Martin Carlin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Carlin (homonymie).
Une table d'écriture réalisée par Martin Carlin (1772), Fondation Gulbenkian, Lisbonne
Le coffret à bijoux de Marie-Antoinette dauphine, château de Versailles, par Martin Carlin (1770)

Martin Carlin (né vers 1730 probablement à Fribourg-en-Brisgau - mort en 1785) est un ébéniste français, d'origine allemande. Reçu maître en 1766. Marié en 1759 avec Marie Catherine Oeben, soeur de Jean-François Oeben, installé avant 1763 dans la rue du Faubourg Saint-Antoine, à l'enseigne de la Colombe.

À la demande des marchands-merciers Poirier et Daguerre, diffuseurs d'objets d'art installés rue Saint-Honoré, Martin Carlin s'est spécialisé dans une production haut de gamme. Dans ses meubles de grand luxe, il a fréquemment inclus des plaques de porcelaine peintes, des panneaux de laque ou des mosaïques de pierres dures. La table d'écriture reproduite ici est ornée d'une plaque de porcelaine de Sèvres, d'après une œuvre du peintre Jean-Baptiste Le Prince.

Il concevait ses meubles à la demande de l'élite sociale de l'époque : la famille royale (Marie-Antoinette, Marie-Joséphine de Savoie comtesse de Provence, Madame Adélaïde, Madame Victoire pour leur château de Bellevue), la haute aristocratie (duchesse de Mazarin), les femmes en vue (Madame Du Barry, la comédienne Marie-Josèphe Laguerre).

Il eut trois enfants : Marie-Julie, née en 1769, Simon, né en 1771, et Marie-Caroline, née en 1777. Sa veuve se remariera le 31 janvier 1786 avec Gaspard Schneider, ébéniste (reçu maître en 1786), qui reprendra l'atelier, et travaillera aussi pour Daguerre, poursuivant l'oeuvre de son prédécesseur.

Il eut pour collaborateur Jean-Jacques Pafrat. Son nom est au fronton de la façade de l'école Boulle.

Collection[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive, qui ne comprend pas notamment les pièces conservées à la Fondation Gulbenkian, au Palace of the Legion of Honor de San Francisco, au Philadelphia Museum of Art, en main privée, etc.

Bonheur du jour (Table à gradin dite )

Bureau plat (Writing table)

  • Bureau plat, 1778, livré à la grande-duchesse Maria Feodorovna et au grand-duc Paul Petrovich de Russie pour le Palais de Pavlosk, Getty Museum, États-Unis

Cabinet

Coffret à bijoux, 1770 (Versailles)

Coffret à bijoux

Commode à vantaux

  • Commode à vantaux, c. 1778, décoré de panneaux de pierres dures (une des plus belles pièces de Carlin), Royal Collection, Royaume-Uni

Encoignure

Pupitre

Pupitre and table à écrire

  • Music-stand and writing-table, 1786, offert par Marie-Antoinette à Mrs William Eden (future Lady Auckland), V&A, Royaume-Uni

Pupitre à lecture

Secrétaire

Secrétaire à abattant

Table à ouvrage

Généalogie[modifier | modifier le code]

  • Le père de Martin Carlin, Trouper Carlin était charpentier à Fribourg-en-Brisgau. Martin Carlin s'établit en France et se maria en 1759 avec Marie-Catherin Oeben, sœur de Jean-François Oeben.

Sa cote[modifier | modifier le code]

