Carte géographique

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Carte mondiale datant de 1154 réalisée par Al Idrissi pour Roger II de Sicile.

Une carte géographique est une représentation d'un espace géographique. Elle met en valeur l'étendue de cet espace, sa localisation relative par rapport aux espaces voisins, ainsi que la localisation des éléments qu'il contient. Les cartes servent également à représenter des phénomènes géographiques, c'est-à-dire des phénomènes dont la configuration spatiale produit du sens.

Les applications de ce type de représentation sont aussi variées que la navigation, l'aménagement du territoire, les études démographiques ou la communication. La discipline qui a pour objet la création et l'étude des cartes géographiques est la cartographie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un portulan de 1541
Carte de France de 1843

La plus ancienne carte connue remonte à 2600 avant J.-C. en Mésopotamie[1]. Elle fut découverte sur le site de la Ville de Ga-Sur[2], sous la forme d'une tablette de terre cuite censée représenter une vision du territoire de l'actuel Irak du Nord.

Les premières cartes sont établies au jour le jour, au fur et à mesure des explorations terrestres ou maritimes, et étaient complétées suite aux nouvelles découvertes ; on trouve ainsi des cartes anciennes sur lesquelles des portions sont restées blanches.

À partir des grandes découvertes, dès la fin du XVe siècle, sont développées les représentations par planisphères et mappemondes.

À la fin du XIIIe siècle, les portulans apparaissent : ils représentent les ports de commerce, les amers (objets fixes et visibles servant de point de repère en mer ou sur la côte), les îles et les abris. Ces cartes, ancêtres des cartes marines, utilisées par les navigateurs, ne détaillent pas l'intérieur des terres.

Jusqu'au XVIIIe siècle, la langue française utilise indifféremment les mots carte et mappe qui a donné le terme mappemonde ainsi que le vocable anglais map (carte). Ainsi l'administration du Royaume de Piémont Sardaigne réalise à la fin du XVIIIe siècle, dans le Duché de Savoie, le premier cadastre européen appelé mappe sarde.

En France, la Carte de Cassini est première carte topographique du territoire produite de manière systématique. Elle est dressée par quatre générations de cartographes tous issus de la famille Cassini, au XVIIIe siècle. Cette carte imposante comporte 181 feuilles au 1/86 400 qui, mises côte à côte forment un carré de 11 mètres de côté. Cette prouesse cartographique est entièrement réalisée par triangulation de 1756 à 1815.

Description[modifier | modifier le code]

Étendue géographique[modifier | modifier le code]

Carte céleste du XVIIe siècle, réalisée par le cartographe hollandais Frederik de Wit.

L'étendue géographique d'une carte peut être très restreinte comme très vaste. À un extrême se trouvent les plans d'architectes se limitant à l'emprise d'un bâtiment ou d'un ensemble de bâtiments ; à l'autre extrême se trouvent les cartes mondiales représentant l'ensemble du globe terrestre.

Une carte géographique peut représenter aussi bien la surface terrestre usuelle que les mers et océans, fonds marins, l'atmosphère, le sous-sol, un monde légendaire ou imaginaire.

Une carte géographique peut également représenter un espace géographique dans le passé, le présent ou le futur, ou extra-terrestre : carte du ciel, de la Lune, de planètes comme Mars ou Vénus.

Phénomènes cartographiés[modifier | modifier le code]

Tout phénomène pouvant être localisé peut être représenté sur une carte géographique.

Une classification des cartes peut être établie par la nature des phénomènes cartographiés. Voici des exemples de types de cartes :

Localisation[modifier | modifier le code]

Les phénomènes identifiés sur une carte géographique peuvent être localisés de deux manières différentes :

  • par positionnement direct. La position d'un phénomène est donnée par ses coordonnées. Ces coordonnées peuvent être calculées grâce à des outils graphiques tels que la rose des vents, l'échelle, un carroyage, une grille ou un cadre disposant des amorces d'une grille. Par exemple, les cartes modernes présentent couramment des repères permettant de localiser les coordonnées fournies par un équipement GPS ;
  • par positionnement indirect. La position d'un phénomène peut être déduite de la position d'autres phénomènes. Par exemple : une ville peut être localisée par l'intersection d'une route et d'une rivière. Cette méthode de localisation est facilitée par la présence de points de repère. Ces derniers peuvent être des cours d'eau et des villes sur des cartes à petite échelle ou bien des points remarquables du paysage pour les cartes à plus grande échelle.

