Agriculture en Russie

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Le secteur de l'agriculture de la Russie en 2004 emploie un peu plus de 7 millions de personnes soit 9% de la population active et représente environ 5% du PIB de la Russie[1]. Cette agriculture dispose d'une superficie considérable mais seulement une faible fraction, 122 millions d'hectares soit moins de 10% de la superficie totale, est cultivée du fait d'un climat souvent aride ou d'une période de fertilité trop brève. L'agriculture a ainsi dû se développer dans un environnement naturel souvent hostile : terres peu fertiles, sécheresses et événements climatiques brutaux. Ainsi, du fait de ces contraintes, les exploitations agricoles dans les régions du sud et l'ouest de la Sibérie se sont spécialisées plutôt dans la céréaliculture tandis que les régions du nord sont principalement dédiées à l'élevage.

L'agriculture était, jusqu'à la chute de l'URSS, pratiquement entièrement confiée à 25 000 (chiffre de 1990) grandes fermes collectives : les sovkhozes et les kolkhozes. À côté de ces exploitations pratiquant une culture extensive et disposant d'un quasi-monopole dans la production de céréales, coexistait une production privée relativement performante réalisée sur de petits lopins de terre.

À la suite de l'éclatement de l'Union soviétique en 1991, les sovkhozes et les kolkhozes qui constituaient l'épine dorsale de l'agriculture soviétique, ont dû accepter la perte soudaine des garanties de l'État, des canaux de commercialisation et d'approvisionnement. En moins de dix ans, les stocks de bétail ont diminué de moitié, entraînant à la baisse la demande de céréales fourragères, et la superficie occupée par les céréales a chuté de 25 %. L'utilisation d'engrais minéraux et d'autres intrants a chuté, entraînant des rendements bas, la plupart des fermes ne pouvant plus se permettre d'acheter de nouvelles machines faute de capitaux.

Depuis le début des années 2000, après presque dix années de déclin, l'agriculture russe commence à montrer des signes d'amélioration modestes même si elle continue à souffrir d'une productivité et de rendements particulièrement faibles comparés aux autres pays occidentaux. La Russie est un importateur net de produits agricoles (déficit de dix milliards $ en 2004[2]). La structure de l'agriculture a évolué dans le cadre de la libéralisation de l'économie russe, avec l'apparition de fermes privées, mais aussi de nombreuses petites exploitations familiales produisant maintenant plus que les anciennes grandes exploitations collectives ayant vu leur mode de gestion bouleversé. Mais ce renouveau caractérise surtout les espaces péri-urbains et méridionaux. Ainsi tout l'espace européen historique sur sol podzosoliques continue de connaitre une déprise accentuée par le manque d'investissements et un exode rural lié au déclin démographique. De plus, cette évolution du secteur a été freinée par la mise en place difficile d'un cadre législatif pour la propriété foncière (abolie sous le régime soviétique), la faiblesse des investissements consécutifs à la dépression économique de 1992-1998 et l'inadaptation du système bancaire.

Un champ dans l'oblast de Nijni Novgorod
Un autre champ dans l'oblast de Nijni Novgorod

Histoire de l'agriculture en Russie[modifier | modifier le code]

L'agriculture dans l'Empire russe[modifier | modifier le code]

Article connexe : Servage en Russie.

En 1593, le fils et successeur d'Ivan le Terrible, Fédor Ier, sous l'inspiration de Boris Godounov, abolit le droit accordé aux paysans de changer annuellement de terres. Attaché à la terre, le paysan perd progressivement tous ses droits civiques pour devenir peu à peu un serf.

Jusqu'aux réformes d'Alexandre II en 1861, la majorité de la population rurale vit sous le statut du servage. Mais cette réforme ne transforme pas les terres soumises au servage en petites propriétés individuelles. Elle institue le dédommagement de l'ancien seigneur par le paysan voulant acquérir la terre, ce qui ralentit grandement la réforme agraire. Les paysans n'ayant pas d'argent, c'est l'État qui leur en fait l'avance. Les anciens seigneurs reçoivent ainsi de l'État une indemnité d'un milliard de roubles que les paysans remboursent sur 49 ans à un taux de 6 %.

Le reste de la population rurale, c'est-à-dire ceux qui ne sont plus serfs, fonctionne selon le système du mir, qui est une communauté de partage du travail et de la nourriture. Chaque mir est dirigé par un conseil formé d'un certain nombre de chefs de famille, et dont une des missions est de redistribuer périodiquement la terre en fonction des besoins de la population rurale selon le système de « Répartition ». Il s'agit d'un partage des terres à intervalles réguliers suivant l'évolution de la taille de chaque famille. Le Mir organise aussi les pratiques communautaires telles que la vaine pâture. Ainsi la communauté paysanne cultive un finage organisé en openfield, comme une large partie de l'Europe durant la période médiévale et moderne. L'openfield nécessite obligatoirement une organisation concertée des pratiques agricoles pour déterminer les travaux collectifs et l'usage de terres collectives allouées aux bêtes, ainsi que les diverses dates qui définissent la vaine-pâture et les travaux féodaux. Mais le fonctionnement spécifique de la « Répartition » accélère l'émiettement des terres par rapport à certaines régions européennes qui connaissent le droit d'aînesse, puisqu'à chaque nouvelle naissance, la surface est de nouveau divisée. Ainsi au début du XXe siècle ce système est décrié notamment par les communistes, car, selon eux, il ne permettait pas la pleine gestion des espaces.

