Société théosophique

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13° 00′ 37″ N 80° 16′ 13″ E / 13.01016, 80.27028

Emblème de la Société théosophique.

La Société théosophique est une association internationale prônant la renaissance du principe théosophique ancien selon lequel toutes les religions et philosophies possèdent un aspect d'une vérité plus universelle. Sa devise est : « Il n'y pas de religion supérieure à la vérité »[1].

Son enseignement repose sur un syncrétisme liant le bouddhisme, l'hindouisme, l'ésotérisme et de manière générale toutes les autres traditions religieuses[2].

Elle fut fondée à New York le 17 novembre 1875, par Helena Petrovna Blavatsky, ainsi que par le Colonel Henry Steel Olcott, William Quan Judge. Ses quartiers généraux furent établis en Inde à Adyar (près de Chennai).

Elle a influencé un certains nombre de personnalités dont Gandhi[3] et fut l'objet de persécutions et de critiques au cours de son histoire.

Malgré un certain nombre de crises et de scissions (notamment après l'affaire Krishnamurti), l'organisation reste présente sur tous les continents et possède des sections nationales dans une cinquantaine de pays.

Principes[modifier | modifier le code]

Tels qu'exposés dans la brochure de la Société théosophique publiée en 1979[4].

Les trois buts[modifier | modifier le code]

La Société théosophique est une organisation internationale ayant pour but de :

  1. Former un noyau de la Fraternité Universelle de l'Humanité, sans distinction de race, credo, sexe, caste ou couleur ;
  2. Encourager l'étude comparée des Religions, des Philosophies et des Sciences ;
  3. Étudier les lois inexpliquées de la Nature et les pouvoirs latents dans l'Homme.

Nul à son entrée dans la Société, n'est questionné sur ses opinions religieuses. (...)

La Société n'a pas de dogme et ne connaît pas d'hérétiques. Personne n'en n'est exclu pour ne pas croire à tel ou tel enseignement théosophique. On peut même les repousser tous, sauf le principe de Fraternité humaine, et cependant revendiquer dans ses rangs une place et des droits. (...)

L'avenir de la Société est lié à l'obligation d'abriter en elle-même la plus large diversité d'opinion sur toutes les questions compatibles avec une divergence d'idées. Il n'est pas souhaitable qu'elle soit l'asile d'une seule école de pensée.

À chacun de ses membres incombe le devoir de préserver pour lui-même et pour les autres l'indépendance intellectuelle. La Société théosophique est la servante de la Sagesse Divine. Elle a pour devise : « Aucune religion n'est au-dessus de la Vérité ».

Les trois vérités[modifier | modifier le code]

  1. Le Principe qui donne la vie habite en nous et hors de nous ; il est immortel et éternellement bienfaisant. Il ne peut être vu ni entendu mais celui qui aspire à le percevoir, le perçoit.
  2. L'âme de l'homme est immortelle [cf. réincarnation], et son avenir est d'une gloire et d'une splendeur sans limites.
  3. Une loi Divine de justice absolue karma gouverne le monde, en sorte que chacun est en vérité son propre juge. (...)

Nous devons distinguer entre Dieu considéré comme l'existence infinie, l'Absolu Brahman, le Tout, et la manifestation de cette existence unique, c'est-à-dire le Dieu révélé, le Logos, le Verbe qui développe et dirige l'univers.

À chacune de ces grandes vérités se rattachent d'autres, secondaires et complémentaires.

Histoire[modifier | modifier le code]

Helena Blavatsky (au centre, debout), Henry Steel Olcott (au centre, assis) et Damodar Mavalankar (3e de gauche) à un congrès de la Société de théosophie à Bombay (Mumbai) en 1881.

Elle fut fondée à New York le 17 novembre 1875, par Helena Petrovna Blavatsky, ainsi que par le Colonel Henry Steel Olcott, William Quan Judge, Charles Sotheran, le Dr Seth Pancoast, George H. Felt et quelques autres.

