Miguel Abensour

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Miguel Abensour
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Naissance
Décès
(à 78 ans)
Paris
Nationalité
Principaux intérêts
Œuvres principales
La Démocratie contre l'État. Marx et le moment machiavélien (1997), L'Utopie de Thomas More à Walter Benjamin (2000), Hannah Arendt contre la philosophie politique ? (2006)
Influencé par
A influencé
Étienne Tassin, Sophie Wahnich, Anne Kupiec, Martin Breaugh, Gilles Labelle, Manuel Cervera-Marzal

Miguel Abensour, né à Paris le et mort le [1], est un philosophe libertaire[2] français.

Il a été professeur émérite de philosophie politique à l'université Paris VII-Denis-Diderot et ancien président du Collège international de philosophie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Lors d'un entretien en 2016 sur France Culture avec Laure Adler, dans l'émission Hors Champs[3], Miguel Abensour revint sur son enfance durant la Seconde Guerre mondiale. Enfant juif, il devait parfois vivre caché. « Lorsque les choses se compliquaient ou devenaient encore plus dangereuses que d'habitude, c'était affectivement comme ça que cela se passait [,nous nous cachions]. » De fait : « Cette enfance a jeté une certaine ombre sur ma vie certainement, une certaine inquiétude. » « Mon rapport au monde a du être troublé par cela. » M. Abensour relate brièvement la vie quotidienne dans le sud de la France[4] durant cette période : « dans ce village, où il y avait une atmosphère très rousseauiste encore, puisque c'était au début des années 1940. Je savais qu'il y avait des pôles dangereux, des gens à qui il ne fallait pas parler, et donc j'ai expérimenté en fond la division entre amis et ennemis, ce qui est quand même, pour un enfant, quelque chose d'assez troublant[1]. »

Après la Seconde Guerre mondiale, le père de M. Abensour travailla comme interprète au Procès de Nuremberg. Le philosophe raconte cet autre épisode troublant de son enfance : « Mon père était interprète à Nuremberg. Donc, dans son bureau, il y avait tout le procès de Nuremberg, dont je n'ai pas lu les volumes. Mais il y avait un volume de photos. Et comme tout enfant, je fouillais dans la bibliothèque de mon père… et j'ai découvert ce volume de photos… je m'en souviens encore. » « De même, en sortant un soir du Gaumont-Palace place Clichy avec mes parents, où j'ai vu arrivé des déportés. »

Miguel Abensour fut aussi marqué par la période de la Guerre d'Algérie, qui a été une période sombre. Et « notamment cette idée que la torture était pratiquée couramment, même par des gens qui avaient fait de la résistance. Donc ça a été extrêmement troublant pour moi[1]. » Vers 1957, lors d'un séjour en Algérie auprès de sa famille, il garde ce souvenir : « Je n'ai jamais vu un pays où les communautés se détestaient autant les unes les autres[3]. »

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Docteur en sciences politiques et Agrégé de sciences politiques, Miguel Abensour enseigna comme professeur de Science politique à Dijon[5] dans les années 1960[4], puis il passa quelque temps au CNRS. Dans les années 1970[6], lorsqu'un diplôme de troisième cycle en théorie politique fut créé, M. Abensour fut nommé à l'université de Reims comme professeur de Science politique ; là-bas, il créa le Centre de Philosophie Politique[7], où Claude Lefort et Pierre Clastres viendront y exposer leurs idées[8]. Par la suite, il rejoignit l'université Paris-VII-Denis-Diderot en 1990[6], dans laquelle il enseigna jusqu'au terme de sa carrière et dont il fut professeur émérite de philosophie politique. Au sein de cette université, il participa « à l'aventure du Centre de sociologie des pratiques et des représentations politiques et sa revue[8]. »

Dans les années 1980, M. Abensour participa au Collège international de philosophie. Il présida son assemblée collégiale de à , à la suite de Jacques Derrida et Jean-François Lyotard. Sa présidence fut « marquée par le colloque “Heidegger. Questions ouvertes” de Emmanuel Levinas accepta de prendre la parole pour évoquer son déchirement profond à l'égard du philosophe allemand[8]. » J. Derrida revint sur ce colloque lors d'une conversation sur l'histoire du Collège international de philosophie :

« L'exemple du colloque Heidegger — nous pourrions en prendre beaucoup d'autres si nous avions le temps — était particulièrement remarquable à ce titre car c'était en pleine époque de ''l'affaire Heidegger'' et je garde le souvenir d'interventions où il était, d'une part, fait preuve de compétence dans la lecture des textes de Heidegger, d'autre part, fait montre des diverses manières de ne pas être d'accord avec Heidegger, de poser des questions notamment politiques au texte et à la pensée de Heidegger sans céder aux procès médiatiques et aux méthodes expéditives qui dominaient la scène publique.[9]. »

Parcours intellectuel[modifier | modifier le code]

