Alexandra David-Néel

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Alexandra David-Néel

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Alexandra David-Néel en costume de lama en 1933.

Naissance 24 octobre 1868
Saint-Mandé, France
Décès (à 100 ans)
Digne, France
École/tradition Bouddhisme tibétain

Louise Eugénie Alexandrine Marie David, plus connue sous le nom d'Alexandra David-Néel[1], née le à Saint-Mandé (Val-de-Marne, à l'époque Seine), morte à près de 101 ans le à Digne (Alpes-de-Haute-Provence, à l'époque Basses-Alpes), de nationalités française et belge, est une orientaliste, tibétologue, chanteuse d'opéra, franc-maçonne, journaliste, écrivaine, exploratrice, et bouddhiste. Elle fut, en 1924, la première femme d'origine européenne à séjourner à Lhassa au Tibet, exploit dont les journaux se firent l'écho un an plus tard en 1925[2] et qui contribua fortement à sa renommée, en plus de ses qualités personnelles et de son érudition.

Biographie[modifier | modifier le code]

1868-1895 : enfance, adolescence[modifier | modifier le code]

Alexandra David, en 1886, le jour de sa présentation à la Cour de Belgique, devant le roi Léopold II et la reine Marie-Henriette.

Alexandra est la fille unique d'un père (Louis David), franc-maçon de souche huguenote, instituteur (qui fut militant républicain lors de la révolution de 1848, et ami du géographe anarchiste Élisée Reclus), et d'une mère belge catholique d'origine scandinave et sibérienne[3], Alexandrine Borghmans. Louis et Alexandrine s'étaient rencontrés en Belgique où le maître d'école et éditeur d'une revue républicaine s'était exilé lorsque Louis-Napoléon Bonaparte était devenu empereur. Entre l'époux, désargenté, et l'épouse, qui n'hériterait de son père qu'à la mort de celui-ci, les motifs de désaccord crurent avec la naissance d'Alexandra. Alors que sa mère veut qu'elle reçoive une éducation catholique, son père la fait secrètement baptiser dans la foi protestante[4].

En 1871, révolté par l'exécution des derniers communards devant le mur des Fédérés au cimetière du Père-Lachaise à Paris, Louis David y emmène sa fille de deux ans, Eugénie, future Alexandra, pour qu'elle voie et n'oublie jamais, par cette rencontre précoce du visage de la mort, la férocité des hommes[5].

En 1873, les David s'expatrient en Belgique[6].

Dès avant l'âge de 15 ans, Alexandra s'exerce à un bon nombre d'austérités extravagantes : jeûnes, tortures corporelles, recettes puisées dans des biographies de saints ascètes trouvées dans la bibliothèque de l'une de ses parentes, à ce qu'elle note dans Sous des nuées d'orage, paru en 1940[7].

À l'âge de 15 ans, passant ses vacances avec ses parents à Ostende, elle fugue et gagne le port de Flessingue en Hollande pour essayer d'embarquer pour l'Angleterre. Le manque d'argent l'oblige à renoncer[8].

Durant toute son enfance et son adolescence elle côtoie Élisée Reclus. Celui-ci l'amène à s'intéresser aux idées anarchistes de l'époque (Max Stirner, Michel Bakounine, etc.) et aux féministes qui lui inspirèrent la publication de « Pour la vie » en 1898. Elle devient d'ailleurs une libre collaboratrice de La Fronde, journal « féministe » créé par Marguerite Durand et géré coopérativement par des femmes, participant également à diverses réunions du Conseil national des femmes françaises ou italiennes. Mais elle rejette en revanche certaines des positions prônées lors de ces réunions (par exemple le droit de vote), préférant la lutte pour l'émancipation économique. Alexandra s'éloigna d'ailleurs de ces « oiseaux aimables, au précieux plumage », en référence à ces féministes venant pour la plupart de la haute société, et oubliant la lutte économique à laquelle la plupart des femmes sont astreintes.

Parallèlement, à partir de 1888[9], elle fréquente la franc-maçonnerie et atteindra le 30e degré dans le rite écossais ancien et accepté[10],[11].

Selon Raymond Brodeur, en 1889, elle se convertit au bouddhisme, ce qu'elle note dans son journal intime, paru en 1986 sous le titre de La Lampe de sagesse. Elle a 21 ans. La même année, pour se perfectionner en anglais, langue indispensable à une carrière d'orientaliste, elle va à Londres où elle fréquente la bibliothèque du Musée britannique et fait par ailleurs la connaissance de divers membres de la Société théosophique. L'année suivante, de retour à Paris, elle s'initie au sanscrit et au tibétain et suit divers enseignements au Collège de France, et à l'École pratique des hautes études sans toutefois y passer d'examen[12]. Pour Jean Chalon, c'est au musée Guimet qu'est née la vocation d'orientaliste et de bouddhiste d'Alexandra[13].

1895-1904 : la cantatrice[modifier | modifier le code]

À l'incitation de son père, Alexandra entre au Conservatoire royal de Bruxelles, où elle étudie le piano et le chant[14]. Pour aider ses parents qui connaissent des revers de fortune, Alexandra, qui a eu un premier prix de chant, occupe, sous le nom d'Alexandra Myrial, l'emploi de première chanteuse à l'Opéra d'Hanoï (Indochine), durant les saisons 1895-1896 et 1896-1897. Elle y interprète le rôle de Violetta dans La Traviata (de Verdi), puis chante dans Les Noces de Jeannette (de Victor Massé), Faust et Mireille (de Gounod), Lakmé (de Léo Delibes), Carmen (de Bizet), Thaïs (de Massenet). Elle entretient, à cette époque, des rapports épistolaires avec Frédéric Mistral et Jules Massenet[15].

