Marie-Thérèse d'Autriche (1717-1780)

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Marie-Thérèse
Marie-Thérèse d'Autriche en 1759, avec le sceptre et la Couronne de saint Étienne, par Martin van Meytens
Marie-Thérèse d'Autriche en 1759, avec le sceptre et la Couronne de saint Étienne, par Martin van Meytens
Titre
Reine de Hongrie et de Bohême, duchesse de Bourgogne, de Milan, de Brabant, de Limbourg et de Luxembourg et archiduchesse d'Autriche
20 octobre 174029 novembre 1780
(40 ans, 1 mois et 9 jours)
Prédécesseur Charles III
Successeur Joseph II
Duchesse de Parme et de Plaisance
20 octobre 174029 novembre 1780
(40 ans, 1 mois et 9 jours)
Prédécesseur Charles IV
Successeur Philippe Ier
Impératrice consort du Saint-Empire et reine consort de Germanie
13 septembre 174518 août 1765
(19 ans, 11 mois et 5 jours)
Prédécesseur Marie-Amélie d'Autriche
Successeur Josépha de Bavière
Biographie
Titre complet voir Titulature complète
Dynastie Maison de Habsbourg
Date de naissance 13 mai 1717
Lieu de naissance Vienne (Autriche)
Date de décès 29 novembre 1780 (à 63 ans)
Lieu de décès Vienne (Autriche)
Père Charles VI du Saint-Empire
Mère Élisabeth Christine de Brunswick-Wolfenbüttel
Conjoint François Ier du Saint-Empire
Enfant(s) Marie-Élisabeth d'Autriche
Marie-Anne d'Autriche
Marie-Caroline d'Autriche
Joseph II Red crown.png
Marie-Christine d'Autriche
Marie-Élisabeth d'Autriche
Charles-Joseph d'Autriche
Marie-Amélie d'Autriche
Léopold II Red crown.png
Marie-Caroline d'Autriche
Jeanne-Gabrielle d'Autriche
Marie-Josèphe d'Autriche
Marie-Caroline d'Autriche
Ferdinand d'Autriche
Marie-Antoinette d'Autriche
Maximilien d'Autriche

Marie-Thérèse d'Autriche (1717-1780)
Souverains d'Autriche

Marie-Thérèse d'Autriche (Maria Theresia Walburga Amalia Christina von Habsburg), née le 13 mai 1717 à Vienne et morte dans la même ville le 29 novembre 1780, fut Archiduchesse d'Autriche, reine de Hongrie, de Bohème et de Croatie, etc.[1], épouse de François-Étienne de Lorraine (l'Empereur François Ier). Surnommée « La Grande », elle est connue dans l'histoire comme l'impératrice Marie-Thérèse[2]. Par mariage, elle a été duchesse de Lorraine et grande duchesse de Toscane.

Seule femme souveraine des possessions des Habsbourg, elle est restée, dans la mémoire collective, comme l'un des plus grands monarques de son époque. Elle fut souvent considérée comme souveraine de facto du Saint-Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Fille de l'empereur Charles VI et de l'impératrice, née Élisabeth Christine de Brunswick-Wolfenbüttel, Marie-Thérèse était donc archiduchesse d'Autriche par sa naissance. De ses frères et sœurs, une seule survécut à l'enfance : Marie-Anne (1718-1744) dont elle resta très proche, tout comme de sa tante l'archiduchesse Marie-Madeleine.

Elle épousa, le 12 février 1736, François-Étienne de Lorraine, duc de Lorraine puis grand-duc de Toscane ; ils eurent seize enfants. Elle avait aussi marié sa sœur Marie-Anne au frère de François, Charles-Alexandre de Lorraine (1712-1780), gouverneur général des Pays-Bas autrichiens.

Héritière des États des Habsbourg[modifier | modifier le code]

Marie-Thérèse enfant, en 1727

En 1725, son père fit ratifier la Pragmatique Sanction aux États généraux et aux puissances étrangères. Celle-ci réservait le trône à l’aîné de ses enfants, qu’il soit de sexe masculin ou féminin, et donc à Marie-Thérèse au détriment de la fille de Joseph Ier son frère aîné décédé.

À la mort de Charles VI en 1740, et malgré la Pragmatique Sanction, Marie-Thérèse eut du mal à faire reconnaître ses droits au trône. Frédéric II de Prusse attaqua la Silésie, riche territoire appartenant aux Habsbourg, ce qui eut pour conséquence de déclencher la Guerre de succession d’Autriche[3].

