Joachim Gauck

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Joachim Gauck
Joachim Gauck, en 2012.
Joachim Gauck, en 2012.
Fonctions
11e président fédéral d'Allemagne
En fonction depuis le 18 mars 2012
(2 ans, 5 mois et 5 jours)
Élection 18 mars 2012
Chancelier Angela Merkel
Prédécesseur Christian Wulff
Horst Seehofer (par intérim)
Commissaire fédéral pour la documentation du service de sécurité de l'État de l'ex-République démocratique allemande
4 octobre 199011 octobre 2000
Président fédéral Richard von Weizsäcker
Roman Herzog
Johannes Rau
Chancelier Helmut Kohl
Gerhard Schröder
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Marianne Birthler
Biographie
Date de naissance 24 janvier 1940 (74 ans)
Lieu de naissance Rostock (Allemagne)
Nationalité Allemande
Parti politique Indépendant
Conjoint Daniela Schadt
Diplômé de Université de Rostock
Profession Pasteur
Religion Protestantisme
Résidence Château de Bellevue (Berlin)

Signature

Joachim Gauck
Présidents de la République fédérale d'Allemagne

Joachim Gauck (prononcé [ joː.ˈʔa.xiːm ɡaʊ̯k ]), né le 24 janvier 1940, à Rostock, dans le Mecklembourg, est un homme d'État allemand, président de la République fédérale d'Allemagne depuis 2012.

Pasteur luthérien, il est, à la fin des années 1980, une figure du mouvement d'opposition qui précipita la fin de la République démocratique allemande. Membre du Nouveau forum, dont il est l'un des porte-paroles, il est élu député à la Chambre du peuple en mars 1990, à l'occasion des premières élections libres. Le 4 octobre, au lendemain de la Réunification allemande, il est officiellement nommé commissaire fédéral pour les archives de la Stasi ; deux mandats durant, il dirige cette institution respectée, qui lui offre une aura reconnue tant en Allemagne qu'en Europe.

En 2003, il prend la présidence de l'association « Contre l'oubli - Pour la démocratie ». Refusant toute proposition politique, il poursuit son combat pour les libertés, celui-ci étant teinté d'un véritable engagement européen ; il est, à ce titre, l'un des signataires de la déclaration de Prague, avec l'ancien président tchèque Václav Havel.

Candidat à l'élection présidentielle de juin 2010, soutenu par le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) et l'Alliance 90 / Les Verts, il est cependant battu par Christian Wulff, le candidat des Union chrétiennes (CDU/CSU) et du Parti libéral-démocrate (FDP).

En 2012, après la démission du président Wulff, Joachim Gauck, soutenu, cette fois-ci, par la CDU/CSU, le SPD, le FDP et les Verts, présente une fois encore sa candidature à la présidence de la République fédérale. Élu le 18 mars au premier tour de scrutin, avec un peu plus de 88 % des suffrages exprimés, il prête serment cinq jours après son élection, devant l'Assemblée fédérale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un pasteur anticommuniste[modifier | modifier le code]

Joachim Gauck est né à Rostock, durant la Seconde Guerre mondiale. Il est le fils d'un capitaine de marine, qui est arrêté, puis déporté en Sibérie durant quatre ans, de 1951 à 1955, sur l'ordre des autorités communistes ; c'est de cette époque que date l'anticommunisme assumé de Gauck[1].

Intéressé par le journalisme et la philosophie, il se voit cependant interdire de se tourner vers ces milieux, à cause de son anticommunisme. Il décide alors d'étudier la théologie à l'université de Rostock, de 1958 à 1965 ; c'est durant ses études, en 1959, qu'il épouse Gerhild Gauck, avec laquelle il aura quatre enfants. Il devient pasteur après son ordination, puis exerce son ministère dans la région de Rostock.

Jusqu'à la chute du régime communiste est-allemand, Joachim Gauck est étroitement surveillé par la Stasi, la police politique secrète du régime, qui souligne régulièrement son « incorrigible anticommunisme ».

Après la chute du régime communiste[modifier | modifier le code]

Le député Joachim Gauck, en 1990.

En 1989, tandis que les mouvements de protestation prennent de l'ampleur en République démocratique allemande (RDA), Gauck devient le porte-parole du Nouveau forum, un nouveau mouvement d'opposition au régime communiste, à Rostock.