En parallèle de ces activités professorales et universitaires, Miguel Abensour participa à plusieurs revues des années 1970 en France. Dans un entretien avec Jean-Claude Poizat daté de 2007, Miguel Abensour, revenant sur son parcours, dit :

« Je suis plutôt un homme de revues, j’ai participé à Textures, à Libre, à Passé-Présent, à Tumultes ; la pratique de l’écriture a le mérite d’introduire de la distance entre les membres de la revue[10]. »

C'est au milieu des années 1970 que M. Abensour publia un article dans la revue Textures[11]. Cette revue fut créée et dirigée par Marc Richir, y participèrent entre autres : Jacques Dewitte, Robert Legros, Claude Lefort, Marcel Gauchet et Cornelius Castoriadis. En 1977, avec Pierre Clastres, Claude Lefort, Marcel Gauchet, Cornelius Castoriadis et Maurice Luciani, il co-fonda la revue Libre aux éditions Payot[12]. De nombreux auteurs collaborèrent à cette revue, par exemple : Krzysztof Pomian, Bronisław Baczko, Michel-Pierre Edmond, Gladys Swain, Simone Debout, Jacques Lizot, Marshall Sahlins, Pierre Manent et Bernard Manin. Ensuite, de 1982 à 1984, M. Abensour collabora à la revue créée et dirigée par Claude Lefort : Passé-Présent[13]. Si l'on retrouve plus ou moins les mêmes collaborateurs qu'à Textures et Libre (par exemple : Marc Richir, Bronislaw Baczko et Michel-Pierre Edmond), la revue accueillit un grand nombre de nouveaux contributeurs : Nicole Loraux, Pierre Pachet, Edgar Morin , François Furet, Luc Ferry ou encore Jacques Taminiaux[14].

Au milieu des années 1990, M. Abensour collabora à la revue Tumultes créée et dirigée par Sonia Dayan-Herzbrun, à laquelle collaborent Robert Legros, Étienne Tassin, Anne Kupiec, Géraldine Muhlmann, Éliane Escoubas. Aussi, M. Abensour collabora, au sein du conseil de rédaction, à la revue Épokhé créée et dirigée par Marc Richir[15], et à laquelle collaborent, là aussi, Robert Legros et Étienne Tassin. Enfin en 2017, juste avant sa disparition, il co-fonda avec Michèle Cohen-Halimi, Anne Kupiec, Géraldine Muhlmann, Katia Genel et Gilles Moutot la revue Prismes[16], à laquelle collaborent Daniel Blanchard, Sylwia D. Chrostowska, Antonin Wiser.

L'activité de M. Abensour au sein des ces revues fut intense, et les débats entre collaborateurs au sein des différentes revues furent, pour le moins, mouvementés[17]. Quant aux revues elles-mêmes, c'est-à-dire à leur contenu, elles jouèrent un rôle important dans le retour de la philosophie politique en France au tournant des années 1980. Comme le relève Franck Berthot :

« Revenue de l’oubli du politique la philosophie qui se fait jour dans les pages de ''Textures'' et ''Libre'' développe une double réflexion sur le totalitarisme et la démocratie. Elle est véritablement une théorie critique à l’égard des formes modernes de domination, le totalitarisme qui travaille à la destruction de tout espace politique n’est pas la seule, la démocratie connaît elle aussi des phénomènes de domination alors même qu’elle constitue un horizon d’émancipation indépassable[17]. »

Amitiés intellectuelles[modifier | modifier le code]

Miguel Abensour a côtoyé et parcouru du chemin avec Maximilien Rubel, duquel il publie Marx, critique du marxisme[18] dans sa collection « Critique de la politique ». Lors de la parution des Œuvres de Karl Marx en Pléiade, M. Abensour publia un article intitulé « Pour lire Marx[19] » dans lequel il défendit le travail éditorial mené par M. Rubel. Il partageait avec ce dernier « la thèse d’un Marx procédant à une critique unitaire de la société bourgeoise, orientée vers un projet d’émancipation radicale[4]. » Au lancement de la collection « Critique de la politique » chez Klincksieck, M. Abensour réédita Karl Marx, essai de biographie intellectuelle, un livre de Maximilien Rubel.

Aussi, la vie de M. Abensour est marquée par une profonde amitié, et un véritable compagnonnage intellectuel, avec Louis Janover[20].

Le , Miguel Abensour décède à Paris, il repose au Cimetière du Père-Lachaise[8].

Éditeur et passeur[modifier | modifier le code]

Faire vivre les textes[modifier | modifier le code]

M. Abensour fut un infatigable passeur de textes, « toute la vie intellectuelle de Miguel Abensour s’est entrelacée à celle d’incarner une pensée philosophique qui a croisé lectures, rédactions d’ouvrages, mais aussi travail de transmission, des auteurs de la Théorie critique, dont il a permis la réception en français[21] », à, par exemple, l'œuvre de Pierre Clastres.