De 1897 à 1900, elle partage, à Paris, la vie du pianiste Jean Haustont, avec qui elle écrit Lidia, drame lyrique en un acte dont Haustont compose la musique et Alexandra le livret. Elle part chanter à l'opéra d'Athènes, de novembre 1899 à janvier 1900 puis, en juillet de la même année, à l'opéra de Tunis, ville où elle rencontre, peu après son arrivée, un cousin éloigné, Philippe Néel, ingénieur en chef des Chemins de fer tunisiens et son futur époux. Elle abandonne sa carrière de chanteuse à l'été 1902, à l'occasion d'un séjour de Jean Haustont à Tunis et assure, pendant quelques mois, la direction artistique du casino de Tunis, tout en poursuivant ses travaux intellectuels[15].

1904-1911 : la femme mariée[modifier | modifier le code]

Le , à Tunis, elle épouse Philippe Néel, dont elle était la maîtresse depuis le . Elle a 36 ans. Leur vie commune, parfois orageuse, mais empreinte de respect mutuel, s'interrompt le , par son départ, seule, pour son troisième voyage en Inde (1911-1925) (le deuxième s'étant effectué pendant un tour de chant). Alexandra ne veut pas d'enfants, elle a conscience que les charges d'une maternité sont incompatibles avec son besoin d'indépendance et son goût des études[16]. Elle promet à Philippe de regagner le domicile conjugal dans dix-huit mois : ce n'est que quatorze ans plus tard, en mai 1925, que les époux se retrouveront… et se sépareront à nouveau au bout de quelques jours, Alexandra étant revenue avec son compagnon d'exploration, le jeune lama Aphur Yongden, dont elle devait faire son fils adoptif en 1929[17],[16].

Pour autant, les deux époux entamèrent après cette séparation une abondante correspondance qui ne cessa qu'avec la mort de Philippe Néel en février 1941. De ces échanges subsistent nombre de lettres écrites par Alexandra, et quelques lettres écrites par son mari, beaucoup ayant été brûlées ou perdues lors des tribulations d'Alexandra pendant la guerre civile chinoise, au milieu des années 1940.

La légende veut que son mari fut aussi son mécène, mais la vérité est tout autre. Elle possédait, à son mariage, une fortune personnelle[18] et en 1911, trois ministères l'aidèrent à financer un voyage d'étude. Par le truchement des ambassades, elle envoya à son mari des procurations pour qu'il gère sa fortune.

1911-1925 : le périple indo-tibétain[modifier | modifier le code]

« Alexandra David-Néel en pèlerine - mendiante tibétaine portant sur le dos ses bagages, l'unique marmite composant toute sa batterie de cuisine et un soufflet tibétain fait d'une peau de chèvre pourvue d'un long tuyau, ustensile indispensable pour allumer le feu de bouse de yacks. C'est dans ce déguisement qu'elle réussit à pénétrer à Lhassa. »[19]

Arrivée au Sikkim (1912)[modifier | modifier le code]

Alexandra David-Néel arrive au Sikkim en 1912. Elle se lie d'amitié avec Sidkéong Tulku Namgyal, le fils aîné du souverain (chogyal) de ce royaume (qui deviendra un État de l'Inde), et se rend dans de nombreux monastères bouddhistes pour parfaire sa connaissance du bouddhisme. En 1914, elle rencontre dans un de ces monastères le jeune Aphur Yongden, âgé de 15 ans, dont elle fit par la suite son fils adoptif. Tous deux décident de se retirer dans une caverne en ermitage à plus de 4 000 mètres d'altitude, au nord du Sikkim.

Sidkéong, alors chef spirituel du Sikkim, est envoyé à la rencontre d'Alexandra David-Néel par son père, le Maharaja du Sikkim, prévenu de son arrivée en avril 1912 par le résident britannique à Gangtok. Lors de cette première rencontre, l'entente entre eux est immédiate : Sidkéong, avide de réformes, écoute les conseils d'Alexandra David-Néel, et avant de repartir à ses occupations, lui laisse le Lama Kazi Dawa Samdup comme guide, interprète et professeur de tibétain[20]. Par la suite, Sidkéong confie à Alexandra David-Néel que son père souhaite qu'il renonce au trône en faveur de son demi-frère[21],[22].

Rencontre avec le 13e dalaï-lama à Kalimpong (1912)[modifier | modifier le code]

Le Lama Kazi Dawa Samdup accompagne Alexandra David-Néel à Kalimpong, où elle se rend pour rencontrer le 13e dalaï-lama en exil. Elle est reçue en audience le 15 avril 1912, et croise dans la salle d'attente Ekai Kawaguchi, qu'elle retrouvera au Japon. Le dalaï-lama la reçoit accompagnée de l'indispensable interprète, et lui conseille fortement d'apprendre le tibétain, un avis qu'elle suivra. Elle reçoit sa bénédiction, puis le dalaï-lama engage le dialogue, lui demandant comment elle est devenue bouddhiste. Alexandra provoquera son hilarité en affirmant être la seule bouddhiste de Paris, et son étonnement en lui apprenant que le Gyatcher Rolpa, un livre tibétain sacré, a été traduit par Philippe-Édouard Foucaux, un professeur au Collège de France. Elle demande nombre d'explications complémentaires que le dalaï-lama s'efforce de lui fournir, lui promettant de répondre à toutes ses questions par écrit[23].