S’ensuivent les réformes de Stolypine, premier ministre du tsar Nicolas II, en 1906, qui permettent aux paysans d'accéder à la pleine propriété en provoquant l'abandon des pratiques communautaires par un remembrement définitif. Ainsi en 1914, 2,5 millions d'exploitations ont quitté le Mir. Dans le même temps émerge un réseau de coopératif qui, en 1914, enregistre 3 millions d'adhérents. La propriété foncière des nobles en Russie d'Europe qui était passée de 121 millions d'hectares en 1860, à 84 en 1861, était encore de 44 millions d'hectares en 1914.

Le communisme de guerre (1918-1921)[modifier | modifier le code]

Lors de la Révolution de 1917 et la guerre civile russe qui s'ensuit jusqu'en 1921, le partage des terres prises à la noblesse et à l'Église se poursuit de ce fait dans un certain esprit d'égalitarisme. Ceci est dû à la force de pression que constitue la paysannerie durant la guerre civile russe qui oppose les antibolcheviks, de droite et de gauche, aux communistes. Les premiers veulent conserver les Mir, les seconds souhaitent pour la plupart une collectivisation. Mais les deux camps ont une attitude attentiste pour affaiblir les révoltes paysannes telles que celle des « Armées vertes » ou la « Révolte de Tambov ». Ainsi, en 1921, le parcellaire est très morcelé avec près de 24 millions d'exploitations. Une forte pression fiscale caractérise l'époque avec notamment l'apparition du « communisme de guerre », qui entraîne la réquisition une importante partie de la production agricole.

La Nouvelle politique économique (NEP) (1921-1929)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nouvelle politique économique.

Le décret de 1921 instaurant la Nouvelle politique économique connue sous le nom NEP exige de la paysannerie qu'elle donne au gouvernement une quantité de tout surplus agricole en nature. Cela permettait de conserver le surplus restant pour la consommation urbaine ou pour l'exportation contre des biens industriels[pas clair].

En matière foncière, la période de la NEP commence entre 1921 à la fin de la guerre civile russe et 1928. Elle ne se traduit pas par le retour à la propriété privée mais par l'instauration d'un système de baux : le Code foncier de 1922 permet d'établir des baux de 6 ans qui seront portés à 12 ans en 1925. Ces baux étant facturés, le système est essentiellement une imposition, ce qui ménage relativement la paysannerie durant cette période, et crée un système de marché avec une certaine propriété privée[pas clair]. En 1928, la fin de la NEP signifie aussitôt le retour à l'interdiction de louer les terres et la collectivisation progressive de toute l'agriculture. La NEP fut aussi un épisode où les produits agricoles peuvent se vendre à un prix libre.

La production agricole augmenta fortement. Au lieu de la réquisition des surplus agricoles sans compensation par le gouvernement durant la guerre civile, les fermiers pouvaient désormais vendre leurs excédents, en étant donc incités à produire plus de grains. Cette incitation couplée avec la fin des domaines semi-féodaux permit à la production agricole d'atteindre les niveaux d'avant la Révolution et de les dépasser. Ainsi, en 1928, la production agricole et industrielle avait retrouvé les niveaux de 1913.

Cependant, comme le gouvernement soviétique ne mena pas une politique d'industrialisation, cela créa un déséquilibre dans l'économie où le secteur agricole croissait beaucoup plus vite que l'industrie lourde. Pour garder des revenus élevés, les usines commencèrent à vendre leurs produits à des prix plus élevés. À cause des coûts croissants des biens manufacturés, les paysans durent produire beaucoup plus de farine pour acheter ces biens de consommation. Cela entraîna une chute des prix agricoles et une augmentation aiguë des produits industriels, phénomène connu sous le nom de « Crise des ciseaux » (référence à la forme des courbes de prix correspondantes). Les paysans commencèrent à conserver leurs surplus en espérant des prix plus élevés, ou les vendre cher aux « Nepmen » (commerçants et intermédiaires). De nombreux membres du Parti Communiste étaient contre cette pratique, considérée comme une exploitation des consommateurs urbains. Pour combattre les prix croissants des biens de consommation l'État prit des mesures pour diminuer l'inflation et promulgua des réformes sur les pratiques internes des fabriques. Le gouvernement fixa aussi les prix pour arrêter l'effet ciseaux.

La NEP était généralement vue comme une mesure temporaire, et s'avéra fortement impopulaire parmi certains marxistes du Parti bolchevik à cause de ses compromis avec certains éléments capitalistes. Staline ne forgea pas immédiatement sa doctrine au sujet de la NEP.

La collectivisation de l'agriculture (1929)[modifier | modifier le code]

Entre 1928 et 1933, durant la période de collectivisation qui s'étend jusqu'à 1938, la moitié du bétail soviétique a été abattue en réponse à la collectivisation et à l'adoption d'un passeport pour limiter la mobilité des populations rurales. La collectivisation a aussi entraîné une famine, celle de l'Holodomor, qui touche particulièrement les régions du Caucase, du Kouban et de l'Ukraine, c'est-à-dire une large partie des terres noires. On y dénombre entre 2 et 10 millions de morts, estimation qui peut inclure les morts et les déportés de la « dékoulakisation ».

Le terme de koulak apparait à l'époque, pour désigner les exploitants agricoles qui emploient des salariés, qui vendent leurs production ou qui sont de grands propriétaire terriens. Ils étaient considérés comme une nouvelle classe capitaliste rendue responsable de l'augmentation du chômage et de l'inflation. Il y aura ainsi une « dékoulakisation » quand Staline sera au pouvoir, avec une répression sur ces individus pour mettre en avant la communauté rurale, pour permettre la collectivisation des terres. Entre 1929 et 1935, plus de deux millions de paysans, koulaks ou non, furent déportés et plusieurs millions moururent de faim, surtout en Ukraine et dans le sud de la Russie. Leurs biens furent confisqués.