M. Abensour assura la transmission d'un grand nombre de textes : plus d'une centaine de titres dans sa collection « Critique de la politique » (voir ci-après) ; il dirigea un Cahier de l'Herne consacré à Emmanuel Levinas, qui contient de nombreux inédits ; il organisa un colloque autour de l'œuvre d'Hannah Arendt au Collège international de philosophie ; il publia les œuvres complètes de Louis Antoine de Saint-Just ; il fut à l'origine de la traduction de La Formation de la classe ouvrière anglaise d'Edward Palmer Thompson[22] ; ou encore, il édita des textes d'Auguste Blanqui. (Voir la bibliographie en fin d'article.)

Aussi, il se chargea de faire vivre la « révolution copernicienne » que Pierre Clastres introduisit dans la pensée politique. En 1982, M. Abensour organise deux journées d'études intitulées « À partir de l'œuvre de P. Clastres : anthropologie et politique ». En 1987, dans un ouvrage publié au Seuil, il réunit : Yvonne Verdier, Luc de Heusch, Marc Richir, Michel Deguy, Alfred Adler , Gilbert Vaudey, Nicole Loraux, Charles Malamoud et Claude Lefort. En 2011, dans un Cahier Pierre Clastres, il convia : Christian Bertaux, Max Blechman, Sergio Cardoso, Michel Cartry, Marilena Chaui, Jacques Chevallier, Hélène Clastres, Guilhem Fabre, Christian Ferrié, Ximena Gonzalez Broquen, Olgaria Matos, Francisco Naishtat, Beatriz Perrone-Moises, Mathieu Potte-Bonneville, Marc Richir, Anne-Marie Roviello et Renato Sztutman ; une lettre d'André Du Bouchet et une lettre de Paul Auster sont jointes au Cahier ; y sont traduites la Préface de Bento Prado Junior au texte de P. Clastres « Archéologie de la violence », la Préface de Tânia Stoize Lima & Marcio Goldman à La Société contre l'État et la Préface de Paul Auster à la Chronique des Indiens Guayaki ; enfin, deux inédits de P. Clastres accompagne ce Cahier : « Les sauvages sont-ils heureux ? » et « Les derniers Indiens d'Amazonie ».

Pour mesurer la quantité de textes passés entres les mains de Miguel Abensour, textes qu'il fit circuler inlassablement, il faut consulter les interventions lors du colloque autour de son œuvre[23], ainsi que les témoignages réunis dans un ouvrage collectif lui rendant hommage : Critique de la politique. Autour de Miguel Abensour[24]. Il faut aussi parcourir La bibliothèque de Miguel Abensour[25] ; dans cet ouvrage sont recensés tous les livres de sa bibliothèque personnelle, des livres qu'il prêtait, entre autres, à ses étudiants[26].

Critique de la politique[modifier | modifier le code]

« un jeune homme enthousiasmé par ses lectures revient des USA et propose à un éditeur, Payot, de faire un anti-textbook (anti-manuel) à partir de textes critiques de la philosophie politique. À la suite de quelque difficulté pour obtenir les droits, l'éditeur lui fait une autre proposition : Ne feriez-vous pas plutôt une collection ? M. Abensour accepte[27]. »

Miguel Abensour fut le créateur et le directeur de la collection « Critique de la politique »[28] aux éditions Payot & Rivages, et ce de 1974 à 2016[29] ; toujours sous le nom « Critique de la politique »[30], il poursuivit cette entreprise éditoriale aux éditions Klincksieck[31] de 2016 jusqu'à son décès. Depuis, la collection est dirigée par Michèle Cohen-Halimi[32]. Par cette expression, « critique de la politique », « M. Abensour entendait nommer une constellation de penseurs travaillés par un désir commun de liberté, ainsi que de pratiques et d’événements qui attestent que les humains peuvent trouver en eux-mêmes les moyens de sortir de la servitude[5]. »

« Dans un séminaire collectif du Centre de recherches politiques Raymond-Aron, à l’École des hautes études en sciences sociales, en 2000-2001, Pierre Rosanvallon affirmait que le retour de la philosophie politique en France voit le jour avec la création de cette collection chez Payot[33]. »

Outre la publication d'auteurs oubliés ou laissés de côté (Domela Nieuwenhuis, Giuseppe Ferrari, Jean-Baptiste Cousin de Grainville…), outre la publication de thèses de jeunes chercheurs (Nicole Loraux, Étienne Tassin, Sophie Wahnich, Martin Breaugh, Blaise Bachofen ou Nicolas Poirier), M. Abensour contribua surtout à diffuser les travaux de l'École de Francfort en France[34]. D'ailleurs, il ouvrit sa collection en publiant un écrit de Max Horkheimer : Éclipse de la raison. Par la suite, Il publia des livres de Theodor W. Adorno, Walter Benjamin, Franz Neumann, Siegfried Kracauer, Ernst Bloch ou encore Jürgen Habermas.