Séjour à Lachen (1912-1916)[modifier | modifier le code]

Fin mai, elle se rend à Lachen, où elle rencontre Lachen Gomchen Rinpoché, le supérieur (gomchen) du monastère de la ville, avec comme interprète improvisé M. Owen (E. H. Owen), un révérend qui remplace Kazi Dawa Samdup, absent[24]. À Lachen, elle vit plusieurs années auprès d'un des plus grands gomchens dont elle a le privilège de recevoir l'enseignement et, surtout, elle est tout près de la frontière tibétaine, qu'envers et contre tous elle franchit à deux reprises.

Dans sa caverne d'anachorète, elle s'exerce aux méthodes des yogis tibétains. Elle fait parfois tsam, c'est-à-dire fait retraite plusieurs jours durant sans voir personne, elle apprend la technique du toumo, qui permet de mobiliser son énergie interne pour produire de la chaleur. À la suite de cet apprentissage, son maître, le gomchen de Lachen, lui donnera le nom religieux de Yshé Tömé, « Lampe de Sagesse », qui lui vaudra par la suite d'être reconnue par les autorités bouddhistes partout où elle se rendra en Asie[25].

Alors qu'elle est en compagnie de Lachen Gomchen Rinpoché, Alexandra David-Néel retrouve à Lachen le 29 mai 1912 Sidkéong en tournée d'inspection. Ces trois personnalités du bouddhisme ainsi réunies réfléchissent et travaillent à la réforme et à la propagation du bouddhisme, comme le déclarera le Gomchen[26]. Sidkéong organise pour Alexandra David-Néel une expédition d'une semaine dans le Haut-Sikkim, à 5 000 mètres d'altitude débutée le 1er juin[27].

Il existe une correspondance épistolière entre Sidkéong et Alexandra David-Néel. Ainsi, dans une lettre de Sidkéong écrite à Gangtok le 8 octobre 1912, il la remercie de la méthode de méditation qu'elle lui a envoyée. Le 9 octobre, il l'accompagne jusqu'à Darjeeling, où ils visitent ensemble un monastère, alors qu'elle s’apprête à regagner Calcutta[28]. Dans une autre lettre, Sidkéong informe Alexandra David-Néel qu'en mars 1913, il a pu adhérer à la franc-maçonnerie à Calcutta, où il a été reçu compagnon, muni d'une lettre d'introduction du gouverneur du Bengale, un lien supplémentaire entre eux. Il lui fait part de sa joie d'avoir pu devenir membre de cette société[29].

Alors que son père est sur le point de mourir, Sidkéong appelle Alexandra David-Néel à l'aide, et lui demande conseil pour entreprendre la réforme du bouddhisme qu'il souhaite mettre en œuvre au Sikkim quand il accèdera au pouvoir[30]. Revenant à Gangtok en passant par Darjeeling et Siliguri, Alexandra David-Néel est reçue comme un personnage officiel, avec haie d'honneur, par Sidkéong le 3 décembre 1913[31]. Le , il lui offre une robe de Lama en cadeau pour le Nouvel An, et se fait photographier ainsi vêtu, un bonnet jaune complétant l'ensemble[32].

Le 10 février 1914, le Maharaja meurt, et Sidkéong lui succède. La campagne de réforme religieuse peut débuter, Kali Koumar, un moine du bouddhisme du Sud est appelé à y participer, ainsi que Silacara (en), qui vit alors en Birmanie. C'est de ce même pays que vient Ma Lat (Hteiktin Ma Lat), avec qui Alexandra David-Néel est en correspondance, et que doit épouser Sidkéong, Alexandra David-Néel devenant de fait la conseillère conjugale du Maharaja[33].

Alors qu'elle se trouve au monastère de Phodong, dont Sidkéong est l'abbé, Alexandra David-Néel affirme entendre une voix qui lui annonce que les réformes échoueront[34].

Le 11 novembre 1914, quittant la caverne du Sikkim où elle était allée retrouver le gomchen, Alexandra est accueillie au monastère de Lachen par Sidkéong[35]. Un mois plus tard, elle apprend la mort subite de Sidkéong, une nouvelle qui l'affecte et laisse penser à un empoisonnement[36].

Premier séjour au Tibet et rencontre avec le panchen-lama (1916)[modifier | modifier le code]

Le 13 juillet 1916, sans demander la permission à quiconque, Alexandra David-Néel part pour le Tibet en compagnie de Yongden et d'un moine. Elle projette de visiter deux grands centres religieux proches de son ermitage du Sikkim : le monastère de Chorten Nyima et celui de Tashilhunpo, près de Shigatsé, l'une des plus grandes villes du sud du Tibet. Au monastère de Tashilhunpo, où elle arrive le 16 juillet, on la laisse consulter les écrits bouddhistes et visiter les divers temples. Le 19, elle se rend chez le panchen-lama, dont elle reçoit la bénédiction et un accueil charmant : il la présente aux notables de son entourage, à ses professeurs et à sa mère (avec laquelle Alexandra noue des liens d'amitié et qui lui suggère d'habiter un couvent). Le panchen-lama enchérit et lui propose de rester à Shigatsé comme son invitée, ce qu'elle décline, quittant la ville le 26 juillet, non sans avoir reçu les titres honoraires de lama et de docteur en bouddhisme tibétain et connu des heures de grande félicité[37]. Elle poursuit son escapade au Tibet en visitant l'imprimerie de Nartan (snar-thang) avant de rendre visite à un anachorète qui l'a invitée près du lac Mo-te-tong. Le 15 août, elle est reçue par un lama à Tranglung.

