Franck Fischbach

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Franck Fischbach
Franck Fischbach
Biographie
Naissance
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Époque
Nationalité
franco-suisse
Formation
Activité
Autres informations
Directeur de thèse
Influencé par
Œuvres principales
L'Être et l'Acte (2002)
La production des hommes (2005)
Sans objet (2009)
Manifeste pour une philosophie sociale (2009)
La privation de monde (2011)
Après la production (2019)

Franck Fischbach, né le [1], est professeur de philosophie allemande à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien élève de l'École Normale Supérieure de Fontenay/Saint-Cloud, agrégé de philosophie (1991), docteur en philosophie (1996), habilité à diriger les recherches en philosophie (2002), Franck Fischbach est professeur en histoire de la philosophie allemande moderne à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (depuis 2021) après avoir enseigné aux universités de Toulouse-Le Mirail (1997-2009), de Nice Sophia-Antipolis (2009-2013) et de Strasbourg (2013-2021). De 2014 à 2018, il a été Directeur de la Faculté de philosophie de l'université de Strasbourg. De 2019 à 2023, il a présidé la section 17 (Philosophie) du Conseil national des universités (CNU). Il dirige avec Sandra Laugier la collection "Problèmes & Controverses" de la Librairie philosophique J. Vrin (Paris).

Après une thèse de Doctorat dirigée par Bernard Bourgeois et consacrée à Hegel et Schelling, puis une Habilitation (garantie par Jean-François Kervégan) consacrée à la constitution de l'ontologie moderne de l'activité entre Fichte et Marx (L'Être et l'Acte, 2002), ses travaux relèvent de deux domaines : d'une part l'histoire de la philosophie allemande moderne et contemporaine, de Fichte à la Théorie critique de l'École de Francfort, en passant par Hegel, les jeunes hégéliens et Marx ; d'autre part la philosophie sociale (Manifeste pour une philosophie sociale, 2009[2] et Le sens du social, 2015[3]) qu'il définit[4] comme une approche critique des formes de vie sociale à la fois normative et informée des apports des sciences sociales [5] permettant de traiter des questions telles que l'aliénation ou la reconnaissance[6]. C'est dans ce cadre théorique que Franck Fischbach a abordé philosophiquement la question du travail. Il a proposé de comprendre le travail comme une activité non réductible à la seule production (poiésis) et donc comme étant caractérisée par une forte dimension pratique ou "praxique" dont témoignent les enjeux de réalisation de soi ou de libération collective portés par les actrices et acteurs du travail. Mais le travail désigne aussi l'ensemble des activités assurant la connexion et régulant les interactions entre les sociétés et la nature qui permettent aux premières de se reproduire (La production des hommes, 2005, 2e éd. 2014, Après la production. Travail, nature et capital, 2019) : la soumission des activités de travail à l'impératif productif sous les rapports sociaux capitalistes, outre qu'elle réprime les potentialités coopératives du travail, débouche sur une crise de la reproduction sociale qui constitue, selon Franck Fishbach, une dimension essentielle de la crise écologique contemporaine (Pour la Théorie critique. Raison, nature et société, 2024).

Publications[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Du commencement en philosophie. Étude sur Hegel et Schelling, Paris, Vrin, 1999.
  • La reconnaissance. Fichte et Hegel, Paris, PUF, 1999.
  • Fichte. Fondement du droit naturel, Paris, Ellipses, 2000.
  • L'être et l'acte. Enquête sur les fondements de l'ontologie moderne de l'agir, Paris, Vrin, 2002.
  • La production des hommes. Marx avec Spinoza, Paris, PUF, 2005 (seconde édition revue et complétée, Paris, Vrin, 2014) ; Marx with Spinoza. Production, Alienation, History, translated by Jason Read, Edinburgh University Press, 2023 ; La producción de los hombres. Marx con Spinoza, traducción de Julien Canavera, Prensas de la Universidad de Zaragoza, 2024..
  • Sans objet. Capitalisme, subjectivité, aliénation, Paris, Vrin, 2009 (2e édition en 2012, 3e édition en 2016).
  • Marx. Relire Le Capital, Paris, PUF, coll. "Débats philosophiques", 2009.
  • Manifeste pour une philosophie sociale, Paris, La Découverte, 2009 ; Manifest fur eine Sozialphilosophie, übersetzt von L. Peter, mit einem Nachwort von Th. Bedorf und K. Röttgers, Bielefeld, transcript Verlag, 2016.
  • La privation de monde. Temps, espace et capital, Paris, Vrin, 2011.
  • La critique sociale au cinéma, Paris, Vrin, 2012.
  • Histoires et définitions de la philosophie sociale, ouvrage co-dirigé avec Eric Dufour et Emmanuel Renault, Paris, Vrin, 2013.
  • Philosophies de Marx, Paris, Vrin, 2015.
  • Le sens du social. Les puissances de la coopération, Montréal, Lux Éditeur, 2015.
  • Qu'est-ce qu'un gouvernement socialiste? Ce qui est vivant et ce qui est mort dans le socialisme, Montréal, Lux Éditeur, 2017.
  • Après la production. Travail, nature et capital, Paris, Vrin, 2019.
  • Histoire philosophique du travail (en collaboration avec Anne Merkel, Pierre-Marie Morel et Emmanuel Renault), Paris, Vrin, 2022.
  • Philosophie du travail. Activité, technicité, normativité (avec Emmanuel Renault), Paris, Vrin, 2022.
  • Pour la Théorie critique. Raison, nature et société, Paris, Vrin, 2024.

Articles en ligne[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Georg Wilhelm Friedrich Hegel, L'esprit du christianisme et son destin, traduction, présentation et notes, Paris, Agora, 1992.
  • Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling, Introduction à l'Esquisse d'un système de philosophie de la nature, traduction, présentation et notes, en coll. avec Emmanuel Renault, Paris, Le Livre de Poche, 2000.
  • Karl Marx, Manuscrits économico-philosophiques de 1844, nouvelle traduction avec présentation et notes, Paris, Vrin, 2007.
  • Axel Honneth, Les pathologies de la liberté. Une réactualisation de la philosophie du droit de Hegel, traduction et présentation, Paris, La Découverte, 2008.
  • Les Jeunes Hégéliens : politique, religion, philosophie. Une anthologie, Paris, Gallimard, coll. "NRF, Bibliothèque de Philosophie", 384 p., 2022 (ISBN 978-2072895241)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « FISCHBACH Franck | Université de Strasbourg - Academia.edu », sur unistra.academia.edu (consulté le )
  2. Cf. compte-rendu dans Revue française de sociologie 1-2011, p. 175-180.
  3. Cf. l'article de Robert Maggiori Le lien social effiloché dans Libération, 11/11/2015 : http://next.liberation.fr/livres/2015/11/11/le-lien-social-effiloche_1412677.
  4. Cf. François Ewald, "Le retour de la question sociale", Les Echos, 19 septembre 2009.
  5. Cf. Axel Honneth, Ce que social veut dire, tome 2 : Les pathologies de la raison, tard. Pierre Rusch, Paris, Gallimard, 2015 : dans l'Introduction à l'édition française, Axel Honneth (note 5, p.13-14) renvoie au travail de Franck Fischbach comme continuation du sien en matière de définition de la philosophie sociale et de ses rapports avec la philosophie politique.
  6. Cf. Louis Pinto, "Pour réveiller les philosophes", in Le Monde diplomatique, mai 2012 : http://www.monde-diplomatique.fr/2012/05/PINTO/47693. Voir aussi l'entretien donné par Franck Fischbach à Actu-Philosophia en octobre 2012 sur http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article411