En mars 1990, à l'issue des premières élections libres en RDA, il est élu membre de la Chambre du peuple, sous l'étiquette de la formation d'opposition Alliance 90. Il s'investit alors pour la dissolution du ministère de la Sécurité intérieure, autrement dit la Stasi et devient, à cette occasion, l'un des initiateurs d'une loi sur les archives de la Stasi.

Dans les derniers jours de la RDA, la Chambre du peuple, que le processus de réunification invite à proposer quelques membres au Bundestag, le nomme député au Parlement fédéral. Le 4 octobre, il est chargé du « commissariat fédéral pour la documentation du service de sécurité de l'État de l'ex-République démocratique allemande ». Il démissionne alors de ses fonctions parlementaires, qui n'auront duré qu'une journée au Bundestag. Il est ensuite formellement nommé par le président de la République fédérale, Richard von Weizsäcker, et le chancelier fédéral, Helmut Kohl. L'an suivant, Gerhild et lui se séparent.

En 1995, Joachim Gauck est reconduit pour un second mandat de cinq ans. L'institution, forte d'environ 2000 fonctionnaires gère un important volume d'archives et s'ouvre au public, y compris aux victimes elles-mêmes et aux chercheurs. En 1998, profitant de sa qualité de commissaire fédéral, il offre sa contribution à l'édition allemande du Livre noir du communisme, dans laquelle il apporte son témoignage personnel et défend ses convictions. Son aura lui vaut, en 1999, d'être approché par les Union chrétiennes (CDU/CSU) et le Parti libéral-démocrate (FDP), ces deux partis lui proposant leur soutien pour la succession de Roman Herzog à la présidence de la République fédérale ; une prestigieuse proposition que Gauck décline cependant.

Très respecté pour son combat favorable aux droits des victimes de la dictature communiste, Gauck quitte le commissariat fédéral en 2000, date à laquelle il est remplacé par Marianne Birthler. Cette même année, il rencontre la journaliste politique Daniela Schadt, laquelle est, depuis, sa compagne.

Un combat permanent pour la démocratie[modifier | modifier le code]

Après 2000, Joachim Gauck refuse de nombreuses propositions politiques, notamment celles émanant du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD). En 2003, il est cependant élu président de l'association « Contre l'oubli - Pour la démocratie » (Gegen Vergessen – Für Demokratie), cette occasion lui permettant de poursuivre ainsi ses travaux portant sur les crimes commis par la dictature communiste.

Son rôle de commissaire chargé des archives de la Stasi lui fit don d'une certaine notoriété et, dans le même temps, d'un profond respect de la communauté internationale ; ainsi, le 3 juin 2008, il était l'un des signataires, au même titre, entre autres, que l'ancien président tchèque Václav Havel, de la Déclaration de Prague, celle-ci portant sur la conscience européenne quant aux crimes du communisme.

Première candidature à la présidence fédérale[modifier | modifier le code]

Un rassemblement citoyen favorable à la candidature de Joachim Gauck, à Berlin.

Au mois de juin 2010, quelques jours après la démission du président Horst Köhler, le SPD et les Verts, les deux principaux partis d'opposition, proposent à Joachim Gauck d'être leur candidat à l'élection présidentielle anticipée du 30 juin 2010, face au candidat soutenu par la coalition de centre-droit au pouvoir, le ministre-président de Basse-Saxe, Christian Wulff.

Si l'élection semble acquise pour le candidat du centre-droit, Gauck dispose, cependant, d'une grande vague de soutiens populaires, notamment dans le milieu culturel et artistique[2]. Certains politologues avancent par ailleurs que si l'élection devait se tenir au suffrage universel direct, Gauck en serait probablement le vainqueur.

Sans surprise, le candidat Gauck est défait par Wulff, ayant recueilli 494 suffrages, contre 625 au candidat de la coalition gouvernementale, élu président fédéral. Cependant, ce n'est qu'au troisième tour de scrutin que Wulff a pu être élu, alors qu'il disposait d'une confortable majorité qui aurait largement permis son élection dès le premier tour. L'élection difficile de Wulff est donc considérée de façon générale comme un camouflet pour la chancelière Merkel.