À son retour au Sikkim, les autorités coloniales britanniques, poussées par des missionnaires exaspérés par l’accueil réservé à Alexandra par le panchen-lama et mécontentes de ce qu'elle ait ignoré leur interdiction de pénétrer au Tibet, lui flanquent un avis d'expulsion[38],[39].

Voyage au Japon, en Corée, en Chine, en Mongolie, au Tibet[modifier | modifier le code]

Comme il leur est impossible de rentrer en Europe en pleine guerre mondiale, Alexandra et Yongden quittent le Sikkim pour l'Inde puis le Japon. Elle y rencontre le philosophe Ekaï Kawaguchi qui, quelques années plus tôt, avait réussi à rester dix-huit mois à Lhassa sous un déguisement de moine chinois. Alexandra et Yongden partent ensuite pour la Corée, puis Pékin en Chine. De là, ils choisissent de traverser la Chine d'Est en Ouest en compagnie d'un lama tibétain haut en couleurs. Leur périple dure plusieurs années à travers le Gobi, la Mongolie, avant une pause de trois ans (1918-1921) au monastère de Kumbum au Tibet, où Alexandra, aidée de Yongden, traduit la célèbre Prajnaparamita[7].

Séjour incognito à Lhassa (1924)[modifier | modifier le code]

Déguisés respectivement en mendiante et en moine et portant un sac à dos le plus discret possible, Alexandra et Yongden partent ensuite pour la ville interdite. Pour ne pas trahir sa qualité d'étrangère, Alexandra n'ose pas emporter d'appareil photo, de matériel de relevé, elle cache toutefois sous ses haillons une boussole, un pistolet et une bourse avec l'argent d'une éventuelle rançon. Ils atteignent finalement Lhassa en 1924, en se fondant dans la foule des pèlerins venus célébrer le Mönlam ou « fête de la Grande Prière »[40]. Ils séjournent à Lhassa deux mois durant, visitant la ville sainte et les grands monastères environnants : Drépung, Séra, Ganden, Samye, et rencontrent Swami Asuri Kapila (Cesar Della Rosa Bendio). Foster Stockwell fait la remarque qu'Alexandra n'est pas accueillie par le dalaï-lama ni par ses assistants, qu'on ne lui montre pas les trésors des lamaseries ni ne lui décerne de diplôme[41]. Jacques Brosse précise qu'elle connaît bien le dalaï-lama mais celui-ci ignore qu'elle est à Lhassa, et elle ne peut réveler son identité[42]. Elle ne trouve « rien de très particulier » au Potala, dont elle remarque que la décoration intérieure est « entièrement de style chinois »[43],[44],[42]. Malgré son visage barbouillé de suie, ses nattes en poil de yak et sa toque de fourrure traditionnelle[45], elle est finalement démasquée (pour cause de propreté trop grande – elle allait se laver chaque matin à la rivière) – et dénoncée à Tsarong Shapé, le gouverneur de Lhassa. Le temps que ce dernier intervienne, Alexandra et Yongden ont déjà quitté Lhassa pour Gyantsé. Ce n'est que plus tard, par des lettres de Ludlow et de David Macdonald, l'agent commercial britannique à Gyantsé, qu'ils sont mis au courant de l'histoire[46].

En mai 1924, l'exploratrice, exténuée, « sans argent et en haillons », est hébergée, ainsi que son compagnon, chez les Macdonald pendant une quinzaine de jours. Elle peut gagner le nord de l'Inde par le Sikkim grâce en partie aux 500 roupies qu'elle emprunte à Macdonald et aux papiers nécessaires que celui-ci et son gendre, le capitaine Perry, lui procurent[47],[48],[49].

À son retour, dès son arrivée au Havre le 10 mai 1925, elle peut mesurer l’extraordinaire célébrité que lui vaut son audace. Elle fait la Une des journaux et son portrait s’étale dans les magazines[2]. Le récit de son aventure fera l'objet d'un livre, Voyage d'une Parisienne à Lhassa, qui est publié à Paris, Londres et New York, en 1927[50], mais se heurte à l'incrédulité de la critique qui a du mal à accepter les récits de pratiques telles que la lévitation et le tumo (augmentation de la chaleur du corps pour résister au froid)[51].

En 1972, Jeanne Denys, qui travailla un temps comme bibliothécaire pour Alexandra, devait publier Alexandra David-Néel au Tibet (une supercherie dévoilée), livre qui fit quelque peu sensation en prétendant démontrer que cette dernière n'était pas entrée dans Lhassa[51],[52]. Jeanne Denys affirme que la photo d'Alexandra et Aphur, assis dans la plaine devant le Potala, prise par des amis tibétains, est un montage[53]. Elle prétend également que les parents d'Alexandra étaient de modestes commerçants juifs et qu'on parlait Yiddish à la maison. Elle va jusqu'à accuser Alexandra d'avoir inventé les récits de ses voyages et de ses études[54].

1925-1937 : l'intermède européen[modifier | modifier le code]

Yongden en habit de lama, 1933

Rentrée en France, Alexandra David-Néel loue une petite maison sur les hauteurs de Toulon et cherche une maison au soleil et sans trop de voisins. Une agence de Marseille lui propose une petite maison à Digne-les-Bains en 1928. Elle, qui cherchait du soleil, visite la maison sous des trombes d'eau mais l'endroit lui plaît et elle l'achète. Quatre ans plus tard, elle commence à agrandir sa maison, baptisée Samten-Dzong ou « forteresse de la méditation », le premier ermitage et sanctuaire lamaïste en France selon Raymond Brodeur[7]. Elle y écrit plusieurs livres relatant ses différents voyages.

