Veit Harlan
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Veit Harlan
Veit Harlan lors de son procès, en 1949, à Hambourg.
| Naissance | 22 septembre 1899 Berlin, Empire allemand |
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| Décès | 13 avril 1964 Capri |
| Profession | réalisateur |
Veit Harlan, né le 22 septembre 1899 à Berlin et mort le 13 avril 1964 à Capri (Italie), est un réalisateur allemand.
Sommaire |
[modifier] Biographie
[modifier] Origines et carrière d'acteur
Veit Harlan naît dans une famille d'artistes (père romancier, deux frères musiciens). Il fréquente l'intelligentsia berlinoise : Friedrich Kayssler, Max Reinhardt, Erwin Piscator. Il débute comme acteur au Volkstheater, à Berlin. Il apparaît pour la première fois au cinéma dans un petit rôle en 1927 et tourne dans une vingtaine de films jusqu'en 1935.
[modifier] Réalisateur
[modifier] Sous le Troisième Reich
En 1933, il signe sa première réalisation : Die Pompadour avec Käthe von Nagy, et devient par la suite l'un des réalisateurs les plus actifs du Troisième Reich. Il voit la première fois Hitler le 1er mai 1933, lors d’un discours[1].
Il se spécialise dans l'idylle romantique La Sonate à Kreutzer (Die Kreutzersonate, en 1937, d'après Tolstoï) ; Le Voyage à Tilsit (Die Reise nach Tilsit, en 1939, un remake de L'Aurore de Murnau). En 1942, il réalise son grand film en couleurs La Ville dorée (Die goldene Stadt). Il tourne ensuite Le Lac aux chimères (Immensee en 1943, d'après Theodor Storm) et Offrande au bien-aimé (Opfergang en 1944, d'après Rudolf Binding), deux mélodrames échevelés. Son film le plus connu est cependant Le Juif Süss (Jud Süß en 1940), film de propagande antisémite, qui est projeté dans tous les pays occupés par l'Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale.
[modifier] Après la Seconde Guerre mondiale
En 1948, il est accusé de complicité de crime contre l'humanité par quatre juristes allemands, anciens déportés d'origine juive scandalisés par la décision de la commission de dénazification lavant Veit Harlan de toute culpabilité. Le procès s'achève en avril 1949 par un acquittement. L'avocat général ayant fait appel, un nouveau procès se tient à Hambourg en avril 1950 : l'acquittement est prononcé au bénéfice de "circonstances atténuantes"[2].
Veit Harlan peut dès lors reprendre sa carrière de cinéaste, réalisant neuf films dans les années 1950[3]. Il écrit ensuite Le cinéma allemand selon Goebbels[4], où il s'explique sur son comportement durant la période national-socialiste, tout en laissant une marge autobiographique, de ses débuts au théâtre jusqu'à ses dernières réalisations. Il récuse dans ce livre tout engagement pro-nazi, révélant par ailleurs la forte inimitié existant entre le monde artistique et le Troisième Reich, mais, en dépit de l'aversion qu'il avait pour le ministre de la Propagande, a du mal à cacher la fascination qu'exerçait sur lui Joseph Goebbels. Il écrit par exemple : « Le poète Hans Hömberg a ainsi qualifié la fatalité qui s’était abattue sur mon nom : « Löser & Wolf sont indissociables tout comme Blanche-Neige et le Prince charmant, Tünnes et Schäl, Charibde et Scylla, Veit Harlant et Le Juif Süss » »[5].
Il meurt à Capri d'une pneumonie, en 1964.
[modifier] Vie privée
Il se marie en premières noces avec une chanteuse d'origine juive, Dora Gerson, en 1922, dont il divorce deux ans plus tard, qui sera déportée et tuée à Auschwitz, puis en 1929 avec l'actrice Hilde Körber de laquelle il a trois enfants, Thomas Christian (né en 1929, futur metteur en scène et scénariste, décédé le 16 octobre 2010 à Schönau/Königsee, Allemagne (1), Maria Christiane (née en 1930, actrice sous le nom de Maria Körber) et Susanne (1932-1982), enfin en 1939 avec l'actrice Kristina Söderbaum qui lui donne deux fils, Christian (né en 1939) et Caspar (né en 1946).
Sa nièce Christiane Susanne Harlan épousa le réalisateur Stanley Kubrick.
[modifier] Filmographie[6]
[modifier] Acteur
- Cinéma muet
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- Cinéma parlant
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[modifier] Réalisateur
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[modifier] Scénarii
Les rôles féminins principaux de ces scénarii ont tous été voulu pour Kristina Söderbaum, épouse de Veit Harlan[7].
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[modifier] Article connexe
[modifier] Notes et références
- Veit Harlan, Le cinéma allemand selon Goebbels, France-Empire, 1974, pages 31 et 32.
- Lionel Richard, Nazisme et barbarie, Éditions Complexe, 2066, p. 114
- Adapté au conformisme bien-pensant de l'ère Adenauer, Harlan n'a pas cherché à sortir des procédés qu'il avait bien rodés : un pathétisme de pacotille sur fond de terroir, écrit Lionel Richard (Nazisme et barbarie, p.114)
- Veit Harlan, Le cinéma allemand selon Goebbels, France-Empire, 1974.
- Veit Harlan, Le cinéma allemand selon Goebbels, France-Empire, 1974, page 11.
- Veit Harlan, Le cinéma allemand selon Goebbels, France-Empire, 1974, pages 367-373.
- Veit Harlan, Le cinéma allemand selon Goebbels, France-Empire, 1974, page 373.
[modifier] Sources
- Le Monde du 21 octobre 2010, rubrique « Décès »