Jean-René Lecerf

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Jean-René Lecerf
Image illustrative de l'article Jean-René Lecerf
Fonctions
Sénateur du Nord
En fonction depuis le 1er octobre 2001
Élection 23 septembre 2001
Réélection 25 septembre 2011
Maire de Marcq-en-Barœul
septembre 19941er novembre 2001
Prédécesseur Serge Charles (RPR)
Successeur Bernard Gérard (UMP)
Conseiller général du Canton de Marcq-en-Barœul
En fonction depuis le 3 octobre 1988
Prédécesseur Michel Deplanck (RPR)
Biographie
Date de naissance 10 avril 1951 (63 ans)
Lieu de naissance Valenciennes (Nord)
Parti politique UMP

Jean-René Lecerf, né le 10 avril 1951 à Valenciennes (Nord), est un homme politique français. Il est membre de l'Union pour un mouvement populaire et un des leaders de ce parti dans le département du Nord.

Sénateur du département du Nord depuis le 23 septembre 2001 et chef de l'opposition du Conseil général du Nord dont il est membre en tant que conseiller élu, depuis 1988, du canton de Marcq-en-Barœul. Il fut également maire de cette ville et ancien chargé d'enseignement de droit public à la faculté de droit de l'université de Lille II pendant près de 20 ans.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Les débuts avec Serge Charles[modifier | modifier le code]

Passionné depuis toujours par le Général de Gaulle, Jean-René Lecerf s'engage très vite au sein du Rassemblement pour la République et s'implique dès le début des années 1980 dans le monde politique, en devenant l'assistant parlementaire de Serge Charles, député-maire RPR de Marcq-en-Barœul. Il deviendra à partir de 1983 son directeur de cabinet à la mairie de Marcq-en-Barœul, préférant s'implanter dans cette ville plutôt qu'à Roubaix, le nouveau maire de cette ville élu en 1983, André Diligent, ayant voulu lui aussi en faire son directeur de cabinet[1]. Il fera véritablement ses débuts en politique en gagnant les élections cantonales de 1988 sur le canton de Marcq-en-Barœul et en figurant sur la liste conduite par Serge Charles lors des élections municipales de 1989, liste qui l’emportera très largement dès le premier tour avec 59,11 % des suffrages. Élu conseiller municipal, il devient premier adjoint de Serge Charles. Au décès de ce dernier, en 1994, il prend sa succession à la tête de l'exécutif marcquois. Un an plus tard, la liste qu'il conduit aux élections municipales remporte les élections municipales avec plus de 63 % des suffrages exprimés au premier tour. Il est dès lors reconduit dans ses fonctions de maire.

En tant que maire, il s'attache à développer des équipements de proximité, à la hauteur de la ville, tout en s'associant à une série de projets métropolitains tout en entendant porter « une attention particulière aux quartiers défavorisés, où le chômage peut atteindre des records »[1].

L’ascension politique : le Conseil général du Nord[modifier | modifier le code]

Élu conseiller général de Marcq-en-Barœul dès 1988, la victoire surprise et historique de la droite aux élections cantonales de 1992 le fait accéder à la Première Vice-Présidence du Conseil général du Nord, où il est chargé de l'Enseignement et de l'Education, tandis que Jacques Donnay (RPR) devient président de l’institution. Facilement réélu conseiller général en mars 1994, en recueillant près de 60 % des suffrages au premier tour, il tente en vain de s’emparer de la présidence du conseil général, et se range finalement derrière Jacques Donnay, réélu président. Il conservera sa première vice-présidence jusqu’en mars 1998, date à laquelle la gauche redevient majoritaire au sein de l’assemblée départementale.

Au lendemain de la défaite de la droite, il devient le chef de file de l’opposition au Conseil général en étant élu président du groupe Union pour le Nord. Depuis 1998, il a constamment été réélu à la tête du groupe.

La Communauté Urbaine de Lille[modifier | modifier le code]

Eu égard à l’accord politique de gestion de la Communauté urbaine de Lille, son élection à la tête de la mairie de Marcq-en-Barœul l’amène à devenir vice-président de la communauté, présidée à cette époque par Pierre Mauroy, avec lequel il entretient des rapports amicaux.

