Elbrouz

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Elbrouz
Le mont Elbrouz vu depuis le nord.
Le mont Elbrouz vu depuis le nord.
Géographie
Altitude 5 642 m, Sommet occidental
Massif Grand Caucase
Coordonnées 43° 21′ 18″ N 42° 26′ 21″ E / 43.355, 42.439167 ()43° 21′ 18″ Nord 42° 26′ 21″ Est / 43.355, 42.439167 ()  
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
République Kabardino-Balkarie
Ascension
Première 22 juillet 1829 par Killar Khachirov (sommet oriental)
1874 par Akhia Sottaiev, Horace Walker, Frederick Gardiner et Peter Knubel (sommet occidental)
Géologie
Âge 10 millions d'années
Roches Rhyolite, rhyodacite, tuf et ignimbrite
Type Volcan gris
Activité Endormi
Dernière éruption env. 50 ap. J.-C.
Code 0104-01-
Observatoire Observatoire de Terskol

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Elbrouz

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(Voir situation sur carte : Caucase)
Elbrouz

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Elbrouz

L’Elbrouz ou l’Elbrous[1] (russe : Эльбрус, Elbrus ; karatchaï-balkar : Минги тау, Miñi taw /miŋŋi taw/ Écoutez), situé dans le nord du Caucase, en Russie, est le point culminant de cette chaîne de montagnes ; avec ses 5 642 mètres, plus élevé que le mont Blanc, il est donc le plus haut sommet de l'Europe. Il s'agit d'un volcan ayant connu des éruptions jusqu'au début de notre ère, et il a fait naître des légendes comme celle voulant que Prométhée ait été enchaîné à ses deux pics principaux pour avoir offert le feu aux hommes. Il est recouvert de nombreux glaciers et, même si l'ascension est techniquement facile et dispose de moyens mécaniques sur l'itinéraire principal, il reste difficile d'accès en raison de ses conditions climatiques rigoureuses et changeantes. Ainsi, le point culminant n'est vaincu qu'en 1874 et la montagne, devenue un symbole de conquête, a fait de nombreux morts. Malgré des problèmes environnementaux dus à la fréquentation, la faune et la flore relativement riches sont protégées par un parc national depuis 1986.

Toponymie et étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom Elbrouz est une métathèse de Elbourz[2], terme issu des textes sacrés des zoroastriens, l'Avesta, qui désignèrent une montagne légendaire sous le terme Harā Bərəzaitī signifiant « sentinelle élevée »[2]. Après l'islamisation de la Perse, elle aurait pris le nom arabisé de Harborz puis Alborz, apparenté à l'Elbrouz[2]. Il pourrait y avoir un lien entre le nom Elbrouz et la racine indo-européenne -alba signifiant « montagne » et « blanc », que l'on retrouve dans Albanie et Alpes.

Les Anciens appelaient cette montagne Strobilus (« cône de pin » en latin, un emprunt du grec strobilos signifiant « objet tordu », un terme de biologie établi de longue date pour décrire la forme du volcan) et pensaient que Zeus y avait enchaîné Prométhée, le Titan qui avait volé le feu aux dieux pour l'offrir aux hommes, sans doute en référence à son ancienne activité éruptive[3]. Aujourd'hui encore, la montagne porte différents noms suivant les régions : Jin-Padishah en turc, déformation du perso-arabe, Albar ou Albors en persan signifiant « grand », Ialbuzi ou Yalbuz (იალბუზი) en géorgien signifiant « crinière de neige », Uashkhemakhue' (УIэщхэмахуэ) en adyguéen signifiant « montagne de la joie », ou encore Mingi tau (karatchaï-balkar : Минги тау) signifiant « mont éternel » en karatchaï-balkar.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Vue satellite de la région occidentale du Caucase. Les crêtes enneigées marquant la ligne de partage des eaux sont visibles sous la forme d'un liseré blanc ; le mont Elbrouz est la tache blanche au nord de celui-ci.

L'Elbrouz s'élève dans le nord-ouest du Caucase, à 100 kilomètres de la mer Noire et 400 de la mer Caspienne qu'il est possible d'apercevoir par temps exceptionnellement clair[3]. Avec ses 5 642 mètres d'altitude, il constitue le point culminant de cette chaîne de montagnes qui marque traditionnellement la frontière entre l'Asie et l'Europe, au même titre que l'Oural. Se situant à 11 kilomètres au nord de la ligne de partage des eaux marquant la frontière avec la Géorgie, il est entièrement compris sur le territoire de la république autonome de Kabardino-Balkarie et constitue à la fois le plus haut sommet de la Russie et celui du « Vieux Continent », loin devant les 4 810 mètres d'altitude du mont Blanc. Il se trouve à 65 kilomètres au sud-sud-ouest de la ville de Kislovodsk et à 80 kilomètres à l'ouest-sud-ouest de Naltchik.

