Carinthie (Land)

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46° 45′ 40″ N 13° 49′ 08″ E / 46.761, 13.819 ()

Carinthie
(de) Kärnten
Blason de Carinthie
Héraldique
Drapeau de Carinthie
Drapeau
Localisation de la Carinthie sur la carte de l'Autriche
Localisation de la Carinthie sur la carte de l'Autriche
Administration
Pays Drapeau de l'Autriche Autriche
Capitale Klagenfurt
Landeshauptmann Gerhard Dörfler (BZÖ)
Partis au pouvoir BZÖ, SPÖ et ÖVP
Composition du parlement
(36 sièges)
BZÖ 15
SPÖ 14
ÖVP 4
Grüne 2
FPÖ 1
2004-2009
ISO 3166-2 AT-2
Démographie
Population 557 773 hab. (janvier 2012)
Densité 58 hab./km2
Géographie
Superficie 953 597 ha = 9 535,97 km2
Liens
Site web http://www.ktn.gv.at

La Carinthie (en allemand Kärnten, en slovène Koroška) est le Land le plus méridional de l'Autriche.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Carinthie est limitrophe à l'ouest du Tyrol oriental, au nord et nord-est du Land de Salzbourg, de la Styrie, au sud de la province frontalière de Carinthie sur le territoire de la Slovénie, et de l'Italie (région italienne de Frioul-Vénétie julienne).

Le paysage de la Haute-Carinthie est caractérisé par les montagnes, celui-ci de la Basse-Carinthie par le bassin de Klagenfurt. Dans ce bassin, entouré par les Alpes orientales centrales au nord et les Alpes carniques et les Karawanken, se trouvent les deux villes les plus importantes de la Carinthie : Klagenfurt (la capitale du land) et Villach. Entre les deux se trouve le Wörthersee, lequel, comme les autres lacs, constitue un centre de tourisme d'été.

La principale rivière de la Carinthie est la Drave (en allemand Drau, en slovène et en croate Drava, en hongrois Dráva), affluent de la rive droite du Danube, d'une longueur de 707 km, prenant sa source en Italie, dans les Alpes Carniques, et qui, après avoir baigné la Carinthie, traverse ensuite la Slovénie et la Croatie et est limitrophe de la Hongrie sur une centaine de kilomètres.

Les centrales hydroélectriques de la Drave produisent 12 % de l'électricité de l'Autriche.

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture et sylviculture[modifier | modifier le code]

culture et récolte de produits agricoles (2003)
produit agricole surface de culture
(1 000 ha)
récolte
(t)
rendement
(dt/ha)
blé 2,9 14 145 48,4
seigle 0,5 1 700 33,9
orge 8,4 36 669 43,6
avoine 1,6 6 218 38,6
maïs 15,2 135 235 89,2
pommes de terre 0,5 8 608 187,5
colza pour
extraction d'huile
0,1 205 25,5
trèfle (total) 3,2 23 706 73,1
foin fauché une fois 5,3 13 861 26,4
foin fauché
plusieurs fois
73,4 377 295 51,4
Source: Statisik Austria, Statistisches Jahrbuch 2005.

En 2003, la Carinthie comptait environ 11 200 exploitations agricoles. 45 247 personnes étaient employées dans l'agriculture, dont 4 133 dans des exploitations non familiales. 1 314 entreprises, exploitant une surface totale de 22 945 ha étaient des entreprises bio soutenues par InVeKoS.

En 2004, les 33 500 vaches à lait du Land ont produit 198 200 t de lait. Le cheptel bovin comptait 196 000 bêtes (rang 6 en Autriche), le cheptel porcin 146 000 bêtes (rang 4), en plus de 46 000 moutons (rang 5)[1],[2].

1 901 100 stères de bois ont été abattues en Carinthie en 2003 - soit 11,1 % des abattages autrichiens - dont 23 800 stères de feuillus, 1 568 100 stères de pin et 309 200 stères de bois de chauffage.

Tourisme[modifier | modifier le code]

La Carinthie est une destination très prisée en été. Les lacs les plus fréquentés sont le Wörthersee, le Millstätter See, l'Ossiacher See et le Weissensee, mais également de plus petits lacs tels que le Faaker See, le Klopeiner See et le Pressegger See. L'été, ces nombreux lacs, ainsi que les campings installés sur leurs abords, représentent un apport économique très important pour le Land. Le nombre de places de camping est très supérieur à la moyenne européenne, ce type de logement représente près de 20 % des nuits effectuées dans le Land. Le tourisme estival se concentre aux abords des lacs mais aussi des montagnes et des alpages. Les parcs nationaux Nockberge et Hohe Tauern permettent non seulement de préserver les beautés naturelles mais autorisent aussi un tourisme doux en leur sein.