Le décret de collectivisation massive de janvier 1930 ne fait aucune mention des lopins de terre, mais dans de nombreuses régions, les autorités communistes locales les ont abolis. Néanmoins, en mars 1930, après une résistance paysanne, le droit de posséder une parcelle personnelle est reconnu. En février 1935, une charte précise que les parcelles individuelles peuvent avoir une superficie de 0,25 à 0,5 hectares et jusqu'à 1 hectare dans des cas spécifiques. En 1938, ces parcelles produisent 21,5 % de la production agricole. Ce type d'agriculture s'est généralisé dans les années 1930 dans le bassin de la mer Noire et dans la périphérie des métropoles telles Moscou et Leningrad.

À la suite de la collectivisation des années 1930, l'agriculture était organisée en un système de fermes collectives, les kolkhozes, et de fermes d'État, les sovkhozes :

  • Les kolkhozes étaient des entreprises agricoles détenues et gérées par un ensemble de paysans propriétaires des outils de production, mais non du sol, propriété de l'État. La terre était mise à disposition perpétuelle des kolkhoziens. Les paysans cultivaient en commun la terre, vendaient la production à l'État, et se partageaient les profits. Ils disposaient en outre d'un lopin de terre individuel (0,25 à 0,5 hectares en 1934) ;
  • Les sovkhozes étaient des grandes entreprises agricoles d'État. Les travailleurs y étaient des ouvriers agricoles.

Il ne resta plus après cela qu'un faible nombre de fermes individuelles (khutor, хутор), situées dans des zones rurales isolées dans les pays baltes, l'Ukraine, la Sibérie et les régions cosaques.

L'agriculture planifiée[modifier | modifier le code]

La collectivisation a instauré des fermes d'État, les sovkhozes, et des exploitations collectives et coopératives, les kolkhozes qui prennent la suite des anciens mirs. En 1940 on dénombre environ 238 000 kolkhozes et 4 200 sovkhozes. En 1950, à la suite de la saignée démographique de la guerre et aux remembrements, le nombre de kolkhozes est réduit à 124 000. Dans les années 1980, on ne dénombre plus que 26 200 kolkhozes et 22 700 sovkhozes. Ce regroupement de terre est effectué pour moderniser les exploitations via aussi des « stations de machines et de tracteurs » (MTS) pour permettre une motorisation et une mécanisation de l'agriculture, tout en libérant une importante main-d'œuvre pour l'urbanisation et l'industrialisation du pays à travers les plans quinquennaux. Parallèlement à cette concentration des terres, l'exploitation de lopins ou « exploitations auxiliaires domestiques », pour des productions personnelles, est autorisée. Les excédents des lopins peuvent être vendus sur les marchés, et seuls échappent à la planification de l'économie. Dans les années 1980, le rendement des minuscules lopins est, à surface égale, cinq fois supérieur à celui des terres collectivisées.

Organisée à grande échelle et hautement mécanisée, l'Union Soviétique était l'un des plus grands producteurs de céréales au monde, bien que de mauvaises récoltes comme en 1972 et 1975 nécessitèrent des importations et ralentirent l'économie. Le plan quinquennal de 1976-1980 transféra des ressources à l'agriculture et 1978 connut des récoltes record. À la suite de l'irrégularité des récoltes, l'URSS devint dans les années 1980 un importateur net de céréales. Le coton, la betterave sucrière, la pomme de terre, et le lin étaient aussi des cultures importantes.

Cependant, en dépit d'immenses ressources territoriales, d'une mécanisation extensive, des industries chimiques, et d'une grande force de travail rurale, l'agriculture soviétique était relativement improductive, entravée dans de nombreuses zones par le climat (seulement 10 % du territoire de l'URSS était cultivable), et une mauvaise productivité du travail. Dans les années 1930, l'agriculture, réserve de main-d'œuvre et source d'excédents, était au service de l'industrialisation. L'État réquisitionnait des céréales pour l'exportation et l'approvisionnement des villes. Cela entraîna la famine dans les campagnes en 1932-1933. Un système de passeport interne au pays a empêché les mouvements brutaux et incontrôlés des ruraux vers les zones urbaines. En effet les agriculteurs étaient liés à leur sovkhoze ou à leur kolkhoze, ce qui est décrit par certains comme un système de « néo-servage ».

Vers la libéralisation (1991-)[modifier | modifier le code]

Après la chute du communisme, la part des sociétés détenues par l'État dans le contrôle des terres agricoles est passée de 100 % en 1990 à moins de 40 % en 2000. Cette privatisation de la propriété foncière est encore cependant incomplète car la plupart des terres privatisées par l'État est gérée et cultivée par les grandes entreprises successeurs des anciennes fermes collectives.

La privatisation du secteur et la réforme agraire commence en novembre 1990, une première loi permet la privatisation des lopins de terres qui étaient exploités individuellement sous l'époque soviétique. Cependant cette privatisation implique un moratoire de 10 ans sur leur revente. Cette loi donne aussi le droit à un membre d'une ferme collective de se retirer de l'exploitation avec des parts en terre et en matériels agricoles pour se mettre à son compte en tant que fermier indépendant. De plus, par cette loi, ces fermiers indépendants ont la possibilité d'exploiter des terres louées par l'État. Et enfin, cette loi de réforme agraire a induit d'importants transferts fonciers entre les fermes collectives et les communes rurales qui mettent à disposition ces terres dites de « réserves » à la collectivité, aux propriétaires de lopins de terres et de bétails.

