Wilhelm Keitel

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Wilhelm Keitel
Image illustrative de l'article Wilhelm Keitel

Nom de naissance Wilhelm Bodewin Johann Gustav Keitel
Naissance
Helmscherode
Décès (à 64 ans)
Nuremberg
Origine Allemand
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand
Flag of Germany.svg République de Weimar
Flag of the German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme War Ensign of Germany 1903-1918.svg Deutsches Reichsheer
Flag of Weimar Republic (war).svg Reichswehr
Balkenkreuz.svg Wehrmacht
Grade Generalfeldmarschall
Années de service 19011945
Conflits Première Guerre mondiale,
Seconde Guerre mondiale
Commandement Oberkommando der Wehrmacht

Wilhelm Keitel est un officier général allemand, né le à Helmscherode, près de Hanovre, et mort le à Nuremberg. Il a été Generalfeldmarschall[a] et chef de l’Oberkommando der Wehrmacht[b] de 1938 à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Au cours du procès de Nuremberg, il a été condamné à mort pour plan concerté ou complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Il est l'un des instigateurs du décret Nacht und Nebel.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Wilhelm Keitel est né dans une famille de grands propriétaires fonciers. Adolescent, il aimait parcourir la campagne et, en particulier, les exploitations de ses parents, pour rêver et jouer à la guerre avec d'autres enfants.

Après une éducation à Göttingen, il s'enrôle dans l'armée comme Fahnenjunker (officier cadet) en 1901 et rejoint le 6e régiment d'artillerie de campagne de Basse-Saxe. Il épouse Lisa Fontaine (1887-1959) en 1909.

Pendant la Première Guerre mondiale, il sert sur le front de l'Ouest avec le 46e régiment d'artillerie, en qualité de commandant de batterie. En , pendant les combats en Flandres, il est gravement blessé au bras droit par un éclat d'obus. Il se rétablit et revient au service au début de l'année 1915 en tant que membre de l'état-major.

Après la guerre, il reste dans la nouvelle Reichswehr et aide à organiser les Freikorps, garde-frontières avec la Pologne, puis il est instructeur pendant deux ans à l'école de cavalerie de Hanovre.

À la fin de 1924, il est transféré au ministère de la Guerre de la République de Weimar qui était alors dissimulé sous le vocable « bureau des troupes » (Truppenamt). Il garde son poste après l'arrivée des nazis au pouvoir et même en est promu comme le chef avec la recommandation de Werner von Fritsch.

Le , Hitler arrive au pouvoir et, durant la période suivante, Keitel, en convalescence à la clinique de Tatra-Westerheim en Tchécoslovaquie pour une thrombose à une jambe, apprend la nouvelle. À son retour à Berlin, Keitel devient chef de service du ministre de la Défense, le général von Blomberg. Le , Keitel prend le commandement d'une division d'infanterie à Potsdam et, malgré le traité de Versailles et avec la complicité de la Reichswehr, il prépare, dans les écuries de l'ancien régiment de la garde, une manufacture d'armes. Ce dépôt d’armes, utilisé par les SS pour préparer la nuit des Longs Couteaux, est déplacé, tenu secret et gardé par le Major du contre-espionnage Anton Rintelen (en).

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Signature de la capitulation allemande par Wilhelm Keitel le .

En 1937, il est nommé général et, en 1938, après l'affaire Blomberg-Fritsch suivie du remplacement du Reichswehrministerium par l’Oberkommando der Wehrmacht (en abrégé, l’OKW, ou en français le « haut-commandement des forces armées »), il devient le « chef de ce Grand État-Major[b] ». Il est nommé Generalfeldmarschall le . Il est vraisemblable que Hitler choisit ce personnage falot, qualifié par Blomberg de simple « chef de bureau », pour mieux contrôler la Wehrmacht par lui-même.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se montre un commandant faible et précautionneux, voire pusillanime. Il s'oppose à l'invasion de la Pologne puis de la France. À chaque fois, il propose sa démission, mais elle n'est pas acceptée.

En septembre 1942, Keitel prend la défense, contre Hitler, du Generalfeldmarschall Wilhelm List dont le groupe d'armées, profondément avancé vers la mer Caspienne, éprouve de sérieuses difficultés face aux Soviétiques lors des batailles du Caucase : il s'agit ici de sa dernière confrontation avec le Führer ; List est néanmoins relevé de son commandement et, à compter de cet incident, Keitel exécute passivement tout ce qui lui est ordonné : il aurait ainsi reçu de ses collègues le surnom de Lakaitel (Lakai signifiant laquais), pour faire un jeu de mots avec son nom de famille. Il signe tous les ordres, y compris les plus critiquables éthiquement, notamment ceux permettant à Himmler d'exercer sa terreur en Russie.