Pendant la saison hivernale, les domaines skiables de Bad Kleinkirchheim, Naßfeld, Innerkrems et Gerlitzen sont des destinations prisées des touristes autrichiens, allemands et italiens.

La construction de l'aéroport de Klagenfurt, grâce à un soutien financier important de la part du Land, a permis ces dernières années d'améliorer la connexion de la Carinthie au tourisme international. Le nombre total de nuitées en Carinthie se monte à près de 13 millions. Près de 20 % de la population active travaillant dans le secteur touristique, le taux de chômage varie fortement selon les saisons.

Population active[modifier | modifier le code]

La population active se répartit comme suit : 5,9 % dans l'agriculture et la sylviculture, 29,7 % dans l'industrie et 64,3 % dans le secteur tertiaire. En 2004, la Carinthie compte 196 009 salariés, dont 46 % de femmes. Les branches les plus importantes sont la production de biens de consommation (34 965), le commerce et la réparation de véhicules neufs et d'occasion (30 577) et l'administration publique/sécurité sociale (24 938), qui représentent à elles trois 46 % des salariés. Le secteur de la construction emploie 16 298 personnes, le secteur de la santé 14 500, l'hôtellerie et l'hébergement 11 955.

Administration[modifier | modifier le code]

La Carinthie est divisée en 8 districts et 2 villes à statut :

Villes à statut[modifier | modifier le code]

Districts[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle : forteresse conservatrice[modifier | modifier le code]

Depuis le XIXe siècle, la Carinthie est une place forte de la droite en Europe centrale. À cette époque les germanophones véhiculent des idées nationalistes, antislaves et antijuives, anticléricales aussi, alors que les Slovènes sont loyaux envers le gouvernement central de Vienne, et l'État plurinational des Habsbourg. En 1919, quand l'Autriche-Hongrie est démembrée, le parlement de Carinthie demande le rattachement à l'Allemagne. L'armée yougoslave occupe les régions slovènes et se bat contre la garde nationale carinthienne. Jusque vers 1980 les gouvernements de Carinthie honorent les hommes de la garde nationale comme des héros et défenseurs du peuple contre les Slaves.

Par le référendum du 10 octobre 1920, les régions slovènophones décident de rester rattachées à la Carinthie, suite à la promesse faite aux 70 000 locuteurs de l'époque de mettre en place des écoles dans leur langue. Entre 1938 et 1945, sous les nazis les Slovènes sont persécutés par les SS. Pour se défendre, ils créent des groupes de partisans qui affrontent comme ils le peuvent l'armée et la police nazies. Ces résistants sont considérés comme traîtres par les politiciens de la droite carinthienne actuelle. L'extrême droite recueille généralement un grand pourcentage de voix aux élections : 42,5 % en 2004 pour le FPÖ derrière Jörg Haider et 45,5 % en 2009 pour le seul BZÖ des héritiers d'Haider, sans compter les 3,8 % du FPÖ orthodoxe.

Bilinguisme en Carinthie[modifier | modifier le code]

La querelle des panneaux bilingues (en allemand Ortstafelstreit)[modifier | modifier le code]

La loi autrichienne veut que les minorités linguistiques d'Autriche aient le droit d'apposer des panneaux bilingues et d'employer leurs langues dans l'administration et les écoles dans leur aire historique. En 1972, Bruno Kreisky, chancelier d'Autriche, et Hans Sima, gouverneur de Carinthie, font installer des panneaux bilingues allemand-slovène dans 205 communes du sud de la Carinthie. Tous les panneaux seront détruits par des groupes politiques d'extrême droite, ainsi que par des Slovènes assimilés qui souhaitent la disparition de la langue slovène.

En 1977, le gouvernement fédéral fait apposer des panneaux bilingues dans les communes où 25 % de la population parle slovène, soit 91 communes en tout. Mais 77 seulement ont pu installer ces panneaux en raison de l'opposition de politiciens de tous bords.

Depuis 2000, les défenseurs de la langue slovène utilisent une nouvelle stratégie. Ils dépassent les limites de vitesse dans les communes où les panneaux bilingues sont absents. Quand ils sont jugés, ils refusent de payer les amendes au motif que la commune n'applique pas la loi sur le bilinguisme des panneaux routiers.

En 2001, le Tribunal constitutionnel autrichien ordonne l'apposition de panneaux bilingues dans les communes où 10 % de la population parle slovène.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Statistik Austria, Statistisches Jahrbuch 2006
  2. Entreprises bio: [1]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • BALAND Lionel. Jörg Haider, le phénix. Histoire de la famille politique libérale et nationale en Autriche. Éditions des Cimes, Paris, 2012. (ISBN 979-10-91058-02-5)

Annexes[modifier | modifier le code]

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