Victor Considerant

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Victor Considerant
Victor Considerant.jpg
Portrait par Jean Gigoux (1893).
Fonction
Député
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 85 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Victor ConsiderantVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Parentèle
Clarisse Vigoureux (belle-mère)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Domaine
Membre de
Archives conservées par

Victor Prosper Considerant (sans accent aigu[1]), né le à Salins-les-Bains et mort le (à 85 ans) à Paris 7e[2], est un philosophe et économiste polytechnicien[3] français, adepte du fouriérisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gravure de Considerant par Carey.

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Le père de Victor Prosper Considerant, Jean-Baptiste, est professeur de rhétorique au collège de Salins. Victor est le cousin de l'avocat et historien belge Nestor Considérant, journaliste au quotidien L'Indépendance belge où il a couvert la politique intérieure belge.

Victor est l'élève de son père au collège de Salins. Bachelier à seize ans, il part préparer Polytechnique au collège de Besançon en 1824. Il y initié au fouriérisme par sa correspondante Clarisse Vigoureux, qui y avait été elle-même initiée par Just Muiron.

Reçu au concours en 1826, il fait à Paris la connaissance de Fourier. Il est à l’École d'application de l'artillerie et du génie de Metz de 1828 à 1832.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

À Metz, il propage les idées du maître parmi ses camarades après avoir publié un article sur Fourier dans Le Mercure de France en 1830, et, dans la Revue des Deux mondes en , une nouvelle, Un pressentiment, inspirée par la mort de la fille de Clarisse Vigoureux (1789-1865), née Clarisse Gauthier[4] (et sœur de Joseph, beau-père de François Coignet), Claire (1809-1828), son amour de jeunesse. Il participe en 1832 à la fondation du journal Le Phalanstère qu'il dirige avec Jules Lechevalier et à la tentative de colonie sociétaire de Vesgre. En 1834, il publie Destinée sociale et, en 1836, il démissionne de l'armée pour fonder un nouveau journal, La Phalange. En 1837, il succède à Fourier à la direction de l’École sociétaire et, en 1838, il épouse Julie (1812-1880), seconde fille de Clarisse Vigoureux, fouriériste convaincue comme sa mère, et dont la dot permettra à son mari d'entrer en politique et de financer ses campagnes électorales ; Julie et Victor auront deux enfants : Gustave et Justine Considerant.

Battu aux élections législatives en 1839 à Montbéliard et à Colmar, il est élu, en 1843, conseiller général de la Seine, et, la même année il fonde La Démocratie pacifique qui connaîtra un grand succès.

Élu député de Montargis en 1848, et, en 1849, de Paris, il siège à l'extrême-gauche et il précise la notion de droit au travail qui devient une des idées fortes des socialistes français de 1848. Il est connu en droit constitutionnel pour être l'inventeur, en 1846, de la représentation proportionnelle (voir scrutin proportionnel plurinominal). En il est le seul député à proposer le droit de vote pour les femmes.

Il participe à la journée du 13 juin 1849 contre Louis-Napoléon Bonaparte qui, à ses yeux, avait violé la Constitution en soutenant le pape en lutte avec la République romaine. Décrété d'arrestation, il part en exil en Belgique, puis aux États-Unis, où, à l'instigation d’Albert Brisbane, il crée, au Texas, le phalanstère de La Réunion avec l'appui financier de Jean-Baptiste André Godin. L'expérience est un échec et il se retire à San Antonio où Clarisse Vigoureux meurt en 1865.

Revenu en France en 1869 à la faveur d'une amnistie, il adhère à la Première Internationale et soutient la Commune (1871).

Buste de Victor Considerant à Salins-les-Bains
Buste de Victor Considerant à Salins-les-Bains.

Il finit sa vie au Quartier Latin, refusant obstinément de reprendre toute activité politique. Ses obsèques réunissent de nombreux socialistes, en particulier Jean Jaurès. Il est inhumé au columbarium du Père-Lachaise[5]. En 1902, son buste, par Marguerite Gagneur, est inauguré dans sa ville natale.

L’année 2008 a été choisie par le ministère français de la Culture comme « l’année Victor Considerant », afin de célébrer le bicentenaire de sa naissance. De nombreuses animations ont notamment été présentées dans sa ville natale.

Critiques et controverses[modifier | modifier le code]

Au sujet de Victor Considerant[modifier | modifier le code]

La doctrine de Victor Considerant a été critiquée par l'un de ses contemporains, l'économiste libéral Frédéric Bastiat, dans une brochure intitulée Propriété et spoliation où il s'attaque en particulier à ce qu'il juge être son erreur, le concept de rente foncière sur laquelle Considerant s'appuie pour justifier le droit au travail. Erreur que, selon Bastiat, l'on trouve chez de nombreux économistes (John Ramsay McCulloch, David Ricardo, George Poulett Scrope, Nassau William Senior...) et qui était réfutée également par Henry Charles Carey. Bastiat prend également Victor Considerant à partie dans son pamphlet intitulé La Loi.

Au sujet du Manifeste du parti communiste[modifier | modifier le code]

Dans son livre Le Complot de la réserve fédérale, le professeur d'université américain Antony Cyril Sutton accuse le philosophe Karl Marx d'avoir, pour la rédaction de son manifeste, fortement plagié l'ouvrage de Victor Considerant, Principe du socialisme ; Manifeste de la démocratie au XIXe siècle, publié en 1843. Le même accusation a d'abord été prononcée par W. Tcherkessof dans son ouvrage Pages of Socialist History en 1902.

Publications (par ordre chronologique)[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « … il n’y a pas d'accent aigu sur mon e. J'ai lutté vainement plus de soixante ans depuis que mon nom s'imprime pour l'en défendre ! » Voir Louis Bertrand, Histoire de la démocratie et du socialisme en Belgique depuis 1830, Bruxelles, éd. Dechenne, t. 1, p. 28, 1906.
  2. Guillaume de Tournemire, « Victor CONSIDERANT », sur le site de généalogie Geneanet (consulté le 12 mars 2016).
  3. |Promotion de 1826.
  4. Guillaume de Tournemire, « Clarisse GAUTHIER », sur le site de généalogie Geneanet (consulté le 12 mars 2016).
  5. Case 913, reprise.
  6. Archives nationales.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Archives[modifier | modifier le code]