En décembre 1990, une série de lois et de décrets ont défini les formes juridiques possibles des exploitations agricoles ainsi que les principaux aspects juridiques de la propriété foncière, et de l'accès à la propriété. Plus précisément, les terres agricoles ont été privatisées et la propriété des biens agricoles et de la terre a été transférée de l'État aux kolkhozes et sovkhozes. En 1991, le gouvernement donne un an aux kolkhozes et aux sovkhozes pour changer de statut en passant d'exploitations collectives, en société par action, en coopérative, ou en donnant leurs terres aux salariés. Mais peu de kolkhozes et de sovkhozes ont choisi de se dissoudre, environ un tiers ont gardé leur statut juridique et les exploitations restantes se sont ré-enregistrées en tant que société, sans changer les pratiques de leurs exploitations. Il n'y a alors pas de changements de nom, ni de personnel, et les actionnaires sont essentiellement salariés et reçoivent leurs dividendes proportionnellement à leur travail, comme à l'époque soviétique. Ainsi la privatisation n'est que de façade. Ces exploitations se défont aussi progressivement de leurs activités non productives tel que l'entretien des routes, des forêts et de l'administration rurale dont elles étaient chargées pendant la période soviétique.

Entre 1991 et 1993, les exploitations collectives, les systèmes de commercialisation et de fournitures qui sont encore aux mains de l'État, sont remises en cause avec l'apparition du marché dans certains secteurs. Les agriculteurs doivent trouver des intrants pour leur exploitations : engrais, carburants, semences et nourriture pour le bétail, tout cela dans un contexte d'inflation. L'État cesse d'acheter la production, et les dettes des exploitations ne sont plus annulées. L'acquisition de baux par la population rurale et urbaine est aussi admise, et l'octroi de terre est autorisé pour les employés et les retraités du secteur agricole. La diminution de l'élevage est important, les activités de nombreuses petites exploitations (en dehors des lopins péri-urbains) s'arrêtent.

Entre 1992 et 1994, l'État est incapable de gérer l'économie agricole, une part croissante du bétail est abattue, faute de fourrage. Le total des transferts fédéraux dans le secteur agricole passe alors entre 1992 à 1993 de 10 % à 4 % du PIB, et il tombe à 2 % du PIB en 1994. Cela est dû à la diminution des rentrées fiscales. La période est marquée par un troc à grande échelle, troc qui caractérise l'impossibilité logistique du pays à cette époque, avec une baisse de la production et surtout des machines.

En même temps, se produit une crise dite « des ciseaux », avec une l'inflation importante entre 1990 et 1993 où les prix de la machinerie et des intrants sont multipliés par 520 alors que les prix agricoles ne sont multipliés que par 120. Cela est dû à l'augmentation notable dans le secteur, de l'importation qui fait baisser les prix de manière relative par rapport aux autres secteurs. À cela, il faut ajouter le maintien des monopoles que constituent les exploitations collectives qui imposent des prix bas par le troc et par leur situation établie.

Plusieurs tentatives de réformes qui seront initiées : celle de 1994-1995 où un prix de la terre sera établi selon le montant de l'impôt foncier (lui-même établi en 1991) mais ce prix est réglementé et peut être dans les espaces périurbains très loin des prix théoriques, ce qui entraine une large corruption. Ou encore la réforme 1996, qui élargit l'accès à la propriété privée et permet une défiscalisation du parcellaire de petites tailles (jusqu'à 5 ha). Et enfin en 2002-2003, où est enfin autorisée la vente de tout type de terre pour les 12 millions de propriétaires de parts foncières mais qui contient un moratoire de 50 ans pour la vente aux étrangers et donne une priorité à l'achat aux copropriétaires et aux administrateurs des structures vendeuses de ces terres.

Au cours des cinq dernières années, des subventions du gouvernement fédéral ont amélioré la situation financière des exploitations agricoles notamment des petites exploitations. Ainsi en 2006, 36 milliards de roubles de prêts ont été alloués à plus de 100 000 bénéficiaires, ce qui est à comparé aux 3,4 milliards de roubles de crédit fait en 2005 à seulement 2 500 emprunteurs.

Cependant plus de 50 % des exploitations agricoles de la Russie sont fortement endettées, cela est dû en partie à la volatilité des prix des céréales influencés par des cours mondiaux et les importations agricoles face à des coûts de production encore élevés qui nécessitent d’importants investissements. Ainsi de nombreuses exploitations agricoles sont obligées de trouver des investisseurs extérieurs, notamment de la part d'importantes sociétés financières ou industrielles. Ces investissements se sont majoritairement implantés dans les cultures considérées comme potentiellement rentables, ou ont acquis des exploitations dans une logique de concentration verticale, c'est-à-dire dans le but de garantir l'approvisionnement des entreprises d'agro-industrielles en matières premières agricoles.

Organisation[modifier | modifier le code]

L'agriculture de la Russie d'aujourd'hui se caractérise par trois principaux types d'exploitations: les fermiers indépendants, les exploitations collectives et les lopins individuels et familiaux. Ces deux derniers types d'exploitations agricoles ont existé tout au long de la période soviétique. Et les fermiers indépendants ont seulement commencé à émerger après 1990 pendant la transition postsoviétique.

