Société théosophique

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13° 00′ 37″ N 80° 16′ 13″ E / 13.01016, 80.27028 ()

Emblème de la Société théosophique.
Helena Blavatsky (au centre, debout), Henry Steel Olcott (au centre, assis) et Damodar Mavalankar (3e de gauche) à un congrès de la Société de théosophie à Bombay (Mumbai) en 1881.

La Société théosophique est une association d'inspiration néospiritualiste ne rappelant la théosophie que par certains points et n'ayant avec elle aucun lien de filiation [1]. Elle se destine à enseigner un syncrétisme liant le bouddhisme, l'occultisme, l'ésotérisme et des éléments empruntés à divers autres traditions religieuses.

Fondée à New York le 17 novembre 1875, par Helena Petrovna Blavatsky, ainsi que par le Colonel Henry Steel Olcott, William Quan Judge, Charles Sotheran, le Dr Seth Pancoast, George H. Felt et quelques autres, ses quartiers généraux furent établis en Inde, d'abord à Varanasi puis à Adyar (près de Chennai). Elle compte alors parmi ses plus éminents membres Charles Leadbeater, Francesca Arundale, Annie Besant et Rudolf Steiner.

Annie Besant succéda au Colonel Olcott à la tête de la Société théosophique de 1907 à 1933, et donna au mouvement une impulsion mondiale.

Curuppumullage Jinarajadasa (1875-1953), franc-maçon d'obédience du Droit Humain et théosophe fut président de la Société théosophique à Adyar de 1945 à 1953. En 1949, il fonda à Adyar l'École de Sagesse (School of Wisdom). Il a également laissé de nombreux ouvrages.

Malgré un certain nombre de crises et de scissions, l'organisation reste présente sur tous les continents et possède des sections nationales dans une cinquantaine de pays. Elle était présidée par Radha Burnier jusqu’à la mort de cette dernière en 2013.

Histoire de la Société théosophique[modifier | modifier le code]

La Société théosophique se présente ainsi :

« La Société théosophique est une organisation internationale ayant pour but de :

  1. Former un noyau de la Fraternité Universelle de l'Humanité, sans distinction de race, credo, sexe, caste ou couleur ;
  2. Encourager l'étude comparée des religions, des philosophies et des sciences ;
  3. Étudier les lois inexpliquées de la nature et les pouvoirs latents dans l'homme.

Son siège mondial est à Adyar, Madras, Inde. »

La doctrine théosophique repose à ses débuts sur l'enseignement allégué de deux mahatmas indiens connus sous les noms de Moryah et Koot Hoomi (K.H.), avec qui Helena Blavatsky affirmait être en contact[2]. Après des études personnelles poussées et différents voyages, Mme Blavatsky publie La Doctrine secrète, ouvrage volumineux qui sera la base de son enseignement ésotérique.

Jiddu Krishnamurti[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jiddu Krishnamurti.

En 1908, Annie Besant et C. W. Leadbeater découvrent le jeune Jiddu Krishnamurti en qui ils voient le futur "instructeur du monde". La Société théosophique mène alors une campagne intensive destinée à promouvoir le futur "instructeur du monde" mais Krishnamurti gagne en indépendance et se détache progressivement de l'influence de la Société. En août 1929, il décida de dissoudre l'organisation mondiale établie en 1913 pour le soutenir et qui avait été appelée « l'Ordre de l'Étoile du Matin ». Selon Mary Lutyens, le dernier lien avec la société théosophique fut rompu avec la perte d'Annie Besant, sa mère adoptive, en 1933. Krishnamurti passa le reste de sa vie à faire des conférences où il exposait sa vision personnelle de la spiritualité et de l'amélioration de soi. La pensée de Krishnamurti peut se résumer dans son texte de 1980 « Le cœur des enseignements ». Il se fonde sur sa citation de 1929, selon laquelle « La Vérité est un pays sans chemins ». L'acquisition de cette « vérité » (qu'il appelait aussi « l'art de voir ») ne peut, selon lui, se faire au travers d'aucune organisation, d'aucun crédo, d'aucun dogme, ni de prêtre ou de rituel, ni à travers aucune philosophie ou une quelconque technique psychologique. Il se disait aussi libre de toute nationalité (comme de toute culture ou religion) parce que selon lui, l'attachement à la nationalité, à une culture ou à une religion provoque la séparation qui est à son tour à l'origine des conflits.

