Géographie de la Russie

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60° 00′ 00″ N 100° 00′ 00″ E / 60, 100 ()

Géographie de la Russie
carte : Géographie de la Russie
Continent Asie et Europe
Région Eurasie
Coordonnées 60° 00' N 100° 00' E
Superficie
Côtes 37 653 km
Frontières (Kazakhstan, Chine, Mongolie, Ukraine, Finlande, Biélorussie, Géorgie, Estonie, Azerbaïdjan, Lituanie, Lettonie, Pologne, Norvège, Corée du Nord)
Altitude maximale 5 642 m (Elbrouz)
Altitude minimale – 28 m (mer Caspienne)
Plus long cours d’eau Ienisseï
Plus importante étendue d’eau lac Baïkal

La Russie est le plus grand pays du monde. Elle occupe le nord de l'Asie et l'est de Europe – pour respectivement 74,7 % et 25,3 % de son territoire. Elle est séparée du continent américain par le détroit de Béring.

Présentation : le territoire russe depuis 1991[modifier | modifier le code]

Carte de la Russie, territoire depuis 1991.

Situation[modifier | modifier le code]

La fédération de Russie occupe deux continents : la partie européenne s'étend à l'ouest des monts Oural, la partie asiatique à l'est. La Russie possède plusieurs façades maritimes : la plus grande, sur l'océan Arctique au nord, est prise par la banquise plus de la moitié de l'année. L'océan Pacifique borde l'est : le littoral oriental est très découpé (péninsule tchouktche, péninsule de Kamtchatka, golfe de Chelikhov) et donne sur la mer de Béring, la mer d'Okhotsk et la mer du Japon ; les mers du Sud sont la Caspienne (une mer fermée) et la mer Noire. Enfin, la Russie a accès à la mer Baltique à l'ouest où se trouve le port de Saint-Pétersbourg.

Pays frontaliers[modifier | modifier le code]

Après la dissolution de l'Union soviétique en 1991, la Russie se retrouve entourée par les anciennes Républiques soviétiques. Sa façade maritime s'est quelque peu réduite mais son influence géostratégique s'en est trouvée diminuée.

La longueur des frontières inclut : Azerbaïdjan 284 km, Biélorussie 959 km, Chine (sud est) 3 605 km, Chine (sud) 40 km, Estonie 294 km, Finlande 1 313 km, Géorgie 723 km, Kazakhstan 6 846 km, Lettonie 217 km, Mongolie 3 441 km, Corée du Nord 19 km, Norvège 167 km, Ukraine 1 576 km. L'Oblast de Kaliningrad est une enclave à l'ouest qui a une frontière commune avec la Lituanie (227 km) et la Pologne (206 km).

La longueur des côtes est de 37 653 km.

Demande Maritime :
Plateau continental : 200-m de profondeur ou celle d'exploitation
Zone économique exclusive : 200 milles nautiques
mer territoriale : 12 milles nautiques

Revendications territoriales[modifier | modifier le code]

Dans l'océan Glacial Arctique[modifier | modifier le code]

En 2001, la Russie avait déposé aux Nations unies une demande de fixation des limites extérieures de son plateau continental en Arctique (Plateau Lomonossov), ainsi que dans les mers de Béring et d'Okhotsk. Ce faisant, elle a affirmé ses revendications sur le plateau continental étendu, riche en hydrocarbures. La commission onusienne a conclu que les données fournies par Moscou ne suffisaient pas pour considérer les zones de l'océan Arctique indiquées comme faisant partie du plateau continental russe, et a recommandé une étude complémentaire. En juillet 2007, une expédition polaire russe avait effectué une plongée inédite (à -4 200 m) et spectaculaire dans les profondeurs de l'océan Arctique afin de récolter des preuves supplémentaires permettant d'appuyer les revendications russes. Un drapeau russe en titane y a également été symboliquement planté.