Les fermiers indépendants[modifier | modifier le code]

Le statut de fermes indépendantes définit généralement les exploitations commerciales privées qui ont une superficie entre 10 et 100 hectares. Actuellement, les fermes indépendantes sont environ 285 000, un nombre stable depuis 1993. Si leur adhésion à ce statut a commencé depuis 1990 de manière très rapide et massive. Elles ont depuis vu leur nombre stagner alors que l'on attendait pendant la Perestroïka un chiffre aux alentours de 650 000 exploitations. Ce manque d'enthousiasme pour la création d'exploitations agricoles privées a été attribué à l'insuffisance des infrastructures rurales, et à la crainte des familles d'ouvriers agricoles de perdre leur admissibilité aux services sociaux qui ont été traditionnellement fournis par l'exploitation des entreprises locales au lieu de la municipalité.

La part des terres contrôlées par les fermiers augmente, mais reste marginale puisqu'ils contrôlent 16 % de la SAU de la Russie. Leur surface moyenne est de 41 ha en 1990, elle est passée à 67 en 2002 et à 104 ha en 2006. Cette augmentation s'explique tant par l'acquisition de nouvelles terres par ces indépendants que surtout par la faillite des entreprises les moins viables sur de faibles surfaces. Les fermiers sont très peu présents dans les secteurs des fruits et légumes et dans l'élevage (sauf dans l'élevage d'ovins et du rennes où peuvent pâturer les bêtes toutes l'année selon les régions), secteurs qui demandent des structures et des équipements (stockages, conservation et circuits de distributions) importants hors de porté de l'endettement et d'investissements individuels.

Il faut noter qu'à la différence des lopins individuels, les fermiers doivent tenir une comptabilité et sont assujettis aux impôts.

Les lopins individuels et familiaux[modifier | modifier le code]

Lopins de terre dans l'oblast de Nijni Novgorod

Les lopins de terre sont une exploitation de petite taille (< 1 ha) généralement attaché à une résidence en milieu rural, ils sont principalement cultivée pour la subsistance et l'autoconsommation dans la famille. Les excédents de la parcelle sont vendus aux voisins, parents, et souvent aussi sur les marchés des villes environnantes. Les lopins de terre ont été la seule forme d'agriculture privée autorisée à l'époque soviétique. On y cultive traditionnellement des légumes, du chanvre et un peu de fruits.

En 1990, les lopins individuels était en moyenne d'environ 0,48 ha et ils constituaient au total 1,4 % de la SAU mais contribuaient à un quart de la production agricole totale. Actuellement, ils réalisent 52,7 % de la production agricole en 2005 et ils exploitent plus de 9,6 % de la SAU. Ainsi leur surface a été multipliée par 4,7 en 15 ans. La production de fruit et légume, une des seules productions en augmentation, provient ainsi majoritairement des lopins de terres, comme celle des pommes de terres. Cependant il faut signaler, les importants détournements et flux entre les lopins et les exploitations collectives ou les terres allouées par la municipalité. Les jardiniers écoulent ainsi une part des produits des exploitations collectives et utilisent massivement les prairies de celles-ci ainsi que celle des municipalités pour nourrir le bétail.

Les exploitations collectives[modifier | modifier le code]

Les kolkhozes et kolkhozes privatisés ont été réorganisée en sociétés par actions en sociétés à responsabilité limitée, ou en coopératives agricoles. Leur propriété a été distribuée généralement dans leur intégralité, à leurs travailleurs agricoles et leurs retraités. Ces fermes ont continué de fonctionner en grande partie comme ils l'avaient fait sous le régime soviétique.

Les exploitations collective ont un parcellaire moyen de 8 000 ha mais cela peut aller jusqu'à 170 000 ha pour les exploitations les plus grandes. Une grande partie des exploitations était déficitaire dans les années 1980, mais elle contrôle actuellement encore 70,6 % de la SAU. Ces activités sont aussi en restructuration, et concentration, les firmes les plus grandes peuvent acheter ou louer les activités déficitaires de leurs voisins. Cependant depuis 2000 et l'augmentation des déficits et des faillites, l'État soutient de nouveau ces exploitations, alors qu'il s'était très largement désengagé dans les années 1990.

Spécialisation régionale[modifier | modifier le code]

Les variations paysagères et structurales de l'espace agricole russe se fait largement suivant un gradient nord-sud définit essentiellement par le climat. Cette variation régionale est visible par le degré de mise en culture du territoire, par la densité de population et par la taille des bourgs.

Grand nord[modifier | modifier le code]

L'espace boréale et subpolaire russe est caractérisé par une forte présence l'industrie du bois et de l'exploitation du bois notamment dans le bassin de la Dvina septentrionale avec des nombreux centres de coupes itinérants et un transport des grume par voies fluviales jusqu'au pôle industriel d'Arkhangelsk où il se trouve une concentration très importante de scierie et d'industries, (ces complexes industriels forestiers sont appelées « lespromkhozes » en comparaison au sovkhoze et kolkhozes), avec là 2 combinats de transformations en cellulose et avec 20 entreprises de transformations primaires du bois. D’autres points nodaux existent tel celui de Kotlas à la confluence de Soukhona et de la Vytchegda pour former la Dvina septentrionale, ou encore dans la région du lac Onega près de la ville de Petrozavodsk. Si la région en 2005 produit 27 % du bois scié et 61 % du papier russe, la surexploitation du bassin de la Dvina et de la Carélie impose à l'industrie d'exploiter les forêts plus à l'est dans la région de la République des Komis.

Il existe aussi une spécialisation sur le secteur de la pêche notamment à Mourmansk et à Arkhangelsk avec de nombreux bateaux-usines équipés pour la haute mer. Cette flotte pêche principalement dans l'Atlantique nord. Les ports de la mer de Barents pêchent ainsi plus d'un tiers des prises totales de la Russie, alors que les deux tiers restants sont situés pour la plupart dans l'Extrême-Orient.