Si Gauck fut défait par Wulff, il resta cependant très populaire, gagnant d'ailleurs le surnom de « président des cœurs »[3].

Président fédéral[modifier | modifier le code]

Une élection consensuelle[modifier | modifier le code]

Après la démission du chef de l'État, le 17 février 2012, Gauck est de nouveau pressenti pour présenter sa candidature à la présidence fédérale[4]. Le même jour, un sondage indique que 54 % des Allemands souhaiteraient le voir élu au château présidentiel de Bellevue[5]. Deux jours plus tard, il reçoit le soutien des chrétiens-démocrates, des libéraux et écologistes, s'assurant ainsi une très large majorité pour son élection par l'Assemblée fédérale[6], le scrutin devant se tenir le 18 mars suivant[7]. Angela Merkel, d'abord réticente, a fini par consentir à la nomination de celui-ci, ainsi chargé de redorer le blason de la fonction présidentielle, marquée par la démission de deux titulaires, en deux ans. Le candidat désigné Gauck, ému, déclare, lors d'une conférence de presse, être « troublé et confus »[8] par la situation, avant de se dire honoré que « quelqu'un comme [lui], né durant une guerre terrible et qui a vécu cinquante ans sous une dictature […] soit appelé à devenir chef de l'État. » Il se pose dès lors en rassembleur de la Nation, invitant les Allemands à retrouver « la foi dans leur propre force », alors que le pays est confronté en première ligne à la crise économique.

Pour cette élection, Gauck a pour adversaires Beate Klarsfeld, une ancienne « chasseuse de nazis », bien connue des Allemands, dont la candidature est soutenue par le parti de gauche Die Linke, et Olaf Rose, un historien révisionniste, dont la candidature est soutenue par le NPD.

Le 18 mars, dès le premier tour de scrutin, Joachim Gauck est élu président de la République fédérale d'Allemagne avec 991 voix, sur 1 232 votants, de l'Assemblée fédérale, soit 88 % des votants. Ému lors de l'annonce, par le président du Bundestag, Norbert Lammert, de son élection, le nouveau chef de l'État déclare que les grands électeurs ont élu « un président qui ne peut pas penser sans l'idée de liberté ». Le lendemain, il déclare souhaiter gagner le respect des Allemands[9], la fonction présidentielle ayant été « entachée » par son prédécesseur, Christian Wulff, selon l'ancien chancelier Helmut Schmidt.

De nombreuses prises de position[modifier | modifier le code]

Il est investi de ses fonctions présidentielles le 23 mars 2012, cinq jours après son élection, au cours d'une cérémonie solennelle, qui s'est tenue dans le cadre d'une session conjointe du Bundestag et du Bundesrat. Dans son discours d'investiture, le nouveau président fédéral, européen convaincu, évoque l'Europe en ces termes : « L’Europe, pour ma génération, c’était la terre promise […] Pour mes petits-enfants, l’Europe est depuis longtemps une réalité quotidienne, avec la liberté de traverser les frontières, les possibilités et les préoccupations d’une société ouverte » ; il annonce à cette occasion son intention de faire de la Pologne sa première destination officielle en tant que président fédéral[10]. Durant son allocution, le nouveau chef de l'État sembla, par ailleurs, mettre en garde les extrémistes et les nationalistes : « Aux extrémistes de droite qui haïssent la démocratie, nous le disons clairement : votre haine même nous interdit d'abandonner notre pays »[11],[12].

Le 25 avril suivant, le président Gauck annule une visite d'État en Ukraine, du fait de sa préoccupation quant à l'état de santé fort inquiétant de l'ancien Premier ministre ukrainien, Ioulia Tymochenko, emprisonnée pour des raisons jugées politiques par l'Union européenne[13]. La position du chef de l'État est alors saluée par la presse et l'ensemble de la classe politique allemande[14].

Le 28 mai, le chef de l'État allemand se rend, durant deux jours, au Moyen-Orient, plus précisément en Israël puis en Palestine, afin de rencontrer les présidents israélien, Shimon Peres, et palestinien Mahmoud Abbas. Cette visite d'État est très suivie par les médias allemands, qui soulignent à l'occasion la prestance présidentielle et l'image d'homme d'État du président Joachim Gauck[15].

