Josépha de Bavière

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Josépha de Bavière
Josépha de Bavière.
Josépha de Bavière.
Titre
Impératrice consort du Saint-Empire
18 août 176528 mai 1767
(1 an, 9 mois et 10 jours)
Prédécesseur Marie-Thérèse d'Autriche
Successeur Marie-Louise d'Espagne
Reine consort de Germanie
23 janvier 176528 mai 1767
(2 ans, 4 mois et 5 jours)
Prédécesseur Marie-Thérèse d'Autriche
Successeur Marie-Louise d'Espagne
Biographie
Dynastie Maison de Wittelsbach
Nom de naissance Maria Josepha Antonia Walburga Felicitas Regula von Bayern
Date de naissance 30 mars 1739
Lieu de naissance Munich (Bavière)
Date de décès 28 mai 1767 (à 28 ans)
Lieu de décès Vienne (Autriche)
Sépulture Crypte des Capucins
Père Charles-Albert de Bavière
Mère Marie-Amélie d'Autriche
Conjoint Joseph II

Josépha de Bavière (Maria Josepha Antonia Walburga Felicitas Regula), née le 30 mars 1739 à Munich, décédée le 28 mai 1767 à Vienne, fille de l'électeur Charles-Albert de Bavière et de Marie-Amélie d'Autriche, fut princesse de Bavière, puis impératrice consort du Saint-Empire et reine consort de Germanie par son mariage avec l'empereur Joseph II. Elle appartenait à la maison de Wittelsbach.

Famille[modifier | modifier le code]

Josépha était le septième et dernier enfant de Charles VII du Saint-Empire et de son épouse Marie-Amélie d'Autriche qui était archiduchesse d'Autriche par sa naissance. Ses grands-parents maternels étaient Joseph Ier du Saint-Empire et Wilhelmine-Amélie de Brunswick-Lunebourg, tandis que ses grands-parents paternels étaient Maximilien-Emmanuel de Bavière et Thérèse Cunégonde Sobieska, la fille du roi de Pologne Jean III Sobieski. L'archiduchesse Marie-Amélie, la mère de Josépha, était la cousine de sa future belle-mère Marie-Thérèse d'Autriche ; Josépha était donc la cousine au second degré de son futur mari Joseph II du Saint-Empire.

Les parents de Josépha avaient eu sept enfants, dont quatre survécurent jusqu'à l'âge adulte. Josépha avait un frère, l'Électeur Maximilien III Joseph de Bavière, et deux sœurs, Marie-Antoinette de Bavière, Électrice consort de Saxe, et Marie-Anne de Bavière, Margravine de Bade-Bade.

Mariage[modifier | modifier le code]

Le 13 janvier 1765, elle épousa par procuration Joseph de Habsbourg-Lorraine, roi de Germanie et héritier de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche. Lorsqu'elle arriva à Vienne, son mari ne semblait pas mécontent de sa nouvelle femme, ni son entourage qui accueillit la jeune épouse. Ils se marièrent officiellement le 25 janvier 1765, au château de Schönbrunn.

Le mariage ne fut pas heureux. Il n'avait été décidé que sous la pression de l'impératrice-mère Marie-Thérèse d'Autriche, qui, ayant connu les affres d'une guerre de succession, voulait que son héritier ait une postérité masculine pouvant recueillir l'héritage impérial. Veuf inconsolable de sa première épouse Isabelle de Bourbon-Parme, l'empereur Joseph ne souhaitait pas se remarier. Cependant, il avait fait des propositions de mariage concernant la sœur de Marie-Isabelle, Marie-Louise. La proposition fut refusée car Marie-Louise était déjà fiancée au futur roi Charles IV d'Espagne et ne s'intéressait pas à Joseph.

Joseph avait rencontré Josépha en 1764, alors qu'il se rendait à Francfort-sur-le-Main afin d'être élu roi de Germanie. Il ne la trouvait pas séduisante physiquement ; la première fois qu'il la rencontra, il la décrivit ensuite dans une lettre : « Elle a vingt-cinq ans. Elle n'a jamais eu la petite vérole, et la simple idée de cette maladie me fait trembler. Sa silhouette est courtaude, épaisse, et sans aucune trace de charme. Son visage est couvert de taches et de boutons. Ses dents sont horribles. » Cependant, le prince Wenzel Anton von Kaunitz-Rietberg ayant insisté pour que Joseph épouse une princesse de Bavière pour s'assurer une alliance, Josépha fut choisie pour épouser Joseph II.

Un mois après son mariage, Joseph II envoya une longue lettre à Philippe Ier de Parme, le père de feue Isabelle de Bourbon-Parme. Il y admettait qu'il n'avait rien en commun avec sa nouvelle épouse, mais que du point de vue du caractère, Josépha était une « femme irréprochable » qui l'aimait, et qu'il admirait ses qualités mais souffrait de ne pas pouvoir l'aimer. Même les ennemis de Josépha à la cour admettaient qu'elle était aimable, serviable, amicale envers tous et bienfaisante, mais que son intelligence était limitée et qu'elle manquait de culture[1]. Joseph ajouta : « Je resterai sur la voie de l'honneur, et si je ne peux pas être un époux affectueux, au moins elle trouvera en moi un ami, qui apprécie ses qualités et la traite avec toute la considération imaginable. » Cependant il ne tint pas cette promesse.

