Île Wrangel

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'île arctique russe. Pour l'île du Sud-Est de l'Alaska, voir île Wrangell. Pour les homonymes, voir Wrangel.
Île Wrangel
Остров Врангеля (ru)
Localisation de l'île Wrangel.
Localisation de l'île Wrangel.
Géographie
Pays Drapeau de la Russie Russie
Archipel Aucun
Localisation Océan Arctique
Coordonnées 71° 14′ 00″ N 179° 25′ 00″ O / 71.233333, -179.41666771° 14′ 00″ N 179° 25′ 00″ O / 71.233333, -179.416667  
Superficie 7 608 km2
Point culminant Mont Sovetskaïa (1 096 m)
Géologie Île continentale
Administration
District fédéral Extrême-orient
Sujet fédéral Tchoukotka
Autres informations
Fuseau horaire UTC+12

Géolocalisation sur la carte : océan Arctique

(Voir situation sur carte : océan Arctique)
Île Wrangel
Île Wrangel

Géolocalisation sur la carte : Russie

(Voir situation sur carte : Russie)
Île Wrangel
Île Wrangel

Géolocalisation sur la carte : Tchoukotka

(Voir situation sur carte : Tchoukotka)
Île Wrangel
Île Wrangel
Îles de Russie

L'Île Wrangel (en russe : Остров Врангеля), est une île russe de l'océan Arctique, située entre la mer de Sibérie orientale et la mer des Tchouktches à 140 km de la côte sibérienne dont elle est séparée par le détroit de Long. D'une longueur de 150 km et 125 km, elle couvre une superficie de 7 608 km2. L'île dépend administrativement du district autonome de Tchoukotka.

Toponyme[modifier | modifier le code]

L'île doit son nom à l'explorateur russe, le baron Ferdinand von Wrangel (1797-1870), qui avait entrepris trois voyages successifs (en 1821, 1822 et 1823) pour tenter de découvrir en vain l'île, après avoir observé des vols d'oiseaux se dirigeant vers le nord et interrogé la population tchouktche. L'île sera baptisée en son honneur par le chasseur de baleines américain Thomas Long, qui en fit officiellement la découverte en 1867[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans les années 1850, un marchand allemand, Eduard Dallman, à bord de son navire le « Talbot », réussit à y débarquer sur la côte Est, mais ce fait ne sera connu que 15 ans plus tard, après la découverte de l'île en 1867 par le chasseur de baleines américain Thomas Long qui la reconnut à bord de son navire le « Nile », et qui n'y débarqua donc pas[1].

En août 1881, les États-Unis revendiquèrent l'île, à une époque où les baleiniers américains étaient nombreux. Une expédition russe fut envoyée sur l'île en 1911, qui l'annexa en 1914, mais plusieurs pays, tirant profit de la guerre civile russe (1918-1920), déposèrent des prétentions sur ce territoire. L'explorateur canadien d'origine islandaise Vilhjalmur Stefansson envoya une équipe sur l'île en 1921, avec l'intention de la revendiquer pour le Canada, mais, à l'exception d'un membre, toute l'équipe périt[2].

En 1924, un navire soviétique expulsa par la force une petite colonie d'Inuits établie là par les États-Unis en 1923 et réaffirma sa souveraineté. La revendication des États-Unis n'a jamais été officiellement abandonnée, quoique Washington n'ait pas protesté contre le démantèlement de son poste. En 1926, l'URSS fonde une colonie permanente sur l'île, où se trouvent aujourd'hui un poste commercial et une station météorologique (Ouchakovskoïe). Le traité frontalier de 1990 entre les États-Unis et l'URSS met implicitement fin à la dispute. L'île a abrité une cité militaire et un aérodrome qui ont été démantelés en 1992. Une nouvelle est installée en 2014. Elle se nomme Etoile polaire. C'est la première cité de ce type mise en service en Arctique. Son architecture permet aux militaires de se déplacer librement entre les bâtiments sans sortir. Elle est composée de blocs résidentiel, administratif et technique. Elle dispose également d’un accès à Internet [3].

Géographie[modifier | modifier le code]

L'île est couverte dans sa partie centrale et méridionale par deux massifs montagneux érodés d'orientation est-ouest. Le point culminant de l'île, le mont Sovetskaïa (1 093 m), est situé dans le sud de l'île. Les montagnes du centre sont parcourues par de nombreuses vallées protégées et bénéficiant de conditions climatiques comparativement plus clémentes durant le bref été arctique. La moitié nord de l'île consiste en de vastes plaines basses parsemées de nombreux lacs et cours d'eau (5 d'entre eux ayant plus de 50 km de long). Des plaines de toundra moins étendues couvrent le littoral sud. Les rivages sont variés, avec de hautes falaises, des lagons côtiers, des marais et des plages de sables, rochers ou galets.