En juin 2012, la loi portant sur le Mécanisme européen de stabilité (MES), adoptée par les députés du Bundestag, devait être promulguée par le président Gauck ; or, celui-ci annonça qu'il n'allait pas imposer sa signature au document officiel tant que celui-ci ne serait pas approuvé par le Tribunal constitutionnel fédéral, qui est saisi par des députés du parti de gauche radicale Die Linke, décidés à retarder l'entrée en vigueur de cette loi[16]. Le 8 juillet, alors invité de la Sommerinterview de ZDF, Joachim Gauck pressa le gouvernement fédéral de « mieux décrire » les suites du sommet européen portant sur le MES et la croissance, affirmant que « l'énergie, parfois, semble manquer pour dire à la population ce qui se passe réellement », même si, reconnut-il, il ne serait sans doute « pas capable de faire le travail » du gouvernement d'Angela Merkel ; cette intervention publique, diffusée sur la ZDF, est considérée comme une marque d'indépendance volontairement affichée par le chef de l'État vis-à-vis de la chancelière Merkel[17].

Joachim Gauck s'entretenant avec le président des États-Unis, Barack Obama, au château de Bellevue, le 19 juin 2013.

Le 26 août, Joachim Gauck se rend à Rostock, sa ville natale, dans le dessein de commémorer le vingtième anniversaire des émeutes racistes qui bouleversèrent cette ville du Mecklembourg, en 1992. Dans une allocution, le chef de l'État affirma que « la xénophobie, la haine et la violence infectaient encore aujourd'hui le présent ». Un appel contre la haine et le racisme une nouvelle fois clamé par le président Gauck, qui avait déjà mis en garde ses compatriotes lors de son discours d'investiture, le 18 mars précédant[18]. « Nous n'avons pas peur de vous. Où que vous vous manifestiez, vous nous trouverez sur votre chemin ! » déclare le président fédéral allemand, à l'adresse des militants nationalistes et racistes, « où qu'ils puissent manifester leur haine »[19].

Le 19 novembre, au cours d'une conférence accueillie à la Villa Rosebery, à Naples, par le président de la République italienne, Giorgio Napolitano, à laquelle est également convié le président de la République de Pologne, Bronisław Komorowski, le président Gauck déclara, conjointement avec ses homologues italien et polonais, que l'Europe peut sortir de la crise économique et financière. « Nous sortirons de la crise », ont ainsi déclaré les trois chefs d'État[20].

Le 25 décembre, le président Gauck prononce son premier discours télévisé de Noël, dans lequel il rend hommage aux soldats allemands engagés en Afghanistan et appelle les Allemands à se rassembler autour de trois valeurs : la solidarité, la charité et l'amour. Un discours au cours duquel est également évoquée la stabilité économique de l'Allemagne, bien que le chef de l'État ait mis en garde la classe politique au sujet « des fossés [qui] se creusent entre les riches et les pauvres » et se soit déclaré préoccupé par l'importance du réchauffement climatique.

Le 19 février 2013, respectant la tradition instaurée par ses prédécesseurs, Joachim Gauck a prononcé son premier discours de Berlin, depuis le château de Bellevue, dans lequel il affirme que, « l'Europe, dans un monde globalisé, face aux pays émergents, ne saurait s'imposer que si elle est unie, sur le plan politique […] et sur le plan économique »[21].

Le 26 juillet, un peu plus d'un mois après avoir reçu la visite du président des États-Unis, Barack Obama, au château de Bellevue, le président Gauck assume pleinement, dans un entretien au journal régional Passauer Neue Presse, son soutien au « lanceur d'alerte » américain Edward Snowden, un informaticien ayant révélé au monde la pratique d'écoutes illégales commises par la National Security Agency (NSA). Contournant la position affichée par le gouvernement fédéral, qui a refusé d'accueillir Snowden sur le territoire allemand, le président de la République affirme, durant cet entretien, que les personnes comme Snowden avaient le devoir d'obéir à leur conscience, qui plus est si les institutions pour lesquelles elles travaillent venaient à « prendre des décisions illégitimes » ; cette attitude « mériterait [alors] le respect » selon le chef de l'État allemand[22].

Le président Joachim Gauck prononçant le discours inaugural de la 50e Wehrkunde, à Munich, le 31 janvier 2014.

