Reiner Schürmann

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Reiner Schürmann
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Reiner Schürmann, né le à Amsterdam et mort le à New York, est un philosophe allemand. De 1975 à sa mort, il enseigna à la New School for Social Research à New York.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naquit en 1941 à Amsterdam, de parents allemands. Il passa son enfance et sa jeunesse à Krefeld. À partir de 1960, il étudia la philosophie à Munich, puis interrompit ses études pour séjourner dans un kibboutz en Israël. Fin 1961, il entra comme novice dans l'ordre des dominicains en France et y étudia de 1962 à 1969 la théologie au Centre d'études du Saulchoir à Étiolles, dans l'Essonne, près d'Évry, avant d'aller étudier auprès de Heidegger à Fribourg-en-Brisgau. Il fut ordonné prêtre en 1970, mais quitta encore l'ordre des dominicains en 1975.

Depuis le début des années 1970, il vivait aux États-Unis, où il enseigna d'abord à l'université catholique d'Amérique de Washington, puis à la Duquesne University à Pittsburgh. En 1975 il fut accepté à la New School for Social Research de New York, que Hannah Arendt et Hans Jonas avaient quittée. Il reçut en 1981 un doctorat d’État ès lettres et sciences humaines à la Sorbonne. Il mourut du SIDA le 20 août 1993 à New York.

Travaux[modifier | modifier le code]

Il rédigea toute son œuvre philosophique et littéraire en français. Trois de ses travaux philosophiques furent particulièrement remarqués et méritent d'être considérés comme ses œuvres principales : la monographie Maître Eckhart et la joie errante (1972), le très renommé[réf. nécessaire] Le principe d’anarchie : Heidegger et la question de l’agir (1982) et enfin son interprétation monumentale de l'histoire de la philosophie occidentale, Des hégémonies brisées (posthume, 1996).

Son unique œuvre littéraire, le récit fortement teinté d'autobiographie Les Origines (1976), fut distinguée en 1977 par le Prix Broquette-Gonin de l'Académie française.

Importance et reconnaissance[modifier | modifier le code]

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Malgré un petit nombre de publications, l'œuvre, ou plutôt la dés-œuvre de Reiner Schurmann (il répudierait pour son compte à parler d'œuvre à propos de son travail, précisément au sens classique de systématique et de doctrine architecturée), n'est restreinte que quantitativement, car sur le plan qualitatif, elle fait sans aucun doute partie des pensées de la fin du 20ème qui importent - c'est à dire après l'ébranlement nommé Heidegger, en tant que fidèlement infidèle au maitre, travaillant dans ses traces, et avec les possibles ouverts par "l'autre pensée" (notons ainsi que son opus magnum ou, devrait-on dire, son opus minimum, Des hégémonies brisées, n'a été publié qu'après sa mort, en tant qu'ouvrage posthume: un don publique in mortem tourné vers l'à-venir suivant d'une immense fresque historique qui cherche à toucher, époque par époque, la vérité de ce monstrueux Occident, Prince hégémonique et fondamentalement malin, qui ne cesse de re-venir d'une manière événementielle).

Son importance est ainsi reconnue par de nombreux philosophes, par exemple par Jacques Derrida, Giorgio Agamben, Dominique Janicaud, Gérard Granel, etc. Et même si académiquement, que ce soit en France (terre d'écriture) ou aux Etats-Unis (terre d’enseignement), elle est peut visible, peu étudiée, lue ou commentée - sans doute du fait de la discrétion du philosophe et de son désintérêt pour les honneurs universitaires; pour les usages et coutumes de la profession; même si médiatiquement, son audience est quasi-nulle, Mehdi Belhaj Kacem n'est peut être pas si excessif en affirmant que la philosophie (hyper-)négative de Reiner Schurmann, malheureusement encore trop méconnnue, "est véritablement à la hauteur de celle de Alain Badiou" (qui est présenté comme le philosophe vivant le plus lu et étudié à travers le monde, comme celui qui traversera les décennies et qui identifiera notre époque philosophique - cf. entretien in Philosophique 2014, Presses Universitaires de Franche-Comté).

En fin de compte, double négatif, obscure et tragique de Alain Badiou, penseur intense de la question de l'agir, re-lecteur inventif de l'histoire de la philosophie et qui s'effectue tragiquement selon une philosophie historiale très solitaire, mais aussi figure opposée à l'autre grand heideggerien qu'est Jacques Derrida ("l'interprétation démocratique de Heidegger"), il est in fine possible de considérer la pensée de Reiner Schurmann comme une "interprétation anarchique de Heidegger" (Giorgio Agamben, Qu'est ce que le commandement?, Payot, 2013).