La doctrine théosophique repose à ses débuts sur l'enseignement allégué de deux mahatmas (maîtres de sagesse) indiens connus sous les noms de Moryah et Koot Hoomi (K.H.), avec qui Helena Blavatsky affirmait être en contact[5].Après des études personnelles poussées et différents voyages, Mme Blavatsky publie La Doctrine secrète en 1888, ouvrage volumineux qui sera la base de son enseignement ésotérique.

Ses quartiers généraux furent établis en Inde, d'abord à Varanasi puis à Adyar (près de Chennai).

Elle compte alors parmi ses plus éminents membres Charles LeadbeaterAnnie Besant, Francesca Arundale et Rudolf Steiner.

Annie Besant succéda au Colonel Olcott à la tête de la Société théosophique de 1907 à 1933, et donna au mouvement une impulsion mondiale.

Curuppumullage Jinarajadasa (1875-1953), franc-maçon d'obédience du Droit Humain et théosophe fut président de la Société théosophique à Adyar de 1946 à 1953. En 1949, il fonda à Adyar l'École de Sagesse (School of Wisdom).

Nilakanta Sri Ram fut le cinquième président de 1953 à sa mort en 1973.

Malgré un certain nombre de crises et de scissions, notamment après l'affaire Krishnamurti, l'organisation reste présente sur tous les continents et possède des sections nationales dans une cinquantaine de pays.

Elle était présidée par Radha Burnier (en) jusqu’à la mort de cette dernière en 2013. Tim Boyd lui succéda en 2014.

Jiddu Krishnamurti[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jiddu Krishnamurti.

En 1908, Annie Besant et C. W. Leadbeater découvrent le jeune Jiddu Krishnamurti en qui ils voient le futur « instructeur du monde ». La Société théosophique mène alors une campagne intensive destinée à le promouvoir mais Krishnamurti gagne en indépendance et se détache progressivement de l'influence de la Société.

Quelques années plus tard, cette annonce et les événements qui suivront provoqueront des scissions : notamment Rudolf Steiner qui fondera à Berlin en 1913 la Société anthroposophique, et Mario Roso de Luna qui fondera le mouvement Schola Philosophicae Initiationis à Madrid en 1928.

En août 1929, Krishnamurti décide de dissoudre l'organisation mondiale établie en 1913 pour le soutenir et qui avait été appelée « l'Ordre de l'Étoile du Matin ». Selon Mary Lutyens, le dernier lien avec la société théosophique fut rompu avec la perte d'Annie Besant, sa mère adoptive, en 1933. Krishnamurti passe le reste de sa vie à faire des conférences où il exposait sa vision personnelle de la spiritualité et de l'amélioration de soi. La pensée de Krishnamurti peut se résumer dans son texte de 1980 « Le cœur des enseignements ». Il se fonde sur sa citation de 1929, selon laquelle « La Vérité est un pays sans chemins ». L'acquisition de cette « vérité » (qu'il appelait aussi « l'art de voir ») ne peut, selon lui, se faire au travers d'aucune organisation, d'aucun crédo, d'aucun dogme, ni de prêtre ou de rituel, ni à travers aucune philosophie ou une quelconque technique psychologique. Il se disait aussi libre de toute nationalité (comme de toute culture ou religion) parce que selon lui, l'attachement à la nationalité, à une culture ou à une religion provoque la séparation qui est à son tour à l'origine des conflits.

Les persécutions[modifier | modifier le code]

Les mouvements théosophiques et anthroposophiques se voient dès 1935 persécutés à l'égal de la franc-maçonnerie par les tenants du pouvoir nazi. Dès le début de la Seconde Guerre mondiale des lois anti-sectes qui entraîneront des déportations et des massacres sont promulguées.