Topographie[modifier | modifier le code]

Vue satellite de l'Elbrouz et de ses deux sommets vus depuis la station Mir.

L'Elbrouz est un volcan endormi presque symétrique possédant deux pics principaux, de chaque côté d'un col situé à 5 416 mètres d'altitude : le sommet occidental est le point culminant à 5 642 mètres d'altitude tandis que le sommet oriental s'élève à 5 621 mètres[4]. Le cratère de 300 à 400 mètres de diamètre, situé au sommet du pic oriental, a été progressivement comblé de neige et de glace[5]. Les névés du volcan, couvrant une superficie de 138 km2, alimentent vingt-deux glaciers principaux et soixante-dix-sept glaciers secondaires qui donnent naissance aux rivières Baksan, Kouban et Malka[3],[6]. Certains de ces glaciers, étudiés par des scientifiques depuis les années 1930[7], peuvent atteindre 400 mètres d'épaisseur mais tous sont en retrait, ayant perdu entre 80 et 500 mètres de longueur. Les deux principaux s'appellent Bolshoi (« le grand »), avec une superficie de 23 km2 et une longueur de 9,28 km, et Irik, avec une superficie de 10,2 km2 et une longueur de 9,31 km. Cette activité glaciaire a formé de nombreux lacs peu étendus mais profonds[8].

Animations représentant l'Elbrouz en trois dimensions. Animations représentant l'Elbrouz en trois dimensions.
Animations représentant l'Elbrouz en trois dimensions.


Géologie[modifier | modifier le code]

Le Caucase est formé par la collision vers le nord de la plaque arabique contre la plaque eurasienne provoquant de nombreux séismes dans la région. La zone de failles est complexe et le déplacement en grande partie latéral au niveau de l'Anatolie et de l'Iran empêche la création d'un phénomène de subduction et explique la rareté des volcans dans la chaîne de montagne. L'Elbrouz est donc une des rares exceptions[9], constitué à la fois de roches métamorphiques (schistes, gneiss) et de roches magmatiques (granite, rhyolite, tuf).

L'Elbrouz aurait commencé à se former il y a 10 millions d'années[7]. Les ejectas issus du volcan couvrent une superficie de 260 km2[5]. Des fragments de rhyolite et de rhyodacite ainsi que des formations de tuf et d'ignimbrite ont été trouvés et ont permis de dater à l'uranium-plomb la formation de la caldeira principale vers -700 000 ans[10], correspondant probablement à la fin d'un cycle éruptif majeur. Des datations géochronologiques ont mis en évidence des cycles éruptifs postérieurs synchrones dans différents foyers magmatiques du Grand Caucase, démontrant l'origine géologique commune de cette activité volcanique[11]. Il arrive que de modestes fumerolles s'échappent encore parfois du flanc oriental du volcan, au niveau de l'ancienne coulée de lave de 24 kilomètres de long orientée depuis le cratère vers le nord-nord-est, et des sources chaudes prennent naissance sur les versants de la montagne[5].

Climat[modifier | modifier le code]

L'Elbrouz se situant dans l'hémisphère nord, la période estivale, la moins rigoureuse, se déroule de juin à mi-septembre avec une moyenne de 50 % de jours ensoleillés propices à l'ascension du sommet. Malgré tout, les vents, dominés par des masses d'air d'ouest, peuvent devenir violents et les températures chuter très rapidement. Au-delà de 4 000 mètres d'altitude, même en été, des conditions de blizzard arctiques avec une visibilité quasi nulle peuvent se mettre en place[12]. Il n'est pas rare que le vent dépasse 100 km/h. En hiver, la température peut chuter en dessous de -50 °C au sommet, mais, dans les vallées, des courants d'air descendants chauds et secs peuvent provoquer d'importantes chutes de neige. À basse altitude, la moyenne des précipitations est de 500 mm et peut atteindre 1 000 mm certaines années, tandis qu'au-delà de 2 000 mètres, elles peuvent dépasser 1 500 mm[13].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Sur le versant septentrional, entre 1 900 et 2 300 mètres d'altitude, se trouve une forêt de pins avec des bouleaux et des frênes des montagnes. Les couloirs à avalanches sont clairement visibles avec la seule présence des feuillus. Entre 2 300 et 3 000 mètres d'altitude, l'étage subalpin laisse place à l'étage alpin et à ses pelouses alpines riches en fleurs. Au-delà, à la limite des glaciers et des névés, les perce-neige fleurissent et des lichens multicolores recouvrent les rochers dépourvus de neige[14].

