Tsangyang Gyatso
| Tsangyang Gyatso | ||||||||
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| Nom de naissance | ||||||||
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| Nom de réincarnation | Tsangyang Gyatso | |||||||
| Date de naissance | 1682 | |||||||
| Lieu de naissance | Mon Tawang, l'actuel Arunachal Pradesh (Inde) | |||||||
| Date de décès | 15 novembre 1706 | |||||||
| Lieu de décès | inconnu | |||||||
| Successions | ||||||||
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Tsangyang Gyatso (tibétain: ཚངས་དབྱངས་རྒྱ་མཚོ, Wylie: Tshang dbyang Rgya mtsho) (1682 - 15 novembre 1706) est le 6e dalaï-lama. Il est le seul dalaï-lama à avoir refusé une vie de moine ordonné.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Tsangyang Gyatso, d'origine Monba, est né en 1682 à Mon Tawang, dans l'actuel Arunachal Pradesh en Inde, au sud du Tibet. Son père s'appelait Tashi Tenzin et sa mère, Tsewang Lhamo[1].
Sangyé Gyatso, le régent du Tibet ne divulgua pas la mort du 5e dalaï-lama, pour pouvoir terminer la construction du palais du Potala, selon les souhaits du précédent dalaï-lama. Quand des visiteurs demandaient une audience, comme des princes mongols, Depa Deyrab, un vieux moine du monastère de Namgyal ressemblant au dalaï-lama, figurait à sa place[1]. Quand Sangyé Gyatso entendit parler d'un garçon de Mon Tawang aux qualités remarquables, il envoya des proches et, en 1688, l'enfant fut amené à Nankartsé, près de Lhassa. Il y reçut une éducation par des enseignants jusqu'en 1697. Sangyé Gyatso envoya alors le ministre Shabdrung Ngawang Shonu, à la cour mandchoue informer l'Empereur Kangxi dans le même temps de la mort du 5e et de la découverte du 6e dalaï-lama. Sangyé Gyatso l'annonça également au peuple du Tibet[1].
Sangyé Gyatso invita à Nankartsé le 5e panchen-lama afin qu'il confère les vœux de moine novice au jeune dalaï-lama. Il lui donna alors le nom bouddhique de Tsangyang Gyatso[1].
À l'âge de 14 ans, en 1697, il fut intronisé en tant que 6e dalaï-lama en présence des représentants du gouvernement tibétain, des trois monastères majeurs – Séra, Ganden et Drépung – des princes mongols, des représentants de l'Empereur Kangxi et des habitants de Lhassa[1].
En 1701 survint un conflit entre Sangyé Gyatso et Lhazang Khan qui tua le régent du Tibet, un évènement qui affligea le dalaï-lama âgé de 19 ans[1]. Il décida de renoncer à ses études monastiques et à ses vœux, une requête qu'il présenta au panchen-lama à Shigatse[1].
Bien qu'habitant toujours le palais du Potala, il sortait à Lhassa et dans les villages alentour, passant la journée avec ses amis dans le parc situé derrière le palais du Potala et la nuit dans des tavernes à Lhassa ou au village de Shöl, en contrebas du Potala, buvant de la bière et chantant des chansons. Il est notamment connu pour ses poésies et ses écrits[1]. Au village de Shöl, se trouvait l'auberge censée avoir été fréquentée par Tsangyang Gyatso dont Thomas Laird, dans son livre d'entretiens avec le 14e dalaï-lama, dit qu'il refusait de prendre ses vœux et « passait ses nuits à boire dans les bordels »[2].
En 1706, sous la pression de Lhazang Khan, il dut se rendre en Chine, et, selon une version de son histoire, il serait mort en voyage la même année[1]. Il est connu pour ses poésies et ses écrits[1].
À la suite de sa déposition prononcée par Lhabsang Khan le 27 juin 1706, le dalaï-lama se rendit aux soldats mongols. Une foule de moines et de laïcs l’accompagna alors qu’il était escorté par les soldats depuis le Potala, l’enlevant à proximité de Drepung pour le conduire en triomphe dans son monastère au Norbulingka. Comprenant l’inutilité d’un combat inégal, le dalaï-lama sortit pour se rendre, ce qui n’empêcha pas des représailles[3].
Citations [modifier]
« Si l’on est blessé par une flèche empoisonnée, l’important est d’abord de la retirer, ce n’est pas le moment de s’interroger d’où elle vient, qui l’a tirée, de quel poison il s’agit ».
« Oiseau blanc (grue blanche) prête-moi tes ailes, Je n'irai pas loin. Ayant fait le tour de Litang Je reviendrai bientôt »[4].
Ouvrages [modifier]
- Vie et chants d'amour, traduit du tibétain par K. Dhondup, Claire Lumière, Eguilles, 1987, (ISBN 2-905998-05-9)
Tsangyang Gyatso dans la culture [modifier]
- Loten Namling chante les chansons du 6e dalaï-lama[5].
Notes et références [modifier]
- (en) Tsangyang Gyatso, site du 14e dalaï-lama.
- (en) Thomas Laird, « The Story of Tibet. Conversation with the Dalai Lama, Grove Press, 2007, p. 182, (ISBN 0-8021-4327-X et 9780802143273) : « The teenager (...) went drinking in the brothels ».
- Roland Barraux, Histoire des Dalaï-Lama, Quatorze reflets sur le Lac des Visions, édition Albin Michel, 1993. Réédité en 2002 chez Albin Michel. (ISBN 2-226-13317-8), p. 163 : « Le 27 juin 1706, Lhabsang Khan prononça la déposition du sixième Dalaï-Lama et lui fit remettre l'ordre impérial par les envoyés de K'ang Hsi. Le jeune Dalaï-Lama se résigna à suivre les soldats mongols devenus ses geôliers. Lorsqu'il quitta le Potala, une foule énorme de moines et de laïcs s'était rassemblée; silencieusement d'abord, elle accompagna sa marche. Arrivée près du Drepung et grossie de tous les paysans des environs, elle devint agressive à l'égard de l'escorte mongole. Celle-ci essaya de disperser les manifestants. Poussé par la colère autant que le désespoir, le peuple, avec des pierres et des bâtons rompit le barrage des gardes, s'empara du Dalaï-Lama et le conduisit triomphalement jusqu'à son Palais d'été à l'intérieur du monastère. Dans la nuit, les moines se concertèrent, consultèrent les oracles; le lendemain, ils firent savoir que Tsangyang Gyatso était bien la réincarnation du cinquième Dalaï-Lama […] Le Dalaï-Lama comprit le caractère inégal et inutile du combat. Suivi de quelques fidèles, il sortit du monastère et s'avança vers les Mongols. Malgré sa reddition, plusieurs moines furent tués et le monastère pillé en représailles de la protection qu'il avait accordée au fugitif. »
- Alexandra David-Néel, Textes tibétains inédits, Éditions Pygmalion, 1977, p. 96, (poésie attribuée à Tsangyang Gyatso).
- Chants traditionnels et chants sacrés du Tibet : Loten Namling (12 déc.), Buddhaline
Références [modifier]
Voir aussi [modifier]
Liens internes [modifier]
Liens externes [modifier]
- (en) Article de la BBC News sur le dalaï-lama Tsangyang Gyatso
- (en) Erotic Verse Sheds Light on 'Playboy Lama', The Seoul Times
