Marguerite Durand (féministe)

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Marguerite Durand

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Marguerite Durand en 1910.

Nom de naissance Marguerite Durand
Naissance
France
Décès (à 72 ans)
France
Nationalité Drapeau de la France France
Profession journaliste et féministe

Marguerite Durand (Marguerite Charlotte Durand), née à Paris 8e le [1] et morte le , est une journaliste et féministe française, fondatrice du journal La Fronde.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille naturelle d'Anna-Caroline Durand, Marguerite Durand est élevée au Couvent des Dames Trinitaires, rue Henner, dans le 9e arrondissement de Paris. En 1879, âgée de 15 ans, elle entre au Conservatoire, où elle obtient un premier prix de comédie en 1880. Elle entre en 1881 à la Comédie-Française où elle se spécialise dans des rôles d’ingénue. En 1888, elle quitte la scène et épouse Georges Laguerre, avocat et député boulangiste. Grâce à lui, elle fréquente les milieux politiques et journalistiques de l’époque et s’initie au journalisme en publiant ses premiers articles dans La Presse, journal que dirigeait Laguerre.

En 1891, elle se sépare de Georges Laguerre, dont elle divorcera en 1895, et entre au Figaro où elle crée la rubrique « Courrier ».

En 1896, le journal l’envoie au Congrès féministe international qui se tient à l’hôtel des Sociétés savantes. Elle refuse d'écrire l'article demandé sur le congrès, comme elle le raconte à Thilda Harlor en 1935 : « Le Figaro en 1896 m'avait chargée d'écrire un article sur le congrès féministe que des obstructions malveillantes, des quolibets et des chahuts d'étudiants signalaient bruyamment à l'attention publique. Je me rendis donc aux Société savantes où se tenait le congrès et je fus frappée par la logique du discours, le bien-fondé des revendications et la maîtrise, qui savait dominer l'orage et diriger les débats, de la présidente Maria Pognon. Je refusai d'écrire l'article de critique pour Le Figaro[2]. Mais l'idée m'était venue d'offrir aux femmes une arme de combat, un journal qui devait prouver leurs capacités en traitant non seulement de ce qui les intéressait directement, mais des questions les plus générales et leur offrir la profession de journaliste actif. »[3] Ce congrès va bouleverser sa vie car elle décide dorénavant de se consacrer à la défense des droits des femmes.

L’année suivante, elle fonde La Fronde, situé 14 rue Saint-Georges ; le premier numéro paraît le 9 décembre 1897. De la direction à la rédaction en passant par la typographie, c’est un journal exclusivement élaboré par des femmes. Les articles parlent non seulement des femmes mais aussi de tout sujet lié à l’actualité : politique, littérature, sport, finance, etc. Pour couvrir certains événements, les journalistes doivent parfois d’ailleurs obtenir des autorisations spéciales ; en effet, certains lieux tels que L’Assemblée ou la Bourse de Paris sont à cette époque interdits aux femmes.

Ce journal, surnommé « Le Temps en jupon » et qui, selon les mots de Durand, était « comme les autres journaux... pas plus amusant », favorisait les méthodes du reportage (observation et témoignage directs de l’événement). Ce fut un quotidien jusqu’en 1903, puis un mensuel jusqu’en 1905. De nombreuses plumes y ont collaboré telles que Séverine, Marcelle Tinayre, Lucie Delarue-Mardrus et Clémence Royer. En 1914, le journal reparait pour quelques numéros, entre le 17 août et le 3 septembre, puis sous une nouvelle forme, entre 1926 et 1928.

Outre La Fronde, Marguerite Durand a fondé deux autres journaux, L’Action en 1903 (dont La Fronde a été le supplément mensuel d'octobre 1903 à mars 1905) et Les Nouvelles en 1909. En 1907, elle organise un congrès du travail féminin et crée un Office du travail féminin. En 1910, elle lance l'idée d'organiser des candidatures féminines aux élections législatives et se présente dans le 9e arrondissement mais sa candidature est rejetée par le préfet de la Seine. Elle tente de nouveau une entrée en politique en se présentant aux élections municipales de 1927 avec le parti républicain-socialiste.

En 1931, elle lègue toute la documentation qu’elle possédait sur l’histoire des femmes à la Ville de Paris, créant ainsi le premier « Office de documentation féministe » français, qu'elle dirige bénévolement jusqu’à sa mort en 1936. Située dans un premier temps dans la mairie du 5e arrondissement, la bibliothèque Marguerite Durand est depuis 1989 située dans le 13e arrondissement.

Marguerite Durand a aussi cofondé le cimetière animalier d’Asnières en 1899 avec Georges Harmois.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annie Dizier-Metz, La bibliothèque Marguerite Durand : histoire d'une femme, mémoire des femmes, Agence culturelle de Paris, 1992
  • Jean Rabaut, Marguerite Durand (1864-1936), La Fronde féministe ou Le Temps en jupons , L'Harmattan, 1996
  • Elisabeth Coquart, La frondeuse : Marguerite Durand, patronne de presse et féministe, Payot, 2010

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l’état civil de Paris en ligne, 8e arrondissement, acte de naissance n° 110, année 1864.
  2. les articles furent écrits par André Maurel disponible sur Gallica
  3. Jean Rabaut, Marguerite Durand (1864-1936): La Fronde féministe ou Le Temps en jupons, L'Harmattan, 1996, p. 135

Liens externes[modifier | modifier le code]