« M. Abensour était un éditeur pour qui l’acte de publication était un acte de pensée à part entière[5]. » Ainsi, l'activité éditoriale de Miguel Abensour fit partie de son œuvre philosophique et politique, et les textes des auteurs qu'il édita furent au cœur de sa réflexion :

« Pour penser le retour des choses politiques, une interrogation s’impose sur les rapports entre la théorie critique (Theodor W. Adorno, Max Horkheimer, Herbert Marcuse) et la philosophie politique. Si la théorie critique tend au catastrophisme, c’est-à-dire à une association entre la domination et la politique, la philosophie politique, à l’inverse, tend parfois à effacer le phénomène de la domination au profit d’un espace politique conçu sur le modèle d’un échange entre participants égaux. Une philosophie politique critique devrait tenir compte, à la suite de La Boétie, notamment de ce que la domination tend à naître au sein du politique[35]. »

L'édition du texte Discours de la servitude volontaire, un « ouvrage emblématique et inaugural[8] » de la collection « Critique de la politique » qui s’inscrivait déjà dans cette « démarche politique critique envers la domination[4] », fut conçue et réalisée par M. Abensour comme suit :

Présentation : « Les leçons de la Servitude et leur destin », par Miguel Abensour et Marcel Gauchet
Trajet 1
Félicité Robert de Lamennais : Préface (1835) à l'édition du Discours…
Pierre Leroux : « Le Contr'Un d'Étienne de La Boétie » (1847), paru dans la Revue Sociale, août-, p. 169-172
Auguste Vermorel : Préface (1863) à l'édition du Discours…
Gustav Landauer : Extrait de De la Révolution (1907), traduction de Jacques Laizé
Simone Weil : « Méditations sur l'obéissance et la liberté » (1937), extrait d'Oppression et liberté, Gallimard, 1955, p. 186-193[36]
Le Discours de la servitude volontaire ou Le Contr'Un, manuscrit de Mesmes (texte et variantes établis par Pierre Léonard)
Le Discours de la servitude volontaire, transcription de Charles Teste (1836)
Trajet 2
Pierre Clastres : « Liberté, Malencontre, Innommable »
Claude Lefort : « Le nom d'Un »

Chaque publication d'un livre estampillé « Critique de la politique » fut l'occasion d'un travail collectif. Ainsi, d'autres noms doivent être associés à cette collection, ceux des traducteurs ou des préfaciers, parmi lesquels : « Jean Lacoste, Marianne Dautrey, Christophe David, Éliane Kaufholz, Marc Richir, Sabine Cornille, Gérard Raulet, Éliane Escoubas, Denis Authier, Julia Christ, Jacques Taminiaux, Rachel Ertel, Rainer Rochlitz, Philippe Ivernel, Guy Petitdemange, Jean-Louis Vieillard-Baron, Marc Jimenez, Alexandra Richter, Jean-René Ladmiral, Yves Hersant, Marc de Launay, Alexander Neumann, Michel-Pierre Edmond, Jacques-Olivier Bégot[8]. »

Recherches et travaux[modifier | modifier le code]

À la recherche du petit[modifier | modifier le code]

Miguel Abensour publia de nombreux articles sur Emmanuel Levinas, Claude Lefort, Saint-Just, l'utopie socialiste, William Morris, Blanqui et les représentants de l'École de Francfort[37]. Nombre d'entre eux sont réunis d'ans l'ouvrage Pour une philosophie politique critique : Itinéraires[38].

« "Le choix du petit" engage la pensée à traverser les figures mouvantes de l'écriture : préface, postface, articles, rubriques encyclopédiques, éditions d'ouvrages collectifs dans d'autres collections [que celle qu'il dirige]. L'œuvre est longtemps présente sous ces formes avant sa cristallisation tardive en des livres dont le rythme de production s'accélère depuis 1997[26]. »

Effectivement, Miguel Abensour rédigea beaucoup de textes pour différentes destinations. Certains de ces textes furent republiés tels quels (après relecture) ; d'autres, en revanche, furent assemblés pour constituer des livres, sans jamais gommer leur destination première. Par exemple, il donna trois textes au Dictionnaire des œuvres politiques[39] publié sous la direction de François Châtelet, Olivier Duhamel et Évelyne Pisier : sur Pierre Leroux, sur Saint-Just et sur Thomas More. Ce dernier texte fut associé au texte intitulé « Walter Benjamin, le guetteur de rêves » pour former le livre L'utopie de Thomas More à Walter Benjamin.

« Thomas More, Walter Benjamin ?