Terres cendrés ou podzoliques[modifier | modifier le code]

L'espace forestier occupé par la taïga est caractérisé par un bâti et un habitat dispersé coûteux en infrastructure. Cet espace est peu dense, c'est-à-dire en dessous de 20 hab/km². L'agriculture existe cependant, mais elle est centré sur l'élevage, et donc sur les fourrages. Historiquement ce sont des espaces alloués à la culture du lin qui occupaient un tiers de l'espace labouré notamment au XVIIIe et au XIXe siècle avec des centres comme Pskov, Novgorod, Tver, Polotsk, Viatka et les régions des rivières Oka et Kama.

La diminution de la production de céréales, notamment les cultures de l'orge, de l'avoine et du seigle, cultures adaptés au froid mais avec qui ont des rendements faibles, dans les 1990, a provoqué une très forte baisse de la production porcine et bovine dans la région, par la diminution des possibilités de fourrages alors que l'élevage et la production laitière étaient l'une des spécialisations de la région.

L'espace est caractérisé par une très forte déprise agricole même pendant la période soviétique où l'habitat n'était pas adapté à la volonté de regroupement des exploitations et à la constitution d'agroville à l'architecture urbaine qui se veulent en opposition avec les petits « villages sans avenir » ou ces lieux-dits marginalisés, avec une vieillissement important de la population rurale et un fort exode rural. Ainsi entre 1965 et 1989 les campagnes de ces régions, ont perdu les deux tiers de leurs effectifs, et une partie, un cinquième, des lieux habités ont été désertés notamment dans l'Oblast de Tver, l'Oblast de Iaroslavl, l'Oblast de Smolensk, l'Oblast de Vologda et l'Oblast de Kostroma.

Les oblasts plus au sud sont eux, les lieux de transitions entre les terres cendrées, les Sol brun et les terres noires sont dans une meilleure situation, et fournissent une part importante du blé, du tournesol, de pomme de terre, de betteraves et de fruits et légumes du pays notamment autour des oblasts de Voronej et de Belgorod.

Terres noires[modifier | modifier le code]

Un champ près de Rostov-sur-le-Don

La Russie possède 40 % des terres noires mondiales mais ils représentent moins de 3 % des terres de la Russie et sont concentrées dans le sud, près du Kouban. Le climat continental est modéré et les précipitations vont de 500 mm à 600 mm, ce qui suffit pour une agriculture sèche.

C'est un sol favorable à une polyculture à dominante céréalière avec une forte densité par rapport aux autres espaces ruraux. L'habitat est généralement groupé avec quelques centaines d'habitants voir des milliers, ressemblant à des petites villes, dans le cas des stanitsa, ces anciens villages de cosaques. Le parcellaire a une taille proportionnelle à celle de cet habitat groupé.

Ces régions sont celles du Kraï de Krasnodar, du raion de Terek, du Kouban, de Kraï de Stavropol et du Daguestan, ce sont les domaines de la céréaliculteur intensive, avec des rendements pour le blé dépassant 45 quintaux par hectare, ce qui est très important pour la Russie qui à une moyenne de 17,7 quintaux à l'hectare. La région est aussi présente de manière importante dans les cultures de betteraves et du tournesol. Ces régions des terres noires ont connu depuis 1990 une importante immigration à partir des autres territoires de la Russie, qui est de l'ordre de +1 à +1,5 % d'augmentation de la population par an, alors que le pays connait une baisse démographique importante.

La taille de habitats groupés permet de conserver un bassin de main-d'œuvre pour l'agriculture en facilitant l'accessibilité aux infrastructures tant civiles qu'agricoles. Ce sont ainsi les régions qui ont le mieux profité des reformes socialistes comme la région de Krasnodar qui a durant tout le XXe siècle a été le symbole de cette prééminence du sud et qui regroupent aujourd'hui un nombre important d'exploitations appartenant à l'« agro-300 », la liste des plus grosses et rentables entreprises agricoles de Russie.

Piedmont caucasien[modifier | modifier le code]

Le piedmont du Caucase s'est lui différencié par ses cultures de vergers et sa viticulture surtout sur la côte ouest près de Novorossiisk, tout en ayant un partage des terres entre la céréaliculture et les pâturages pour les bovins et les ovins. Le piedmont ayant eu historiquement une tradition d'estive et de transhumance, mais celle-ci a été perturbée par les conflits récents de la région. Il y a aussi quelques cultures exotiques anecdotiques : des agrumes, du thé notamment sur la cote occidentale où les précipitations sont les plus fortes. Après les diverses politiques soviétique en valeur du piedmont et contre les minorités présentes dans les massifs caucasiens, qui ont pu être, sous les heures sombres du régime socialiste, assez violent, avec un certain nombre de déplacements et de déportations, le peuplement a peu à peu abandonné l'habitat en bois des vallées appelées « aoul » pour se diriger vers les nombreuses villes du piedmonts: Makhatchkala, Grozny, Vladikavkaz, Nazran, Naltchik, Tcherkessk, Maïkop, etc.

Steppe[modifier | modifier le code]

La zone steppique est située dans la sud-est de la Russie européenne entre le piedmont orientale du Caucase jusqu'à la frontière avec le Kazakhstan, elle est cependant traversée par le bassin de la Volga.

Il est caractérisé par un élevage extensif notamment d'ovins plus propice aux climats secs. Le système rural en lui-même est aussi extensif avec un bâti fortement groupé et un maillage du parcellaire très lâche avec de très nombreuses exploitations de plus 1 000 ha. La région est victime de vents chaud et desséchant notamment le Soukhovoei, mais aussi de la sècheresse récurrente (Ex: notamment en 1946), il y a ainsi que 2 à 3 récoltes satisfaisantes sur 10 ans, mais qui compensent généralement les années maigres.

