Monastère de Séra

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29° 41′ 53″ N 91° 08′ 00″ E / 29.69806, 91.13333

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La monastère de Séra au Tibet
Moines en train de débattre après la méditation de l'après-midi, au monastère de Séra au Tibet
Représentation du « la Roue de l'existence karmique » (bhavacakra) dans le monastère
Sera Mey Dratsang, en Inde

Le monastère de Sera ou Séra (Tibétain: སེ་ར་; Wylie: Se-ra) (Se ra Theng chen gling) correspond à l'une des trois grandes universités monastiques Gelugpa du Tibet. Les deux autres grands monastères Gelugpa sont Drepung et Ganden. « Sera » signifie « L’enclos des Roses ». Le monastère est à 5 km au nord du Jokhang à Lhassa. Il est toujours en activité aujourd'hui mais un monastère de même nom a été refondé en exil, en Inde du Sud, à Bylakuppe[1].

Histoire du monastère[modifier | modifier le code]

Le monastère de Séra fut fondé en 1419, par Jamchen Chojey, un disciple de Tsongkhapa.

Comme les monastères de Drepung et Ganden, il comprenait trois collèges :

  • Sera Mey Dratsang, construit en 1419, où était donnée l'instruction fondamentale aux moines;
  • Sera Jey Dratsang, construit en 1435, qui était plus grand et réservé aux moines en voyage, surtout les moines mongols;
  • Ngagpa Dratsang, construit en 1559, qui était une école pour l'enseignement des tantras Gelugpa;

En 1947, lors de la répression gouvernementale contre les partisans de l'ancien régent Reting, le monastère fut bombardé par les mortiers de l'armée tibétaine puis entièrement pillé par les soldats, si bien que pendant des semaines des objets précieux réapparurent dans les boutiques de Lhassa[2]. Selon le gouvernement chinois, pour le bombardement du monastère, le gouvernement tibétain bénéficia de l'assistance de Reginald Fox, un espion et opérateur radio britannique. De nombreux moines furent tués par l'armée tibétaine pendant les combats qui durèrent deux semaines[3].

Séra abritait plus de 5 000 moines en 1959. Selon l'historien chinois Qingying Chen, lors du soulèvement de mars 1959 à Lhassa, la Conférence du peuple, créée dans l'après-midi du 10 mars par les insurgés et la plupart des ministres du gouvernement tibétain, décida l'envoi, au palais d'été au Norbulingka, de moines armés depuis Séra et Drepung pour protéger le dalaï-lama[4].

Bien que très endommagé lors de la répression gouvernementale contre les partisans de Reting en 1947, après l'intervention militaire chinoise au Tibet en 1959, puis sous la révolution culturelle (1966-1977), le monastère a été restauré et abritait environ 550 moines début 2008[5].

En 1985, on restitua aux moines un ensemble d'objets comprenant les 101 livres sacrés, des ivoires et des bois sculptés[6].

Selon un témoignage sous pseudonyme présenté par la journaliste Ursula Gauthier dans le Nouvel Observateur; après les troubles au Tibet, en juin 2008, il ne restait plus qu'une poignée de moines. En décembre 2008, il n'y en aurait qu'une centaine, les autres se trouveraient peut-être en prison à Nyintri dans le Kongpo (Est du Tibet) [7].

Rétablissement du monastère en Inde[modifier | modifier le code]

Le monastère de Séra a été rétabli en Inde, à Bylakuppe[8], près de Mysore.

Aucun des moines de l'université tantrique de Ngagpa Dratsang n'ayant survécu à l'invasion [9], seuls les collèges de Sera Mey et Sera Jey ont été refondés en Inde[10].

Diplômés du collège de Sera Jey connus en Occident :

Diplômés du collège de Sera Mey connus en Occident :

Le monastère n'a pas échappé à la controverse sur le culte de Dordjé Shougdèn : pour pouvoir assister aux prières communes et acheter des denrées dans le magasin du monastère, il faut désormais avoir renoncé au culte de la déité[11].

Références[modifier | modifier le code]

Livres de prière de la bibliothèque de Séra
  • (en) Keith Dowman, The Power-places of Central Tibet: The Pilgrim's Guide, Routledge & Kegan Paul, London and New York, 1988, (ISBN 0-7102-1370-0)
  1. (en) The Sera Monastery Project— Une histoire culturelle, multimédia et excellente du Monastère de Sera de la « Tibetan and Himalayan Digital Library ».
  2. (en) Heinrich Harrer, Seven Years in Tibet, translated from the German by Richard Graves; with an introduction by Peter Fleming; foreword by the Dalai Lama, E. P. Dutton, 1954, (ISBN 0874778883) ; « It was not until the government bombarded the town and monastery of Sera with howitzers and knocked down a few houses that the resistance ceased.(...) The monastery was thoroughly ransacked by the soldiers, and for many weeks afterward gold cups, brocades, and other valuable objects kept turning up in the bazaars ».
  3. (en) Dagzha Comes to Power and the Razheng Event.
  4. (en) Qingying Chen, Tibetan History, Series of basic information of Tibet of China, 2003, 181 pages, pp. 172-173 (ISBN 7508502345), (ISBN 9787508502342) : « In the afternoon of that day, the rebels and most of the galoons of the Gaxag government convened the "People's Conference" in Norbu Lingka, deciding to split the central Government and openly launch the "Tibetan Independence Movement". [...] The conference also decided to dispatch armed monks to the Sera and Drepung monasteries. »
  5. (en) Buddhist Monk of Sera Monastery, Lhasa, Tibet
  6. Marc Moniez, Christian Deweirdt, Monique Masse, Le Tibet, Éditions de l'Adret, Paris, 1999, (ISBN 2-907629-46-8), p. 83.
  7. Récit du périple d'un Français à travers le Tibet, Nouvel Obs, Carlo Blanco, 13 décembre 2008.
  8. (en) Personal journal, Jonnalagadda Chandra Kiran— Photos prises par un touriste du monastère et le village de Bylakuppe.
  9. (en) Wildlife, Tamed Mind, interview with David Patt, Glow Magazine, printemps 1996. On y parle, entre autres, de la reconstruction de Séra, et du sort de Ngagpa Dratsang.
  10. (en) Sera Mey Monastery (Asian Classics Institute) — Information sur le nouveau monastère de Bylakuppe.
  11. (en) Outcast Society Emerging among Tibetans : « Without the identity card for example, it is now impossible in Sera monastery to attend common prayers or to buy goods in the monastery shop. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]