En France, le siège de la Société de théosophie, 4, square Rapp à Paris (7e) se voit réquisitionné et devient un service anti-maçonnique et anti-sectes de la Préfecture de police dirigé par le Commissaire Spécial Georges Moerschel (le 22 mai 1947 aura lieu le procès de Georges Moerschel, il sera condamné aux travaux forcés à perpétuité). Les archives retrouvées au 4, square Rapp révèlent en chiffres globaux relatés ci-dessus, que 60 000 personnes ont été fichées, 6 000 personnes de France ont été inquiétées pour appartenance à une loge ou à une secte, 549 ont été fusillées, 4 décapitées à la hache et 989 ont été déportées dans les camps de la mort.

En Hollande, à Ommen, un camp de vacances fondé par les théosophes et Jiddu Krishnamurti est réquisitionné pour servir de camp de concentration. La transformation du camp d'Ommen en camp de concentration débute le 13 juin 1941. Les premiers prisonniers arrivèrent dès le 19 juin 1942.

En Espagne durant la dictature franquiste, le théosophe Eduardo Alfonso fut jugé conformément à la « Loi pour la répression de la franc-maçonnerie et le communisme » et condamné à plusieurs années de captivité passées dans la prison de Burgos de 1942 à 1948. Après avoir accompli sa condamnation, Eduardo Alfonso a été exilé en Amérique latine jusqu'à 1966, date à laquelle il est revenu dans son pays.

Fondements théoriques[modifier | modifier le code]

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Bien que la construction métaphysique de la théosophie moderne soit constituée d'un assemblage relativement disparate d'éléments d'origines diverses (la démarche est, en effet, syncrétique), on peut identifier quelques grands axes de développement qui constituent des lignes de repère récurrentes dans la doctrine.

La Conscience est Une et Universelle[modifier | modifier le code]

Selon ce postulat, la Nature n'opère ni par la chance, ni par le hasard. Chaque événement, passé ou présent, est la cause de lois qui sont une partie du « Principe Universel ». Les théosophes soutiennent que toute chose, vivante ou pas, est « imprégnée » par la Conscience. Dans les œuvres de la théosophie ce principe a été appelé de façon variée Dieu (non personnel), la Loi, le Grand Architecte, l'Évolution et le Logos.

TOUT dans l'univers est énergie et « conscience » se pose comme l'aphorisme théosophique de base.

La Réincarnation est universelle[modifier | modifier le code]

À l'image de l'hindouisme dont s'inspirent la plupart des pensées théosophiques, la théosophie exprime l'idée que les êtres se réincarnent à travers de nombreuses vies, sous différentes formes. Dans ce sens, tous les êtres auraient atteint l'état « humain » au travers d'une myriade de réincarnations, passant par les règnes minéral, végétal puis animal, depuis l'apparition de la vie sur la Terre. Cependant, la théosophie diffère dans sa conception de la réincarnation : elle réfute la croyance en une possibilité de régression. Ce qui signifie que, dans son corpus, les humains ne peuvent plus se réincarner en animaux ou en plantes. Par ailleurs, les hommes sont uniquement considérés comme une étape de l'évolution de la vie sur la Terre et non comme l'achèvement de l'évolution, car celle-ci continue au travers de règnes supérieurs, sous la forme d'autres entités telles que les Dhyani Chohan, qui correspondent à des entités spirituelles libérées des contingences matérielles.

L'individualité immortelle de l'Homme[modifier | modifier le code]

Les théosophes croient que tous les êtres humains renferment un principe immortel : la Monade, le Soi, leur individualité. Mais ils pensent que dans leurs personnalités successives, c'est-à-dire leurs incarnations, les humains sont la plupart du temps inconscients du lien existant avec leur nature divine. Ils meurent, à moins de réaliser absolument l'union de leurs deux principes, c'est-à-dire de leur individualité transpersonnelle et de leur personnalité d'incarnation.

Karma[modifier | modifier le code]

Similaire à la pensée hindoue sur l'idée du Karma, la conception spécifique des théosophes consiste à prôner, pour les actions humaines, que les actes mauvais doivent être remplacés par des actes de bonté et que ces actes de bonté doivent être reliés au plan du Principe divin. Plus généralement, la théosophie part du principe que le Bien et le Mal résultent de la différenciation de l'Esprit (divin) et de la matière dans un cycle d'évolution. Il existerait dans un premier temps une involution naturelle de l'Esprit dans la matière qui serait suivie par une évolution de la matière retournant à l'Esprit.