Keitel préside le tribunal d'honneur militaire (Ehrenhof) qui exclut de la Wehrmacht et remet au Volksgerichtshof[c] les officiers[d] qui ont tenté d'assassiner Hitler le , cela pour qu'ils soient éliminés sans les faire comparaître devant une cour martiale (Militärgericht).

Fiche de détention de Keitel après son arrestation par les forces américaines.

Le à Berlin, Keitel signe les actes de capitulation de l'Allemagne en tant que chef de la délégation allemande qui comprend également Stumpff, Friedeburg et six autres officiers. En entrant dans la salle, il salue de son bâton de maréchal les délégations alliées, salutation à laquelle personne ne répond[réf. nécessaire]. Apercevant le drapeau tricolore, il fait remarquer, à haute voix : « Ah ! Il y a aussi des Français ! Il ne manquait plus que cela ! ». Il demande en vain la clémence des vainqueurs à l'égard de l'Allemagne vaincue[1].

Au procès de Nuremberg, il plaide d'abord non coupable, mais reconnaît son « erreur » avant le verdict, tout en fondant sa défense sur une obéissance sans limite[2]. Il est condamné à mort pour plan concerté ou complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l'humanité en raison de son rôle prépondérant dans la guerre d'extermination à l'Est. Il demande vainement à être fusillé mais il est pendu comme les autres condamnés[3].

Avant d'être exécuté, il s'exclame Deutschland über alles ! (« L'Allemagne au-dessus de tout ! »).

Dépouille de Keitel à Nuremberg, après son exécution par pendaison.

L'étroitesse de la trappe du gibet a provoqué des contusions faciales sur plusieurs condamnés, ce qui explique que le visage de Keitel est ensanglanté sur les images prises post mortem[e].

Promotions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. À compter du  : il est promu à ce grade comme douze autres officiers généraux, après le succès de l’invasion de la France, lors d’une cérémonie à Berlin (en). À cette occasion Göring, qui a déjà le titre depuis 1938, est quant à lui promu Reichsmarschall.
  2. a et b Comme il n'y a pas d’équivalent exact dans le langage militaire français actuel, une traduction de ce titre pourrait être « adjoint au commandant en chef des forces armées allemandes », le commandant en chef étant Adolf Hitler. En outre, Keitel n'exerçait pas de commandement direct sur les commandants en chef des diverses branches armées composant la Wehrmacht : l'Armée de terre (la Heer), l'Armée de l'air (la Luftwaffe), la Marine (la Kriegsmarine).
  3. « Volksgerichtshof » se traduit littéralement par le « tribunal du peuple » : il s'agit d’un tribunal civil.
  4. Dont le Generalfeldmarschall Erwin von Witzleben et le Generaloberst Erich Hoepner.
  5. Comme le montre la photographie ci-contre.

Références[modifier | modifier le code]

  1. op. cit. Maurice Vaïse (1995) p. 15.
  2. Keitel, Wilhelm (1946), Schlusswort des Angeklagten. Dans Der Nürnberger Prozess gegen die Hauptkriegsverbrecher vor dem internationalen Militärgerichtshof. Nürnberg 14. November 1945 - 1. Oktober 1946. t. 22, p. 428-431 : Ich habe geirrt und war nicht imstande zu verhindern, was hätte verhindern werden müssen, ce qui signifie : « J'ai commis une erreur et n'ai pas été en mesure d'empêcher ce qui aurait dû être empêché ».
  3. En effet, Keitel estime que la mort par pendaison est infamante.
  4. Christian Bernadac, La Luftwaffe, Paris, Éditions France empire, coll. « Le Glaive et les Bourreaux », , p. 165.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Bernadac, La Luftwaffe, Paris, Éditions France empire, coll. « Le Glaive et les Bourreaux », , p. 164 à 174.
  • Maurice Vaïsse (dir.), « Une capitulation sans conditions pour l’Allemagne : 7, 8 et 9 mai 1945, la Paix », Historia Spécial, Paris, Historama, vol. 35 « Il y a cinquante ans : la capitulation de l’Allemagne », no 35,‎ , p. 10-17.