Entre ces diverses publications – toujours accompagnée d'Aphur Yongden, le fidèle compagnon d'aventures, devenu légalement son fils adoptif – elle fait de grandes tournées de conférences en France et en Europe.

1937-1946 : le périple chinois[modifier | modifier le code]

En 1937, à soixante-neuf ans, Alexandra David-Néel décide de repartir pour la Chine avec Yongden via Bruxelles, Moscou et le transsibérien. Elle se retrouve en pleine guerre sino-japonaise et assiste aux horreurs de la guerre, de la famine et des épidémies. L'annonce de la mort de son mari en 1941 la touche profondément. Fuyant les combats, elle erre en Chine, avec des moyens de fortune, puis finit par se retrouver en 1946 en Inde où elle fait la connaissance de Christian Fouchet, consul de France à Calcutta, qui deviendra un ami, ils resteront en contact jusqu'à la mort d'Alexandra.

1946-1969 : la Dame de Digne[modifier | modifier le code]

À 78 ans, Alexandra David-Néel rentre en France pour régler la succession de son mari, puis recommence à écrire depuis sa maison de Digne. Elle a la douleur de perdre Yongden en 1955[55].

En 1959, à l'âge de 91 ans, elle prend comme secrétaire personnelle une jeune femme de 29 ans, Marie-Madeleine Peyronnet, qui reste à ses côtés jusqu'à la fin[55]. Alexandra David-Néel la surnomme « Tortue ».

À cent ans et demi, elle demande le renouvellement de son passeport au préfet des Basses-Alpes.

Elle s'éteint le 8 septembre 1969, à presque 101 ans. Ses cendres sont transportées à Vârânasî en 1973 par Marie-Madeleine Peyronnet pour être dispersées avec celles de son fils adoptif dans le Gange.

Hommages[modifier | modifier le code]

Plaque de la rue Alexandra David-Néel à Massy dans l'Essonne.

En 1925, elle obtient le Prix Monique Berlioux de l'Académie des sports[56]. Bien que non sportive à proprement parler, elle fait partie de la liste des 287 Gloires du sport français.

La série Il était une fois... les Explorateurs d'Albert Barillé (consacrant en 1995 vingt-deux épisodes relatant vingt-deux personnalités ayant grandement contribué à l’exploration) lui rend hommage en lui consacrant un épisode. Elle est la seule femme à apparaître exploratrice (de premier plan) de toute la série.

En 1992, sort un documentaire intitulé Alexandra David-Néel : du Sikkim au Tibet interdit, réalisé par Antoine de Maximy et Jeanne Mascolo de Filippis. Il suit le voyage que Marie-Madeleine Peyronnet entreprit afin de restituer à un temple une statuette sacrée qui avait été prêtée à Alexandra David-Néel jusqu'à sa mort. La vie de l'exploratrice et sa forte personnalité y sont retracées notamment grâce à des témoignages de personnes l'ayant connue et des anecdotes de Marie-Madeleine Peyronnet.

En 1995, la maison de thé Mariage Frères rend hommage à Alexandra David Néel en créant un thé portant son nom en coopération avec la fondation Alexandra David-Néel.

En 2003, Pierrette Dupoyet crée au Festival d'Avignon un spectacle intitulé Alexandra David Néel, pour la vie…, où elle passe en revue toute la vie d'Alexandra.

En 2006, Priscilla Telmon rend hommage à Alexandra David-Néel à travers une expédition à pied et en solitaire à travers l'Himalaya. Elle retrace le voyage de son aînée depuis le Viêt Nam jusqu'à Calcutta en passant par Lhassa. Un film, Au Tibet Interdit, a été tourné de cette expédition[57].

En janvier 2010, la pièce de théâtre Alexandra David-Néel, mon Tibet, de Michel Lengliney est à l'affiche, avec Hélène Vincent dans le rôle de l'exploratrice et celle de sa collaboratrice jouée par Émilie Dequenne.

En 2012, le film Alexandra David-Neel, j'irai au pays des neiges, réalisé par Joël Farges, avec Dominique Blanc dans le rôle d'Alexandra, est présenté en avant-première aux Rencontres cinématographiques de Digne-les-Bains.

Un prix littéraire portant le nom de l'exploratrice du Tibet et de son fils adoptif, le prix Alexandra David-Néel/Lama Yongden, a été créé.

Un lycée porte son nom, le lycée polyvalent Alexandra-David-Néel de Digne-les-Bains.

La promotion 2001 des conservateurs du patrimoine de l'Institut national du patrimoine porte son nom.

La promotion 2011 de l'institut diplomatique et consulaire (IDC) du ministère des affaires étrangères (France) porte son nom[58].

Une station du prolongement de la ligne 3 du tramway d'Île-de-France, située dans le 12e arrondissement de Paris et à proximité de Saint-Mandé, porte son nom.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres d'Alexandra David-Néel[modifier | modifier le code]

Note : les titres et noms d'éditeurs sont ceux des éditions actuelles. Pour une bibliographie plus formelle, voire savante, on se reportera au site officiel indiqué infra.

