Kehl

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Kehl
Blason de Kehl
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Land Bade-Wurtemberg
District
(Regierungsbezirk)
Fribourg-en-Brisgau
Arrondissement
(Landkreis)
Ortenau
Nombre de quartiers
(Ortsteile)
12
Bourgmestre
(Bürgermeister)
Toni Vetrano[1] (CDU).
(depuis le 1er mai 2014)
Partis au pouvoir CDU
Code postal 77671 - 77697
Code communal
(Gemeindeschlüssel)
08 3 17 096
Indicatif téléphonique +49-7851
Immatriculation OG (Offenburg)
Démographie
Population 33 991 hab. (31 déc. 2012
(agglo. ppale : 18 250 hab.)
Densité 453 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 34′ 17″ N 7° 48′ 32″ E / 48.5713, 7.8089 ()48° 34′ 17″ Nord 7° 48′ 32″ Est / 48.5713, 7.8089 ()  
Altitude 139 m
Superficie 7 506 ha = 75,06 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

Voir la carte administrative d'Allemagne
City locator 14.svg
Kehl

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

Voir la carte topographique d'Allemagne
City locator 14.svg
Kehl
Liens
Site web www.kehl.eu

Kehl est une commune allemande composée d'une ville centre et de plusieurs anciennes communes rattachées. Elle rassemble près de 35 000 habitants dont 18 250 dans la partie historique d'avant la réforme des communes des années 1970. Située sur la rive droite du Rhin au niveau de l'Île aux Épis de Strasbourg, elle dépend du Land de Bade-Wurtemberg et de l'arrondissement (Kreis) de l'Ortenau.

Incendié au XVIIIe siècle, le centre ville a été reconstruit sur la base d'un plan en damier.

L'habitat de la commune est réparti entre une ville centre située au bord du Rhin et des villages (Stadtteile), intégrés au ban communal lors de la réforme communale entreprise entre 1965 et 1975 dans les Länder de l'ancienne République Fédérale d'Allemagne (RFA). Cette répartition en plusieurs entités urbaines explique l'emploi du terme de ville centre pour le noyau urbain historique et central.

Géographie[modifier | modifier le code]

Kehl se situe dans le fossé rhénan, à environ trois kilomètres de l'embouchure de la Kinzig dans le Rhin, ce qui en fait une ville portuaire idéale. Elle se trouve dans l'ancienne zone inondable de la Schutter, de la Kinzig et du Rhin.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Rheinau Rose des vents
Strasbourg N Appenweier
O    Kehl    E
S
Neuried Offenbourg

Composition de la ville[modifier | modifier le code]

Le ban communal de Kehl se compose de la ville du même nom et dans le cadre de la réforme communale des années 1970 aux communes de Sundheim, d'Auenheim, de Bodersweier, de Goldscheuer, de Hohnhurst, de Kork, de Leutesheim, de Neumühl, d'Odelshofen, de Querbach et de Zierolshofen. Ces quartiers de la ville sont des anciens villages qui étaient chacun dirigés par leur propre magistrat et leur propre administration. À ces quartiers s'ajoutent quelques hameaux ou lieux-dits mais avec qui n'ont que peu d'habitants et où les délimitations ne sont pas clairement identifiés. Ainsi l'on trouve les lieux dits de Kittersburg (Kittersbourg), Kittersburger Mühle (le moulin de Kittersbourg), Kommissionsinsel (l'île de la Commission), dans le centre de Kehl : le Niedereich et le Wolfsgrube, Auenheimer Mühle (le moulin d'Auenheim), Korker Mühle (le moulin de Kork), Ziegelei Kork (la tuilerie de Kork), tout comme à Honau et le Leutersheimer Mühle (Moulin de Leutesheim) à Leutesheim.

Situation de la ville[modifier | modifier le code]

Kehl est une ville de taille moyenne dans la zone d'influence d'Offenbourg au sein la région du Rhin supérieur. Kehl a des relations avec les communes voisines de Rheinau et de Willstätt. Elle est interdépendante de Strasbourg et est de fait le « quartier allemand » de l'agglomération strasbourgeoise.

