Georges de Bohême

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Georges de Poděbrady
Statue de Georges de Poděbrady à Kunštát en République tchèque.
Statue de Georges de Poděbrady
à Kunštát en République tchèque.
Titre
Roi de Bohême
14581471
gouverneur de Bohême
1451 – 1453
régent de Bohême
1453 – 1458
Biographie
Dynastie Podiebrad
Date de naissance
Lieu de naissance Château de Poděbrady
Date de décès
Lieu de décès Prague
Père Victor de Kunštát
Mère Anne de Wartenberg
Conjoint Cunégonde de Sternberg (1425-1449)

Georges, seigneur de Kunstat et de Poděbrady (en tchèque : Jiří z Kunštátu a Poděbrad), né le 23 avril 1420 à Poděbrady, roi de Bohême (1458-1471) est le premier souverain européen rejetant la foi catholique, embrassant la religion de Jan Hus dont le signe caractéristique était un calice apposé sur les églises.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Victor (1403-1427), seigneur de Kunštát et de Poděbrady et de Anne de Wartenberg. Son père est un noble tchèque qui avait pris la tête de la rébellion taborite durant les guerres hussites, Georges prend part très jeune à la bataille de Lipany en 1434 qui vit la défaite des taborites contre les hussites modérés.

En tant que chef des hussites, il mit en déroute les armées impériales menées par Albert II, beau-fils de l'empereur Sigismond Ier du Saint-Empire. Durant la minorité de Ladislas Ier du Saint-Empire, la Bohème se divise en deux camps : les catholiques menés par Ulrich von Rosenberg (Oldřich z Rožmberka) (1403-1462) et les hussites menés par Georges de Poděbrady.

Georges de Poděbrady, après plusieurs essais infructueux d'entente entre les deux camps, a recours aux armes, mobilise une armée hussite qu'il base dans le Nord-Est du pays où son fief est situé et, en 1448, marche sur Prague dans laquelle il entre quasiment sans rencontrer de résistance. La guerre civile continue cependant. En 1451, Frédéric III, tuteur du jeune roi Ladislas confie à Georges l'administration du royaume de Bohême, décision entérinée par la diète réunie cette même année et qui lui confie l'intendance du royaume. En 1453 la diète de Bohême élit roi Ladislas après que l'empereur l'eut libéré mais comme le roi n'a que treize ans, Georges de Poděbrady devient régent.

L'opposition entre les Tchèques hussites et les catholiques proches du Saint-Empire demeure, mais Georges de Poděbrady se révèle homme de compromis. La mort prématurée du jeune roi donne lieu a des rumeurs d'empoisonnement dont les hussites seraient à l'origine. Le , la diète des États de Bohême élit Georges a l'unanimité. Même les partisans du camp catholique votèrent pour lui, soucieux de ménager un fort sentiment national et de garder les domaines de l'Église romaine que certains d'entre eux avaient sécularisé.

Excellent administrateur, Georges de Poděbrady créa une haute administration qui subsista jusqu'à la guerre de Trente Ans. Le plus grave problème que le nouveau roi dut résoudre fut la menace de croisade brandie par le pape Pie II. Le pape dénonça en mars 1462 les Compactata et appela les sujets tchèques à la désobéissance, ce qui eut un certain succès dans les provinces restées pour l'essentiel catholiques (Moravie et Silésie). Le roi de Bohême réussit toutefois à détourner les intentions du pape en appelant toute la chrétienté à la croisade contre les Ottomans qui avaient pris Constantinople en 1453. La manœuvre faillit réussir mais Pie II meurt en 1464 avant de s'embarquer.

Ne pouvant s'entendre avec le nouveau pape Paul II, Georges de Poděbrady envoie en 1464 ses ambassadeurs dans toute l'Europe pour proposer à la chrétienté une alliance permanente sous la forme d'un traité instaurant une « Confédération des rois et princes chrétiens » dotée d’une assemblée permanente et d’une cour internationale de justice. Le projet est très élaboré comprenant les principes d'une assistance mutuelle automatique, d'un arbitrage international, etc. L’Assemblée se réunirait à Bâle, puis, en alternance, dans une ville française et italienne. Les fonds de la « caisse commune » seraient alimentés par la dîme perçue par l'église[1]. Mais les rois préférèrent leurs vaines querelles au bien des peuples.

Georges de Poděbrady et Matthias Corvin par Mikoláš Aleš.

Le , le pape Paul II excommunie le roi Georges et interdit aux sujets catholiques de la couronne de Bohême de lui porter allégeance. Jusqu'alors allié de Georges, Matthias Ier de Hongrie fait alliance avec Frédéric III, conquiert la Moravie et la Silésie, se fait couronner roi de Bohême à Olomouc le . Les années suivantes, Georges remporte des succès militaires, obligeant le roi de Hongrie à signer un cessez-le-feu. La mort du roi de Bohême, le , relance la guerre, cette fois pour la succession au trône de Bohême de laquelle ses héritiers sont écartés.

Unions et postérité[modifier | modifier le code]

Georges de Poděbrady eut deux épouses et onze enfants:

1) en 1440/1441 Cunégonde (1425-1449) fille de Smilo comte de Sternberg:

2) en 1450 Jeanne (morte en 1475) fille de Jean Léon seigneur de Rožmital zu Blatna :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf notamment Colette Beaune, « Chrétienté et Europe : le projet de Georges de Podiebrad au XVe siècle », Chrétiens et sociétés, no 1,‎ 1994 (lire en ligne), et Jacques Le Goff, L’Europe est-elle née au Moyen Âge ?, éditions du Seuil,‎ 2003.

Bibliographie[modifier | modifier le code]


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