Sur le versant méridional, jusqu'à 1 600 mètres d'altitude, poussent les hêtres, les charmes, les érables et les frênes. Entre 1 600 et 2 100 mètres d'altitude se trouve une forêt de sapins. Au-delà, les pelouses alpines offrent des espèces de fleurs souvent absentes sur le versant septentrional[14].

Le Caucase possède une faune riche. Les forêts abritent l'ours brun, le lynx, le loup, le sanglier, différents cervidés, la martre des pins, le chat sauvage, le putois, la taupe, l'écureuil ou encore la souris. Dans les alpages vivent la chèvre et le chamois. De nombreux oiseaux peuplent les forêts autour de l'Elbrouz et parmi les rapaces se trouvent l'aigle et le milan. Le tétras-lyre vit parmi les bruyères et les rhododendrons, à basse-altitude le faisan et plus haut le dindon sauvage, la perdrix des rochers (Ptilopachus petrosus) et le pigeon biset. De plus, les rivières sont riches en poissons parmi lesquels la truite[15].

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire éruptive[modifier | modifier le code]

La datation des lahars, révélateurs des événements volcaniques, ont permis de mettre en évidence un certain nombre d'éruptions récentes durant l'Holocène, il y a 8150 ± 100, 6200 ± 120, 5100 ± 100, 4060 ± 40 et 2520 ± 60 ans[16]. La dernière éruption du mont Elbrouz a eu lieu entre l'an 50 ± 40 ans[17] et 250 ± 30 ans[16]. Aussi, aucun témoignage n'est disponible mais de nombreuses légendes ont pu naître : en dehors de celle sur Prométhée, une histoire raconte que le prince Besc't, jaloux de ce géant qu'est l'Elbrouz, lui coupa la tête d'un coup de sabre, donnant ainsi naissance aux deux sommets. Le caractère explosif du volcan[5] et la fréquence de ses éruptions peuvent faire craindre pour les populations de Transcaucasie et de Ciscaucasie une nouvelle éruption qui serait dangereuse compte tenu de l'épaisse couche de glace à son sommet[16].

Mesure de l'altitude[modifier | modifier le code]

L'altitude de l'Elbrouz est mesurée avec précision pour la première fois en 1813 par l'astronome russe Vichnevski qui trouve 2 898 toises, soit 5 650 m pour le sommet occidental[18]. Mais les mesures varient beaucoup au cours du XIXe siècle : 5 024 m en 1829 contre 5 637 m en 1837[19].

Ascensions[modifier | modifier le code]

Carte postale du XIXe siècle représentant le mont Elbrouz.

Le 22 juillet 1829, Killar Khaсhirov, un guide karatchaï ou kabarde travaillant pour une expédition scientifique de l'Armée russe dirigée par le Général Emmanuel escalade pour la première fois le sommet oriental[20]. En 1868, Douglas William Freshfield, Adolphus Warburton Moore, Charles Comyns Tucker et François Devouassoud deviennent les premiers étrangers à gravir ce même sommet. Enfin, en 1874, le sommet occidental est escaladé par une expédition conduite par le guide balkar Akhia Sottaiev pour le compte du Britannique Florence Crauford Grove accompagnés par Horace Walker, Frederick Gardiner et un guide suisse, Peter Knubel[20]. À la fin du XIXe siècle, l'officier topographe russe Andrei Pastukhov réalise plusieurs tentatives pour atteindre le sommet, mais son incapacité à s'acclimater correctement provoque plusieurs échecs. Les rochers où il a été contraint de camper lors d'une de ses tentatives portent désormais son nom en l'honneur des connaissances qu'il a apportées sur la montagne[20].