Autres frontières contestées[modifier | modifier le code]

Depuis la dissolution de l'URSS en 1991 et surtout depuis juillet 2009[1], le Japon réclame les quatre îles Kouriles[2] les plus au sud de l'archipel (les îles de Kounachir, Itouroup, Chikotan et l'archipel des Habomai soit un tiers de la surface totale). Le gouvernement nippon considère que ces quatre îles sont des extensions de Hokkaidō, et les appelle Territoires du Nord.

Pour la Russie, ces îles offrent un intérêt stratégique évident. En effet, tant que le Japon les possédait, les bateaux russes basés dans le port de Vladivostok n'avaient pas librement accès au Pacifique, d'autant plus qu'en hiver la Mer d'Okhotsk est gelée, la navigation y est donc très difficile, sauf dans le sud de l'archipel où le climat est plus doux. L'annexion des Kouriles après la Seconde Guerre mondiale a ainsi permis de renforcer la position géostratégique de l'URSS sur l'océan Pacifique. L'autre enjeu majeur est l'attribution des zones de pêche environnantes qui sont très poissonneuses. C'est pourquoi le gouvernement russe ne veut pas céder à cette revendication et a déclaré en réaction : « Nous considérons l'adoption de cette revendication territoriale infondée vis-à-vis de la Russie comme inappropriée et inacceptable »[3].

État-continent[modifier | modifier le code]

La Russie est le pays le plus étendu du monde devant le Canada. Sa superficie totale est d'un peu plus de 17 millions de km2, soit 11 % des terres émergées de la planète[4]. Sa capitale Moscou se trouve à l'ouest, loin du centre géographique du pays (66°N / 94°E[4]). Les distances sont gigantesques : 150° de latitude, 9 fuseaux horaires, 9 000 km d'ouest en est, 3 000 km du nord au sud[4]. Il faut plusieurs jours en train pour traverser le pays et le transport est coûteux.

Géographies[modifier | modifier le code]

Physique[modifier | modifier le code]

Climat[modifier | modifier le code]

Monts Oural septentrionaux en milieu polaire.
Steppe le long du Lac Baikal.

Étant donné l'immensité du territoire russe, les climats sont très variés, mais souvent marqués par le froid hivernal :

  • La majeure partie des Russes vivent sous un climat continental, car le pays est vaste et compact : le centre de la Russie se trouve à environ 3 800 km de tout littoral. le sol est gelé en profondeur (pergélisol) pendant plusieurs mois, ce qui gêne la production agricole et provoque l'apparition de marécages à la fin de l'hiver. Les fleuves gèlent à l'instar de la Volga entre décembre et avril[5]. La plupart des grandes chaînes montagneuses, situées au sud et à l'est, bloquent les masses d'air tempérées venues de l'océan Indien ou Pacifique. La Grande Plaine de Russie à l'ouest et le nord sibérien ne sont pas protégés des influences arctiques venues du nord. Le climat continental se caractérise par des amplitudes thermiques fortes, les hivers froids (Moscou) ou très rigoureux (Sibérie), les étés humides et chauds. Du mois de mai au mois de septembre la température de Moscou jusqu'au Caucase varie de 18 à 30 °C. Cependant, les hivers ne sont pas très neigeux et la couverture de neige au sol n'est jamais très épaisse, même si elle se maintient longtemps en raison du froid[5].
  • Un quart de l'espace russe se trouve au nord du cercle polaire arctique. Ces régions sont dominées par le climat polaire. L'hiver y est rude et très long. L'été est frais, les températures moyennes ne dépassant pas les 10 °C.
  • Les montagnes du sud et de l'Extrême-Orient offrent des conditions climatiques particulières.
  • Les marges du sud-est sont concernées par la sécheresse estivale.
  • Le littoral pontique possède un climat de type subtropical humide[6].
  • L'enclave de Kaliningrad connaît un climat continental moins rigoureux.
  • Le littoral pacifique sud reçoit les influences maritimes avec des températures annuelles peu élevées[5].

Relief[modifier | modifier le code]

Le volcan Avachinsky, dans la péninsule du Kamtchatka.