Évolution[modifier | modifier le code]

Le but de l'univers, manifestation du « Principe universel », serait que l'Esprit (divin) se manifeste à lui-même par sept niveaux de différenciation de matière de plus en plus opaques. Ceci afin de réaliser l'apprentissage du « soi-conscience », c'est-à-dire de se différencier suffisamment pour se comprendre lui-même, au travers d'un retour à lui-même dans le cycle d'évolution. L'Homme, comme étape du cheminement de la Conscience universelle dans la matière, participerait à cette intention de l'Esprit (divin), au travers de ses actions, de ses incarnations successives et de sa confrontation à la contingence matérielle. La religion, la philosophie, la science, les arts, le commerce, l'humanisme ou la philanthropie, entre autres domaines, seraient soumis aux lois de l'évolution initiées par l'Esprit, en connaissant leurs propres évolutions, mais représenteraient autant de domaines donnant l'opportunité aux Hommes d'atteindre une prise de conscience de leur lien intrinsèque avec le divin, et de participer pleinement à l'intention de l'Esprit (divin).

La Fraternité universelle[modifier | modifier le code]

Si toute chose de l'Univers est reliée à la source divine unique (le Principe universel), chacune possède une forme et une nature qui est l'expression de son niveau de conscience actuel. Néanmoins, malgré la diversité des formes, l'idée est soutenue que, même si seuls les êtres humains possèdent une âme individualisée, toutes les choses vivantes sont unies dans un principe de fraternité par le lien commun au Principe universel.

Les Maîtres de Sagesse[modifier | modifier le code]

Selon les écrits théosophiques, il existerait des êtres humains évolués, parvenus à la connaissance du « Principe Universel » et à s'affranchir de la condition de l'Homme ordinaire. Ces individus, appelés Maîtres de Sagesse et supposés résider pour la plupart en Inde, sont considérés comme détenteurs d'une connaissance profonde et secrète de la Tradition primordiale, supposée être la base commune de toutes les religions. Les théosophes affirment que ces êtres sont l'extrémité d'une chaîne continue de tous les individus entre eux, qui permettraient à la connaissance ésotérique d'être dispensée aux disciples prêts à la recevoir ; c'est-à-dire à tout individu s'engageant dans une démarche spiritualiste. De ces maîtres émanerait notamment l'ouvrage de référence de la doctrine de la théosophie moderne : La Doctrine Secrète, ouvrage en 6 tomes, rédigé par Héléna Pétrovna Blavatsky.

Le Septénaire[modifier | modifier le code]

Influences, personnalités et critiques[modifier | modifier le code]

Les personnalités influencées[modifier | modifier le code]

Le jeune Karol Józef Wojtyła, futur pape Jean-Paul II fut influencé par la théosophie. À Wadowice, il rencontra Mieczyslav Kotlarczyk, metteur en scène et théoricien de théâtre, et fut initié à une dramaturgie ésotérique. Ko­tlarczyk était féru d’occultisme. Sur le rapport entre les paroles et les choses, Kotlarczyk pratiquait une synthèse très personnelle entre la tradition théoso­phique d'Helena Petrovna Blavatsky, de la phonétique et de la lin­guistique d'Otto Jespersen et de la tradition hébraïque d'Ismar Elbo­gen.

Le Mahatma Mohandas Karamchand Gandhi confiait à son biographe Louis Fischer son admiration pour la théosophie : "La théosophie est la fraternité des hommes [...]. C'est l'hindouisme dans ce qu'il a de meilleur". Il déclara à Fischer, que sa rencontre avec les théosophes éveilla en lui sa mission de libérateur de l’Inde.