La réunion de ces deux noms dans une constellation insolite a de quoi surprendre. Rares sont les éléments qui semblent les rapprocher, sinon peut-être l'essentiel, à savoir l'utopie. Il ne s'agit pas pour autant de découvrir une filiation inconnue, ni de prétendre écrire une histoire de l'utopie dont Thomas More figurerait le commencement et Walter Benjamin l'achèvement. […]. Le projet consiste plutôt à saisir l'utopie à deux moments forts de son destin : à son éveil d'une part, puis, face au péril de l'extrême, à ce que Walter Benjamin appelle la "catastrophe", de l'autre[40]. »

À toutes ces différentes publications, il faut ajouter l'ensemble des quatrième de couverture qu'il rédigea pour sa collection « Critique de la politique » : plus d'une centaine de présentation d'ouvrages où, pour chaque texte édité, sont ramassés en quelques paragraphes l'originalité du texte publié et les axes de lecture retenus par Miguel Abensour.

Sous le signe de l'utopie[modifier | modifier le code]

Les recherches et les travaux[41] du philosophe Miguel Abensour explorent les significations et les pratiques de l'utopie[42]. En témoigne le titre de sa thèse (dirigée par Gilles Deleuze[3], jamais publiée) : Les formes de l'utopie socialiste-communiste. Essai sur le communisme critique et l'utopie[43].

Parti des Socialistes utopiques du XIXe siècle[44] et d'une relecture de Karl Marx[45], M. Abensour arpente le texte de L'Utopie de Thomas More à la recherche du duqtus obliqus[40], il fait sien L'esprit de l'utopie[46] de Ernst Bloch et sonde les traces d'utopie dans les textes de Walter Benjamin[40].

Sa conception de l'utopie n'est pas monolithique, en fait elle convoque un « principe utopie », une exigence de ne pas céder à la domination.

Une démocratie insurgeante[modifier | modifier le code]

Dans ses ouvrages et ses nombreux articles, il cherche à concilier l'idée de démocratie, conçue comme « démocratie contre l'État » avec l'idée d'utopie, pensée à partir de la critique par Emmanuel Levinas de l'idée de Martin Buber de relation interindividuelle — le Je-Tu opposé au Je-Cela[47][réf. non conforme].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • De la compacité. Architecture et régimes totalitaires. Le cas Albert Speer, Paris, Sens & Tonka, . 2e édition en 2006, puis réédité en 2014 chez Sens & Tonka.
  • La Démocratie contre l'État. Marx et le moment machiavélien, Paris, PUF, « Les essais du Collège international de philosophie », 1997. Nouvelle et 3e éd. augmentée en 2012 aux Éditions du Félin, Paris, comprenant la Préface à la seconde édition « De la démocratie insurgeante », la Préface à l'édition italienne « Démocratie insurgeante et institution » et en annexe le texte « "Démocratie sauvage" et "principe d'anarchie" ».
  • L'Utopie de Thomas More à Walter Benjamin, Paris, Sens & Tonka, 2000. 2e édition revue en 2009, chez Sens & Tonka.
  • Le Procès des maîtres rêveurs, Arles, Sulliver, 2000. 2 éd. augmentée et renommée Le Procès des maîtres rêveurs. Utopiques I, chez Les Éditions de La Nuit, Arles, 2011.
  • Rire des lois, du magistrat et des dieux. L'impulsion Saint-Just, Lyon, Horlieu, 2005.
  • Hannah Arendt contre la philosophie politique ?, Paris, Sens & Tonka, 2006.
  • Lettre d'un "révoltiste" à Marcel Gauchet converti à la "politique normale", Paris, Sens & Tonka, 2008.
  • Maximilien Rubel, pour redécouvrir Marx, en collaboration avec Louis Janover, Paris, Sens & Tonka, 2008.
  • Miguel Abensour, Pour une philosophie politique critique : Itinéraires, Paris, Sens & Tonka, , 408 p. (ISBN 978-2-84534-183-8)
  • L’Homme est un animal utopique. Utopiques II, Arles, Les Éditions de La Nuit, 2010.
  • Emmanuel Levinas, l'intrigue de l'humain. Entre métapolitique et politique. Entretiens avec Danielle Cohen-Levinas, Paris, Hermann, « Le Bel aujourd'hui », 2012.
  • Les passages Blanqui. Walter Benjamin entre mélancolie et révolution, Paris, Sens & Tonka, 2013.
  • Série Utopiques (Rééditions, reprises et nouveautés) à partir de 2013 :
    • Le procès des maîtres rêveurs. Utopiques I, Paris, Sens & Tonka, 2013, 3e éd. revue et augmentée, Préface « L'utopie, une question au présent » de Louis Janover.
    • L'homme est un animal utopique. Utopiques II, Paris, Sens & Tonka, 2013, 2e éd. revue et augmentée.
    • L'utopie de Thomas More à Walter benjamin. Utopiques III, Paris, Sens & Tonka, 2016.
    • L'histoire de l'utopie et le destin de sa critique. Utopiques IV, Paris, Sens & Tonka, 2016.
  • La Communauté politique des « tous uns ». Désir de liberté Désir d'utopie : Entretien avec Michel Enaudeau, Les Belles Lettres, , 400 p. (ISBN 978-2251445113)
  • Libérer l'Enfermé. Auguste Blanqui, Paris, Sens & Tonka, 2014. Co-signé avec Valentin Pelosse.
  • La Boétie prophète de la liberté, Paris, Sens & Tonka, « Collection Miguel Abensour », 2018.
  • Le cœur de Brutus, Paris, Sens & Tonka, « Collection Miguel Abensour », 2019.
  • La lumière et la boue. Le rouge et le noir à l'ombre de 1793, Paris, Sens & Tonka, « Collection Miguel Abensour » , 2019.

