Georges de Bohême

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Georges de Poděbrady
Statue de Georges de Poděbrady à Kunštát en République tchèque.
Statue de Georges de Poděbrady
à Kunštát en République tchèque.
Titre
Roi de Bohême
145822 mars 1471
Prédécesseur Ladislas Ier du Saint-Empire
Successeur Vladislas IV de Bohême
Gouverneur de Bohême
14511453
Régent de Bohême
1453 – 1458
Biographie
Dynastie Podiebrad
Date de naissance 23 avril 1420
Lieu de naissance Château de Poděbrady (Bohême)
Date de décès 22 mars 1471 (à 50 ans)
Lieu de décès Prague (Bohême)
Père Victor de Kunštát et Poděbrady
Mère Anne de Wartenberg
Conjoint Cunégonde de Sternberg
Jeanne de Rožmitál

Georges, seigneur de Kunstat et de Poděbrady (en tchèque : Jiří z Kunštátu a Poděbrad), né le 23 avril 1420 à Poděbrady et décédé le 22 mars 1471 à Prague, gouverneur (1452), régent (1453) puis roi de Bohême (1458-1471) est le premier souverain européen rejetant la foi catholique, embrassant la religion de Jan Hus dont le signe caractéristique était un calice apposé sur les églises.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Fils de Victor (1403-1427), seigneur de Kunštát et de Poděbrady et de Anne de Wartenberg. Son père est un noble tchèque qui avait pris la tête de la rébellion Taborite durant les guerres hussites, Georges prend part très jeune à la bataille de Lipany en 1434 qui vit la défaite des Taborites face aux hussites modérés.

Opposant puis régent[modifier | modifier le code]

En tant que chef des hussites, il mit en déroute les armées impériales menées par Albert II, beau-fils de l'empereur Sigismond Ier du Saint-Empire. Durant la minorité de Ladislas Ier du Saint-Empire, la Bohème se divise en deux camps : les catholiques menés par Ulrich von Rosenberg (tchèque: Oldřich z Rožmberka) (1403-1462) et les hussites menés par Hynek von Pirkstein (tchèque: Hynek Ptácek z Pirkštejna) puis Georges de Poděbrady.

Georges de Poděbrady, après plusieurs essais infructueux d'entente entre les deux camps, a recours aux armes, mobilise une armée hussite qu'il base dans le Nord-Est du pays où son fief est situé et marche sur Prague dans laquelle il entre quasiment sans rencontrer de résistance dans la nuit du 2 au 3 septembre 1448. La guerre civile continue cependant. Le 23 avril 1452, Frédéric III, tuteur du jeune roi Ladislas confie à Georges l'administration du royaume de Bohême, décision entérinée par la diète réunie cette même année et qui lui confie l'intendance du royaume. Le 28 octobre 1453 la diète de Bohême élit roi le jeune Ladislas après que l'empereur l'eut libéré mais comme le roi n'a que treize ans, Georges de Poděbrady devient régent. En 1456 il acquiert comme fief héréditaire le duché de Münsterberg.

Règne[modifier | modifier le code]

L'opposition entre les Tchèques hussites et les catholiques proches du Saint-Empire demeure, mais Georges de Poděbrady se révèle homme de compromis. La mort prématurée du jeune roi donne lieu a des rumeurs d'empoisonnement dont les hussites seraient à l'origine. Le 2 mars 1458, la diète des États de Bohême élit Georges à l'unanimité. Même les partisans du camp catholique votèrent pour lui, soucieux de ménager un fort sentiment national et de garder les domaines de l'Église romaine que certains d'entre eux avaient sécularisé[1].

Excellent administrateur, Georges de Poděbrady créa une haute administration qui subsista jusqu'à la guerre de Trente Ans. Le plus grave problème que le nouveau roi dut résoudre fut la menace de croisade brandie par le pape Pie II. Le pape dénonça en mars 1462 les Compactata et appela les sujets tchèques à la désobéissance, ce qui eut un certain succès dans les provinces restées pour l'essentiel catholiques (Moravie et Silésie). Le roi de Bohême réussit toutefois à détourner les intentions du pape en appelant toute la chrétienté à la croisade contre les Ottomans qui avaient pris Constantinople en 1453. La manœuvre faillit réussir mais Pie II meurt en 1464 avant de s'embarquer.

Projet d'union européenne[modifier | modifier le code]

Ne pouvant s'entendre avec le nouveau pape Paul II, Georges de Poděbrady envoie en 1465-1467 ses ambassadeurs dans toute l'Europe occidentale sous la conduite de son beau-père Lev de Rožmital pour proposer à la chrétienté une alliance permanente sous la forme d'un traité instaurant une « Confédération des rois et princes chrétiens » dotée d’une assemblée permanente et d’une cour internationale de justice. Le projet est très élaboré comprenant les principes d'une assistance mutuelle automatique, d'un arbitrage international, etc. L’Assemblée se réunirait à Bâle, puis, en alternance, dans une ville française et italienne. Les fonds de la « caisse commune » seraient alimentés par la dîme perçue par l'église[2]. L'ambassade reçoit qu'un accueil poli des cours notamment du roi Louis XI de France mais les souverains préférèrent leurs vaines querelles au bien des peuples[3].

Fin de règne[modifier | modifier le code]

Georges de Poděbrady et Matthias Corvin par Mikoláš Aleš.

En décembre 1466, le pape Paul II excommunie le roi Georges et interdit aux sujets catholiques de la couronne de Bohême de lui porter allégeance. Dans le courant de l'année 1467 Le roi Georges écrase sans beaucoup de difficulté l'Union de Zelená Hora, association de seigneurs catholiques qui se dresse contre lui. Mais au printemps 1468, il se trouve en face d'un nouvel ennemi. Matthias Ier de Hongrie, jusqu'alors allié de Georges, fait alliance avec Frédéric III, conquiert la Moravie et la Silésie, se fait couronner roi de Bohême à Olomouc le 3 mai 1469. Les années suivantes, Georges remporte des succès militaires, obligeant le roi de Hongrie à signer un cessez-le-feu. La mort du roi de Bohême, le 22 mars 1471, relance le conflit, cette fois pour la succession au trône de Bohême dont il avait lui même écarté ses propres fils le 5 juin 1469 au profit du fils ainé de Casimir IV de Pologne et petit-fils d'Albert II du Saint-Empire[4].

Unions et postérité[modifier | modifier le code]

Georges de Poděbrady eut deux épouses et onze enfants:

1) en 1440/1441 Cunégonde (1425-1449) fille de Smilo comte de Sternberg :

2) en 1450 Jeanne (morte en 1475) fille de Lev seigneur de Rožmital zu Blatna :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pavel Bělina, Petr Čornej et Jiří Pokorný, Histoire des Pays tchèques, Éditions du Seuil, coll. « Points Histoire U 191 », Paris, 1995 (ISBN 2020208105) p. 141
  2. Cf notamment Colette Beaune, « Chrétienté et Europe : le projet de Georges de Podiebrad au XVe siècle », Chrétiens et sociétés, no 1,‎ 1994 (lire en ligne), et Jacques Le Goff, L’Europe est-elle née au Moyen Âge ?, éditions du Seuil,‎ 2003.
  3. Pavel Bělina, Petr Čornej et Jiří Pokorný, Op.cit p. 143.
  4. Pavel Bělina, Petr Čornej et Jiří Pokorný Op.cit p. 144

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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