Marie-Dorothée de Habsbourg-Lorraine

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Marie-Dorothée de Habsbourg-Lorraine

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L'archiduchesse Marie-Dorothée de Habsbourg-Lorraine

Titre

Épouse du prétendant orléaniste
au trône de France

5 novembre 189628 mars 1926
(&&&&&&&&&&01073429 ans, 4 mois et 23 jours)

Prédécesseur Marie-Isabelle d’Orléans
Successeur Isabelle d’Orléans
Biographie
Titulature « Duchesse d'Orléans »
Nom de naissance Marie-Dorothée de Habsbourg-Lorraine
Naissance 14 juin 1867
Alcsuth, Hongrie
Décès 6 avril 1932 (à 64 ans)
Alcsuth, Hongrie
Père Joseph de Habsbourg-Lorraine
Mère Clotilde de Saxe-Cobourg-Kohary
Conjoint Philippe d'Orléans (1869-1926), « duc d’Orléans »
Enfants Sans


Marie Dorothée Amélie de Habsbourg-Lorraine, archiduchesse d’Autriche, princesse de Hongrie, et « duchesse d’Orléans », est née le 14 juin 1867 à Alcsuth, en Hongrie, et est décédée dans la même ville le 6 avril 1932. Pour les royalistes français, elle est, de droit, « reine de France » de 1894 à sa mort.

Famille[modifier | modifier le code]

Wappen Kaisertum Österreich 1815 (Klein).png

L’archiduchesse Marie-Dorothée est la fille de l’archiduc Joseph de Habsbourg-Lorraine (1833-1905), comte palatin de Hongrie, et de son épouse la princesse Clotilde de Saxe-Cobourg-Kohary (1846-1927), elle-même fille de la princesse Clémentine d'Orléans, fille du roi des Français Louis-Philippe.

Elle est également la nièce de la reine des Belges Marie-Henriette épouse du roi Léopold II, lui même fils de la princesse Louise d'Orléans.

Par son père, la princesse est l’arrière-petite-fille de l’empereur Léopold II d’Autriche (1747-1792) tandis que, par sa mère, elle est l’arrière-petite-fille du roi des Français Louis-Philippe Ier (1773-1850).

Les Orléans comme les Saxe-Cobourg-Gotha (notamment le roi des Belges et la mère de l'archiduchesse) ont le sens des affaires et leurs familles sont non seulement royales mais aussi richissimes.

La princesse est élevée par ses parents dans le culte de la Hongrie et la loyauté envers l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, chef de leur Maison et couronné roi de Hongrie en 1867, année de naissance de Marie-Dorothée.

Le mariage : un pis-aller[modifier | modifier le code]

Le comte de Paris décédé en 1894, son fils le duc d'Orléans hérite à 25 ans de l'immense fortune des Orléans et des prétentions à la couronne de France. Il se doit de se marier selon son rang afin d'assurer une descendance. Cependant, aucun souverain - y compris l'oncle belge - n'est prêt à donner une de ses filles en mariage au prétendant orléaniste; ne serait-ce que par crainte de mécontenter la République Française.

C'est l'octogénaire princesse Clémentine, tête politique de la famille (elle a réussi à mettre son fils cadet Ferdinand sur le trône de Bulgarie) et infatigable marieuse, qui propose la candidate : sa propre petite-fille, l'archiduchesse Marie-Dorothée, une petite-cousine du duc.

Membre d'une branche cadette de la Maison impériale, un tel mariage ne peut mettre à mal les relations austro-françaises d'autant plus que l'Autriche-Hongrie est déjà officiellement l'alliée de l'Allemagne.

Un tel mariage permettrait également à la dot de rester dans la famille. Ainsi le prince Philippe de Saxe-Cobourg-Kohary, fils aîné de la princesse Clémentine et oncle de Marie-Dorothée a épousé en 1875 la princesse Louise de Belgique, fille aînée du roi des Belges ; La sœur de celle-ci, Stéphanie de Belgique a épousé en 1881 l'archiduc-héritier de l'empire austro-hongrois Rodolphe d'Autriche. Tous ces mariages ont été très malheureux (et notamment marqués par la tragédie de Mayerling) mais la fortune a été ainsi conservée.

Âgée de presque 30 ans, l'archiduchesse fait figure de vieille fille et a peu de chance de trouver un autre soupirant que son petit-cousin. Elle ne peut qu'acquiescer.

Les Orléans ayant été condamnés à l'exil en 1886, le mariage a lieu à Vienne le 5 novembre 1896.

Dans ses Mémoires, intitulés "Comment j'ai vu 1900", la comtesse de Pange, qui avait 9 ans à l'époque, écrit :

" Ce mariage royal excitait beaucoup l'imagination des légitimistes et toute la haute aristocratie française espérait y être invitée (...) les d'Uzès, les Luynes, les Noailles, les d'Harcourt, les La Rochefoucault, les d'Haussonville, etc.

(...) L'archiduchesse Marie-Dorothée n'était ni jeune, ni jolie, ni aimable, ni souriante et son union mal assortie avec le duc d'Orléans ne promettait rien de bon. Elle prononça lourdement un solennel "Ya" qui parut bien gauche pour une reine de France.

(...) De loin nous suivions les étapes du voyage et en lisions les récits dans les journaux. La Gazette de Château-Gonthier y consacrait sa première page, alors que le Réveil de la Mayenne n'y faisait que d'ironiques allusions. Ma grand-mère se rendit à une messe solennelle d'actions de grâces qui fut célébrée à Château-Gonthier et où se trouvait toute la noblesse « bien-pensante » du pays. "

Le prince voyageur et son épouse casanière[modifier | modifier le code]

Le mariage de Marie-Dorothée et de Philippe d’Orléans fait, pour un temps, renoncer le chef des Orléans aux grandes expéditions dont il était coutumier.

Mais le prince conserve tout de même son goût des voyages et il se lance, dès 1897, en compagnie de son épouse dans des croisières méditerranéennes à bord du yacht Maroussia. Le couple séjourne notamment au Palais d'Orléans à Palerme où il reçoit le Gotha notamment le Kaiser Guillaume II d'Allemagne et la Kaiserin.

Mais, les années passant, Marie-Dorothée se révèle stérile. Les relations du couple princier se dégradent et le prétendant décide de reprendre ses expéditions outre-mer tandis que Marie-Dorothée passe de plus en plus de temps, chaque année, dans le château de sa famille, à Alcsuth, en Hongrie.

Malgré tout, en 1906, le prince Philippe tente de renouer avec son épouse et se rend auprès d’elle afin de la convaincre de s’installer avec lui au Manoir d’Anjou, près de Bruxelles.

Peine perdue, la duchesse d'Orléans refuse tout net et le prétendant orléaniste doit reprendre sa vie de solitaire. La décision de l’archiduchesse est si ferme que, lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale en 1914, elle décide de rester en Hongrie, pays allié de l'Allemagne, bien qu'elle soit en principe "reine de France", décision que ne lui pardonnera jamais son époux. Le couple se sépare dès le retour de la paix.

Le duc mourut en 1926 à Palerme, la duchesse en 1932 à Alcsuth.

Aujourd’hui, la séparation du duc et de la duchesse d’Orléans reste visible par delà la mort. Marie-Dorothée est en effet enterrée dans la crypte du Palais Royal de Bude tandis que les restes de son époux reposent à la Chapelle Royale de Dreux.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

  • Poisson, Georges, Les Orléans, une famille en quête d'un trône, Perrin, Paris, 1999.