Le 8 décembre, les services de la présidence fédérale ont officialisé par communiqué l'absence du chef de l'État pour l'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de 2014 à Sotchi, en Russie, prévue pour le 7 février 2014. S'il n'est officiellement pas question de boycott, la Fédération de Russie étant critiquée pour sa législation vis-à-vis des personnes homosexuelles, l'absence programmée du président Gauck est considérée comme une dénonciation officieuse, ce dernier étant un fervent militant des droits de l'Homme[23].

Le 31 janvier 2014, c'est au président de la République fédérale d'Allemagne qu'il revient d'inaugurer la 50e conférence de Munich sur la sécurité, dite « Wehrkunde » ; dans un discours, qu'il prononce devant les invités de la conférence, le président Gauck, évoquant la politique diplomatique assumée par son pays, déclare que, « l'Allemagne n'étant pas une île », celle-ci devait réfléchir aux « conséquences d'une éventuelle inaction diplomatique », enjoignant ses compatriotes à « ne pas se cacher derrière la culpabilité passée » de l'Allemagne et prônant « une implication plus résolue et plus fondamentale ». Ce discours présidentiel, salué par la presse d'outre-Rhin comme étant l'acte fondateur d'une « affirmation de la politique diplomatique allemande », est alors appuyé par le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, celui-ci poursuivant que l'Allemagne n'était que « trop grande pour se limiter aux commentaires »[24],[25].

La politique du pardon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vergangenheitsbewältigung.

Depuis son élection, le président Gauck, durant ses visites officielles, a toujours présenté ses excuses, au nom de l'Allemagne, pour les crimes et les souffrances imposés par le régime nazi. Cette « politique du pardon » fut largement saluée par la presse allemande comme par les institutions européennes, bien que parmi les prédécesseurs de Joachim Gauck à la présidence fédérale se trouvaient également des hommes politiques ayant exprimé des regrets, sans demander le pardon des nations concernées.

Le 4 septembre 2013, dans le cadre d'une visite d'État en France, le président Gauck se rend à Oradour-sur-Glane, un village du Limousin meurtri par le massacre de sa population, commis le 10 juin 1944 par la division SS Das Reich ; pour la première fois, le président de la République fédérale d'Allemagne acceptait de se rendre en ce lieu marqué par la barbarie nazie, accomplissant un acte jugé « historique »[26], nouveau symbole de la réconciliation franco-allemande[27]. Dans un discours, prononcé lors de sa visite, Gauck insiste sur « la lourde tâche » qu'est le fait de pouvoir s'adresser aux familles des victimes de ce massacre et serrer dans ses bras le président de la République française, François Hollande, accompagnant le chef de l'État allemand durant cette visite[28].