Les persécutions[modifier | modifier le code]

Les mouvements théosophiques et anthroposophiques se voient dès 1935 persécutés à l'égal de la franc-maçonnerie par les tenants du pouvoir nazi. Dès le début de la Seconde Guerre mondiale des lois anti-sectes qui entraîneront des déportations et des massacres sont promulguées.

En France, le siège de la Société de théosophie, 4, square Rapp à Paris (7e) se voit réquisitionné et devient un service anti-maçonnique et anti-sectes de la Préfecture de police dirigé par le Commissaire Spécial Georges Moerschel (le 22 mai 1947 aura lieu le procès de Georges Moerschel, il sera condamné aux travaux forcés à perpétuité). Les archives retrouvées au 4, square Rapp révèlent en chiffres globaux relatés ci-dessus, que 60 000 personnes ont été fichées, 6 000 personnes de France ont été inquiétées pour appartenance à une loge ou à une secte, 549 ont été fusillées, 4 décapitées à la hache et 989 ont été déportées dans les camps de la mort.

En Hollande, à Ommen, un camp de vacances fondé par les théosophes et Jiddu Krishnamurti est réquisitionné pour servir de camp de concentration. Dès 1940, Werner Schwier, directeur du « Referat Internationale Organisationen », est chargé de liquider les avoirs des organisations considérées comme hostiles au Reich. Il voit la possibilité d'utiliser le terrain d'Ommen pour y construire un camp de concentration. La transformation du camp d'Ommen en camp de cencentration débute le 13 juin 1941, juste après la nomination par Schwier de Karel Lodewijk Diepgrond au poste de « Lägerfuhrer ». Ce dernier avait été interprète pour les services du SD (services de sécurité nazis) à Amsterdam. Diepgrond accepte sa nomination. Sa première tâche est d'engager 48 gardes pour le camp. Selon son propre journal, qu'il tient très soigneusement à jour, il arrive avec les gardes à Ommen le 13 juin 1941. Diepgrond et Schwier donnent l'assurance aux gardes que le camp restera strictement sous contrôle hollandais. Cette promesse est rapidement trahie. Schwier renomme immédiatement le camp « Arbeitslager Erika » - Camp de travail Erika. La langue allemande est imposée tant pour les rapports écrits que pour les ordres. Les gardes sont nommés « Kontroll Kommando » ou « KK », Commando de Contrôle. Les grades allemands sont introduits et Diepgrond nommé « Lagerführer », commandant du camp. Les premiers prisonniers arrivèrent dès le 19 juin 1942, encore que ce camp de concentration ne fut officiellement ouvert que le 22 juin.

En Espagne durant la dictature franquiste, le théosophe Eduardo Alfonso fut jugé conformément à la « Loi pour la répression de la franc-maçonnerie et le communisme » et condamné à plusieurs années de captivité passées dans la prison de Burgos de 1942 à 1948. Après avoir accompli sa condamnation, Eduardo Alfonso a été exilé en Amérique latine jusqu'à 1966, date à laquelle il est revenu dans son pays.

Membres illustres[modifier | modifier le code]

Marthe North-Siegfried (1866-1939)

Parmi les membres illustres de la Société théosophique, on peut citer :

L'influence de la théosophie[modifier | modifier le code]