Les chaînes de montagnes ne représentent pas une contrainte importante pour les transports car elles occupent les marges du territoire russe[7]. L'Oural est la seule montagne d'orientation méridienne et son passage est rendu facile par des cols de faible altitude[8]. Cependant, les montagnes couvrent près du tiers du territoire russe et ont des densités généralement faibles[6], sauf dans certains secteurs du Caucase et de l'Oural.

L'ouest de la Russie est constitué d'une plaine étendue avec des collines basses à l'ouest de l'Oural. La Sibérie centrale est un vaste plateau parcouru par de grands fleuves qui coulent vers le nord. Les régions méridionales présentent un aspect montagneux (Caucase 5 642 mètres, Altaï 4 506 mètres, Saïan 3 491 mètres, Monts Iablonovoï). L'est de la Russie appartient à la ceinture de feu du Pacifique. Les volcans dominent la péninsule de Kamtchatka : le principal sommet de cette région est le Klioutchevskoï (4 835 mètres).

Les principaux sommets incluent :

Milieux naturels[modifier | modifier le code]

La rivière de Vassiougan : paysage de taïga

Les milieux naturels s'organisent selon un gradient nord/sud perturbé par les grandes chaînes de montagnes du sud et de l'ouest. Ils dépendent des contraintes climatiques et de l'action de l'Homme.

Les régions bordant l'océan Glacial Arctique sont le domaine de la toundra (12 à 15 % de la Russie[9]), une végétation rase de mousses, de lichens, d'arbustes et de petits arbres. Le sol reste gelé plusieurs mois par an et conserve une grande humidité en été. L'agriculture est par conséquent impossible sauf dans des serres. La faune est adaptée aux contraintes climatiques (rennes, animaux à fourrure). Plus au sud, dans les régions où le gel devient moins présent, peut se développer la taïga, une forêt de conifères et de quelques feuillus. 60 % du territoire russe est couvert de forêts[10]. La forêt boréale résiste aux froids intenses du climat continental, mais ne se renouvelle pas rapidement. Le pergélisol peut être profond de 1000 à 1 500 mètres en Iakoutie[11]. Au printemps, les plaines deviennent marécageuses et infestées de moustiques (Marais de Vassiougan). Sur la bordure méridionale de la taïga se développent les feuillus et la forêt devient mixte, notamment dans la région de Moscou. Puis la prairie remplace progressivement la forêt sur les sols noirs. Enfin, le secteur de la mer Caspienne offre un climat plus sec, sans que l'on puisse parler de véritable désert[12]. La végétation est adaptée à la semi-aridité et aux sols salins. Enfin, la végétation est étagée dans les montagnes, les sommets étant pris par les neiges une grande partie de l'année et couverts par la toundra au printemps et en été.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cours d'eau de Russie.
Le sud du lac Baikal sous la brume
Bassins versants des principaux cours d'eau de Russie
Carte-reseau-fluvial-Russie.png
1: Onega, 2: Mezen, 3: Nadym, 4: Pour, 5: Taz, 6: Piassina, 7: Taïmyr, 8: Khatanga, 9: Anabar, 10: Oleniok; 11: Indiguirka, 12: Alazeïa, 13: Penjina, 14: Kamtchatka, 15 :Okhota, 16: Ouda, 17: Kouban, 18: Terek

Les principaux fleuves incluent le Don, la Volga, l'Ob (5 410 km, 2,99 millions de km2)[8], l'Ienisseï (5 940 km, 2,58 millions de km2)[8], la Léna (4 337 km, 2,49 millions de km2)[8], l'Amour (4 440 km, 1,85 million de km2)[8] et la Kolyma.