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Maître Eckhart et la joie errante, Paris, Denoël,1972
  • Maître Eckhart et la joie errante, Paris, Payot, 2005 (réédition)
  • Les Origines, Paris, Fayard, 1976 (ISBN 2213003777)
  • Les Origines: Récit, Toulouse, Presses Uinversitaires du Mirail (collection Philosophica), 2003 (réédition avec préface de françoise Dastur et postface de Gérard Granel)
  • Le principe d'anarchie : Heidegger et la question de l'agir, (épuisé), Paris, Seuil, 1982 (ISBN 2020062496)
  • Le principe d'anarchie : Heidegger et la question de l'agir, (édition revue et corrigée), Bienne-Paris, diaphanes, 2013 (ISBN 978-2-88928-004-9)
  • Des hégémonies brisées, Mauvezin, Trans Europ Repress, 1996 (ISBN 290567038X)

Articles[modifier | modifier le code]

  • Maitre Eckhart, expert en itinérance, in La Vie spirituelle 124, 1971
  • La différence symbolique, in Cahiers Internationaux de Symbolisme numéro 21, 1972
  • Il y a dans le poème..., in Cahiers Internationaux de Symbolisme, 1973
  • Trois penseurs du délaissement: Maitre Eckhart, Heidegger, Suzuki: Part one, in Journal of the History of Philosophy 12 (4), 1974
  • Trois penseurs du délaissement: Maitre Eckhart, Heidegger, Suzuki: Part two, in Journal of the History of Philosophy 13 (1), 1975
  • La praxis symbolique, in Cahiers Internationaux de Symbolisme, 1975
  • Du luxe d'exister: Karl Jaspers et le Sacré, in Cahiers Internationaux de Symbolisme, 1975
  • Louis Comtois ou la couleur, Instrument de lumière, in Vie des Arts vol. 20, n°79, 1975
  • Le défi du Petit Format, 1978
  • L'hénologie comme dépassement de la métaphysique, in Les études philosophiques 3 1982 Philosophie grecque, Paris, PUF, septembre-décembre 1982
  • Le temps de l'esprit et l'histoire de la liberté, in Les études philosophiques 3 1983 Recherches, Paris, PUF, juillet-septembre 1983
  • Que faire à la fin de la métaphysique?, in Cahier de l'Herne numéro 45 Martin Heidegger, 1983
  • Afraid of Neither Full nor Empty, in catalogue Galerie Jolliet, Montréal, janvier 1984
  • De la philosophie au Etats-Unis, in Le Temps de la Réflexion. Essais sur la tradition et l'enseignement, (n°6), 1985
  • Se constituer soi-même comme sujet anarchique, in Les études philosophiques 4 1986 Foucault, Paris, PUF, octobre-décembre 1986
  • Une abstraction post-moderne: à propos de deux expositions de Louis Comtois à New York, in Revue d'esthétique n°13/14/15 (1987/1988)
  • Recension de Systématique ouverte de Kostas Axelos, in The Review of Metaphysics 41 (3), 1988
  • Recension de Heidegger (M.), Beitrage zur Philosophie, in Annuaire philosophique 1988-1989, François Wahl (dir.), Paris, Le Seuil (collection L'ordre philosophique), novembre 1989
  • Abstraction that makes the viewer think: about the last paintings of Louis Comtois, in C. Magazine n°29, Spring 1991
  • Des doubles contraintes normatives, in Penser après Heidegger, Jacques Poulain et Wolfgang Schirmacher (dir.), Paris, L'Harmattan (collection la philosophie en commun), 1992 (Actes du Colloque du Centenaire, Paris, CIP, 25-27 septembre 1989)
  • Situer René Char - Hölderlin, Heidegger, Char et le "il y a" (traduction par Martin Rueff), in Poèsie n°119, janvier 2007

Bibliographie[modifier | modifier le code]

    • Gérard Granel, L'indomptable singularité de Reiner Schurmann ou Indomptable singularité (Quelques remarques sur Des hégémonies brisées), in Critique n°600, Minuit Editions, mai 1997
    • Christian Delacampagne, Le destin de l'Occident. Le testament spirituel d'un philosophe allemand récemment disparu, Reiner Schurmann, in Le Monde, 25 avril 1997
    • Dominique Janicaud, recension de Reiner Schurmann, Des hégémonies brisées, in Esprit Février 1992
    • André Jacob, compte rendu de Reiner Schurmann, Des hégémonies brisées, Mauvezin, Tran-Europe-Repress, 1996, in L'homme et la société Volume 127 Numéro 1, 1998
    • Guy Petitdemange, recension de Les origines de Reiner Schurmann, in Etvdes 2004/3 (Tome 400), S.E.R, mars 2004
    • Jean-Marie Vaysse (éd.), Autour de Reiner Schurmann, Georg Olms Verlag - Europaea Memoria, août 2009
    • Alberto Martinengo, Anti-humanisme et anarchie chez Reiner Schurmann (traduction par Marion Sicre), in "L'Impersonnel" colloque international ERRAPHIS et EuroPhilosophie, Université Toulouse II-Le Mirail, 24 et 25 juin 2010 (PDF)
    • Emmanuel Cattin, Reiner Schurmann et les grecs, in Quaderni di acme n°133, 2012
    • Mehdi Belhaj Kacem, recension de Le principe d'anarchie: Heidegger et la question de l'agir, in Philosophie magazine n°69, mars 2013