  • Le jeune Karol Józef Wojtyła, futur pape Jean-Paul II fut influencé par la théosophie. À Wadowice, il rencontra Mieczyslav Kotlarczyk, metteur en scène et théoricien de théâtre, et fut initié à une dramaturgie ésotérique. Ko­tlarczyk était féru d’occultisme. Sur le rapport entre les paroles et les choses, Kotlarczyk pratiquait une synthèse très personnelle entre la tradition théoso­phique d'Helena Petrovna Blavatsky, de la phonétique et de la lin­guistique d'Otto Jespersen et de la tradition hébraïque d'Ismar Elbo­gen.
  • le Mahatma Mohandas Karamchand Gandhi confiait à son biographe Louis Fischer son admiration pour la théosophie : "La théosophie est la fraternité des hommes [...]. C'est l'hindouisme dans ce qu'il a de meilleur". Il déclara à Fischer, que sa rencontre avec les théosophes éveilla en lui sa mission de libérateur de l’Inde.
  • Albert Einstein gardait souvent les livres d'Helena Blavastky sur son bureau et avait lu La Doctrine Secrète. Il semble avoir découvert cette œuvre par ses échanges avec l'astronome et physicien théosophe Gustav Strömberg. Notons que, parmi les lecteurs assidus de La Doctrine Secrète ont également figuré l'astrophysicien Edwin Hubble ainsi que Robert Millikan (Prix Nobel de physique).

Section française[modifier | modifier le code]

Bâtiment de la section française de la Société théosophique, situé dans le 7e arrondissement de Paris.
Immeuble place Gutenberg à Strasbourg, siège de la Bibliothèque Pythagore et de la section de la Société théosophique
Diplôme fondateur de la branche "Pythagore" de Strasbourg le 26 janvier 1920
  • La section française a son quartier général au 4, square Rapp à Paris (7e) depuis 1920. Elle a fêté son centenaire en 1999.
  • Il existe une section autonome très ancienne de la Société théosophique à Strasbourg fondée dès 1920 par Caroline Marthe North-Siegfried (1866-1939) : l'Association Philosophique et Humanitaire de la Bibliothèque Pythagore, qui a son siège 2 rue des Hallebardes à Strasbourg.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Textes[modifier | modifier le code]

(par ordre chronologique)

  • Helena Blavatsky, Isis Unveiled, 1877, 2 vol. ; trad. : Isis dévoilée, Adyar, 3 vol.
  • Helena Blavatsky, The Secret Doctrine, 1888, vol. I et II en 4 t. (+ vol. III en 2 t. arrangés par Annie Besant en 1897) ; trad. : La Doctrine Secrète, Adyar, 4 vol.
  • Annie Besant, An Autobiography, 1908
  • Annie Besant, Why I became a Theosophist, 1925 ; trad. : Pourquoi je suis devenue théosophe, Adyar
  • Annie Besant, The Theosophical Society and the Occult Hierarchy, 1925
  • C. W. Leadbeater, The Lives of Alcyone, 1924, 2 vol.
  • C. W. Leadbeater, How Theosophy came to me, 1930
  • C. W. Leadbeater, Une esquisse de la théosophie
  • Colonel Henry Steel Olcott, Old Diary Leaves, 1972-1975, 6 t. ; trad. : Histoire authentique de la Société théosophique, Publications théosophiques, 1909, désormais disponible en français sous le titre À la découverte de l'occulte aux éditions Adyar, 1994

Études[modifier | modifier le code]

(par ordre alphabétique)

  • B. F. Campbell, Ancient Wisdom Revived, University of California Press, 1980
  • René Guénon, Le théosophisme, histoire d'une pseudo-religion, 1921
  • Jacques Lantier, La théosophie, Culture, Arts, Loisirs, 1970
  • Peter Washingtton, La saga théosophique. De Blavatsky à Krishnamurti (1993), Chambéry, Éditions Exergue, 1999
  • Pierre Mollier, Adyar, Occulte « Gate of India », Politica Hermetica, n°7, 1993, pp. 65-75 (1993)


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Antoine FaivreEncyclopaedia Universalis, 2013, Article Théosophie. « on ne saurait confondre l'un et l'autre [la Théosophie et la doctrine de la Société Théosophique] « que par mauvaise foi ou ignorance»
  2. (en) Janet Oppenheim, The other world : Spiritualism and psychical research in England, 1850-1914, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 1985, 503 p. (ISBN 0521265053), p. 173.