Principales îles[modifier | modifier le code]

Océan Glacial Arctique
Océan Pacifique

Ressources naturelles[modifier | modifier le code]

L'étendue du territoire offre d'importantes richesses naturelles, comprenant d'énormes réserves de pétrole, de gaz, de charbon, de produits forestiers, et la plupart des minéraux stratégiques. La Russie est autosuffisante dans de nombreux domaines mais dépendante des approvisionnements extérieurs en produits agricoles tropicaux, en bauxite ou en phosphates. Certaines ressources s'épuisent notamment en Russie d'Europe, à cause des gaspillages de l'ère soviétique[13]. Les contraintes liées aux climats polaire et continentaux et les distances rendent difficile l'exploitation des ressources naturelles, en Sibérie orientale notamment.

La Russie est le premier producteur mondial de gaz naturel, avec 20% de la production mondiale ainsi que le premier exportateur avec 23.5% des exportations mondiales de gaz.

Les énergies fossiles soit 67.5% sont à l'origine de la production russe d'électricité en 2011. Le pays dispose d'importantes ressources en gaz et autres hydrocarbures. Mais il développe peu les filières renouvelables.

Utilisation du territoire[modifier | modifier le code]

Compte tenu des contraintes climatiques et de l'étendue des zones montagneuses, seuls 7,7 % des terres russes sont cultivables[9]. Les meilleures terres sont situées au sud de la forêt : ces terres noires sont rendues fertiles par les dépôts de lœss qui se sont accumulés pendant la dernière période glaciaire en marge des glaciers. Cependant, ces sols sont fragilisés par leur exploitation intensive au temps de l'URSS et par les vents desséchants qui soufflent dans cette région[11]. Les récoltes permanentes incluent : thé et agrume dans le liseré pontique[6]. Les pâturages permanents comptent 42 % (1993 est.) et les terres irriguées comptent 40 000 km2 (1993 est.).

Les contraintes et dangers naturels incluent le pergélisol sur presque toute la Sibérie, l'activité volcanique dans les Îles Kouriles ; volcans et tremblements de terre dans la péninsule du Kamtchatka et les inondations au printemps en Sibérie.

Environnement[modifier | modifier le code]

La prise en compte de la protection de l'environnement est récente : le gouvernement de l'URSS a entravé la formation d'une conscience écologique en interdisant les partis et les associations jusque dans les années 1980[14]. Dans les dernières années du régime stalinien, le nombre de réserves naturelles et parcs nationaux fut fortement réduit[15]. Le productivisme entraîna l'érosion et l'épuisement de nombreuses terres arables[15]. À la fin du XXe siècle, l'affaire Alexandre Nikitine montre que les autorités russes souhaitent occulter les problèmes laissés par l'héritage soviétique : en effet, cet ancien officier fut arrêté par le FSB en février 1996 et jugé pour haute trahison, parce qu'il avait dénoncé la dissémination des déchets nucléaires en mer de Barents[14]. Il faut attendre la fin de l'année 1991 pour voir se former un Ministère pour la protection de l'environnement[16].

La pollution de l'air est causée pat l'industrie lourde, centrales au charbon, transport dans les villes principales, trains et smog dans les métropoles russes[16]. La pollution de l'eau est causée par déforestation, érosion du sol, mauvaise utilisation des engrais, fuite de produits chimiques, cimetières des sous-marins, oléoducs percés, etc. La pollution du sol est causée par contamination radioactive et chimique (un bilan catastrophique hérité du régime soviétique ; cf. Tchernobyl, Ukraine).

Les accords internationaux : Air Pollution, Air Pollution-Nitrogen Oxides, Air Pollution-Sulphur 85, Antarctic-Environmental Protocol, Antarctic Treaty, Biodiversity, Climate Change, Endangered Species, Environmental Modification, Hazardous Wastes, Law of the Sea, Marine Dumping, Nuclear Test Ban, Ozone Layer Protection, Ship Pollution, Tropical Timber 83, Wetlands, Whaling. Signé mais non ratifié : Air Pollution-Sulphur 94, Climate Change-Protocole de Kyoto

Conclusion :

  • Excentrée des centres d'activités et des lignes maritimes, mais un bon réseau ferroviaire,
  • Bons sols et climats pour l'agriculture, mais seulement dans la partie européenne du pays.