Durant les premières années de l'Union soviétique, l'alpinisme devient un sport populaire et la fréquentation par des alpinistes, expérimentés ou pas, s'accroît sensiblement. Durant l'hiver 1936, un important groupe du Komsomol tente une ascension et perd de nombreux membres qui glissent sur la glace[20]. En 1956, une ascension en masse de 400 alpinistes est organisée pour marquer le 400e anniversaire de l'annexion de la Kabardino-Balkarie, la république socialiste soviétique autonome où est située la montagne.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À la recherche de carburant, l'armée allemande pousse ses conquêtes au-delà de la Volga vers les champs pétroliers de la mer Caspienne et occupe brièvement la montagne lors de la Seconde Guerre mondiale avec un contingent alpin d'environ 10 000 hommes au milieu de l'année 1942[20]. Une histoire probablement apocryphe raconte qu'un pilote soviétique a reçu une médaille pour avoir bombardé le principal refuge de montagne de l'époque, Priyout 11 (« refuge 11 »), construit entre 1929 et 1932[20], alors qu'il était occupé par l'ennemi. Plus tard, il est décoré, non pas pour avoir détruit le refuge mais plutôt l'approvisionnement en fioul, « laissant intact le bâtiment pour les générations futures »[20]. Selon certains témoignages, lorsqu'Adolf Hitler apprend la nouvelle qu'un détachement de montagnards de la division Edelweiss a été envoyé par l'officier commandant la division allemande pour escalader le sommet de l'Elbrouz afin d'y planter le drapeau nazi, il rentre dans une crise de colère, qualifiant la réalisation d'« acrobatie », et menace le général de la cour martiale[21]. En 1971, un musée de la guerre a été construit à la station Mir, à 3 470 mètres d'altitude, afin de commémorer les victimes de ces événements, dont beaucoup n'ont jamais été retrouvées ; il attire 9 000 visiteurs par an[7].

Jeux olympiques[modifier | modifier le code]

Le 1er février 2014, en parallèle du relais principal, la flamme olympique des Jeux olympiques de Sotchi, protégée sous une lanterne en raison des rafales de vent, est allumée au sommet de l'Elbrouz par les alpinistes Abdoul Khalim Olmezov, président de la Fédération d'alpinisme de Kabardino-Balkarie, et Karina Mezova, qui compte 130 ascensions de la montagne à son actif[22].

Activités[modifier | modifier le code]

Remontées mécaniques[modifier | modifier le code]

Les deux pics du mont Elbrouz.

De 1959 à 1976, un téléphérique est construit afin d'emmener les visiteurs jusqu'à une altitude de 3 800 mètres[20]. Il est constitué de trois tronçons. Le premier, démarrant de la route d'Azau à 2 180 mètres d'altitude dans la vallée, mène à l'ancien point de vue à 2 970 mètres d'altitude au pied de la langue terminale du glacier Maly Azau qui a reculé depuis la construction de l'installation. Le deuxième tronçon mène à la station Mir à 3 470 mètres d'altitude. Le dernier tronçon est en fait un télésiège qui permet d'éviter une heure de marche aux randonneurs jusqu'aux refuges Garabashi, à 3 800 mètres d'altitude[23]. Ces installations sont toujours en service et sont partie intégrante de la station de ski[20] qui fait le gros de son chiffre d'affaires en avril et mai[4].

Alpinisme[modifier | modifier le code]

Il existe de nombreux itinéraires parcourant la montagne. La voie normale, dépourvue de crevasses, continue de manière quasi rectiligne sur les pentes de la montagne depuis l'extrémité du téléphérique jusqu'au sommet. L'été, il n'est pas rare de compter une centaine de personnes réaliser l'ascension par la voie normale chaque jour. Le parcours n'est pas difficile techniquement mais physiquement éprouvant, de par la forte pente et les vents violents. Les ascensions hivernales sont rares et entreprises principalement par des alpinistes chevronnés en raison des conditions climatiques extrêmes. Le tribut annuel moyen est de quinze à trente morts, principalement à cause du manque d'organisation, du faible équipement et de la mauvaise acclimatation entraînant le mal aigu des montagnes lors de certaines tentatives[24]. En 2004, quarante-huit victimes ont été décomptées[4].

Les deux pics du mont Elbrouz vus d'une altitude de 4 200 mètres.