  • 1898 : Pour la vie - réflexions sur tous les faits de société (Éditions « les nuits rouges »)
  • 1909 : Le féminisme rationnel (Éditions « les nuits rouges »)
  • 1911 : Le Modernisme bouddhiste et le bouddhisme du Bouddha (Alcan)
  • 1921 : Le Bouddhisme du Bouddha (Éditions du Rocher)
  • 1927 : Voyage d'une Parisienne à Lhassa (Plon)
  • 1929 : Mystiques et magiciens du Tibet (Plon)
  • 1930 : Initiations lamaïques (Pygmalion)
  • 1931 : La Vie surhumaine de Guésar de Ling : L'Iliade des Tibétains (Éditions du Rocher) - avec la collaboration du lama Yongden
  • 1933 : Au pays des brigands-gentilshommes (Plon)
  • 1935 : Le Lama aux cinq sagesses (Plon)
  • 1938 : Magie d'amour et magie noire. Scènes du Tibet Inconnu (Plon)
  • 1939 : Le Bouddhisme : ses doctrines et ses méthodes (Éditions du Rocher)
  • 1940 : Sous des nuées d'orage (Plon)
  • 1949 : Au cœur des Himalayas : le Népal (Pygmalion)
  • 1951 : Astavakra Gita - réédité (date non connue) en un volume unique « Astavakra Gita - Avadhuta Gita, poèmes sanscrits védantins » (Éditions du Rocher)
  • 1951 : Les Enseignements secrets des bouddhistes tibétains, la vue pénétrante (Pygmalion)
  • 1951 : L'Inde hier, aujourd'hui, demain
  • 1951 : L'Inde où j'ai vécu (Plon)
  • 1952 : Textes tibétains inédits (Pygmalion)
  • 1953 : Le Vieux Tibet face à la Chine nouvelle (Plon)
  • 1954 : La Puissance du néant, roman du lama Yongden, traduit et annoté par A. D.-N. (Plon)
  • Grammaire de la langue tibétaine parlée
  • 1958 : Avadhuta Gita - réédité (date non connue) en un volume unique « Astavakra Gita - Avadhuta Gita, poèmes sanscrits védantins » (Éditions du Rocher)
  • 1958 : La connaissance transcendante (Pygmalion)
  • 1961 : Immortalité et réincarnation (Éditions du Rocher)
  • 1964 : Quarante siècles d'expansion chinoise (Plon)
  • 1970 : En Chine - l'Amour universel et l'Individualisme intégral (Plon) - édition posthume
  • 1972 : Sortilèges du mystère (Plon) - édition posthume
  • 1975 : Vivre au Tibet : cuisine, traditions et images (Robert Morel éditeur, Apt) - édition posthume
  • 1986 : La Lampe de sagesse (Éditions du Rocher)
  • 1998 : Pour la vie, et autres textes libertaires inédits, 1895-1907, présentés par J. Désiré-Marchand (Éditions Les Nuits Rouges)
  • 1999 : Grand Tibet et vaste Chine (Plon), 1139 p., (ISBN 2-259-19169-X) (rassemble plusieurs de ses livres : Au pays des brigands gentilshommes, Voyage d'une Parisienne à Lhassa, Sous des nuées d'orage, A l'ouest barbare de la vaste Chine, Le vieux Tibet face à la Chine nouvelle)), et comporte une « Notice biographique : Alexandra David-Néel. Écrivain - Orientaliste - Exploratrice », écrite par Marie-Madeleine Peyronnet et Franck Tréguier) - édition posthume
  • 2000 : Correspondance avec son mari, édition intégrale 1904-1941 (Plon), édition posthume, reprenant les deux volumes publiés précédemment :
    • 1975 : Journal de voyage : Lettres à son mari, 11 août 1904 - 27 décembre 1917. Vol. 1 (Éd. Marie-Madeleine Peyronnet)
    • 1976 : Journal de voyage : Lettres à son mari, 14 janvier 1918 - 31 décembre 1940. Vol. 2 (Éd. Marie-Madeleine Peyronnet)
  • 2000 : Le féminisme rationnel (articles inédits du journal La Fronde), suivi par Les femmes, ces immigrées de l’intérieur, de Catherine Lafon (Éditions Les Nuits Rouges)
  • 2003 : Féministe et libertaire. Écrits de jeunesse (compilation des deux parutions précédentes, 1998 et 2000) (Éditions Les Nuits Rouges)

Études sur Alexandra David-Néel[modifier | modifier le code]

  • Jeanne Denys, Alexandra David-Néel au Tibet (une supercherie dévoilée), La Pensée universelle, 1972, 231 p.
  • Marie-Madeleine Peyronnet, Dix ans avec Alexandra David-Néel, Plon, 1973 (réédition 1998)
  • Jacques Brosse, Alexandra David-Neel, Retz, 1978, (réédition Albin Michel, 1991)
  • Le Tibet d'Alexandra David-Néel, album de photos, Plon, 1979
  • Jean Chalon, Le lumineux destin d'Alexandra David-Néel, Librairie académique Perrin, 1985, (ISBN 2-262-00353-X)
  • (en) Ruth Middleton, Alexandra David-Néel, Portrait of an Adventurer, Shambhala, Boston, 1989
  • Éric Le Nabour, Alexandra David-Néel, Lattès-Ushuaia, 1992
  • Joëlle Désiré-Marchand, Les itinéraires d'Alexandra David-Néel, Arthaud, 1996
  • Joëlle Désiré-Marchand, Alexandra David-Néel, Arthaud, 1997
  • (en) Barbara Foster & Michael Foster, The Secret Lives of Alexandra David-Neel: A Biography of the Explorer of Tibet and Its Forbidden Practices, Woodstock, The Overbook Press, 1998
  • Joëlle Désiré-Marchand, Tibet, voyage à Lhassa, sur les traces d'Alexandra-David Néel (photographies de Stefano Ponsotti), Arthaud, 2004
  • Joëlle Désiré-Marchand, Alexandra David-Néel. Vie et voyages. Itinéraires géographiques et spirituels, Artaud, 2009 (seconde édition, revue et augmentée, de l'ouvrage de 1996)
  • Gilles van Grasdorff, Alexandra David-Néel, Pygmalion, 2011, (ISBN 2-7564-0416-0)
  • Gwenaëlle Abolivier, Alexandra David-Néel, une exploratrice sur le toit du monde, Éditions Ados d'âne, 2012