Ces plaines céréalières sont victimes de l'érosion du sol par ces phénomènes éoliens dégradant la fertilité des terres, et l'on a ainsi planté au cours du XXe siècle des haies de peupliers le long des principaux cours d'eau pour réduire leurs effets.

Delta[modifier | modifier le code]

On trouve dans les deltas, des régions de rizicultures, de la production de maïs, et des productions maraîchages tel les melons ou les pastèques. La région de la Volga du sud, est aussi caractérisée par une importante industrie de la pêche a l'esturgeon notamment dans l'oblast d'Astrakhan qui concentre 95 % des prises qui s'élèvent à 185 000 tonnes en 1999, alors que le nombre de poissons diminue fortement depuis l'époque soviétique avec la diminution des sites de prairies par la mise en place de l'endiguement du fleuve et de barrage, cela ajouté à la pollution lié à l'industrialisation.

Principales activités agricoles[modifier | modifier le code]

Si en 1897, 87 % de la population était rurale et trois quarts des actifs étaient agricoles, la part de la population agricole a depuis fortement diminué et elle est passée en 1990 à 8,3 millions à 7,4 millions en 2005 soit une baisse de 10,8 %. Ainsi la part de la population rurale a depuis fortement diminué et est actuellement à environ 25 % à 27 %. De même la SAU a diminué de 9 % entre 1990 et 2002 passant de 213,8 M ha (millions d'hectares) à 194,6 M ha. L'apport du secteur de l'agriculture dans le PIB est en dessous de 6 %, depuis 2000, la part de l'emploi dans la population reste cependant toujours élevé à 16 %.

Comme dans tous les pays de la CEI, la production agricole de la Russie a été en crise durant sa transition entre 1990 et 1998 quand elle a touché son plus bas niveau avec 57 % de la valeur de la production en prix constants par rapport à 1990. Une lente reprise a commencé après 1998, et en 2005 la production agricole a atteint 75 % de la valeur de celle de 1990.

Production végétale[modifier | modifier le code]

Historiquement, la Russie est un exportateur de blé et de lin, mais la production de lin en Russie est passée de 250 000 tonnes, en 1913, à 124 000 tonnes en 1990 et à peine 50 000 tonnes en 2003. Quant à la production de céréales, depuis l'effondrement de l'Union soviétique, la production de céréales a chuté de manière drastique en passant de 100 MT (millions de tonnes) en 1990 à 65 Mt en 2000 mais depuis elle a connu un certain renouveau en arrivant à 80 Mt en 2005. Une grave sècheresse en 1998 et en 1999 a même conduit la production respectivement à un seuil 48 Mt et à une production de 60,2 Mt. Par comparaison, la production de céréales de 1913 était de 50 Mt. En 2006, la Russie a cependant récolté 78,4 Mt de blé et récolté 81,5 Mt en 2007 ce qui dépasse de 10 % la récolte de 1990 mais la production de bétail est elle encore en deçà de 30 % du niveau de 1990.

Cependant d'autres productions céréalières ont diminué, comme celle de l'orge qui est passé de 24 Mt en 1990 à 18 Mt en 2005. La production de betteraves est passée de 33,2 Mt à 18,6 Mt aux mêmes dates. Alors que la production de pomme de terre reste stable à 35 Mt depuis 1990 même si elle a connu un déclin durant toute l'ère soviétique, ainsi en 1950 sa production était de l'ordre 50 Mt.

Il y a aussi certaines réussites dans le secteur comme la production de tournesol qui augmente fortement de 3,1 Mt en 1900 à 4,5 Mt en 2005. Ou encore la production de légumes qui n'a cessé de croitre depuis le XXe siècle passant de 5 Mt au début du siècle à 15 Mt aujourd'hui. Alors que la production de fruits est elle aussi en augmentation passant de 2,6 Mt en 1990 à 3,2 Mt en 2005.

On remarque cependant que ces secteurs sont liés à des acteurs et à des espaces en pleine expansion, le tournesol étant particulièrement cultivé dans le sud de la Russie par les fermiers indépendants. Alors que le maraîchage est la production privilégiée par les lopins familiaux périurbains.

Principales productions végétales en valeur (2005) :

Production
(milliers tonnes)
Rang mondial Valeur estimée
(millions $)
Surface cultivée Rendement Principaux lieux de production
Blé 47 608 4 7 426
Orge 15 773 1 1 536
Avoine 4 569 1 409
Seigle 3 630 1 357
Betterave sucrière 21 520 4 991
Maïs 3 179 369
Tournesol 3 280 1 1 483
Pomme de terre 36 400 2 5 280
Pommes 2 050 8 589
Chou 3 985 3 585
Tomate 1 980 11 469
Raisin sec 402 1 382

(tonnage, rang, valeur sauf indications contraires chiffres 2005[3])

Production animale[modifier | modifier le code]

Le cheptel bovin et porcin a fortement décru depuis 1990, passant à 57 millions de têtes en 1990 à moins de 21,4 en 2005, alors même que, durant le régime soviétique, cette production bovine n'a cessé de croitre, passant de 30 millions en 1955 (production identique à 1913) à 60 en 1975.

La production porcine est passée de 10 millions de têtes entre 1916 à 1945 pour progressivement augmenter jusqu'à 40 millions de têtes entre 1970 et 1980, avant de décrocher après 1990 où la production était encore à 38,5 millions de têtes, jusqu'en 2005 à 13,5 millions de têtes millions de têtes.

