante.

Son image a largement bénéficié d'une importante campagne menée par le journal catholique Le Pèlerin (qui écrit : « Nous sommes un peuple qui recommande à ses femmes de rester au foyer, de s'occuper de leur mari, de leurs enfants, et voilà qu'au moment où l'une d'elles est appelée à la situation suprême par le jeu de la démocratie, la presse la ridiculise parce qu'elle ne ressemble pas à un mannequin, parce que son horizon est familial »[1]) ainsi que par la presse féminine.

Le palais n'est pas véritablement réaménagé, le couple présidentiel Auriol ayant modernisé les lieux entre 1947 et 1953 : néanmoins, il faut noter un réaménagement des jardins et la réouverture de la chapelle.

Décès[modifier | modifier le code]

Germaine Coty décède au château de Rambouillet le 12 novembre 1955, à 4 h 30, d'une crise cardiaque[4]. Elle avait déjà des problèmes cardiaques, que le surmenage dû à son rôle de première dame ont aggravé. C'est la première fois dans l'histoire de France qu'une première dame décède pendant le mandat de son mari. Celui-ci pense alors un temps démissionner mais change d'avis, ne voulant pas entraîner une nouvelle crise politique en France.

Sa mort est l'occasion d'une grande émotion populaire : « Madame René Coty eut des obsèques de souveraine » écrit Claude Salvy dans Le Prestige français (janvier 1956). Lors de la séance du 14 novembre 1955 à l'Assemblée nationale, le président de la chambre Pierre Schneiter fait son éloge en parlant d'une « grande Française, ayant de hautes qualités de cœur et d'esprit », avant de clore la séance en signe de deuil. Si le président René Coty accepte, à la demande du gouvernement et devant la foule se pressant à l'Élysée pour signer le registre de condoléances ouvert pour le décès de son épouse, qu'une cérémonie officielle soit organisée en l'église de la Madeleine (22 000 personnes sont présentes[3]), il refuse obstinément que les obsèques de sa femme, inhumée dans sa ville natale du Havre, soient payées par l'État.

Aux États-Unis le magazine Life écrit dans son numéro du 28 novembre 1955, sous le titre « Homage to a Lady » :

Forming an immense but sober spectacle, 30 000 mourners filed into Madeleine church in Paris to pay respects to Mme René Coty, who died of heart attack on Nov. 12. After Madame Coty's husband was elected president of France, the French joked about her dowdy air, braided hair and homely tastes. But clinking to her "little ways," she became a beloved first lady.

« Une foule immense et recueillie de 30 000 personnes est venue à l'église de la Madeleine pour rendre son dernier hommage à Mme René Coty, décédée le 12 novembre d'une crise cardiaque. Après l'élection de son mari à la présidence de la République, les Français s'amusaient d'abord de l'allure vieillotte de Mme Coty, de ses cheveux coiffés en nattes et de la simplicité de ses goûts. Mais cette conduite modeste ne l'empêcha pas de devenir une première dame très aimée. »

Hommage et postérité[modifier | modifier le code]

Établissements scolaires[modifier | modifier le code]

Noms de rue[modifier | modifier le code]

Places et squares publics[modifier | modifier le code]

  • Square Germaine-Coty à Menton.

Bâtiments et infrastructures[modifier | modifier le code]

  • Résidence Germaine-Coty, maison de retraite à Étretat (76).
  • Résidence Germaine-Coty, maison de retraite à Duclair (76).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Bertrand Meyer-Stabley, Les Dames de l'Élysée. Celles d'hier et de demain, Librairie académique Perrin, Paris.
  2. Françoise Giroud, Nouveaux Portraits, éditions Gallimard, coll. « L'Air du temps » no 35, Paris, 1954, (2e édition), 287 p. (notice BnF no FRBNF321706525).
  3. a et b http://www.politique.net/2009042803-portrait-germaine-coty.htm
  4. Rambouillet-Infos, no 130.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Frémy, Quid des présidents de la République... et des candidats, éd. Robert Laffont, 1987, p. 420-421.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]