Représentation[modifier | modifier le code]

Une carte géographique est une représentation. Elle s'inscrit dans une démarche de communication. Par conséquent, les conventions graphiques utilisées doivent être adaptées au lectorat ciblé et ne sont pas universelles. Elles ont évolué au cours du temps et continuent à évoluer en fonction de la culture des auteurs ou des lecteurs, de même que les unités de mesures (yard, coudée, verges, mètre, etc.). En effet, selon les pays et les domaines d'application les mêmes entités peuvent être représentées de manières différentes. Les conventions graphiques utilisées pour représenter les phénomènes sur une carte sont décrites dans sa légende.

Malgré les différences culturelles évoquées ci-dessus, les éléments graphiques suivants peuvent être trouvés sur une majorité de cartes géographiques :

  • des surfaces représentant des phénomènes ayant une étendue : une forêt, une étendue d'eau, la zone d'impact d'une catastrophe par exemple ;
  • des lignes représentant des phénomènes ayant une extension spatiale unidirectionnelle : une limite, un tronçon de réseau, un itinéraire par exemple. Sur certaines cartes, ces lignes peuvent prendre l'apparence de flèches pour symboliser un déplacement ;
  • des symboles peuvent représenter des phénomènes tels que les marées et courants (flèches vectorielles) ainsi que la profondeur de l'eau, la position des bancs de sable, récifs, phares, etc. (cartes marines) ;
  • des symboles représentant des phénomènes ponctuels tels qu'un arbre isolé sur une carte de randonnée, l'épicentre d'un séisme ou une ville sur une carte du Monde ;
  • des textes permettant de préciser la nature d'autres éléments graphiques tels que ceux évoqués ci-dessus : le nom d'une forêt, d'un point d'eau, un numéro de rue, par exemple.

Les progrès de l'informatique permettent maintenant de visualiser une carte avec une simulation « 3D » de relief, ou un ou plusieurs fond de couches SIG, ou un assemblage d'images satellite en relief exacerbé (avec Google Earth, par exemple, qui est un logiciel permettant de survoler virtuellement tout le globe terrestre). Certains logiciels permettent de plonger dans l'eau ou sous le sol, dès lors que des bases de données ad hoc, décrivant ces zones sont disponibles.

Support des cartes[modifier | modifier le code]

Traditionnellement les cartes géographiques sont représentées sur un support plan. Quand la représentation concerne tout le globe terrestre, on parle alors d'un planisphère ou d'une mappemonde. Cependant, d'autres supports peuvent être utilisés :

  • globe terrestre ;
  • carte en relief : support en relief représentant l'altitude et la hauteur des éléments constituant le site représenté ;
  • carte dématérialisée : carte sur ordinateur ou équipements électroniques embarqués (systèmes d'aide à la navigation par exemple) ;
  • vue 3-D : représentation en 3 dimensions, à l'aide d'outils informatiques, prenant en compte l'altitude ou la hauteur des phénomènes cartographiés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Elle se trouve au musée sémitique de l'Université de Harvard.
  2. Située à 320 km au nord de la cité de Babylone.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Atlas du XIXe siècle, éd. 2002, J. Charlier (sous la dir.), Nathan.
  • L'Atlas du Monde diplomatique, 1re édition janv. 2003, 2e éd. fév. 2006 ; cartes géopolitiques (conflits, rapports de force), de la mondialisation, environnementales, de l'Asie.
  • Jacques Lévy, 2004, La Carte, enjeu contemporain, coll. La Documentation photographique, dossier n°8036, La Documentation française.
  • L'Atlas des atlas, hors-série du magazine Courrier international, mars 2005 ; historique de la cartographie, utilisation des cartes par les États, utilisations diverses (en art notamment).
  • Jean-Christophe Victor & al., 2005, Le Dessous des Cartes, Atlas géopolitique, éd. Tallandier-Arte.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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