La voie normale, sur le versant méridional, est la plus facile, la plus sûre et la plus rapide en faisant usage des remontées mécaniques jusqu'aux refuges Garabashi[23] proposant 11 cabines cylindriques (Bochki en russe, les « tonneaux ») de 6 lits chacune et un total de 80 couchettes, avec l'eau issue de la fonte du glacier en été et du chauffage électrique[25]. À une heure et demie de marche, à 4 157 mètres d'altitude, se trouve le refuge Diesel, proposant 50 places et construit en 2001 sur le site de l'ancien refuge Priyut 11 accidentellement incendié le 16 août 1998[20], à 4 157 mètres d'altitude[23],[25]. À deux heures de marche supplémentaire, la voie normale passe à proximité des rochers Pastukhova, jusqu'où il est possible de se rendre en autoneige. Le reste de l'ascension vers les deux pics principaux ne peut se faire qu'à pied en une dizaine d'heures[23]. L'itinéraire est bien balisé mais il peut s'avérer risqué de s'éloigner de plus de cinquante mètres de celui-ci en raison des quelques crevasses ou en cas de sous-équipement[12]. Une variante permet de rejoindre le refuge Diesel depuis le camp de Glace, à 3 680 mètres d'altitude[23].

Une autre voie permet d'atteindre le sommet depuis Kiukiurtliu-Kolbashi (4 639 m) via le dôme de Kupol à 4 912 mètres, sur le versant occidental de la montagne. Cet itinéraire, beaucoup plus long, est accessible soit depuis le premier tronçon du téléphérique en traversant les moraines en direction du nord-ouest via le col de Khotiutau puis en obliquant vers le sommet, soit depuis la vallée de Khurzuk en république de Karatchaïévo-Tcherkessie. Il n'existe aucun refuge mais le terrain est plus propice pour camper[26].

Le mont Elbrouz vu depuis l'est.

D'autres voies par l'est depuis la vallée, le glacier et le col d'Iryk (3 667 m), ou par le nord sont envisageables mais sont plus hasardeuses en raison de l'absence ou de l'obsolescence des facilités[27].

À l'époque soviétique, le mont Elbrouz abritait des compétitions de vitesse d'ascension et constituait un entraînement pour les expéditions nationales en Himalaya (1982 et 1989). Les meilleurs alpinistes éprouvaient leur endurance durant cette épreuve prestigieuse. En septembre 1987, Vladimir Balyberdin organise la première course officielle entre Priyut et le col. En 1990, Anatoly Boukreev établit un record en grimpant du refuge au sommet oriental en un temps de 1 heure et 47 minutes. En 2005, avec l'engouement croissant des sports extrêmes et l'accroissement du nombre d'alpinistes en Russie, cette tradition est relancée et une nouvelle course est organisée entre Bochki et le sommet occidental[28]. En 2006, les meilleurs alpinistes des anciennes républiques soviétiques participent à la compétition : Denis Urubko du Kazakhstan, Sergueï Seliverstov et Alexander Kerimov du Kirghizistan, Sergueï Sourmonin de Russie. Pour la première fois, un des itinéraires propose un dénivelé supérieur à 3 000 mètres avec un départ aux clairières d'Azau à 2 400 mètres d'altitude et une arrivée au sommet occidental. Denis Urubko établit un temps de 3 heures 55 minutes et 58 secondes sur ce parcours. Sur l'itinéraire partant des refuges Garabashi, Svetlana Sharipova est la meilleure féminine avec un temps de 3 heures 21 minutes et 29 secondes[29].

Il est possible d'effectuer le tour du mont Elbrouz. L'itinéraire le plus facile demande entre huit et dix jours de randonnée, avec la traversée de plusieurs glaciers et le franchissement de nombreux cols. Il démarre du village de Baksan dans la vallée du Kirtyk, passe ensuite par le col de Kirtykaush (3 242 m), redescend vers la rivière Malka où il est possible de découvrir les chutes du Sultan d'une hauteur de 40 mètres près des sources du Jilasu, puis relie Khurzuk après le col de Buruntash (3 072 m) et enfin franchit la rivière Ullu-Kam, le col Khotiutau (3 456 m), le glacier d'Azau pour redescendre vers Terskol et enfin retourner au point de départ[30].

À la suite de l'éclatement de l'URSS, l'entretien des refuges a pâti des enjeux politiques, remplacés par une activité plus mercantile avec la création de gros complexes hôteliers privés, offrant pour certains les soins des sources chaudes[3]. Toutefois, cette tendance semble se résorber et les autorités ont repris les choses en main[24].