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Centre et Sud de la Russie d'Europe[modifier | modifier le code]

La cathédrale Saint-Basile, à Moscou.

Le régime soviétique a laissé une société industrielle fortement urbanisée dominée par Moscou dans la région. Celle-ci est relativement plus riche que le reste de la Fédération de Russie, cette région abrite près des deux-tiers de sa population[17].

L'industrie manufacturière est pour l'essentiel concentrée autour de Moscou et dans la région de la Volga. L'industrie légère et l'industrie mécanique font appel à la main-d'oeuve spécialisée de Moscou et de Nijni Novgorod. La plupart des grandes usines chimiques de la Russie sont installées le long de la Volga, et l'une des plus grandes usines d'automobiles du monde s'est ouverte à Togliatti. L'industrie utilise le pétrole, le gaz et l'énergie hydro-électrique du bassin de la Volga et les minerais de l'Oural et de Koursk[17]. Cependant, le contrôle des ressources naturelles n'est pas l'unique préoccupation de Moscou. La gestion de l'acheminement de l'or noir depuis la mer Caspienne jusqu'aux portes de la Méditerranée est d'une importance capitale pour la Russie. En effet, certains oléoducs passent par le territoire russe (notamment dans le Caucase) où la stabilité politique est menacée par l'ingérence américaine et par l'irruption de groupuscules terroristes dans les républiques de Tchétchénie, d'Ingouchie et du Daghestan.

Nord de la Russie d'Europe[modifier | modifier le code]

Le régime soviétique a négligé politiquement et économiquement, cette partie de la Russie (excepté Saint-Pétersbourg), d'où les problèmes actuels d'une industrie obsolète et d'infrastructures insuffisantes. Mais, bordant la Finlande, la Norvège, la Baltique et le passage Nord vers l'Atlantique, la région occupe une situation commerciale stratégique, et son commerce extérieur est un atout primordial pour l'économie russe[18].

Les ports de Saint-Pétersbourg, Mourmansk et Arkhangelsk desservent une économie fondée sur l'exploitation des ressources locales (nickel, minerai de fer, apatite - pour la presqu'île de Kola -, combustibles fossiles - pour le bassin de la Petchora). Dans la région d'Arkhangelsk, riche en bois, l'industrie du papier est très importante[18]. Le chemin de fer est le moyen de transport principal entre les centres industriels isolés et les ports. En été, un complexe réseau de canaux entre les différents cours d'eau sert au transport de marchandises[18].

Saint-Pétersbourg[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Oblast de Léningrad et Saint-Pétersbourg.
Le port de Saint-Pétersbourg (2003).

Grâce à sa nombreuse main-d'œuvre spécialisée, Saint-Pétersbourg est devenu un important centre industriel[18]. La ville est aussi un des principaux nœuds de communications du pays. C'est le centre du réseau routier et ferroviaire régional et il dispose d'un port maritime vital pour la Russie (le delta de la Neva, au fond du golfe de Finlande, offre une ouverture maritime à la Russie sur la mer Baltique). Saint-Pétersbourg compte donc de nombreuses entreprises rattachées à pratiquement toutes les branches d'activité dont la construction navale. Tous les brise-glaces atomiques et la majorité des sous-marins sont construits à Saint-Pétersbourg. Saint-Pétersbourg était le port principal de la flotte de l'Union soviétique et une grande partie des navires de combat et des sous-marins se trouvent encore aujourd'hui dans le port militaire de la ville.

Sibérie[modifier | modifier le code]

Mine de diamant d'Oudatchnaïa (Yakoutie).

La Sibérie est riche en matières premières : combustibles fossiles, minerais et métaux précieux. Mais les gisements sont parfois très éloignés des régions habitées. À partir des années 1930, l'URSS a résolu ce problème en créant de l'industrie lourde à l'Est de l'Oural. Les industries légères étant plutôt concentrées dans les zones urbaines[19].