Postfaces, préfaces et présentations d'ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Theodor W. Adorno, Minima moralia. Réflexions sur la vie mutilée, postface de Miguel Abensour, Paris, Payot, « Critique de la politique », 1991.
  • Pierre Leroux, Aux philosophes, aux artistes, aux politiques, postface de Miguel Abensour, Paris, Payot & Rivages, « Critique de la politique », 1994.
  • Emmanuel Levinas, Quelques réflexions sur la philosophie de l’hitlérisme, postface de Miguel Abensour, Paris, Payot & Rivages, « Rivages Poche Petite Bibliothèque », 1997.
  • Auguste Blanqui, Instructions pour une prise d'armes. L'éternité par les astres. Hypothèse astronomique et autres textes, textes établis et présentés par Miguel Abensour et Valentin Pelosse, Paris, Tête de Feuilles, 1973. Réédition chez Sens & Tonka en 2000.
  • Edward Palmer Thompson, La formation de la classe ouvrière anglaise, présentation de Miguel Abensour, Paris, Seuil, « Points histoire », Nouvelle éd. 2012.
  • Martin Jay, L'imagination dialectique. L'École de Francfort, préface de Miguel Abensour, Paris, Payot, « Critique de la politique », 1989.
  • Arthur Schopenhauer, Contre la philosophie universitaire, préface de Miguel Abensour, Paris, Payot & Rivages, « Petite Bibliothèque Rivages », 1993.
  • Louis Antoine de Saint-Just, Œuvres complètes, présentation de Miguel Abensour, Paris, Gallimard, « Folio histoire », 2004.
  • Pierre Clastres, Entretien avec L'Anti-mythes (1974), avant-propos de Miguel Abensour, Paris, Sens & Tonka, 2012.
  • David Munnich, L'art de l'amitié. Rousseau et la servitude volontaire, préface de Miguel Abensour, Paris, Sens & Tonka, 2012.
  • Alexandre Berkman, Le Mythe bolchevik : journal 1920-1922, préface de Miguel Abensour et Louis Janover, Paris, Klincksieck, « Critique de la politique », 2017.

Directions d'ouvrages et de revues[modifier | modifier le code]