Albert Einstein gardait souvent les livres d'Helena Blavastky sur son bureau et avait lu La Doctrine Secrète. Il semble avoir découvert cette œuvre par ses échanges avec l'astronome et physicien théosophe Gustav Strömberg. Parmi les lecteurs assidus de La Doctrine Secrète ont également figuré l'astrophysicien Edwin Hubble ainsi que Robert Millikan (Prix Nobel de physique)[6].

Les artistes qui ont été inspirés par les doctrines de la théosophie sont nombreux. À titre d'exemple, on peut citer au niveau musical les compositeurs Ruth Crawford-Seeger, Dane Rudhyar, Cyril Scott ou encore, plus célèbre, Alexandre Scriabine. Mais c'est particulièrement dans le domaine des arts picturaux et de la littérature que les théories théosophiques connurent beaucoup de succès, comme auprès de James Ensor, Wassily Kandinsky, Piet Mondrian, Adolf Robbi, Jackson Pollock, Franz Kafka ou encore William Butler Yeats.

Par ailleurs, la théosophie aurait touché dans sa jeunesse londonienne l'exploratrice et tibétologue Alexandra David-Néel et l'aurait incitée à explorer l'Asie. Elle aurait même vécu un certain temps dans une maison au siège international de la Société théosophique à Adyar en Inde, dont elle décrit les adeptes avec une certaine ironie dans un livre posthume, Le sortilège du mystère[7].

Les races-racines[modifier | modifier le code]

Certains auteurs comme Nicholas Goodrick-Clarke pensent qu'Adolf Hitler aurait été inspiré par le livre Doctrine Secrète de Madame Blavatsky[8], et qu'il en aurait tiré une interprétation erronée du concept de race Aryenne et de sa suprématie [1], notamment à partir du chapitre IV du volume 3, Création des premières races[9] où elle décrit les différentes races-racines qui correspondraient selon elle à différents continents hypothétiquement disparus (Hyperborée, Lémurie, Atlantide). Or les « vagues de vie » auxquelles elle fait référence dans la Doctrine Secrète s'étendent sur des dizaines de millions d'années[10], et elle condamna fermement, au nom de la théosophie, toute forme de racisme quel qu'il soit[11]. On peut aussi citer les écrits de deux émules[réf. nécessaire] de Blavatsky : Guido von List (1848-1919) et Jörg Lanz von Liebenfels, occultistes autrichiens.

Le point de vue de René Guénon[modifier | modifier le code]

Parmi les opposants à la théosophie moderne, René Guénon est un des plus virulents. Dans la seconde édition de 1928 du livre Le Théosophisme, histoire d'une pseudo-religion (1921), il déclare en note additionnelle : « ...voyant dans le théosophisme une erreur des plus dangereuses pour la mentalité contemporaine, nous avons estimé qu'il convenait de dénoncer cette erreur au moment où, par suite du déséquilibre causé par la guerre, elle prenait une extension qu'elle n'avait jamais eue jusque là... »[12]. Il y établit également une distinction entre « théosophie » et « théosophisme ». Dans l'avant-propos, il écrit : « Nous devons avant tout justifier le mot usité qui sert de titre à cette étude : pourquoi "théosophisme" et non "théosophie" ? C'est que, pour nous, ces deux mots désignent deux choses très différentes, et qu'il importe de dissiper, même au prix d'un néologisme ou de ce qui peut paraître tel, la confusion que doit naturellement produire la similitude d'appellation. (...) En effet, bien antérieurement à la création de la Société dite théosophique, le vocable de théosophie servait de dénomination commune à des doctrines assez diverses, mais appartenant cependant toutes à un même type, ou du moins procédant d'un même ensemble de tendances ; il convient donc de lui garder la signification qu'il a historiquement. (...) Telles sont par exemple, des doctrines comme celles de Jacob Bœhme, de Gichtel, de Wiliam Law, de Jane Lead, de Swedenborg, de Louis-Claude de Saint-Martin, d'Eckartsausen ; nous ne prétendons pas en donner une liste complète, nous nous bornons à citer quelques noms parmi les plus connus. (...) Or, l'organisation qui s'intitule actuellement "Société théosophique", dont nous entendons nous occuper ici exclusivement, ne relève d'aucune école qui se rattache, même indirectement, à quelque doctrine de ce genre ; sa fondatrice, Mme Blavatsky, a pu avoir une connaissance plus ou moins complète des écrits de certains théosophes, notamment de Jacob Bœhme, et y puiser des idées qu'elle incorpora à ses propres ouvrages avec une foule d'autres éléments des provenances les plus diverses, mais c'est tout ce qu'il est possible d'admettre à cet égard (...). »