  • Une commode estampillée "Carlin et Weisweiler" rehaussée de plaques en pierre dure originaires d'un cabinet florentin, s'est vendue en 1999 à Monaco pour la somme de 7,01 millions d'euros. Elle a appartenu aux collections Rothschild, puis Akram Ojjeh.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • D. Roche, Le Mobilier français en Russie, meubles des 17e et 18e siècles, Paris, 1913.
  • "Inventaire après-décès de Martin Carlin, maître ébéniste", Bulletin de la Société de l'Histoire de l'art français, 1928, p. 99-111.
  • Les chefs-d'oeuvre des collections françaises retrouvées en Allemagne, Paris, Exposition Musée de l'Orangerie, 1946.
  • O. Brackett, Victoria and Albert Museum. Catalogue of the Jones collection, t. 1, Furniture, Londres, 1930.
  • "Martin Carlin", Connaissance des arts, 1953, n° 20, p. 32-37.
  • Paul R. Wescher, "French furniture of the eighteenth century in the J. Paul Getty Museum", The Art quarterly, 1955, p. 115-135.
  • Grands ébénistes et menuisiers parisiens du XVIIIe siècle, Exposition Paris, 1955-56.
  • Ch. Packer, Paris Furniture by master ebenists, Newport, 1956.
  • F.J.B. Watson, The Wallace collection, Furniture, Londres, 1956.
  • Pierre Verlet, "Le commerce des objets d'arts et les marchands merciers à Paris au XVIIIe siècle", Annales. Economies, Sociétés, Civilisations, 1958, vol. 13, p. 10-29
  • Paul R. Wescher, "An inland music stand by Martin Carlin and related pieces", Bulletin of the J. Paul Getty Museum of Art, 1959, vol. 2, p. 26-32.
  • F.J.B. Watson, Louis XVI Furniture, London, 1960.
  • R. Wark, French decorative art in the Huntington collection, San Marino, 1961.
  • F. de Salverte, Les Ebénistes du 18e siècle, Paris, 1962.
  • J. Parker, C.C. Dauterman and E.A. Standen, Decorative Art from the Samuel H. Kress Collection at the Metropolitan Museum of Art, New York, 1964, 303 p.
  • F.J.B. Watson, The Wrightsman collection, New York, 1965.
  • Franz Windisch-Graetz, "Französische Möbel aus dem 18. Jahrhundert in Wiener Privatbesitz", Alte und moderne Kunst, 1965, vol. 10 (78), p. 26-31.
  • André Boutemy, "Les secrétaires en cabinet de R.V.L.C., Carlin, C. C. Saunier, Riesener, Weisweiller et Molitor", Bulletin de la Société d'Histoire de l'art français, 1970, p. 93-113.
  • André Boutemy, "Une pendule au Metropolitan Museum et un régulateur au Musée du Louvre", Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, 1971, p. 103-07.
  • Dereck Schrub, "Martin Carlin", Art at auction (Sotheby's London), 1970/71, p. 322-25.
  • Geoffrey de Bellaigue, The James A. de Rothschild collection at Waddesdon Manor, Fribourg, 1974.
  • Geoffrey de Bellaigue, "George IV and French furniture", Connoisseur, juin 1977, p. 116-25.
  • Gillian Wilson, "New information on French furniture at the Henry E. Huntington Library and Art Gallery", The J. Paul Getty Museum Journal, 1977, n° 4, p. 29-44.
  • Serge Grandjean, "Le guéridon de Mme du Barry provenant de Louveciennes", Revue de l'art, 1979, vol. 29, p. 44-49.
  • Cinq années d'enrichissement du patrimoine national, 1975-1980 : acquisitions, dations, donations, Paris, Exposition Galeries nationales du Grand Palais, 1980.
  • William Rieder, "French furniture of the Ancien Régime", Apollo vol. CXI/216, février 1980, p. 127-134.
  • Gillian Wilson, "Acquisitions by the Department of Decorative Arts, 1981-1982", J. Paul Getty Museum Journal, vol. X (1982) p. 63-86.
  • Patricia Lemonnier, "Les commodes de Martin Carlin", L'Estampille-L'objet d'art, juillet-août 1984, p. 6-19.
  • Gisela Zick, "Die russische Wahrsagerin, ein Tisch von Martin Carlin fûr Königin Marie Karoline von Neapel", Kunst und Antiquitäten, sept-oct. 1984, p. 48-52.
  • Adrian Sassoon and Gillian Wilson, Decorative Arts: A Handbook of the Collections of the J. Paul Getty Museum, Malibu, 1986.
  • A. Pradère, Les ébénistes français de Louis XIV à la Révolution, 1989, p. 343-363.
  • Nadine Gasc and Gérard Mabille, Le Musée Nissim de Camondo, Paris, 1991.
  • Daniel Alcouffe, "La donation Rothschild au Louvre", Revue du Louvre, 1991, n° 1, p. 55-65.
  • "Vente de la collection Roberto Polo", L'Estampille-L'objet d'art, 1991.
  • Sarah Medlam, "A Sèvres misfit", Burlington Magazine, 1992.
  • Daniel Alcouffe, Le Mobilier du Musée du Louvre, t. 1, Dijon, 1993.
  • Bernard Namatallah Jazzar, "The Wrightsman secrétaire, Mademoiselle Laguerre and Poirier and Daguerre: A case study of the role of courtesans and marchands-merciers in French eighteenth-century furniture", Thesis, California State University, Long Beach, 1993, 127 p.
  • Catherine Faraggi, "Le goût de la duchesse de Mazarin", L'Estampille-L'objet d'art, janvier 1995, n° 287, p. 72-98.
  • Christian Baulez, "Le coffre à bijoux (1770) de Marie-Antoinette revient à Versailles", Revue du Louvre et des Musées de France, 1997.
  • Marie-Laure de Rochebrune, "Le guéridon de Mme du Barry", Collection Solo. Musée du Louvre, 2002, vol. 23, 64 p.
  • William Rieder, "A 'meuble à corbeille' in the Metropolitan Museum", Metropolitan Museum Journal, 2002, vol. 37, p. 257-59.
  • Yves Carlier, "Une livraison de Daguerre pour le prince de Soubise", Objets d'art. Mélanges Daniel Alcouffe, Dijon, 2004, p. 280-285.
  • Christian Baulez, "Marie-Josèphe Laguerre diva et collectionneuse", L'Estampille-L'objet d'art, 2006.
  • Fabienne Seillan, "Le château de Villeneuve-l'Etang, propriété privée de la duchesse d'Angoulême", L'Estampille-L'objet d'art, 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]