  • L'esprit des lois sauvages. Pierre Clastres ou une nouvelle anthropologie politique, Paris, éditions du Seuil, 1987.
  • Ontologie et politique (Colloque Hannah Arendt, 1988), Paris, Tierce, 1989. Dernière édition intitulée Politique et pensée chez Payot & Rivages, « Petite Bibliothèque Payot », 2004.
  • Lévinas, Paris, éditions de L'Herne, « Les Cahiers de l'Herne », 1991 (dir. avec Catherine Chalier). 2e édition en 1993, chez LGF « Livre de Poche - Biblio Essais ».
  • « L’École de Francfort : la Théorie Critique entre philosophie et sociologie », Tumultes, 2001/2-2002/1, n°17-18, éditions Kimé (dir. avec Géraldine Muhlmann).
  • Emmanuel Levinas. La question du livre, Paris, éditions de l'IMEC, « Inventaires », 2008 (dir. avec Anne Kupiec).
  • Cahier Pierre Clastres, Paris, éditions Sens & Tonka, 2011 (dir. avec Anne Kupiec).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Hélène Combis, « Miguel Abensour, penseur à contre-pente de la philosophie politique », sur France Culture,
  2. Jean Birnbaum, « Le philosophe Miguel Abensour est mort », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  3. a b et c Miguel Abensour, interview par Laure Adler, Hors-Champs, France Culture, 11/07/2016 (Interview [audio]),
  4. a b c et d Fabien Delmotte 2015.
  5. a b et c Nicolas Poirier 2017.
  6. a et b Patrick Cingolani, « Miguel Abensour : un homme du livre et de parole », sur Université Pairs 7 Diderot, (consulté le 10 octobre 2019)
  7. Patrice Vermeren, « Amb motiu de la mort de Miguel Abensour », sur Mirmanda. Revista de cultura/revue de culture - Catalunya del Nord, (consulté le 10 octobre 2019)
  8. a b c d e et f Florent Perrier 2017.
  9. M Abensour, J Derrida, D Dobbles, É de Fontenay, M-L Mallet et É Tassin, « Conversation autour du Collège international de philosophie », Lignes, 1998/3, n°35, pages 121-136,‎ , p. 130-131 (La « Conversation… » est téléchargeable au format PDF.) (lire en ligne)
  10. Jean-Claude Poizat & Miguel Abensour, « Entretien avec Miguel Abensour », Le Philosophoire, no 44,‎ , p. 11-37 (lire en ligne)
  11. Dosse 2014, p. 224-230
    Pour un bref aperçu de l'histoire de la revue, voir les pages 224 à 230. Pour des propos de Miguel Abensour recueillis par F. Dosse, voir la page 226 : « Je suis arrivé à Textures de la manière suivante. Quand j'ai écrit un texte sur “Le destin de l'utopie”, je l'ai proposé aux Temps Moderne. J'ai su après que la grande prêtresse, Simone de Beauvoir, avait dit que c'était trop universitaire. Il a été pris tout de suite par Textures, mais, trop long, il est paru en deux livraisons. Gauchet et Richir m'ont proposé de rejoindre la groupe et de venir à une réunion. Et à la première réunion j'ai assisté à une engueulade terrible entre Lefort et Castoriadis : “Comment tu penses ça ? Mais si c'est ça, je ne veux pas discuter davantage avec toi.” Au point qu'au sortir de la réunion, Richir et Gauchet se sont excusés auprès de moi : “On est désolés”. »
  12. Dosse 2014, p. 234-239
    Pour un bref aperçu de l'histoire de la revue, voir pages 234 à 239. Page 234 : « Textures ayant disparu, l'opportunité se présente de lancer une nouvelle revue éditée par Jean-Luc Pidoux-Payot aux éditions Payot. Une partie de l'ancienne équipe de Textures se retrouve pour prendre en charge Libre, dont le premier numéro paraît en 1977, avec comme sous-titre “Politique-anthropologie-philosophie”. » À la note n°46 de la page 234, il est écrit : « Le comité de rédaction est composé de Miguel Abensour, Cornelius Castoriadis, Pierre Clastres, Marcel Gauchet, Claude Lefort, Maurice Luciani. Le secrétaire de rédaction est Marcel Gauchet. »
  13. Dosse 2014, p. 239
    « Lefort crée alors un revue accueillie par les éditions Ramsay avec, entre autres, Miguel Abensour, Simone Debout, Marc Richir, Fernando Gil, Carlos Semprun, Claude Mouchard et Pierre Pachet, qui prend pour titre Passé-Présent. »
  14. « Passé Présent (1982-1984) », sur revues-litteraires.com
  15. « Revue Épokhé (1990-1996) », sur Éditions Jérôme Millon (consulté le 10 octobre 2019)
  16. « Prismes. Théorie critique », sur Sens & Tonka (consulté le 9 octobre 2019)
  17. a et b Franck Berthot 2007.
  18. Maximilien Rubel, Marx : critique du marxisme, Payot, coll. « Critique de la politique » (no 3)
  19. Miguel Abensour, « Pour lire Marx », Revue française de science politique, vol. XX, no 4,‎ , p. 772-788 (lire en ligne)
  20. Louis Janover, « En mémoire de Miguel Abensour (1939-2017) », sur SMOLNY… (consulté le 9 octobre 2019)
  21. Lucia Sagradini, « Pour Miguel Abensour », sur Variations. Revue internationale de théorie critique, (consulté le 12 octobre 2019)
  22. Julie Clarini, « "Une biographie de la Classe ouvrière" Entretien croisé avec Miguel Abensour et François Jarrige. », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  23. Critique de la politique. Autour de Miguel Abensour (document de programme et de réunion), coll. « Journée de la philosophie à l'UNESCO 2004 » (no 9), , 301 p. (lire en ligne [PDF]).