En charge de l’assainissement, il hérite de plusieurs dossiers importants dont celui de la dépollution de la Marque, rivière traversant notamment les villes de Marcq-en-Barœul et de Marquette. Travaillant en étroite collaboration avec les maires des communes concernées, il réussit à transformer l’image de cette rivière, autrefois bordée d’industries polluantes.

Ces fonctions l'amènent également à devenir dans le même temps administrateur de l'Agence de l'eau Artois-Picardie (1995-2001) puis Président de la commission des programmes de cet établissement public (1998-2001). Il sera enfin Vice-président de l'Espace naturel métropolitain de 1995 à 2001.

L’élection au Sénat[modifier | modifier le code]

En septembre 2001, il mène la liste soutenue par le RPR et l’UDF aux élections sénatoriales. Malgré les nombreuses dissidences à droite, sa liste arrive en deuxième position, recueillant 902 voix de grands électeurs (16,27 %), derrière la liste socialiste conduite par Pierre Mauroy (29,99 %), et obtient deux sièges. Il est ainsi élu, comme sa colistière centriste Valérie Létard, Sénateur du Nord.

En 1992 déjà, lors des sénatoriales, il avait constitué avec certains de ses amis politiques, dont Alex Türk, une liste « décalée pour ne pas dire dissidente » face à la liste « officielle » RPR-UDF. « Ce fut une espèce de fronde des élus moins vieux, pour ne pas dire plus jeunes, pour démontrer aux formations politiques traditionnelles qu'elles devaient se renouveler de l'intérieur. A la stupéfaction générale, nous avons eu deux élus contre trois pour la liste officielle », soulignait-t-il à l'époque[1].

Touché par le cumul des mandats, il décidé d’abandonner son poste de conseiller municipal, laissant son fauteuil de maire à son premier adjoint, Bernard Gérard. Cette démission entraîne de facto son départ de la Communauté urbaine de Lille, n’étant plus membre d’un conseil municipal.

Activités sénatoriales[modifier | modifier le code]

Jean-René Lecerf, lors d'une séance de questions au gouvernement au Sénat

Après avoir siégé d'octobre 2001 à juin 2002 au sein de la Commission des Affaires sociales, Jean-René Lecerf devient membre puis vice-président de la Commission des Lois du Sénat français. Il fut en outre membre du Haut conseil du secteur public de 2002 à 2004.

Il est de plus membre de la Commission des affaires européennes.

Il assume très rapidement un rôle important au sein de la Commission des Lois, en étant rapporteur d'un certain nombre de projets de loi importants, comme celui sur la création de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) ou celui relatif à la prévention de la délinquance[2]. Depuis la session ordinaire 2007-2008, il est chaque année rapporteur pour avis de la commission des Lois sur le programme "Administration pénitentiaires" des projets de loi de finances.

Très impliqué dans les thématiques judiciaires, il est particulièrement investi sur la question des prisons, du droit d'asile ou de la lutte contre les discriminations. Il est notamment membre du Conseil supérieur de l'administration pénitentiaire depuis 2008 et siège à la Commission de suivi de la détention provisoire ainsi qu'à la Commission nationale de l'admission exceptionnelle au séjour.

Il fait aussi partie des conseils d'administration de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et du conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres. Enfin, il est membre de la Cour de justice de la République.

Jean-René Lecerf en compagnie de Gérard Larcher, Président du Sénat, lors d'une visite de la prison de Loos en janvier 2009

Il a été notamment Rapporteur de la loi pénitentiaire en mars 2009. Les débats autour de ce projet de loi ont d'ailleurs été l'occasion de désaccords entre le Gouvernement (représenté par Rachida Dati puis Michèle Alliot-Marie) et la majorité sénatoriale. Avec l'appui de ses collègues sénateurs de la Commission des Lois, Jean-René Lecerf a réussi à sauvegarder notamment le principe de l'encellulement individuelle (Jean-Paul Garraud, rapporteur du texte à l'Assemblée nationale, s'est rallié à cette position lors du passage du texte en Commission mixte paritaire). Le Sénat avait en outre adopté les propositions de la Commission et de son rapporteur à l'unanimité.

À l'automne 2009, il est Rapporteur sur la réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature, qui vise à concrétiser la saisine par les justiciables du Conseil Supérieur de la Magistrature, saisine adoptée par le pouvoir constituant lors de la réforme constitutionnelle de juillet 2008.