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

Un parc national a été fondé en 1986 sur le versant oriental du mont Elbrouz, autour du bassin de la rivière Baksan, afin de préserver à long terme la vie sauvage tout en promouvant le tourisme. Le parc national de Prielbrusye couvre une superficie de 1 004 km2 divisée en trois zones à réglementation progressive auxquelles s'ajoute une zone tampon de 278 km2. Les glaciers recouvrent 15 % de la superficie du parc[7].

Pourtant, le tourisme reste un problème environnemental majeur au mont Elbrouz. Les itinéraires les plus fréquentés sont jalonnés de déchets tout le long de l'ascension, les crevasses servent de vide-ordures à ciel ouvert et les toilettes étant dans un état sanitaire déplorable, la neige est parsemée d'excréments[4],[31].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Le mont Elbrouz sert de décor à un épisode de Koubatsou et les jeux du siècle, le tome 2 des Écrans de brume (série de fantasy pour la jeunesse de Robert Belfiore). Chevauchant sa gargouille Macha, la jeune guerrière Ophéline tente d'échapper à Guttur, une gargouille féroce chargée de les éliminer.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Elbrus and the Upper Baksan Valley map & guide, carte topographique 1:50000 avec information touristique, EWP 2007 (ISBN 9780906227954)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Elbrous ou Elbrouz sur larousse.fr.
  2. a, b et c (en) W. Eilers, Encyclopaedia Iranica - Alborz
  3. a, b, c et d (en) Getting to the Top In the Caucasus, Howard Tomb, New York Times, 27 août 1989
  4. a, b, c et d (en) L'Elbrouz sur SummitPost
  5. a, b, c et d (en) Global Volcanism - Elbrus - Summary
  6. (en) Encyclopædia Britannica - Mount Elbrouz
  7. a, b, c et d (en) Prielbrusye National Park
  8. (en) Geographic bureau - Elbrus glaciology and hydrology
  9. (en) NASA Earth Observatory newsroom - Mt. Elbrus
  10. (en) A. G. Gurbanov, O. A. Bogatikov, I. V. Melekestsev, P. W. Lipman, J. B. Lowenstern, D. R. Miller, A. Ya. Dokuchaev, « The Elbrus Caldera in the Northern Caucasus: Geological structure and time of formation », Russian Journal of Earth Sciences, Vol. 6, no 4, août 2004
  11. (en) I. V. Chernyshev, V. A. Lebedev, S. N. Bubnov, M. M. Arakelyants, Yu. V. Gol’tsman, Isotopic Geochronology of Quaternary Volcanic Eruptions in the Greater Caucasus, Institute of the Geology of Ore Deposits, Petrography, Mineralogy, and Geochemistry (IGEM), Russian Academy of Sciences
  12. a et b (en) Le mont Elbrouz - Ascension et risques
  13. (en) Geographic bureau - Elbrus climate
  14. a et b (en) Geographic bureau - Elbrus vegetation
  15. (en) Geographic bureau - Elbrus fauna
  16. a, b et c [doc] A. G. Gurbanov, J.B. Lowenstern, O.A. Bogatikov, P.W. Lipman, Pleistocene and Holocene eruptive history of Elbrus Volcano, a hazardous postcaldera stratocone in southern Russia
  17. (en) Global Volcanisme Program - Elbrus - Eruptive history
  18. Mémoires de l'académie des sciences de Saint-Pétersbourg volume 7
  19. Alexander von Humboldt, Asie centrale: Recherches sur les chaines des montagnes et la climatologie comparée Volume 3, Gide, 1843, p. 332
  20. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) Le mont Elbrouz - Histoire
  21. (en) Ian Kershaw, Hitler: Nemesis 1936-1945
  22. La flamme olympique atteint l’Elbrouz, point culminant de l’Europe, site officiel du mouvement olympique, 1er février 2014
  23. a, b, c, d et e (en) Le mont Elbrouz - Voie normale
  24. a et b (en) Interview with Boris Tilov, the Chef of the rescue service of Elbrus region, Trip Reports sur SummitPost
  25. a et b (en) Refuges de montagne - Région de l'Elbrouz
  26. (en) Le mont Elbrouz - Voie Kiukiurtliu-Kolbashi
  27. (en) Le mont Elbrouz - Itinéraires
  28. (en) Elbrus speed climb - Speed climbs history
  29. (en) Elbrus speed climb - News : IV international Elbrus race
  30. (en) Le mont Elbrouz - Tour
  31. (en) The pinnacle of success — and disgust — for climbers, John Flinn, San Francisco Chronicle, 9 avril 2006
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