Écosystème[modifier | modifier le code]

Système naturel de la Réserve de l'île Wrangel *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Image satellite de l'île Wrangel (2001).
Image satellite de l'île Wrangel (2001).
Pays Drapeau de la Russie Russie
Subdivision District autonome de Tchoukotka
Type Naturel
Critères (ix) (x)
Superficie 1 916 300 ha
Zone tampon 3 745 300 ha
Numéro
d’identification
1023
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 2004 (28e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO
Réserve naturelle de l'Île Wrangel
Catégorie UICN Ia (réserve naturelle intégrale)
Identifiant 62693
Pays Drapeau de la Russie Russie
Superficie 19 163 km2
Création 23 mars 1976

Désert arctique de l'île Wrangel
Écorégion terrestre - Code PA1113[4]

Écozone : Paléarctique
Biome : Toundra
Global 200[5] : Toundra côtière tchouktche
Écologie
Espèces végétales[6] :
387
Oiseaux[7] :
24
Mammifères[7] :
3
Squamates[7] :
0
Espèces endémiques[7] :
1
Conservation
Statut[7] :
Stable / intact
Aires protégées[8] :
99,9 %
Anthropisation[8] :
0,0 %
Espèces menacées[8] :
2
Ressources web :
Site du WWF

Le système naturel de la Réserve de l'île Wrangel, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2004, comprend l'île Wrangel, l'île Herald, îlot rocheux situé 60 km à l'est de l'île Wrangel, et une zone maritime de 12 milles nautiques autour de chaque île pour une superficie totale de 19 163 km2.

L'île constitue également une écorégion terrestre selon la classification du Fonds mondial pour la nature sous le nom de « désert arctique de l'île Wrangel ». Elle appartient au biome de la toundra de l'écozone paléarctique.

Paysage de toundra sur l'île Wrangel

La Réserve de l’île Wrangel est un écosystème insulaire autonome. Il est clair qu’il a subi un long processus d’évolution ininterrompu par la glaciation qui a recouvert la majeure partie de l’Arctique durant le Quaternaire. Le nombre et le type d’espèces de plantes endémiques, la diversité des communautés de plantes, la succession rapide et les mosaïques de types de la toundra, la présence de défenses et de crânes relativement récents de mammouths (l'île serait en effet le lieu où les derniers mammouths laineux auraient survécu, puis finalement disparu vers 2000 av. J.-C.[9]), la gamme des types de terrains et des formations géologiques sur un petit espace géographique sont autant de témoins de l’histoire naturelle riche de Wrangel et de sa place unique dans l’évolution de l’Arctique. En outre, le processus se poursuit comme on peut l’observer, par exemple, avec les densités exceptionnellement élevées et les comportements particuliers des populations de lemmings de Wrangel par rapport aux autres populations arctiques ou dans les adaptations physiques des rennes de Wrangel qui pourraient désormais faire partie d’une population distincte de celles du continent. Les stratégies d’interaction entre les espèces sont extrêmement au point et sont visibles dans toute l’île, en particulier près des nids des harfangs des neiges, qui font office de protectorat pour d’autres espèces et de balises pour les espèces migratrices, autour des tanières des renards.

La Réserve de l’île Wrangel jouit du plus haut niveau de biodiversité dans le haut Arctique. L’île est l’aire de nidification de la seule population asiatique de l’oie des neiges qui est en train de lentement se reconstituer à partir de niveaux extrêmement bas. Le milieu marin est un site de nourrissage de plus en plus important pour la baleine grise qui migre depuis le Mexique (certaines depuis un autre bien du patrimoine mondial, le sanctuaire de baleines d’El Vizcaíno au Mexique). Les îles abritent les plus grandes colonies d’oiseaux marins de la mer des Tchouktches et constituent les sites de nidification les plus septentrionaux pour plus de 100 espèces d’oiseaux migrateurs, dont plusieurs en danger comme le faucon pèlerin. Elles possèdent d’importantes populations d’espèces d’oiseaux résidents de la toundra, mêlées à des espèces migratrices de l’Arctique et d’ailleurs et présentent la plus haute densité de tanières ancestrales de l’ours blanc. L’île Wrangel s’enorgueillit de posséder la plus grande population de morses du Pacifique avec quelque 100 000 animaux qui se rassemblent en tout temps, dans l’une des importantes colonies côtières de l’île. Étant donné que l’île Wrangel contient une haute diversité d’habitats et de climats et que les conditions varient considérablement d’un endroit à l’autre, il n’y a pratiquement jamais eu d’échec total de la reproduction d’une espèce. Compte tenu de la relativement petite taille de la région, c’est extrêmement peu habituel dans le haut Arctique.