Histoire[modifier | modifier le code]

Batterie de canons de 24 livres allemands à Kehl utilisé durant le siège de Strasbourg de 1870.
Le monument en mémoire de la guerre de 1870-71.
Toni Vetrano, maire de Kehl depuis le 1er mai 2014.

Kehl est mentionné pour la première fois en 1038. En 1333, un premier pont entre Strasbourg et Kehl fut érigé et dès 1388, une liaison permanente se mit en place entre les deux côtés du fleuve. À cette époque Kehl était une composante de la ville de Strasbourg. Au XVe siècle eurent lieu trois colonisations, Kehl même (nommé « Bruckenkopf » ou 'tête de pont en français'), le lieu dit Mitteldoerfel (quartier qui s'ensuit pour cause d'inondations des lieux dits Iringheim au sud et Hundsfeld dans la partie supérieure de l'actuelle Kehl), et le village de Sundheim. Ces trois implantations étaient liées aux différentes seigneuries comme les seigneurs De Geroldseck et De Boeklin, De Nassau, Grohstein et Bock qui se partageaient les droits. En 1497 la moitié de la ville faisait partie du ban du Margrave de Bade (Grand Duc).

En 1678 la ville est annexée par la France de Louis XIV et considérée comme une section du système de défense de Strasbourg. En 1681 Strasbourg - en tant qu'ancienne ville libre impériale du Saint Empire Romain Germanique - capitula et devint française. De fait, Kehl est transformée en une forteresse en 1683 par l'architecte français Vauban et l'ingénieur Jacques Tarade, la citadelle subira trois autres sièges.

«  Les têtes de pont de Huningue, de Khell, de Cassel, etc. ont procuré ces grands avantages à l'armée française pendant la dernière guerre. »

Simon François Gay de Vernon Traité élémentaire d'art militaire et de fortification[2]

Ce n'est que plusieurs années après la chute de Strasbourg que Kehl fut cédée au Margrave de Bade en 1698.

Le 7 mai 1770, Marie-Antoinette fut officiellement "échangée" entre la France et l'Autriche sur une île du Rhin près de Kehl. Cette île fut habitée dans les années précédant la Première Guerre mondiale et fut connue sous le nom de "Kommissionsinsel" (Ile de la Commission), sous entendu la commission d'échange de Marie-Antoinette.

Monuments aux morts de la guerre 1914-1918 dans le « Jardin des roses » (Rosengarten)

La forteresse passa sous le contrôle du Grand Duché de Bade-Durlach en 1771. À l'est de la forteresse de Kehl, les habitants de l'ancien village Kehl ont fondé une nouvelle cité, Kehl ville qui resta une commune autonome jusqu'en 1910. En 1774, les droits sur la commune de Kehl, à l'intérieur de la forteresse homonyme furent concédés au margrave Charles Frédérique de Bade. Après plusieurs échanges entre la France, le pays de Bade et l'Autriche, les installations fortifiées furent démantelées en 1815 conformément au traité de Paris, mettant fin au Premier Empire de Napoléon. La ville et le village de Kehl (Sundheim y compris) appartenaient alors à la circonscription administrative de Kehl, dont le siège était alors à Kork.

Les premières installations portuaires furent bâties entre 1842 et 1847 par l'administration des chemins de fer Étatiques de Bade. Avec la construction du pont ferroviaire sur le Rhin en 1861, il fut possible pour la première fois de relier directement Paris à Vienne en train. Les nécessaires changements de locomotives et correspondances s'effectuèrent alors à Kehl.

Pendant la guerre franco-allemande de 1870 la ville fut à nouveau la cible d'attaques françaises et subit alors d'importants dommages.

En 1881, le siège de l'administration locale fut transféré de Kork à Kehl. À la fin du XIXe siècle, dans le but de protéger Strasbourg contre les Français, un réseau de douze forts autour de la ville fut bâti par Von Biehler. Le fort Blumenthal à Kehl Auenheim fut malheureusement détruit pendant la Première Guerre mondiale. Les deux autres, les forts Bose et Kirchbach furent dynamités pendant la Seconde Guerre mondiale. Il existe encore des forts de ce type sur la colline de Hausbergen ou à Reichstett. Kehl fut occupé par les Français de 1919 à 1930.

