Marc Richir

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Marc Richir
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Marc Richir est un philosophe phénoménologue belge né le 2 février 1943 en Belgique et mort d'un cancer le [1]. Il résidait depuis de nombreuses années en Provence (France).

Biographie[modifier | modifier le code]

Marc Richir (1943-2015) est un philosophe d’origine belge, ayant vécu la majeure partie de sa vie dans le sud de la France. Il est l’un des principaux phénoménologue de sa génération. Son œuvre, abondante - pas moins de vingt et un ouvrages et plus de deux cents articles -, rencontre de nombreuses thématiques,  comme celle de l’anthropologie politique, de la philosophie des sciences (en particulier des mathématiques et de la physique), de l’esthétique, de la pensée mythique, de la psychopathologie, etc. ; mais c’est assurément la phénoménologie qui en constitue la question axiale. En ce sens, Richir se considère lui-même comme un héritier de Husserl, avec qui il noue d’ailleurs un dialogue constant. Mais s’il reste fidèle à l’esprit de la phénoménologie inaugurée par Husserl, il n’en reprend pas la lettre, tant s’en faut.

Sur l’origine et le sens de son parcours philosophique, Richir s’est lui-même expliqué comme suit : 

“Il est toujours extrêmement difficile, voire impossible, de situer ce qui a pu motiver à l'origine un parcours philosophique. Après avoir terminé une maîtrise en physique, j'ai repris des études de philosophie. Tout de suite je me suis senti, avec la phénoménologie, “un air de famille”. L'atmosphère de l'époque (en 1968) était cependant à autre chose : le structuralisme, Heidegger, Derrida. Mon parcours a été rétrospectivement un long détour pour retrouver ma famille d'origine, comme une courbe rentrante qui m'a fait sortir de Derrida par Heidegger, de Heidegger par l'idéalisme allemand, etc., pour finalement revenir à la phénoménologie. A l'écart cependant du cheminement de Husserl et de Heidegger, ce qui a motivé mes propres méditations était la question du statut du phénomène comme rien que phénomène (et non comme phénomène d'autre chose), phénomène présent partout dans la tradition sous la forme de ce que Kant a nommé “illusion transcendantale”. Cette même courbe m'a conduit à comprendre le statut de ce que je nomme l'institution symbolique comme ce qui distribue à notre insu tout ce que nous considérons comme allant de soi, tous nos comportements (sociaux, politiques, individuels), qu'ils nous paraissent les plus intimes ou les plus acquis au contact des réalités. Dès lors l'analyse phénoménologique prend un autre tour : consistant à montrer que ce qui relève de l'institution symbolique n'est “vivant” que s'il est transi par le “tremblement” en lui des phénomènes comme rien que phénomènes, par ce que Merleau-Ponty nommait le “bougé”, à savoir des aires d'indétermination qui ouvrent à l'élaboration symbolique. Les consignes méthodologiques de Husserl vont dans le même sens si elles sont bien comprises : suspendre les déterminations symboliques qui recouvrent les phénomènes en ouvrant ces aires d'indétermination, puis enrichir ces dernières par les potentialités de sens impliquées dans les plis de la signification de chaque phénomène en ce qu'ils ont d'infini (apeiron) et d'indéfini (aoriston). Dans cette perspective, et à l'encontre des auto-encombrements scolastiques de la philosophie analytique aussi bien que de l'idéologie naïve de la métaphysique cognitiviste, la phénoménologie laisse autant de chantiers ouverts à l'analyse qu'il y a de problèmes et de questions pour la condition humaine. Husserl est un peu comme Moïse qui a vu la terre promise sans en fouler le sol et sans doute sera-ce le cas de tout membre du “peuple phénoménologique”. Posture inconfortable certes, que peu ont accepté et accepteront de partager, mais qui, dans le champ actuel de la philosophie, reste la seule à la mesure de l'exigence que la philosophie porte avec elle depuis son commencement platonicien. La phénoménologie est bien en ce sens un surgeon de la tradition moderne de la philosophie : loin de s'envaser dans le tout et le n'importe quoi de l'auto-proclamé post-moderne, elle a, à chaque fois, à tout reprendre, non pas depuis une illusoire tabula rasa qui casserait l'histoire  en deux, mais depuis la rémanence de ces questions et problèmes, dont l'éclaircissement promet une meilleure compréhension de notre condition. Délivrée du pathos du fondement absolu, la phénoménologie sait que les questions ultimes resteront toujours pour elle sans réponse définitive” (“Autant de chantiers ouverts pour l’analyse phénoménologique” (Entretien), in Le magazine littéraire n°403, Paris, 2001, p. 61).

Œuvre éditoriale[modifier | modifier le code]

Durant sa première période d'activité philosophique, Marc Richir participe à la création de la revue Textures, avec, entre autres, Max Loreau, Robert Legros, Cornelius Castoriadis, Claude Lefort, Marcel Gauchet. À la fin des années 80, il devient directeur de la collection Krisis, chez l'éditeur Jérôme Millon (Grenoble). Il publiera alors un grand nombre de classiques de la philosophie et de la phénoménologie : Le Livre des XXIV philosophes, Suarez, Schelling, Condillac, Husserl, Binswanger, Patočka, Maldiney, Simondon, Kimura Bin, E. Strauss. Il publie aussi des études historiques et des commentaires importants, comme ceux de J. Taminiaux, F. Pierobon, J. Greisch, S. Breton, etc. Richir traduits des inédits de Husserl (Hua XXIII, Hua XXXIV, Hua XXXIII, Hua XXXV, Hua XXXIII).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]