Le 21 octobre 2009, il est nommé Rapporteur, pour le Sénat, du projet de loi tendant à amoindrir le risque de récidive criminelle et portant diverses dispositions de procédure pénale[3]. Ce projet de loi découle notamment de la forte médiatisation autour de l'affaire Hodeau et de l'affaire Evrard. Très attentif au déroulement de ces affaires et ayant eu l'occasion de rencontrer Francis Evrard lors d'une visite à la prison de Sequedin[4], il dévoile un certain nombre de pistes afin de lutter contre la récidive, dont, par exemple, l'obligation de soins et de suivi médical[4].

Le 1er novembre 2009, il cosigne avec 23 de ses collègues sénateurs, dont Jean-Pierre Raffarin, une tribune dans le Journal du dimanche intitulée "Pourquoi nous ne voterons pas la réforme de la taxe professionnelle"[5]. Il s'exprime à ce titre pour une plus grande cohérence dans les réformes des collectivités territoriales (s'occuper des compétences puis du financement de ces dernières) et pour une meilleure prise en compte de l'autonomie des collectivités territoriales[6].

En mai 2010, il est codirige un rapport d'information sur les prisons et les malades mentaux, préconisant de mieux encadrer la responsabilité pénale de ces personnes et de répondre de manière plus adaptée à leur situation.

Le 27 juillet 2010, il dépose une proposition de loi relative à la protection de l'identité visant à "équiper les cartes nationales d'identité de puces électroniques sécurisées qui non seulement contiendront des données biométriques numérisées mais pourront également offrir à leurs titulaires de nouveaux services tel que l'authentification à distance et la signature électronique."[7]. La pertinence technique de cette proposition a fait l'objet de critiques de différents médias en ligne[8],[9], d'autant que son dépôt précède de peu les démonstrations de vulnérabilité des puces électroniques sécurisées des cartes nationales anglaises[10] et allemandes[11]

En septembre 2010, lors d'une table ronde sur la sécurité aux journées parlementaires de l'UMP, il fait entendre son désaccord sur la politique sécuritaire menée par le gouvernement : il dénonce à ce titre l'inflation législative en la matière et la trop grande volatilité des lois dans ce domaine et critique le fait que le gouvernement remette en cause des lois à peine votées et qui ne sont pas encore en application en voulant faire précipitamment adopter d'autres lois[12].

Il soutient la réforme pénale de 2014, portée par Christiane Taubira[13].

Élections sénatoriales de septembre 2011[modifier | modifier le code]

Fort de son bilan sénatorial, il annonce le 25 juin 2011 qu'il sera candidat à sa réélection aux élections sénatoriales de septembre 2011.

À cette occasion, il se présente à la tête d'une liste de rassemblement « de la famille humaniste de droite et du centre-droit » composée de Valérie Létard, sénatrice sortante (Nouveau Centre), ancienne ministre et président de la communauté d'agglomération de Valenciennes, Patrick Masclet, maire (UMP) d'Arleux, conseiller régional et président de l'Association des maires du Nord, Béatrice Descamps, maire (DVD) de Méteren et ancienne sénatrice et Alain Poyart, maire (UMP) d'Avesnes sur Helpe, conseiller général du Nord et ancien député[14].

Bien que non investie par l'UMP, sa liste réussit à figurer en seconde position derrière la liste socialiste et, avec 18,34 % des voix, vire largement en tête des autres listes de droite, celles d'Alex Türk (10,35 %) et de Jacques Legendre (9,67 %). Seule sa liste parvient, à droite, à obtenir deux élus et à reconduire ses deux sortants.

Elections municipales de mars 2014 à Lille[modifier | modifier le code]

Il est la tête de liste UMP-UDI aux élections municipales de mars 2014, face à la maire sortante Martine Aubry.

Autres engagements nationaux et locaux[modifier | modifier le code]

Depuis décembre 2008, il est président de l'Association Grand Boulevard 2009, association regroupant 5 communes de la métropole lilloise et ayant pour but la célébration du centenaire du Grand Boulevard, axe fondateur de la métropole lilloise.

Depuis janvier 2009, Il est également secrétaire national de l'Union pour un mouvement populaire, chargé de la Justice. Il avait déjà occupé cette fonction de 2004 à 2007, lorsque Nicolas Sarkozy était président de l'UMP.

