Évelyne Pisier

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Évelyne Pisier, née le à Hanoï et morte le [1], est une écrivaine et politologue française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'un haut fonctionnaire français, Georges Pisier (30 juin 1910- 13 mars 1986), maurrassien partisan du régime de Vichy en poste à Hanoï, elle est internée à quatre ans dans un camp de concentration japonais après l'invasion japonaise de l'Indochine. Elle vit ensuite à Nouméa, où son père est muté et où naît son frère Gilles Pisier puis, ses parents s'étant séparés, s'installe à Nice avec sa mère et sa sœur, Marie-France Pisier[2]. Sa mère se donne la mort par empoisonnement en 1988, à l'âge de 64 ans, deux ans après que son père se fut également suicidé par arme à feu[3].

En 1964, militante féministe et engagée à gauche, elle embarque avec d'autres étudiants (dont Marcel-Francis Kahn[4]) à Cuba où elle se lie à Fidel Castro[5]. Elle épouse ensuite Bernard Kouchner avec qui elle aura trois enfants.

Sans cesser de militer, Evelyne Pisier soutient sa thèse de droit public en 1970[2] à l'université Paris II[6], sous la direction de Georges Lavau et intitulée Le service public dans la théorie de l'État de Léon Duguit (LGDJ, 316 p.). Elle devient l'une des premières femmes agrégées de droit public et de science politique[7]. En 1972[8], elle est nommée enseignante à l'IEP de Paris.

Son ami le philosophe Pierre Bouretz dit d'Evelyne Pisier qu'elle eut "une enfance à la Marguerite Duras, loin du milieu universitaire et de ses codes. Ce qu’elle a obtenu, elle l’a gagné par son intelligence et sa détermination".

Elle se remarie avec le politologue Olivier Duhamel, et ensemble, ils adoptent deux enfants chiliens[2] : une fille, Aurore, en 1987 et un garçon, Simon, 1989[2]. Elle relate cette expérience dans le livre Une Question d'âge, une "autobiographie fictionnée"[2] publié en 2005.

En 1989, elle est nommée directrice du Livre et de la Lecture au ministère de la Culture par Jack Lang[9]. Elle est démise de ses fonctions par Jacques Toubon en 1993[10].

En 1994, Evelyne Pisier devient professeur émérite à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne.

Décorations[modifier | modifier le code]

Elle est faite chevalier de la Légion d'honneur en 1998[11].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Avec François Châtelet, Les conceptions politiques du XXe siècle : histoire de la pensée politique, 1981.
  • Avec Olivier Duhamel et François Châtelet, Histoire des idées politiques, 1982, rééd. PUF, « Quadrige », 2004.
  • (sous la direction de -), Les interprétations du stalinisme, PUF, collection Recherches politiques, 1983.
  • Avec Pierre Bouretz, Le paradoxe du fonctionnaire, PUF.
  • Avec Françoise Barret-Ducrocq, Femmes en tête, 1989.
  • Avec Marin Karmitz et Jean-François Chougnet, La création face aux systèmes de diffusion : rapport du groupe création culturelle, compétitivité et cohésion sociale, 1993.
  • La dernière fois, 1994.
  • Avec Carmen Castillo, Sonia Rykiel : quand elle n'a pas de rouge elle met du noir.
  • Avec Françoise Collin et Hélène Varika, Les femmes, de Platon à Derrida : Anthologie critique, Paris, Dalloz, 2011.
  • professeur émériteAvec Olivier Duhamel et François Châtelet, Dictionnaire des œuvres politiques, PUF, « Quadrige dicos poche », 2001, (ISBN 9782130393627).
  • Une question d'âge, 2005[12].
  • On ne corrige pas les fautes, 2006.
  • Avec Caroline Laurent, Et soudain, la liberté, 2017 - Prix Marguerite Duras 2017[13]

Scénarios[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Mort d’Evelyne Pisier, figure intellectuelle de gauche », sur Le Monde.fr, (consulté le 11 février 2017)
  2. a b c d et e Pascale Nivelle, « Un instant d'abandon », Libération, 5 janvier 2005.
  3. Pascale Nivelle, « Un instant d'abandon », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  4. https://www.lemonde.fr/archives/article/1998/05/10/marcel-francis-kahn-le-mandarin-et-les-katangais_3646372_1819218.html.
  5. Évelyne Pisier, interviewée par Michel Peyrard, « Évelyne Pisier : "Fidel, mon amour, mon amant" », Paris Match, semaine du 1er au 7 novembre 2016, p. 82-83.
  6. http://www.sudoc.fr/091483387.
  7. https://www.lesechos.fr/23/04/2014/LesEchos/21674-128-ECH_camille-kouchner.htm.
  8. https://www.lemonde.fr/archives/article/1972/12/30/les-resultats-de-l-agregation-de-droit-public-et-science-politique_2393515_1819218.html.
  9. Pouvoirs, Numéros 44-47, Presses universitaires de France, 1988, p. 66.
  10. https://www.lemonde.fr/archives/article/1993/05/20/demise-de-la-direction-du-livre-par-jacques-toubon-evelyne-pisier-denonce-les-comploteurs-de-l-ombre_3947371_1819218.html.
  11. https://www.lemonde.fr/archives/article/1998/01/03/legion-d-honneur_3623136_1819218.html.
  12. Jacqueline Rémy, « Quand les enfants grandissent », L'Express, 3 janvier 2005.
  13. Cécile Mazin, « Le Prix Marguerite Duras 2017 attribué au roman “Et soudain, la liberté” », sur www.actualitte.com, (consulté le 28 septembre 2017).

Liens externes[modifier | modifier le code]