Ferdinand Ier de Parme

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Ferdinand Ier de Parme : portrait de Pietro Melchiorre Ferrari

Ferdinand de Bourbon, né à Parme le 20 janvier 1751 mort à Fontevivo le 9 octobre 1802, fut duc de Parme, de Plaisance et de Guastalla sous le nom de Ferdinand Ier de 1765 à 1801.

Famille et enfance[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Philippe Ier de Parme et d'Élisabeth de France, fille de Louis XV. Sa mère quitte le duché en 1757 pour rejoindre la cour de France, où elle compte négocier favorablement et avec succès le mariage de ses enfants : l'aînée avec le futur empereur et la cadette avec le duc de Bourgogne et divers avantages pour son pays d'adoption. Elle y mourra en 1759. C'est sa sœur aînée Isabelle, jeune fille intelligente et pleine de charme, qui lui servira de mère mais celle-ci quitte le duché en 1760 pour épouser le futur empereur Joseph II. Elle mourra à Vienne des suites de ses secondes couches en 1763 laissant son mari et son frère inconsolables.

Sa sœur cadette Marie-Louise, à défaut du duc de Bourgogne décédé en 1761, épouse en 1765 le prince des Asturies, futur Charles IV d'Espagne. La même année, la mort du duc Philippe Ier fait accéder Ferdinand au trône de Parme. Le nouveau duc n'a que 14 ans.

De 1757 à 1769, il a été élevé par l'abbé de Condillac et Auguste de Keralio, installés par la défunte duchesse, tous deux fervents partisans français des idées des philosophes mais pas forcément bons pédagogues.

Son mariage - Le rapprochement avec l'Autriche[modifier | modifier le code]

La France et l'Espagne mettent tout en œuvre pour organiser le mariage de Ferdinand. Guillaume du Tillot, Premier ministre toujours en exercice, exprime sa préférence pour Marie Béatrice d'Este, fille du duc de Modène Hercule III : à la mort de celui-ci, les deux duchés auraient été réunis entre les mains de Ferdinand. Le duc de Choiseul propose Mademoiselle, la princesse d'Orléans, particulièrement riche, mais l'Espagne repousse cette proposition. Pour sa part, l'empereur Joseph II calcule que si le duché reste sans héritier, il pourrait faire retour aux possessions autrichiennes.

La France et l'Espagne tergiversant, la cour de Vienne fait converger les avis de tous en proposant l'archiduchesse Marie-Amélie, fille de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche et du défunt empereur François Ier et sœur de l'empereur Joseph II, veuf inconsolable d'Isabelle, de la reine Marie-Caroline de Naples et de Marie-Antoinette la future reine de France et épouse de Louis XVI.

Le 21 juin 1769, Ferdinand, âgé de 18 ans demande officiellement la main de Marie-Amélie âgée de 23 ans. Une fois obtenue la dispense papale nécessaire en raison de leur proche parenté, le mariage est célébré à Vienne par procuration le 27 juin 1769. Marie-Amélie quitte l'Autriche le 1er juillet 1769 et arrive à Mantoue le 16 juillet, accompagnée de son frère l'empereur Joseph. Ferdinand va à leur encontre accompagné du duc Sforza-Cesarini et du duc Grillo. Au cours d'une cérémonie, l'évêque confirme le mariage le 19 juillet dans le Palazzo Ducale de Colorno ; s'ensuivent fêtes et spectacles. Le couple ducal rejoint Parme le 24 au matin.

Le couple ducal: Ferdinand Ier de Parme et Marie-Amélie d'Autriche (1769)

Le couple ducal eut sept enfants :

Un gouvernement sous contrôle des puissances étrangères[modifier | modifier le code]

Le duché est en fait gouverné depuis 1759 par Guillaume Du Tillot, installé par la France. À l'instar des autres monarchies catholiques, le Portugal, la France et l'Espagne, Ferdinand renvoie les jésuites mais, particulièrement pieux, il recule l'échéance jusqu'en 1768.

À son arrivée, Marie-Amélie veut substituer l'influence autrichienne à celles de la France et de l'Espagne. Elle s'oppose ouvertement au Premier ministre et obtient de son mari son renvoi malgré l'opposition de la France et de l'Espagne et même de l'Autriche. Les deux premières puissances envoient l’Espagnol José Augustin de Llano en qualité de ministre, avec des ordres très sévères pour assainir les caisses du duché, continuellement vides en raison de la vie désordonnée du couple ducal. Très mal accueilli, José de Llano est renvoyé en octobre 1772.

La France, l'Autriche et l'Espagne rompent alors leurs relations diplomatiques avec Parme. Mais une réconciliation a lieu quelques mois plus tard à l'occasion de la naissance du prince héritier mais l'influence des puissances tutélaires n'en est pas moins très amoindrie.

Les conséquences de la Révolution française[modifier | modifier le code]

Ferdinand Ierde Parme par Zoffany
Marie-Amélie par Roslin

Les changements apportés par la Révolution française et l'exécution de leurs beau-frère et belle-sœur dont Amélie était très proche font des ducs de Parme des ennemis irréductibles des révolutionnaires. Si le danger de guerre contraint Ferdinand à se déclarer neutre, dans le même temps, il signe un pacte secret avec l'Autriche, le 13 mai 1794.

En 1796, Bonaparte se voit confier l'armée d'Italie qui entre à Plaisance puis à Parme pour enfin gagner Milan le 15 mai, en imposant de lourdes contributions au pays. Le duché subit de continuels passages de troupes qui s'affrontent.

En février 1801, par le traité de Lunéville, le duc Ferdinand reçoit le Grand-duché de Toscane, mais le traité de Aranjuez le lui reprend en avril de la même année ; Bonaparte crée en lieu et place un royaume d'Étrurie, qu'il confie au fils de Ferdinand, Ludovico (Louis de Bourbon).
Ferdinand est alors sous la surveillance de la France en la personne de Moreau de Saint-Méry, qui lui a été présenté par le comte Francesco Schizzati le 17 mars 1801.

Mourant, Ferdinand désigne son fils Louis, alors en Espagne, pour lui succéder au duché de Parme, avec pour régents le comte Schizzati et le marquis Ventura sous la présidence de sa femme; il décède à Fontevivo le 9 octobre 1802, peut-être par un empoisonnement dont le comte Corrado Marazzini est suspecté.

La régence ne dure que quelques jours, Moreau de Saint-Méry prenant possession du duché au nom de la France. Tandis que le prince Louis renonce à Parme pour devenir Roi d'Étrurie, un royaume fondé de toutes pièces par l'empereur des Français, la duchesse douairière trouve refuge en Bohême. Elle mourra à Prague quelques mois plus tard.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Bernard Mathieu Edit de La Tourelle, Tableau généalogique de la Maison de Bourbon, 1984
  • Adele Vittoria Marchi, Parma e Vienna, édition Artegrafica Silva Parma, 1988