Une succession très disputée[modifier | modifier le code]

Marie-Thérèse, roi de Hongrie et de Bohême

À la mort de l'empereur son père en octobre 1740, Marie-Thérèse est une jolie jeune femme de 23 ans, vive, spontanée, très amoureuse de son mari et ayant donné le jour à trois filles dont deux sont mortes au berceau.

Depuis trois générations, la difficulté à engendrer l’héritier mâle qui raffermira le trône de la dynastie est cruellement ressentie par la famille impériale et par leurs sujets. Enceinte de quatre mois, la grande-duchesse de Toscane espère donner enfin le jour à ce fils tant attendu.

Peu préparée à ses fonctions, la jeune souveraine se trouve confrontée à un « empire » sortant d'une guerre désastreuse contre l'empire ottoman, une armée désorganisée, des caisses vides et une administration archaïque aux rouages grippés.

Elle est de plus trahie de tous côtés et par ceux-là même qui s'étaient engagés à la soutenir, ses voisins et parents, notamment le roi Frédéric II de Prusse, qui venait d'accéder au trône. Elle dut mener sans soutien ni argent la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748) contre la Prusse, la Bavière, la Saxe, la France de Louis XV, le Piémont-Sardaigne et l'Espagne. Son cousin par alliance Charles Albert, électeur de Bavière, protégé par la France ennemie, est élu empereur (Charles VII) contrairement à la volonté de Charles VI.

À ces trahisons répond une première victoire diplomatique : en mars 1741 naît l'héritier attendu. Sur les conseils de sa mère, elle le nomme en geste d'Action de Grâce, Joseph, comme le père nourricier du Christ.

Sur le plan politique, elle réussit à s'allier à l'Angleterre des Hanovre et à rallier à elle la noblesse hongroise. Cette guerre occasionna pourtant la perte de la Silésie, riche région minière qu'elle dut céder à la Prusse, et d'une petite partie du Milanais qu'elle céda au roi de Sardaigne son beau-frère, Charles-Emmanuel III de Sardaigne.

Le reste des possessions héréditaires des Habsbourg était cependant sauvegardé : Marie-Thérèse, conformément au vœu de son père, est alors à la tête de l'archiduché d'Autriche (20 octobre 1740 - 29 novembre 1780), "roi" de Hongrie[4] (couronnée le 25 juin 1741[5]) et reine de Bohême (1743 - 1780).

Entretemps, elle avait enfin pu épouser, le 12 février 1736, son fiancé, François-Étienne de Lorraine.

Le trône des Habsbourg et la politique impériale[modifier | modifier le code]

Thaler à la madone et à l'effigie de Marie-Thérèse d'Autriche (1742).

En 1745, à la mort de Charles VII, Marie-Thérèse fit élire son époux François-Étienne de Lorraine sur le trône impérial. Elle-même devint alors impératrice consort des Romains.

Aucune femme n'avait en effet été élue à la dignité impériale ; nonobstant, la personnalité de Marie-Thérèse, faite de courage, de grandeur d'âme, de droiture et de pugnacité, s'imposait dans la politique de l'Empire, bien plus que la sage mesure qu'observait l'empereur François. Elle fut pour toutes les cours, les chancelleries et pour le public, simplement "l'Impératrice", qui exerçait la réalité du pouvoir.

Ses contemporains la nommèrent assez rapidement et ce, dès la seconde partie de son règne, « Marie-Thérèse la Grande »[6].

Avec l'accession de François et Marie-Thérèse au trône, la dignité impériale revenait dans la Maison de Habsbourg (devenue celle de Lorraine-Habsbourg mais connue depuis comme celle de Habsbourg-Lorraine) : la Maison d'Autriche préservait ainsi sa puissance et son importance dans le concert des grandes nations européennes.

La nouvelle politique d'alliance mise en œuvre par son chancelier d'État, le comte de Kaunitz ayant pour but de combattre la Prusse a pour conséquence un rapprochement avec la France et le soutien de la Russie et de la Suède. Alliée à la France depuis 1756, Marie-Thérèse reprit la guerre contre Frédéric II de Prusse afin de récupérer la Silésie ; mais à l'issue de cette guerre de Sept Ans (1756-1763), elle perdit définitivement la Silésie. Elle favorisera désormais des solutions plus pacifiques.

C'est au cours de cette guerre qu'elle crée un nouvel ordre de chevalerie, qui porte son nom et qui restera jusqu'en 1918 la plus haute décoration militaire autrichienne.

Elle renforce les liens avec ses sujets hongrois en leur manifestant une confiance particulière. Un corps d'élite de hussards hongrois est ainsi chargé d'assurer sa garde personnelle, tradition qui perdurera jusqu'en 1918 et elle confie au maréchal comte Batthyány l'éducation du futur Josef II[7].