Climat[modifier | modifier le code]

L'île Wrangel bénéficie d'un climat de type polaire. Les hivers sont très froids et les étés sont très frais. En février, le mois le plus froid, la température moyenne journalière est voisine de −25 °C. En juillet, le mois le plus chaud, la température moyenne journalière excède légèrement °C. Les eaux froides de l'océan glacial Arctique jouent un rôle modérateur et contribuent à maintenir des températures basses toute l'année. Les précipitations sont faibles et ont lieu essentiellement en été. La neige ne recouvre le sol que 79 jours par an en moyenne. Le vent souffle avec vigueur une bonne partie de l'année (vitesse annuelle moyenne du vent : 5 m/s). Le brouillard est fréquent.

  • Température record la plus froide : −57,7 °C (décembre 1926)
  • Température record la plus chaude : 18,2 °C (juillet 1927)
  • Nombre moyen de jours avec de la neige dans l'année : 158
  • Nombre moyen de jours de pluie dans l'année : 57
  • Nombre moyen de jours avec de l'orage dans l'année : 0
  • Nombre moyen de jours avec du blizzard dans l'année : 71
  • Nombre moyen de jours avec du brouillard dans l'année : 69
Relevé météorologique de l'Île Wrangel
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −26,7 −28,6 −27,6 −21,2 −9,8 −1,5 0,6 0,2 −2,9 −10,2 −18 −24,7 −14,2
Température moyenne (°C) −22,3 −25,2 −24,7 −18 −6,7 0,3 2,4 2,1 −0,9 −8 −14,8 −21,3 −11,4
Température maximale moyenne (°C) −19,2 −21,1 −19,8 −13,3 −4,1 3 5,3 4,5 0,8 −5,4 −11,9 −18,1 −8,2
Précipitations (mm) 16 9 9 8 8 13 23 28 22 15 17 11 179
Source : Le climat sur l'Île Wrangel (en °C et mm, moyennes mensuelles) pogoda.ru.net


Tourisme[modifier | modifier le code]

Des habitations modulaires ont été construites sur l'île en 2012 et devraient accueillir leurs premiers touristes durant la saison 2013[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Route polaire - Entre mythes et découvertes de l'Arctique russe
  2. Jennifer Niven, Pris dans les glaces, J'ai lu,‎ 2003, 478 p. (ISBN 978-2290324271)
  3. http://fr.ria.ru/defense/20141022/202788997.html
  4. (en) D. M. Olson, E. Dinerstein, E. D. Wikramanayake, N. D. Burgess, G. V. N. Powell, E. C. Underwood, J. A. D'Amico, I. Itoua, H. E. Strand, J. C. Morrison, C. J. Loucks, T. F. Allnutt, T. H. Ricketts, Y. Kura, J. F. Lamoreux, W. W. Wettengel, P. Hedao et K. R. Kassem, « Terrestrial Ecoregions of the World: A New Map of Life on Earth », BioScience, vol. 51, no 11,‎ 2001, p. 935-938.
  5. (en) D. M. Olson, E. Dinerstein, R. Abell, T. Allnutt, C. Carpenter, L. McClenachan, J. D’Amico, P. Hurley, K. Kassem, H. Strand, M. Taye et M. Thieme, The Global 200 : A representation approach to conserving the earth's distinctive ecoregions, Washington DC, Conservation Science Program, World Wildlife Fund-US,‎ 2000 (lire en ligne)
  6. (en) G. Kier, J. Mutke, E. Dinerstein, T. H. Ricketts, W. Küper, H. Kreft et W. Barthlott, « Global patterns of plant diversity and floristic knowledge », Journal of Biogeography, vol. 32,‎ 2005, p. 1107–1116 (DOI 10.1111/j.1365-2699.2005.01272.x, lire en ligne), données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  7. a, b, c, d et e (en)World Wildlife Fund, « WildFinder: Online database of species distributions »,‎ janvier 2006, données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  8. a, b et c (en) J. M. Hoekstra, J. L.  Molnar, M. Jennings, C. Revenga, M. D. Spalding, T. M. Boucher, J. C. Robertson, T. J. Heibel et K. Ellison, The Atlas of Global Conservation : Changes, Challenges, and Opportunities to Make a Difference, Berkeley, University of California Press,‎ 2010 (lire en ligne), données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  9. Claudine Cohen, The Fate of the Mammoth: Fossils, Myth, and History p 243-244, 2002, University of Chicago Press
  10. « Développement du tourisme sur l’île Wrangel », La Russie d'Aujourd'hui (consulté le 19 décembre 2012)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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