Au fil du temps, il en vint à traiter Josépha avec une parfaite froideur. Marie-Christine d'Autriche écrivit à ce sujet : « Je crois que si j'étais sa femme (de Joseph) et si j'étais si mal traitée, je m'enfuirais pour me pendre à un arbre à Schönbrunn. » Malgré la froideur de son époux, Josépha l'aimait énormément et souffrait profondément de son manque d'affection. Étant faible et timide, et consciente de son infériorité par rapport à lui, elle tremblait et pâlissait quand elle se trouvait en sa présence[2].

Josépha, Impératrice consort du Saint-Empire, peinte en 1765 par Martin van Meytens.

Le seul membre de la famille impériale qui prit la jeune Josépha sous son aile fut son beau-père François Ier du Saint-Empire, et quand il mourut le 18 août 1765, Josépha n'eut plus d'ami. Son mari Joseph II succédant à François Ier, elle devint impératrice consort du Saint-Empire ; cependant, sa belle-mère resta la figure la plus importante de l'empire et de la cour de Vienne.

L'union de Joseph et de Josépha resta stérile, mais pendant une bonne partie des deux ans que dura le mariage, l'état de santé de Josépha amena plusieurs fois la cour, y compris elle-même, à penser qu'elle était enceinte. En octobre 1765, dans une lettre à son frère Léopold, Joseph écrivit : « En ce qui concerne mon impératrice, il n'y a pas de changement. Elle n'est pas malade mais a de considérables dérangements. Elle pourrait être enceinte mais sans le moindre signe de grosseur. Je n'y comprends tout simplement rien, et je me console avec la vie heureuse que je mène en époux célibataire[3]. »

Le mois suivant, il ajouta : « Je vis quasiment en célibataire, me levant à 6 heures du matin, allant au lit à 11 heures, ne voyant ma femme qu'à table et ne la touchant qu'au lit[4]. » Le même mois, la surintendante de la maison de l'impératrice démissionna, affirmant qu'elle ne pouvait plus supporter de contempler le tableau de ce mauvais ménage (en français dans le texte). Apparemment l'impératrice avait aggravé sa situation en s'en ouvrant à ses serviteurs.

Fin et épilogue[modifier | modifier le code]

Son sarcophage, Kaisergruft, Crypte des Capucins, Vienne, Autriche.

Le 28 mai 1767, après seulement deux ans de mariage, Josépha mourut de la petite vérole comme Marie-Isabelle de Bourbon-Parme avant elle. Elle était âgée de 28 ans. Son mari ne lui rendit pas visite durant sa maladie, mais l'impératrice-mère le fit. Marie-Thérèse d'Autriche en attrapa la maladie, mais sa solide constitution lui permit de survivre.

La première réaction de Joseph II à la mort de sa femme fut des remarques à son entourage où il regrettait la froideur dont il avait fait preuve. Il affirma plus tard à sa sœur Marie-Antoinette que sa femme avait été « pour tant de raisons digne de respect »[5]. L'impératrice Josépha fut enterrée dans la Crypte des Capucins à Vienne, mais l'empereur n'assista pas à ses funérailles[6].

En octobre suivant, l'archiduchesse Marie-Josèphe, fiancée au roi Ferdinand IV de Naples, s'étant recueillie devant le sarcophage de sa belle-sœur avant son départ pour Naples, attrapa également la petite vérole qui lui fut fatale.

Bien que mal-aimée, l'impératrice joua malgré elle un rôle dans la vie de son époux après sa mort, quand il revendiqua la souveraineté d'une grande partie de la Bavière en 1778 et 1779. Il donnait pour raison à sa revendication, entre autres, son mariage avec une princesse de Bavière. Le conflit déboucha sur la guerre de Succession de Bavière, dans laquelle les Habsbourg ne gagnèrent finalement que l'Innviertel[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Sir Nathaniel William Wraxall, Memoirs of the courts of Berlin, Dresden, Warsaw, and Vienna, in the years 1777, 1778, and 1779, Volume 2, A. Strahan, for T. Cadell jun. and W. Davies,‎ 1800, p. 407
  2. (en) William Coxe, History of the House of Austria,: from the foundation of the Monarchy by Rhodolph of Hapsburgh, to the death of Leopold the Second, 1218 to 1792, Volume 2, Luke Hansard and Sons,‎ 1807, p. 661
  3. Beales 1987, p. 87
  4. (en) Derek Beales, Joseph II: Volume 1, In the Shadow of Maria Theresa, 1741-1780, Volume 1, Cambridge University Press,‎ 1987
  5. Beales 1987, p. 88
  6. (de) Helga Thoma, Ungeliebte Königin, Piper,‎ 2006
  7. (de) Friedrich Weissensteiner, Die Töchter Maria Theresias, Heyne,‎ 2002

Source[modifier | modifier le code]