Film sur Alexandra David-Néel[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Note : le nom de son mari, Néel, ne se prononce normalement pas « nil » mais « né-èl » [ne'ɛl] conformément à l'orthographe, en aucun cas « nèl ». Il semble cependant que la famille ait adopté, comme c'est souvent le cas pour ce patronyme bien français, une prononciation à l'anglaise. C'est pourquoi, elle avait coutume de l'écrire Neel sans accent aigu sur le premier e (Jacques Brosse, Alexandra David-Néel, Albin Michel, coll. Espaces libres, page 44, note 1).
  2. a et b Hélène Duccini, « La « gloire médiatique » d'Alexandra David-Néel », Le Temps des médias, 1/2007 (no 8), p. 130-141.
  3. Raymond Brodeur, Centre inter-universitaire d'études québécoises, Centre d'études Marie-de-l'Incarnation, Femme, mystique et missionnaire : Marie Guyart de l'Incarnation : Tours, 1599-Québec, 1672 : actes du colloque organisé par le Centre d'études Marie-de-l'Incarnation sous les auspices du Centre interuniversitaire d'études québécoises qui s'est tenu à Loretteville, Québec, du 22 au 25 septembre 1999, Presses Université Laval, 2001, (ISBN 2-7637-7813-5 et 9782763778136), p. 180.
  4. (en) Erika A. Kuhlman, A to Z of Women in World History (livre numérique Google), Infobase Publishing, 2002, 452 p., article sur Alexandra David-Néel, p. 5-7 : « He began publishing a republican journal but was forced to stop when Napoleon Bonaparte declared himself emperor. Louis David was exiled to Belgium where he met and married Alexandrine Borghmans. The young Belgian woman would inherit her father's money upon his death, and David was penniless. Alexandra David described her parent's marriage as unhappy from the start, and disagreement between the couple increased with the birth of their daughter. Louis David wanted his child to be born in France (she was); Alexandrine David wanted her daughter raised as a Catholic (she was not). Louis David had his daughter secretly baptized in the Protestant faith [...]. »
  5. Catherine Reverzy, Femmes d'aventure : du rêve à la réalisation de soi, Odile Jacob, 2001, 328 p., chap. 4 (Alexandra David-Néel Marche comme ton cœur te mène…), p. 270.
  6. (en) Barbara Foster & Michael Foster, The Secret Lives of Alexandra David-Neel. Biography of the Explorer of Tibet and its Forbidden Practices, Woodstock, The Overbook Press, 1998, p. vii-viiii (Chronology).
  7. a, b et c Raymond Brodeur, op. cit., p. 180.
  8. Catherine Reverzy, op. cit., p. 273.
  9. Alexandra David-Néel, Voyages et aventures de l'esprit: textes et documents inédits, Éditeur Question de, 1985, p. 9.
  10. Biographie officielle d'Alexandra David-Néel, (3e partie), sur le site alexandra-david-neel.org.
  11. Alexandra David-Néel, franc-maçonne.
  12. Raymond Brodeur, op. cit., p. 180-182.
  13. Jean Chalon, Le Lumineux Destin d'Alexandra David-Néel, Librairie académique Perrin, 1985, (ISBN 2-262-00353-X), p. 63-64.
  14. Erika A. Kuhlman, A to Z of Women in World History, op. cit. : « Her father encouraged her musical talents, and she attended the Royal Conservatory in Brussels, Belgium, refining her piano and vocal talents. »
  15. a et b Jean Chalon, Le Lumineux Destin d'Alexandra David-Néel, Librairie académique Perrin, 1985.
  16. a et b Raymond Brodeur, op. cit., p. 181.
  17. Biographie officielle d'Alexandra David-Néel (5e partie), sur le site alexandra-david-neel.org.
  18. Nico P., Alexandra David-Néel, exploratrice, féministe, anarchiste, Alternative libertaire, no 187, septembre 2009.
  19. Le Tibet d'Alexandra David-Néel, album de photos (Plon, 1979), p. 141
  20. Jean Chalon, op. cit., p. 195.
  21. Jean Chalon, op. cit., p. 199.
  22. Lama Kazi Dawa Samdup.
  23. Jean Chalon, op. cit., p. 196-197.
  24. Jean Chalon, op. cit., p. 195-201.
  25. Raymond Brodeur, op. cit., p. 184 et 187.
  26. Jean Chalon, op. cit., p. 201.
  27. Jean Chalon, op. cit., p. 202.
  28. Jean Chalon, op. cit., p. 205-206.
  29. Jean Chalon, op. cit., p. 224-225.
  30. Jean Chalon, op. cit., p. 225.
  31. Jean Chalon, op. cit., p. 228.
  32. Jean Chalon, op. cit., p. 229.
  33. Jean Chalon, op. cit., p. 230-231.
  34. Jean Chalon, op. cit., p. 235.
  35. Jean Chalon, op. cit., p. 242.
  36. Jean Chalon, op. cit., p. 243.
  37. (en) Foster Stockwell, Westerners in China: A History of Exploration and Trade, Ancient Times Through the Present, McFarland, 2003, 226 p., p. 121 : « In 1916 she again went into Tibet, this time at the invitation of the Panchen Lama [...]. He gave her access to Tashilhunpo's immense libraries of Buddhists scriptures and made every corner of the various temples acessible to her. She was lavishly entertained by both the Panchen Lama and his mother, with whom she remained a longtime friend. "The special psychic atmosphere of the place enchanted me," she later wrote. "I have seldom enjoyed such blissful hours." »