  24. Kupiec, Tassin et Birnbaum 2006.
  25. Kupiec 2019.
  26. a et b Kupiec, Tassin et Birnbaum 2006, p. 608.
  27. Kupiec, Tassin et Birnbaum 2006, p. 602.
  28. Miguel Abensour, « Manifeste de la collection "Critique de la politique" chez Payot » (consulté le 9 octobre 2019)
  29. « Notice de collection éditoriale, BNF », sur Catalogue de la BNF (consulté le 9 octobre 2019)
  30. Miguel Abensour, « Manifeste de la collection "Critique de la politique" chez Klincksieck » (consulté le 9 octobre 2019)
  31. « Notice de collection éditoriale, BNF », sur Catalogue de la BNF (consulté le 9 octobre 2019)
  32. « Collection "Critique de la politique" chez Klincksieck » (consulté le 9 octobre 2019)
  33. Breaugh 2003.
  34. Robert Maggiori, « L’utopie de Miguel Abensour », Libération, 11 juin 2009.
  35. Miguel Abensour, « "Philosophie politique critique et émancipation ?", in Politique et Sociétés, Vol.22, n°3 2003, p. 119-142. La citation reprend les dernières lignes du "Résumé". » (consulté le 9 octobre 2019)
  36. Ce texte de Simone Weil fut signalé à M. Abensour par son ami Louis Janover.
  37. « Toutes les notices liées à Abensour, Miguel (1939-2017) », sur Bibliothèque nationale de France.
  38. Abensour 2009.
  39. François Châtelet, Olivier Duhamel et Évelyne Pisier (dir.), Dictionnaire des œuvres politiques, Paris, PUF, « Quadrige - Référence », , 1250 p. (ISBN 978-2130518785)
  40. a b et c Miguel Abensour, L'utopie de Thomas More à Walter benjamin. Utopiques III, Paris, Sens & Tonka, , 118 p. (ISBN 978-2-84534-187-6)
  41. « Fiche auteur Miguel Abensour (1939-2017) », sur Data BNF (consulté le 9 octobre 2019)
  42. Miguel Abensour, « Interview "La société utopique et ses ennemis" », sur Mediapart (sur youtube) (consulté le 9 octobre 2019)
  43. Michael Lowy, « Miguel Abensour (1939-2017), philosophe subversif », sur Club de Mediapart (consulté le 8 octobre 2019)
  44. Miguel Abensour, Le procès des maîtres rêveurs. Utopiques I, Paris, Sens & Tonka, , 230 p. (ISBN 9782845342040)
  45. Miguel Abensour, La Démocratie contre l'État. Marx et le moment machiavélien,, Paris, Le Félin, , 304 p. (ISBN 978-2866457839)
  46. Ernst Bloch, L'esprit de l'utopie, Paris, Gallimard, , 344 p. (ISBN 978-2070295487)
  47. Ibidem.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Martin Breaugh, « Critique de la domination, pensée de l’émancipation. Sur la philosophie politique de Miguel Abensour. », Politique et Sociétés, Société québécoise de science politique, vol. 22, no 3,‎ , p. 45-69 (ISSN 1703-8480, DOI 10.7202/008850ar, lire en ligne, consulté le 28 avril 2017). 
  • Anne Kupiec, Étienne Tassin et Antonia Birnbaum, Critique de la politique. Autour de Miguel Abensour, Paris, Sens & Tonka, , 630 p. (ISBN 978-2845341302). .
  • Franck Berthot, « Textures et Libre (1971-1980) : Une tentative de renouvellement de la philosophie politique en France », sur Presses Universitaires de Rennes, (consulté le 23 octobre 2019)
  • Manuel Cervera-Marzal, Miguel Abensour, critique de la domination, pensée de l'émancipation, Paris, Sens & Tonka, 2013.
  • François Dosse, Castoriadis : Une vie, Paris, La Découverte, , 532 p. (ISBN 9782707171269). 
  • Fabien Delmotte, « Miguel Abensour : repenser l’utopie », sur La vie des idées.fr, (consulté le 28 avril 2017)
  • Florent Perrier, « Miguel Abensour, l’utopie pour fil rouge », sur En attendant Nadeau.fr, (consulté le 23 octobre 2019)
  • Nicolas Poirier, « Miguel Abensour, l’émancipation par l’utopie », sur La vie des idées.fr, (consulté le 23 octobre 2019)
  • Manuel Cervera-Marzal, Nicolas Poirier (dir.), Désir d'utopie. Politique et émancipation avec Miguel Abensour, Paris, éditions L'Harmattan, « La philosophie en commun », 2018.
  • Gilles Labelle, L'écart absolu : Miguel Abensour, Paris, Sens & Tonka, « Collection Miguel Abensour », 2018.
  • Lignes, n° 55, « Miguel Abensour, la sommation utopique », numéro dirigé par Michèle Cohen-Halimi et Sophie Wahnich, éditions Lignes, , 244 p. , avec des contributions de Michèle Cohen-Halimi, Sophie Wahnich, Louis Janover, Anne Kupiec, Catherine Chalier, Patrice Vermeren, Antonia Birnbaum, Gilles Moutot, Florent Perrier, Monique Rouillé-Boireau, Christophe David, Daniel Payot, Damien Pelosse, Michel Enaudeau, Irving Wohlfarth, Simone Debout-Oleszkiewicz, Henri Lonitz.
  • Monique Rouillé-Boireau, « Miguel Abensour, penseur libertaire », Lignes, no 56,‎ , p. 103-114 (DOI 10.3917/lignes.056.0103, lire en ligne).
  • Anne Kupiec, La bibliothèque de Miguel Abensour, Paris, Sens & Tonka, coll. « Miguel Abensour », , 276 p. (ISBN 978-2845342811).
  • Patrice Vermeren, Penser contre. Quatre essais sur la philosophie critique de Miguel Abensour, Paris, Sens & Tonka, « Collection Miguel Abensour », 2019.

Liens externes[modifier | modifier le code]