On peut étendre cette courbe convexe aux productions laitières qui ont une production de 20 Mt en 1950, 55,7 Mt en 1990 et plus que 31,1 Mt en 2005.

L'élevage du mouton a aussi connu cette évolution notamment le secteur de la laine qui a subi un effondrement de production, en passant de 58,2 millions de têtes d'ovins et caprins à 18,2 millions. Ce qui rapporter à la production de laine fait passer la production de 225 000 tonnes en 1990 à 48 000 tonnes en 2005.

Ce schéma est aussi similaire pour le secteur de la volaille qui passe de 660 millions de têtes à 352 millions de têtes.

Ainsi toute la filière de l'élevage a connu une désorganisation, avec un manque de structures faibles dans des équipements comme les abattoirs, les conserveries et celles utilisés pour les salaisons et les circuits de ramassage et de distributions.

Principales productions animales en valeur (2009) :

Production
(milliers tonnes)
Rang mondial Valeur estimée
(millions $, 2005)
Cheptel Principaux lieux de production
Lait 32 570 5 8 138
Viande bovine 1 809 5 3 961
Œufs (2005) 2 054 5 1 783
Viande porcine 2 170 11 1 619
Volaille 2 555 5 1 302

(tonnage, rang, valeur sauf indications contraires chiffres 2005[3])

Exportations et Importations[modifier | modifier le code]

Cependant, il ne faut par oublier que même avant la crise, dès l'époque soviétique, le pays est passé d'un rôle de pays exportateur de produit alimentaire à celui d'importateur massif à partir de 1980, alors même que la production des matières premières agricoles était à son maximum. À cette époque, on achetait alors une importante quantité de grains pour nourrir le bétail, tout en important aussi de la viande, des fruits, des légumes, du vins à partir des pays du bloc de l'Est. Après la libéralisation, les importations se sont concentrées sur les produits semi-finis avec une importante augmentation de la consommation de la viande importé notamment dans les pôles urbains de Saint-Pétersbourg et de Moscou. Le déclin de la filière de la viande a cependant permis au pays de baisser sa consommation de céréales à usage fourrager, et le pays est ainsi depuis quelques années exportateur de produits céréaliers.

Vie rurale[modifier | modifier le code]

En 1995, une comparaison du confort entre l'espace rural et l'espace urbain est révélateur des niveaux de développement. Seulement 30 % des habitations du monde rural ont l'eau courante, 9 % ont l'eau chaude, 20 % détient le chauffage central et 16 % ont une salle de bains. Alors que les ménages urbains ont respectivement 83 % l'eau courante, 69 % l'eau chaude, 84 % le chauffage central et 75 % une salle de bain. Ces chiffres bas s'expliquent avant tout par la présence d'appartements collectifs et par la faible importance données à l'accessibilité individuelle pendant l'époque soviétique. De plus le taux d'équipement en voiture, et en téléphonie sont longtemps resté faible, accentuant d'autant plus la faible accessibilité de l'espace rural russe. D'autant plus que les infrastructures routières ne sont souvent pas goudronnées et donc peu praticables durant certaines périodes dont celle de la raspoutitsa (Période de l'année caractérisée par les pluies et le dégel rendant les sols meubles et boueux). L'habitation rurale est partagé entre plusieurs modèles traditionnels entre celui de l'« isba » en bois au nord ou celui, dans les montagnes du Caucase, l'« aoul » aussi en bois. Dans les plaines des terres noires, on rencontre traditionnellement un habitat construit en torchis, en brique ou plus récemment en parpaings, blanchis à la chaux. Durant la période soviétique, il y a une politique volontariste d'urbanisation et de transformation de l'habitat dans des agrovilles dans des petits immeubles décrits comme particulièrement inadaptés pour la vie rurale et l'élevage de la basse-cour. Mais la période soviétique a aussi vu l'arrivée d'équipements collectifs notamment les écoles, les dispensaires et quelques magasins ruraux quand ils sont achalandés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Sources sur papier[modifier | modifier le code]

  • Jean Radvanyi, La nouvelle Russie, Paris, Armand Colin,‎ 2000, 418 p.
  • Pierre Thorez, La Russie, Paris, CNED : Éd. Sedes,‎ 2007, 381 p.
  • La Russie espaces, villes, réseaux, Nantes, Éd. du Temps,‎ 2007, 319 p.
  • Denis Eckert, Le monde russe, Paris, Hachette supérieur, coll. « Carré géographie », 239 p.
  • La Russie, Paris, Hachette supérieur, coll. « Recueils pour les concours »,‎ 2005-2007, 191 p.

Sources électroniques[modifier | modifier le code]

  • Pascal Marchand, « L'agriculture post-soviétique : la crise sans mutation ? », Annales de Géographie, vol. 106, no 597,‎ 1997, p. 459 – 478 (lire en ligne)
  • Marie-Claude de la Breteque-Maurel, « Aménagement et espace: Types d'organisation de l'espace rural en Russie d'Europe », Annales de Géographie, vol. 119, no 1,‎ 1977, p. 45 – 45 (lire en ligne)
  • Pierre George, « Le plan de transformation du paysage rural de la steppe russe », Annales de Géographie, vol. 58, no 310,‎ 1949, p. 152 – 155 (lire en ligne)
  • Annick Grandemange, « Ni immobilisme ni chaos: les mutations de la propriété et de l’usage des terres à Verkhni Ikorets », Mappemonde, vol. 67, no 3,‎ 2002, p. 1-7 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]