Membres illustres[modifier | modifier le code]

Marthe North-Siegfried (1866-1939)

Parmi les membres illustres de la Société théosophique, on peut citer :

Section française[modifier | modifier le code]

Bâtiment de la section française de la Société théosophique, situé dans le 7e arrondissement de Paris.
Immeuble place Gutenberg à Strasbourg, siège de la Bibliothèque Pythagore et de la section de la Société théosophique
Diplôme fondateur de la branche "Pythagore" de Strasbourg le 26 janvier 1920
  • La section française a son quartier général au 4, square Rapp à Paris (7e) depuis 1920. Elle a fêté son centenaire en 1999.
  • Il existe une section autonome très ancienne de la Société théosophique à Strasbourg fondée dès 1920 par Caroline Marthe North-Siegfried (1866-1939) : l'Association Philosophique et Humanitaire de la Bibliothèque Pythagore, qui a son siège 2 rue des Hallebardes à Strasbourg.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site de la Société Théosophique en France
  2. "Une esquisse de la théosophie", C. W. Leadbeater, traduit de l'anglais par Guillaume de Fontenay, Publications théosophiques, 1903, p. 7, "Ce qu'est la théosophie" [lire en ligne]
  3. Gandhi, Autobiographie ou mes expériences de vérité (The Story of my Experiments with Truth) (1re éd. 1929), trad., PUF, 2003.
  4. Pierre A. Riffard, L'ésotérisme, Ed. Robert Laffont, 1990, p. 818-819
  5. (en) Janet Oppenheim, The other world : Spiritualism and psychical research in England, 1850-1914, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 1985, 503 p. (ISBN 0521265053), p. 173.
  6. Éléments biographique de Helena Blavatsky
  7. David-Néel (Alexandra), Le sortilège du mystère, Faits étranges et gens bizarres rencontrés au long de mes routes d'Orient et d'Occident, Pocket 2196, Paris 1983. (Recueil de notes publié à titre posthume) (ISBN 2266038265)
  8. Goodrick-Clarke (Nicholas), Les racines occultistes du nazisme, les aryosophistes en Autriche et en Allemagne 1890-1935, éditions Pardes, 1998. (ISBN 2867140692)
  9. Blavatsky (Helena Petrovna), La Doctrine Secrète, volume 3, éditions Adyar, 2000. (ISBN 2850002151)
  10. - en tous les cas, après vérification : le mot « racisme » n'est pas écrit une seule fois dans la totalité de la DS (Doctrine Secrète - "les 6 tomes").
  11. Blavatsky (Helena Petrovna), La clef de la théosophie, éditions Adyar, 2000. (ISBN 2850001449)
  12. Guénon (René), Le Théosophisme, histoire d'une pseudo-religion', éditions Traditionnelles (reproduction en fac-simile), Paris 1996. (ISBN 2713800609)
    Voir aussi l'édition de 1978, augmentée de textes et annotations (ASIN : B0014VGYI6).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages (sélection)[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

  • B. F. Campbell, Ancient Wisdom Revived, University of California Press, 1980
  • René Guénon, Le théosophisme, histoire d'une pseudo-religion, 1921
  • Jacques Lantier, La théosophie, Culture, Arts, Loisirs, 1970
  • Peter Washingtton, La saga théosophique. De Blavatsky à Krishnamurti (1993), Chambéry, Éditions Exergue, 1999
  • Pierre Mollier, Adyar, Occulte « Gate of India », Politica Hermetica, no 7, 1993, p. 65-75 (1993)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]