En septembre 2010, il est chargé par Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, en compagnie de son collègue le député Jean-Paul Garraud, d'une mission sur l'introduction des jurys populaires au sein des tribunaux correctionnels.

Depuis septembre 2010, il est l'administrateur de l'Association nationale de la justice réparatrice. Cette structure propose de mettre en lien un auteur et une victime de crime ou de délit, dans l'objectif de lutter contre la récidive.

En novembre 2011, il devient président du Haut comité français pour la défense civile.

Mandats[modifier | modifier le code]

Au Conseil général :

  • 1988 : élu conseiller général du canton de Marcq-en-Barœul.
  • 1994 : réélu conseiller général du canton de Marcq-en-Barœul avec 59,46 % des voix au premier tour.
  • 2001 : réélu conseiller général du canton de Marcq-en-Barœul avec 57,70 % des voix au premier tour.
  • 2008 : réélu conseiller général du canton de Marcq-en-Barœul avec 61,34 % des voix au premier tour.

À Marcq-en-Barœul :

  • 1989 : élu conseiller municipal sur la liste de Serge Charles. Devient par la suite premier adjoint.
  • 1994 : élu maire suite au décès de Serge Charles.
  • 1995 : réélu maire. La liste qu'il conduit obtient 63,76 % des voix au premier tour des élections municipales.
  • 2001 : réélu maire. La liste qu'il conduit obtient 58,48 % des voix au premier tour des élections municipales.

À la Communauté urbaine de Lille :

  • 1994-2001 : Vice-président de LMCU

Au Sénat :

  • 2001 : Tête de liste RPR-UDF aux élections sénatoriales de septembre. Sa liste obtient deux élus (Valérie Létard et lui-même). Touché par le cumul des mandats, il décide de démissionner de son mandat municipal, laissant son siège de maire à son premier adjoint, Bernard Gérard.
  • 2011 : réélu sénateur du Nord.

Citations sur Jean-René Lecerf[modifier | modifier le code]

  • "C'est comme le football, il y a des joueurs corrects. Vous savez que s'ils peuvent marquer un but, ils vont le marquer mais vous savez que vous ne prendrez pas de mauvais coups" : Jean-Pierre Balduyck, ancien maire (Parti socialiste) de Tourcoing, à propos de Jean-René Lecerf[15].
  • "Quand nous avons travaillé ensemble, nous avons formé un duo extraordinaire. Nous étions très complémentaires" : Bernard Gérard, son ancien premier adjoint qui lui a succédé à la mairie de Marcq-en-Barœul en novembre 2001[15].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Portrait de Jean-René Lecerf », Le Monde,‎ 2 octobre 1997
  2. « Fiche de Sénateur », Sénat,‎ 18 octobre 2008
  3. « Agenda de la Commission des Lois », Sénat,‎ 21 octobre 2009
  4. a et b « L'enjeu fondamental : les soins en prison », La voix du Nord,‎ 29 octobre 2009
  5. « Pourquoi nous ne voterons pas la réforme de la taxe professionnelle », Blog de Jean-René Lecerf,‎ 1er novembre 2009
  6. « Jean-René Lecerf avec Jean-Pierre Raffarin dans la fronde des sénateurs », Interview Nord Eclair,‎ 2 novembre 2009
  7. « Proposition de loi relative à la protection de l'identité », Sénat,‎ 27 juillet 2010
  8. « Bientôt une carte d'identité numérique pour s'identifier en ligne ? », Numérama,‎ 13 Août 2010
  9. « Neutralité des terminaux : l’argument boomerang des lobbies », ReadWriteWeb France,‎ 18 août 2010
  10. « La nouvelle carte d'identité britannique déjà piratée », Numérama,‎ 07 Août 2009
  11. « La nouvelle carte d'identité allemande piratée par le Chaos Computer Club », Numérama,‎ 03 Septembre 2010
  12. « L'UMP s'écharpe sur la sécurité », Rue 89,‎ 24 septembre 2010
  13. Delphine Legouté, « Réforme pénale : le sénateur UMP Jean-René Lecerf défend Christiane Taubira dans le procès en laxisme fait par l'UMP », europe1.fr, 12 mai 2014.
  14. « Un air de Borloo sur la liste Lecerf », Nord Eclair,‎ 25 juin 2011
  15. a et b « Portrait du Sénateur Lecerf », Public Senat,‎ janvier 2007