D'un point de vue géostratégique, la Sibérie se définit donc comme le réservoir gazier, pétrolier, aurifère et diamantifère central de la Russie. En effet, la majorité du potentiel de production russe de ces matières premières est concentrée dans cette région. Par exemple, environ 90 % de la production de gaz naturel provient de la région de Tioumen et, en particulier, du district autonome des Yamalo-Nenets, dans le Grand Nord, où sont situés les gisements géants d'Ourengoï (10 000 milliards de mètres cube) et de Iambourg (5 000 milliards de mètres cube). Dans cette même région, les gisements de la presqu'île de Yamal offrent des réserves en gaz excédant 10 000 milliards de mètres cube. D'autres zones de production plus modestes sont implantées dans la République des Komis et en Yakoutie. La dernière recèle d'importants gisements de diamants, parmi les plus importants au monde.

Le développement des relations commerciales avec l'Asie a surchargé le réseau ferroviaire et routier de Sibérie. De plus en plus de transports se font par voie fluviale, en particulier sur l'Amour[19].

Oblast de Kaliningrad : enclave russe dans l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Oblast de Kaliningrad et Kaliningrad.

À la suite de l'adhésion de la Pologne et de la Lituanie à l'Union européenne (UE), l'enclave de Kaliningrad, russe depuis la défaite allemande en 1945 et peuplée par 90 % de Russes, est au cœur de négociations diplomatiques entre la Russie et l'Union européenne. En effet, en vertu des accords de Schengen, les frontières de l'enclave deviennent en juillet 2003 des frontières extérieures de l'Union européenne, rendant donc difficiles les liaisons terrestres avec le reste de la Russie[20].

Les deux parties en présence ont intérêt à trouver un accord :

  • les autorités russes ont refusé de voir une partie de leur territoire isolé de la Russie, surtout que Kaliningrad est victime de difficultés économiques à cause de son isolement à la suite de la chute de l'URSS ;
  • la Pologne et la Lituanie ne souhaitent pas voir une enclave russe se développer sur la frontière qu'elles doivent surveiller.

Un accord est conclu en avril 2004 entre la Russie et l'UE, exemptant de taxes douanières les transits traversant le territoire lituanien[21].

Revendications russes en Arctique[modifier | modifier le code]

La limite de la région arctique.

En 2001, la Russie avait déposé devant l'ONU une demande de fixation des limites extérieures de son plateau continental en Arctique (les dorsales Lomonossov et Mendeleïev), ainsi que dans les mers de Béring et d'Okhotsk (d'une superficie de 1,2 million de kilomètres carrés au total). Ce faisant, elle a affirmé ses revendications, contestées par ses voisins, notamment par le Canada, sur le plateau continental étendu riche en hydrocarbures et dont les réserves sont estimées à 10 milliards de tonnes. La commission onusienne des limites du plateau continental qui regroupe des représentants de 21 États dont la Russie et qui est chargée de définir les limites du plateau continental conformément à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, a conclu que les données fournies par Moscou ne suffisaient pas pour considérer les zones de l'océan Arctique indiquées comme faisant partie du plateau continental russe, et a recommandé une étude complémentaire. En juillet 2007, une expédition polaire russe a effectué une plongée inédite (à - 4 200 m) et spectaculaire dans les profondeurs de l'océan Arctique afin de collecter des preuves supplémentaires permettant d'appuyer les revendications russes. Un drapeau russe en titane y a également été symboliquement planté.