En 1924 l'administration de Kehl fut transférée dans le Landkreis (Canton) de Kehl qui reprit quelques communes délaissées après la suppression du Landkreis d'Oberkirch.

Après la bataille de France en 1940, lors de la nouvelle annexion allemande de l'Alsace et de la Moselle, Kehl est à l'instar des communes de Schiltigheim, Bischheim, Hœnheim, Eckbolsheim, Oberhausbergen, Lingolsheim, Ostwald et Illkirch-Graffenstaden fondue dans la nouvelle "Großstadt Straßburg". Ce statut a perduré après la libération et cet état de fait perdurera jusqu'en 1953 lorsque la ville retrouvera son indépendance vis-à-vis de Strasbourg et sera réintégrée dans le Land du Bade-Wurtemberg en République fédérale d'Allemagne.

Cette séparation s'effectua conformément au traité de Washington en 42 parties successives du 29 juillet 1949 au 8 avril 1953. Durant cette époque (de 1945 à 1953), Sundheim était une commune indépendante qui fut réunifiée à Kehl. La ville et l'ensemble du canton de Kehl furent alors intégrés dans le giron du sud de Bade, à l'intérieur du Land de Bade-Wurtemberg. Le pont de l'Europe entre Strasbourg et Kehl fut inauguré en 1960.

Dans le cadre de la réforme de remembrement communal allemand de 1971, la ville de Kehl franchit le cap des 20 000 habitants. À cette occasion la municipalité fit une demande de changement de statut en « Grosse Kreisstadt » (Grande ville-canton), ce que le gouvernement du Bade-Wurtemberg accepta avec mise en effet au 1er janvier 1972. Avec la réforme des cantons du 1er janvier 1973 le Canton régional de Kehl fut dissous et son territoire fut intégré dans le Canton (Kreis) de l'Ortenau.

Le rapprochement entre Kehl et Strasbourg fut remis au goût du jour en 2004 grâce au Festival des Deux Rives. La construction de la passerelle des Deux Rives crée une liaison piétonne et cycliste entre les deux entités.

De plus, en partenariat avec la Communauté Urbaine de Strasbourg, une extension du tram de Strasbourg avec un nouveau pont sur le fleuve, permettra d'emmener la ligne D du tram de Strasbourg à la gare de Kehl en 2016 puis à la mairie de la ville en 2017[3].

Jardin des deux rives[modifier | modifier le code]

Passerelle reliant les deux rives

D'avril à octobre 2004, Kehl a accueilli le festival de l'art paysager (Landesgartenschau), organisé en collaboration avec Strasbourg. Évènement culturel d'importance en Allemagne, il attire souvent près de trois millions de visiteurs. Le point d'orgue de cette manifestation fut l'inauguration du Jardin des Deux Rives, parc transfrontalier qui fut l'objet d'un concours remporté par l'équipe allemande Brosk (paysagiste) et Agirbas-Wienstroer (architectes-urbanistes). Le parc, créé sur les deux rives du Rhin, est doté d'une passerelle en son centre, conçue par l'architecte parisien Marc Mimram. Du côté allemand, on décline le concept des floralies et on présente des technologies liées à l'environnement. Côté français, on insiste davantage sur une approche artistique et conceptuelle avec 19 « jardins éphémères » sur le thème de l'eau.

Cette manifestation transfrontalière a permis aux officiels de lancer le processus de constitution d'un Eurodistrict entre la CUS et l'Ortenau, avec la mise en place d'un GLCT (groupement local de coopération transfrontalière).

Vues de Kehl[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le CDU Toni Vetrano, nouveau maire de Kehl », sur le site alsace.france3.fr, 23 février 2014.
  2. [« Traité élémentaire d'art militaire et de fortification : à l'usage des éléves de l'École polytechnique, et des élèves des écoles militaires » (1805, 2 vol. in-4°), libr. Allais, Paris]
  3. Philippe Dossmann, « Une motion pour célébrer l’entente »,‎ 14 mai 2013 (consulté le 14 mai 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]