Thubten Gyatso

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Réincarnation du dalaï-lama
Thubten Gyatso
Thubten Gyatso
Nom de naissance
Nom de réincarnation Thub-bstan rgya-mtsho
Prédecesseur Trinley Gyatso
Successeur Tenzin Gyatso
Date de naissance 12 février 1876
Lieu de naissance Tibet

Thubten Gyatso (ou Thupten Gyatso) (12 février 187617 décembre 1933) (Wylie : Thub-bstan rgya-mtsho, tibétain : ཐུབ་བསྟན་རྒྱ་མཚོ་) est le 13e dalaï-lama.

Le 13e dalaï-lama, Thupten Gyatso, est né l'année de l'Oiseau de Feu (selon le calendrier tibétain, soit 1876), à Thakpo Langdun au sud du Tibet de Kunga Rinchen et Lobsang Dolma, un couple de paysans. En 1878, il a été reconnu comme la réincarnation du douzième dalaï-lama suivant les prédictions des oracles d'Etat du Tibet et les signes auspicieux qui marquèrent sa naissance. Il a été escorté à Lhassa où il a été ordonné moine par le 8e Panchen Lama, Tenpai Wangchuk, et il lui fut donné le nom de Ngawang Lobsang Thupten Gyatso Jigdral Chokley Namgyal. En 1879, le 13e dalaï-lama a été intronisé au palais du Potala.

Le 8 août 1895, à l'âge de 18 ans, il a reçu le pouvoir politique et a été lancé dans le grand jeu international entre la Russie tsariste et l'Inde britannique sur les franges de leurs empires en expansion.

Pour approfondir le contexte, voir : le Grand Jeu.

Avant-gardiste, c'est en 1898 que le 13e dalaï-lama abolit la peine de mort[1]. À une époque où la lutte pour la suprématie en Asie centrale, entre les grandes puissances (russes, britanniques et chinoises), était à son paroxysme, le 13e dalaï-lama, qui avait survécu à une tentative d’assassinat, se révéla un homme politique hors pair. Il a traversé l'invasion britannique du Tibet en 1904 et l'invasion chinoise de son pays en 1909 et survécu aux deux expériences, en voyant son autorité augmentée de façon importante.

En 1909, quand l'information filtra que Zhao Erfeng, un général chinois, était aux portes de Lhassa, le 13e dalaï-lama et les officiels les plus importants fuirent de Lhassa en direction de l'Inde. Le groupe traversa Dromo et passa le col de Jelep La (dans la Vallée de Chumbi), qui sépare le Tibet du Sikkim.

En 1911, la dynastie Mandchoue a été renversée et les Tibétains ont saisi cette occasion pour expulser les forces mandchoues restantes au Tibet. En 1912, suite à une lettre de Yuan Shikai souhaitant restaurer le rôle du dalaï-lama, celui-ci répond qu'il ne demande aucun titre du gouvernement chinois car il entend exercer son pouvoir spirituel et temporel au Tibet[2]. Cette lettre est considérée comme une déclaration d'indépendance[3]. Le dalaï-lama est ensuite rentré au Tibet et a exercé une autorité politique qui n'avait pas été vue depuis le règne du 5e dalaï-lama. Au cours de l’été 1912, le 13e Dalaï Lama rencontra Agvan Dorjiev à Phari-Dzong, et ce dernier l’accompagna ensuite au monastère de Samding, avant son retour à Lhassa. [4] En plus de s'efforcer de moderniser le Tibet, le dalaï-lama a aussi essayé d'éliminer certaines des caractéristiques les plus oppressives du système monastique tibétain. Pendant son exil en Inde, le dalaï-lama a été fasciné par le monde moderne et il a introduit les premières monnaies et pièces au Tibet. En 1913, il a établi le premier bureau de poste au Tibet et il a aussi envoyé 4 jeunes Tibétains en Angleterre pour étudier l'ingénierie. Le 8 janvier 1913, il a fait une déclaration publique sur les cinq points de l'indépendance tibétaine et il a composé l'hymne national tibétain actuel. En janvier 1913, le Tibet et la Mongolie signèrent un traité bilatéral à Urga, reconnaissant mutuellement leur indépendance vis à vis de la Chine[3].
Le 14 février 1913, le 13e dalaï-lama édita une proclamation réaffirmant l'indépendance du Tibet. Les troupes et les autorités officielles chinoises avaient été expulsées du Tibet en 1912 suite à l'invasion de 1908 par l'empereur Mandchou[5].

On doit au 13e dalaï-lama de profondes réformes, notamment des modifications des structures administratives. On lui doit aussi la création du drapeau du Tibet en 1912 à partir des différents drapeaux des armées frontalières. Thubten Gyatso décide en 1912 de créer en complément des pièces de monnaie tibétaines des billets de banque tibétains spécifiques au Tibet. C'est aussi en 1912 que furent émis les premiers timbres du Tibet.

En 1914, il a renforcé les forces militaires tibétaines en organisant un entraînement spécial pour l'armée tibétaine. En 1916, il a choisi plusieurs moines jeunes et intelligents des divers monastères pour préserver la Médecine tibétaine traditionnelle spécifique et il a établi l'Institut de médecine et d'astrologie tibétaine bien connu aujourd'hui sous le nom de Men-Tsee-Khang. En 1923, il a établi un siège principal de police à Lhassa pour la sécurité et le bien-être du peuple tibétain et la même année, il a aussi établi la première école anglaise à Gyantse qui dût fermer en 1926 en raison de l'opposition des monastères[6]. Il est mort en 1933 à l'âge de 58 ans.

Avant sa mort, dans un mélange harmonieux de religion et de politique, il émit cette prédiction :

« Il se pourrait qu'ici, au centre du Tibet, la religion et l'administration séculières soient attaquées à la fois de l'extérieur et de l'intérieur. A moins que l'on sache garder notre propre pays, il arrivera alors que les dalaï-lamas et panchen-lamas seront brisés et resteront sans nom. En ce qui concerne les monastères, les moines et les nonnes, leurs terres et autres propriétés seront détruites. Les coutumes administratives ancestrales (développées par les trois grands rois du Dharma (Tri Songtsen Gampo, Trisong Detsen et Tri Ralpachen) seront affaiblies. Les fonctionnaires de l'État religieux et séculier se verront saisis de leurs terres et de leurs autres possessions. Et, eux-mêmes devront servir leurs ennemis, ou errer dans le pays comme des mendiants. Tous les êtres seront plongés dans de grandes difficultés, les jours et les nuits sombreront lentement dans les souffrances. Ne soyez pas des traîtres vis à vis de la communauté religieuse ou de l'État en travaillant pour un autre pays que le vôtre. Le Tibet est heureux, et dans le confort maintenant. La situation est entre vos mains. »

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

[modifier] Notes et références

  1. The third World day against Death Penalty, Jean-François Leclere
  2. (en)Brief History Of Tibet
  3. ab Roland Barraux, 1993. "Histoire des Dalaï Lamas - Quatorze reflets sur le Lac des Visions" - Editions Albin Michel. Réedité en 2002, Albin Michel, ISBN 2226133178
  4. Soviet Russia and Tibet, Par Alexandre Andreyev
  5. (en)The Status of Tibet
  6. (en)“The Birth of a Clinic”? The IMS Dispensary in Gyantse (Tibet), 1904–1910 Une école anglaise existait à Gyantse pendant la période 1923–26 ; elle fut fermée, lors d'un mouvement général tibétain contre la modernisation à cette époque

Une partie de cet article provient d'une traduction du www.dalailama.com avec autorisation.


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