Enfin, le 7 mars 2014, Joachim Gauck s'est rendu dans le village grec de Liguiades, dans l'Épire, afin de se recueillir à la mémoire des victimes d'un massacre commis, le 3 octobre 1943 par l'Armée allemande, celle-ci ayant été le sujet de multiples attaques assumées par la Résistance hellénique. Dans un discours, qu'il prononça devant le président de la République hellénique, Károlos Papoúlias, le président fédéral allemand, après s'être incliné « devant les victimes d'un crime monstrueux », avait solennellement « demandé pardon, au nom de l'Allemagne, aux familles des victimes ». Une position saluée par les autorités grecques, alors, soumises, durant la Seconde Guerre mondiale, au régime d'Adolf Hitler[29].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1991 : Les dossiers de la Stasi. L'héritage sinistre de la RDA (titre original : Die Stasi-Akten. Das unheimliche Erbe der DDR), Rowohlt, Reinbek bei Hamburg, 1991. (ISBN 3-499-13016-5)
  • 1992 : De la dignité des opprimés (titre original : Von der Würde der Unterdrückten), contributeur
  • 1993 : La perte et la bonne humeur. Un chapitre sur le sujet de la modernité (tire original : Verlust und Übermut. Ein Kapitel über den Untertan als Bewohner der Moderne), contributeur
  • 1998 : Le Livre noir du communisme - la suppression, la criminalité et le terrorisme, (titre original : Das Schwarzbuch des Kommunismus – Unterdrückung, Verbrechen und Terror), contributeur du chapitre « L'approche difficile de la perception », sur l'oppression politique en Allemagne de l'Est, Piper Verlag, Munich, 2004. (ISBN 3-492-04053-5)
  • 2009 : Le Vol des occupants : un risque libre (titre original : Die Flucht der Insassen: Freiheit als Risiko), Sankt Augustin-Berlin, 2009. (ISBN 978-3-941904-20-0)
  • 2009 : Hiver en été, printemps en automne, Mémoires (titre original : Winter im Sommer, Frühling im Herbst, Memoirs), Munich, 2009. (ISBN 978-3-88680-935-6)
  • 2012 : La liberté. Un plaidoyer (titre original : Freiheit. Ein Plädoyer), Kösel, München, 2012. (ISBN 978-3-466-37032-0)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Joachim Gauck, un homme de convictions », Euronews, 18 mars 2012
  2. (fr)« Allemagne : les candidats à la présidence », ARTE, 29 juin 2010
  3. (fr)« Allemagne : Merkel choisit le président des coeurs », L'Express, 20 février 2012
  4. (fr) « Joachim Gauck sera le prochain président allemand », Le Monde, le 19 février 2010
  5. (fr) « Gauck, futur président allemand », Europe 1, 19 février 2012
  6. (de) « Gauck soll Bundespräsident werden », Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 19 février 2012
  7. (de) « Bundesversammlung wählt am 18. März », site du Bundestag
  8. (fr) « La revanche de Joachim Gauck, futur président allemand », Euronews, 20 février 2010
  9. (fr) « L'objectif de Gauck : gagner le respect des Allemands », Euronews, 19 mars 2012
  10. (fr) « Le président allemand célèbre l'Europe lors de sa prestation de serment », Euronews, 23 mars 2012
  11. (fr) « Joachim Gauck, nouveau président allemand, pourfend l'extrémisme », Le Nouvel Observateur, 23 mars 2012
  12. (fr) « Le discours d'investiture du président fédéral Joachim Gauck, le 18 mars 2012 », Bundespräsidialamt, mars 2012
  13. (fr) « Timochenko : Berlin annule un voyage », Le Figaro, 25 avril 2012
  14. (fr) « Euro 2012 : vers un boycott politique de l'Ukraine », Le Monde, 2 mai 2012
  15. (fr) « Délicate visite en Israël pour le président Gauck », Courrier international, 31 mai 2012
  16. (fr) « Mécanisme européen: report de la ratification en Allemagne », France 24, 21 juin 2012
  17. (fr) « Le président allemand fait la leçon à Angela Merkel », La Tribune, 8 juillet 2012
  18. (fr) « Xénophobie, haine et violence toujours d'actualité en Allemagne, selon son président », Euronews, 26 août 2012
  19. (fr) « Allemagne: le président Gauck commémore les émeutes racistes de Rostock », Agence France-Presse, 26 août 2012
  20. (fr) « "Nous sortirons de la crise", disent les présidents italien, allemand et polonais », Le Parisien - Aujourd'hui en France, 19 novembre 2012
  21. (fr)« Joachim Gauck : “L'Europe ne s'imposera que si elle est unie” », ARTE, 22 février 2013
  22. (fr) « Le président allemand affiche son respect pour Edward Snowden », Les Échos, 26 juillet 2013
  23. (fr) « Cérémonie d'ouverture : Le président allemand Joachim Gauck absent », France Info, 8 décembre 2013
  24. (fr) « L'affirmation de l'Allemagne sur la scène internationale, un changement bienvenu », Le Monde, 3 février 2014
  25. (fr) « L'Allemagne prête à s'impliquer plus sur la scène diplomatique », Challenges, 3 février 2014
  26. (fr) « Visite "historique" du président allemand à Oradour-sur-Glane », Le Monde, 4 septembre 2013
  27. (fr) « François Hollande et Joachim Gauck main dans la main à Oradour-sur-Glane », Euronews, 4 septembre 2013
  28. (fr) « Oradour-sur-Glane : une nouvelle accolade symbolique », Le Nouvel Observateur, 4 septembre 2013
  29. (fr) « Crimes nazis : l'Allemagne demande pardon à la Grèce », Le Monde, 7 mars 2014

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]