À la mort de son époux en 1765, Marie-Thérèse, tout à sa douleur, songea à abdiquer, mais effrayée par le tempérament autoritaire et vindicatif de son fils et successeur Joseph II, elle préféra conserver le pouvoir et seulement l'associer au gouvernement des « États héréditaires ».

Durant son règne, elle entreprit diverses réformes centralisatrices, notamment grâce à l'aide de son chancelier Kaunitz. Elle fut aussi une adepte du mercantilisme.

L'impératrice se laissa entraîner — par Catherine II de Russie — dans la première des partitions de la Pologne. En 1772, lui fut attribuée la Petite-Pologne et la partie de l'Ukraine appelée la Galicie.

Bien que fervente catholique, elle cherche à renforcer le contrôle de l'État sur l'Église et signe, en 1773, l'expulsion de la Compagnie de Jésus[7].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Les enfants impériaux à la sortie de la guerre de succession : le futur Joseph II (au centre) et six de ses frères et sœurs. À gauche : Charles Joseph, Pierre Léopold et Marie-Amélie. À droite : Marie-Anne, Marie-Élisabeth et Marie-Christine

Marie-Thérèse fut une épouse très amoureuse (on l'a dite parfois envahissante). Elle donna à l'empereur 16 enfants (11 filles, 5 fils), parmi lesquels 10 parvinrent à l'âge adulte.

Marie-Thérèse en deuil, ca. 1772.

Postérité[modifier | modifier le code]

Les membres de l'actuelle Maison de Habsbourg-Lorraine, dite Maison d'Autriche, descendent tous de Marie-Thérèse et de son Franz[8] et par ceux-ci de leurs enfants : Léopold II, Ferdinand duc de Modène, Marie-Amélie duchesse de Parme, et Marie-Caroline, reine consort de Naples et de Sicile. Par leurs mariages, les descendants actuels des maisons souveraines d'Espagne, du Luxembourg, de Belgique, du Liechtenstein,des Deux-Siciles, de Parme, de Savoie, de Saxe et de Bragance, ont tous Marie-Thérèse dans leurs ancêtres directs. Il en est de même pour la maison ducale de Hohenberg et les comtes de Méran[9], branches morganatiques des Habsbourg-Lorraine. Les descendants de Marie-Thérèse se retrouvent également parmi les membres de plusieurs grandes familles de l'aristocratie européenne.

Titulature complète[modifier | modifier le code]

Marie-Thérèse au masque : l'impératrice aimait aussi les fêtes et les bals

Héritière des Habsbourg Marie-Thérèse est titulaire de nombreux titres.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Bérenger, Histoire de l'empire des Habsbourg, 1665-1918, tome 2, Paris, Tallandier, 2012 (1169 pages). (ISBN 9791021000704)
  • Jean-Paul Bled, Marie-Thérèse d'Autriche, Paris, Fayard, 2001. (ISBN 2213679320)
  • Victor-Louis Tapié, Monarchie et peuples du Danube, Paris, Fayard, 1969.

Liens[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. l'archiduché d'Autriche, le royaume de Hongrie, le royaume de Croatie, la Bohême, Mantoue, Milan, le royaume de Galicie et Lodomérie, les Pays-Bas autrichiens et Parme
  2. il s'agit ici du titre porté par la femme de l'empereur
  3. Pour le paragraphe : Piet Lenders, Vienne et Bruxelles : une tutelle qui n’exclut pas une large autonomie p. 42, dans Hervé Hasquin et alii, La Belgique autrichienne, 1713-1794 : Les Pays-Bas méridionaux sous les Habsbourg d’Autriche, Bruxelles, Crédit Communal, 1987 ; Léopold Genicot, Histoire de la Wallonie, Toulouse, Privat (Univers de la France et des pays francophones. Série : Histoire des provinces), p. 198-200.
  4. Les lois du royaume ne pouvant reconnaître une reine.
  5. Le calendrier Belgique curieux et utile, Chez Pierre de Goesin,‎ 1759 (lire en ligne), p. 40
  6. Cf le discours d'accueil du cardinal de Rohan à Marie-Antoinette d'Autriche à Strasbourg en 1770, la lettre du comte de Mercy apprenant l'exécution de la reine en 1793…
  7. a et b David Tarot, « L'impératrice Marie-Thérèse », La Nouvelle Revue d'Histoire, no 64, janvier-février 2013, p. 46-48.
  8. Nicolas Enache, La Descendance de Marie-Thérèse de Habsbourg, reine de Hongrie et de Bohême, 1996, L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, 795 pages (ISBN 2-908003-04-X)
  9. l'archiduc Jean-Baptiste d'Autriche.