  38. Foster Stockwell, op. cit., p. 121 : « Alexandra David-Neel then returned to Sikkim with honorary lama's robes and the equivalent of a Doctor of Philosophy in Tibetan Buddhism. There she found herself slapped with a deportation notice by the British colonial authorities. They objected to her having ignored their no-entry edict in going across the border into Tibet. »
  39. Jean Chalon, op. cit., p. 249.
  40. Foster Stockwell, op. cit., p. 121 : « She didn't dare take a camera, surveying equipment, or anything else that might mark her as a foreigner. The small compass and pistol that she possessed, as well as a pouch of ransom money in case of trouble, she kept under her rags. [...] they finally slipped into Lhasa unnoticed among the great swarm of pilgrims celebrating the joyous Tibetan festival of Monlam. »
  41. Foster Stockwell, op. cit., p. 121 : « At Lhasa she received no welcome by the Dalai Lama or his aides, no tour of the lamasery's scholarly books and treasures, and no honorary lama's robes. »
  42. a et b Jacques Brosse, Alexandra David-Neel, p. 195.
  43. Alexandra David-Néel, Voyage d'une Parisienne à Lhassa : « Le palais du dalaï-lama dont la décoration intérieure, très riche en certains endroits, est entièrement de style chinois, n'a rien de très particulier ».
  44. Jean Chalon, op. cit., p. 307.
  45. Foster Stockwell, op. cit., p. 121 : « With her face blackened by cooking-pot soot, pigtails made of yak hair, and the traditional fur hat on top of her head, she and Yongden trekked into the city with the lightest possible packs they could carry. »
  46. Biographie officielle d'Alexandra David-Néel (6e partie), sur le site alexandra-david-neel.org : « Cependant, Alexandra commet à Lhassa même une imprudence qui faillit lui coûter cher, celle de se rendre chaque matin à la rivière pour faire un brin de toilette en cette période hivernale. Ce fait inhabituel intrigue une de ses voisines à un point tel qu'elle le signale au Tsarong Shapé (le gouverneur de Lhassa). Celui-ci, absorbé par des préoccupations plus importantes, allait, quelque temps plus tard, envoyer un de ses hommes pour procéder à une enquête lorsque la rumeur lui apprend qu'Alexandra et Yongden viennent d'arriver à Gyantsé. Le gouverneur en a aussitôt déduit que la dame se lavant tous les matins ne pouvait être qu'Alexandra. Cette histoire, Alexandra et Yongden ne l'ont connue que quelques mois après, par des lettres de messieurs Ludlow et David Macdonald, l'agent commercial britannique qui, à Gyantsé, a stoppé leur avance. »
  47. Joëlle Désiré-Marchand, Alexandra David-Néel, vie et voyages : itinéraires géographiques, 2009, 700 p., p. 445.
  48. Jean Chalon, op. cit., p. 310.
  49. Biographie (6e partie, sur le site alexandra-david-neel.org.
  50. Raymond Brodeur, op. cit., p. 182.
  51. a et b Sara Mills, Discourses of Difference: An Analysis of Women's Travel Writing and Colonialism, Routledge, 2003, 240 p., en part. p. 123-150.
  52. Brigitte Marrec, MCF Civilisation américaine, Université de Paris-X, Nanterre, Groupe F.A.A.A.M., 4 mai 2007, Présentation de l'ouvrage de Sara Mills: Discourses of Difference: an Analysis of Women's Travel Writing and Colonialism, p. 24.
  53. (en) Peter Hopkirk, Trespassers on the Roof of the World: The Secret Exploration of Tibet, Kodansha Globe, 1995, 276 p., p. 226 : « Although her detractor was later to claim that it was a fake - a montage - she was even photographed by Tibetan friends posing before the Potala. »
  54. (en) Barbara Foster & Michael Foster, The Secret Lives of Alexandra David-Neel. Biography of the Explorer of Tibet and its Forbidden Practices, Woodstock, The Overbook Press, 1998, 330 p., (ISBN 1585673293) : « The motives of this ill-tempered, anti-Semitic tract were made obvious by the author's insistence that Alexandra's parents had been modest shopkeepers and that they were Jewish and spoke yiddish at home » - « Denys called her subject an actress and alleged that she was an impostor who invented the stories of her travel an studies ».
  55. a et b Barbara Foster & Michael Foster, op. cit., p. vii-viiii (Chronology).
  56. Prix féminin de l'Académie des Sports
  57. Voyage au Tibet Interdit.
  58. Session 2011 de l'Institut diplomatique et consulaire (IDC): discours de clôture d'Alain Juppé devant la nouvelle promotion issue de l'IDC

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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