La flambée du prix du baril de pétrole a favorisé une course aux réserves jusqu'alors non rentables. Une estimation récente a montré que l'Arctique pourrait receler près du quart des réserves d'hydrocarbures restant à découvrir dans le monde. Les nouvelles technologies, le recul de la banquise en raison du réchauffement climatique et la proximité géographique rendent ces nouveaux filons attirants pour la Russie. D'un point de vue économique, une diminution des glaces polaires ouvrirait de nouvelles routes commerciales pour les navires dans l'Arctique, en rendant par ce fait le pétrole plus facile à extraire. À part la Russie, la zone de l'Arctique est également convoitée par le Canada, les États-Unis, le Danemark et la Norvège. La Russie affirme cependant qu'elle ne revendique qu'une partie de la dorsale Lomonossov, son prolongement au-delà du pôle Nord appartenant probablement au Canada ou au Danemark (via le Groenland).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Japon adopte une loi sur sa souveraineté sur les Kouriles, AFP, sur Aujourd'hui le Japon, le 4 juillet 2009
  2. J. Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2004, p.15
  3. Moscou fustige une loi du Parlement japonais sur les îles Kouriles, AFP, sur Aujourd'hui le Japon, le 9 juillet 2009
  4. a, b et c J. Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2004, p.33
  5. a, b et c J. Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2004, p.34
  6. a, b et c J. Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2004, p. 42
  7. J. Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2004, p.36
  8. a, b, c, d et e J. Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2004, p.37
  9. a et b J. Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2004, p.38
  10. J. Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2004, p.39
  11. a et b J. Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2004, p.40
  12. Les précipitations restent supérieures à 200 mm/an ; J. Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2004, p.41
  13. J. Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2004, p.43-45
  14. a et b J. Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2004, p.46
  15. a et b J. Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2004, p.51
  16. a et b J. Radvanyi, La Nouvelle Russie, 2004, p.47
  17. a et b (fr) Selon le Grand Atlas pour le XXIe, édition Le Soir page 130-131.
  18. a, b, c et d (fr) Selon le Grand Atlas pour le XXIe, édition Le Soir page 128-129.
  19. a et b (fr) Selon le Grand Atlas pour le XXIe, édition Le Soir page 127.
  20. Kaliningrad «encerclé» par l'Union par Sylvaine Pasquier, L'Express, 6 juin 2002
  21. (fr) http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/europe-russie/enclave-kaliningrad.shtml

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Laurent Touchart, Les milieux naturels de la Russie, une biogéographie de l'immensité, L'Harmattan, 2010, (ISBN 978-2-296-11992-5)
  • Pascal Marchand, Géopolitique de la Russie, Ellipses, 2007, 619 p. (ISBN 978-2729832582)
  • Pascal Marchand, Atlas géopolitique de la Russie. Puissance d'hier, puissance de demain, Autrement, 2007. (ISBN 978-2746710511)
  • Pascal Cauchy, Alvaro Artigas, Simone Claudet, Jérôme Cotillon, Dictionnaire de la Russie, Paris, Larousse, 2008, (ISBN 2035841747)
  • Annette Ciattoni, La Russie, Paris, SEDES, 2007, (ISBN 2301000001)
  • Pierre Thorez, Vladimir Kolossov, Andreï Treïvich, Yvette Vaguet, La Russie, CNED-SEDES, 2007, (ISBN 2301000109)
  • Vladimir Kolossov, Alexandre Alexéev Vladimir Chouvalov, Tatiana Néfedova, La Russie. Espaces, villes et réseaux, Paris, Éditions du Temps, 2007, (ISBN 2842744179)
  • Jean Radvanyi, La nouvelle Russie, Collection U, Armand Colin, 2004, 3e édition mise à jour, (ISBN 2200266871) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Denis Eckert, Le monde russe, Coll. Carré Géographie, Hachette Supérieur, Paris, 2007, 2e édition, (ISBN 2011459656).
  • Revue Géopolitique : Russie : l'aigle à deux têtes, no 101, mars 2008, (ISBN 9782710809227)
  • Gabriel Wackermann (dir.), La Russie, approche géographique, Paris, Ellipses, 2007, (ISBN 978-2-7298-3505-7)
  • Marc Ferro, Marie-Hélène Mandrillon, Russie, peuples et civilisations, 2005, La découverte
  • Gabriel Wackermann, La Russie en dissertations corrigées, CAPES / Agrégation, 2007, (ISBN 978-2-7298-3506-4)
  • Jean Radvanyi, Gérard Wild, La Russie entre deux mondes, La Documentation photographique no 8045, juillet 2005
  • Roger Brunet, Denis Eckert, Atlas de la Russie et des pays proches, CNRS-GIP RECLUS

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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