Ganden

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

29° 45′ 29″ N 91° 28′ 30″ E / 29.758, 91.475 ()

Monastère de Ganden en 2005
Ganden en 2006
Moines à Ganden

Le monastère de Ganden est une des trois grandes universités monastiques Gelugpa du Tibet. Il a été fondé en 1409 par le maître tibétain Tsongkhapa. Il est situé au-dessus de la montagne de Wangbur, dans le district de Tagtse, à 36 kilomètres au Nord-Est du palais du Potala à Lhassa, à une altitude de 4300 m. Les deux autres grands monastères Gelugpa sont Séra et Drepung.

Histoire du monastère de Ganden au Tibet[modifier | modifier le code]

Étant la plus éloignée de Lhassa des trois universités monastiques, Ganden a traditionnellement eu une plus petite population avec environ 6000 moines au début du XXe siècle. Depuis l'invasion chinoise du Tibet[non neutre], Ganden ne compte pas plus de 300 moines et il est devenu difficile d'y maintenir l’enseignement traditionnel, notamment du fait de campagnes de rééducation demandant aux moines de dénoncer le Dalaï Lama. Ainsi, selon le TCHRD, Jigme Gyatso, moine du monastère de Ganden, a été condamné le 23 novembre 1996 à 15 années d’emprisonnement pour son soutien au Dalaï Lama[1],[2]. Ganden fut le premier monastère de l'ordre Gelugpa, fondé par Tsongkhapa lui-même en 1409, et traditionnellement considéré le siège de la puissance administrative et politique Gelugpa. Le Ganden Tripa ou « détenteur du trône de Ganden » est le chef de l'école Gelugpa.

Le monastère de Ganden est composé de deux universités, Jangtse et Shartse, signifiant la crête du nord et la crête de l’est respectivement. Les trois sites principaux du monastère de Ganden sont le Serdung, qui contient le tombeau de Tsongkhapa, le hall d’Assemblée de Tsokchen et le Ngam Cho Khang, la chapelle où Tsongkhapa a traditionnellement enseigné. Le monastère contient des objets qui ont appartenu à Tsongkhapa.

Lors du soulèvement tibétain de 1959, le monastère de Ganden a été détruit par les bombardements de l'armée chinoise.

En 1966, il a été sévèrement détruits par l'artillerie des gardes rouges et les moines ont été forcés de démonter les ruines. Les restes du corps de Tsongkhapa avaient été conservées dans un tombeau situé au monastère de Ganden. Lors de la révolution culturelle, un lama tibétain, Bomi Rinpoché, fut contraint de porter sur son dos les reliques de Tsongkhapa et de les jeter au feu après que les gardes rouges eurent détruit sa tombe. À l'insu de ces derniers, Bomi Rinpoché réussit cependant à sauvegarder le crâne de Tsongkhapa et les cendres[3],[4].

Au début des années 1980, Fox Butterfield rapporte que des fonctionnaires chinois l’informèrent qu’après la révolution culturelle, Ganden, qui contenait 10 000 moines, avait tout simplement disparu[5],[6].

Le monastère de Ganden a été reconstruit depuis dans les années 1980.

En 1994, l’ancienne cité monastique de Ganden, fondée en 1409 qui comportait 500 bâtiments dont un grand monastère et une université réputée, ressemblait encore à une ville morte. Sous la révolution culturelle, le monastère principal, et les salles de cérémonie et de réunion furent pillés, et la plus grande partie fut détruit à la dynamite. Après 10 ans d’abandon, les lamas revinrent en 1985 et débutèrent la restauration d’une douzaine de bâtiments. En 1994, la police investit les lieux, et des équipes de rééducations patriotiques s’installèrent exigeant aux moines de dénoncer le Dalaï Lama, des moines furent arrêtés, et d’autres s’enfuirent. [7]

Suite au troubles au Tibet en 2008, le monastère de Ganden était fermé en décembre 2008[8].

En 2013, selon l'ONG Free Tibet Campaign, les autorités chinoises autorisent les moines d'afficher des photos du dalaï-lama[9],[10].

Réétablissement de Ganden en Inde[modifier | modifier le code]

Le monastère de Ganden a été rétabli au Karnataka en Inde par les Tibétains en exil. Ce nouveau monastère est situé dans le camp de réfugiés tibétains de Mundgod. Ce camp de réfugiés tibétains a été établi en 1966 sur un terrain offert par le gouvernement indien. Dans le camp tibétain près Mundgod se trouvent les monastères de Ganden et de Drepung. En 1999, il y avait au total environ 13 000 résidents. Le camp tibétain se compose de 9 camps avec deux monastères et un couvent. Y ont été établis une banque de crédit pour des fermes, un institut agricole et un centre d’artisanat. Les technologies modernes, notamment de communication, ont été introduites. Le programme d'études du monastère de Ganden demeure semblable aux enseignements du monastère de Ganden d’avant 1959. Les universités Jangtse et Shartse du monastère de Ganden ont été également rétablies en Inde. Elles sont appelées l'université de Ganden Jangtse et le monastère de Ganden et sont localisés dans le Karnataka.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Ganden est un exemple prestigieux des monastères d'altitude tibétains. Ce centre religieux est bâti dans la vallée du Tsangpo.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Situation des droits de l'homme au Tibet
  2. September 2000 - Human Rights Updates - TCHRD
  3. Death of a controversial lama: Obituary of Bomi Rinpoche (1918-2002)(TIN)
  4. Le fondateur du monastère de Ganden est " Lama Tsongkhapa ", né en 1357...
  5. Fox Butterfield, La Chine - Survivant dans la mer d'amertume - Paris, Presses de la Cité, 1983, page 309.
  6. « Since the Chinese assumed full control over Tibet after an abortive Tibetan uprising in 1959, the number of Buddhist monasteries has been cut from 2464 to 10, Chinese officials told me during a week's tour of of "the roof of the world." Some, like the Gadan monastery, once the third largest in Tibet with nearly 10000 monks, simply disappeared »
  7. Ganden, cité martyre de l’invasion chinoise au Tibet, Géo n 186, août 1994
  8. Récit du périple d'un Français à travers le Tibet, Nouvel Obs, Carlo Blanco, 13 décembre 2008
  9. Pékin permet des photos du dalaï-lama dans un monastère à Lhassa. Les Échos, 2013
  10. Reuters, Tibet : des photos du dalaï-lama autorisées Europe1, 27 juin 2013