Wilhelm Keitel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Keitel.
Wilhelm Keitel
Image illustrative de l'article Wilhelm Keitel

Naissance
Helmscherode
Décès (à 64 ans)
Nuremberg
Origine Allemand
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand
Flag of Germany.svg République de Weimar
Flag of German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme War Ensign of Germany 1903-1918.svg Deutsches Reichsheer
Flag of Weimar Republic (war).svg Reichswehr
Balkenkreuz.svg Wehrmacht
Grade Generalfeldmarschall
Années de service 19011945
Conflits Première Guerre mondiale,
Seconde Guerre mondiale
Commandement Oberkommando der Wehrmacht

Wilhelm Bodewin Johann Gustav Keitel est un officier militaire allemand, né le à Helmscherode, près de Hanovre, et mort le à Nuremberg. Il fut maréchal et commandant suprême des forces armées allemandes, pendant la Seconde Guerre mondiale. Au cours du procès de Nuremberg, il fut condamné à mort pour plan concerté ou complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Il est l'un des instigateurs du décret « Nacht und Nebel ».

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né d'une grande famille propriétaire de biens fonciers. Adolescent, il aimait parcourir la campagne et, en particulier, les exploitations de ses parents, pour rêver et jouer avec d'autres enfants à la guerre, jeu déjà préféré de Wilhelm. Après une éducation à Göttingen, il s'enrôla dans l'armée comme Fahnenjunker (officier cadet) en 1901 et rejoignit le 6e régiment d'artillerie de campagne de Basse-Saxe. Il épousa Lisa Fontaine en 1909. Son épouse est décédée en 1978.

Pendant la Première Guerre mondiale, il servit sur le front de l'Ouest avec le 46e régiment d'artillerie, en qualité de commandant de batterie. En , pendant les combats en Flandres, il fut gravement blessé au bras droit par un éclat d'obus. Il se rétablit et devint membre de l'état-major au début de 1915.

Après la guerre, il resta dans la nouvelle Reichswehr et aida à organiser les Freikorps, garde-frontières avec la Pologne, puis il fut instructeur pendant deux ans à l'école de cavalerie de Hanovre.

À la fin de 1924, il fut transféré au Ministère de la Guerre de la République de Weimar qui était alors déguisé en office des troupes (Truppenamt). Il garda son poste après l'arrivée des Nazis au pouvoir et même en fut promu comme le chef avec la recommandation de Werner von Fritsch.

Le , Hitler arriva au pouvoir et, durant la période suivante, Keitel, en convalescence à la clinique de Tatra-Westerheim en Tchécoslovaquie pour une thrombose à une jambe, apprit la nouvelle. À son retour à Berlin, Keitel devint chef de service du ministre de la Défense, le général von Blomberg. Le , Keitel prit le commandement d'une division d'infanterie à Potsdam et, malgré le traité de Versailles et avec la complicité de la Reichswehr, il prépara, dans les écuries de l'ancien régiment de la garde, une manufacture d'armes. Ce dépôt d’armes, utilisé par les SS pour préparer la nuit des Longs Couteaux, fut déplacé, tenu secret et gardé par le major du contre-espionnage Anton Rintelen.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Signature de la capitulation allemande par Wilhelm Keitel le 7 mai 1945

En 1937, il est général et, en 1938, après l'affaire Blomberg-Fritsch suivie du remplacement du Reichswehrministerium par le Oberkommando der Wehrmacht (OKW, haut commandement des forces armées), il devient le chef suprême des troupes. Il est nommé Generalfeldmarschall en 1940. Il est vraisemblable qu'Hitler choisit ce personnage falot, qualifié par Blomberg de simple « chef de bureau », pour mieux contrôler la Wehrmacht lui-même.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se montra un commandant faible et précautionneux, voire pusillanime. Il s'opposa à l'invasion de la Pologne puis de la France. À chaque fois, il donna sa démission, mais elle ne fut pas acceptée.

En septembre 1942, Keitel prit la défense, contre Hitler, du Generalfeldmarschall Wilhelm List dont le groupe d'armées, profondément avancé vers la mer Caspienne, éprouvait de sérieux problèmes face aux Soviétiques lors des batailles du Caucase : ce fut sa dernière confrontation avec le Führer, List fut relevé de son commandement et, désormais, Keitel exécuta passivement tout ce qui lui fut ordonné : il reçut de ses collègues le surnom de Lakaitel (« Lakai » signifiant laquais), jeu de mot avec son nom de famille. Il signait tous les ordres, y compris les plus critiquables éthiquement, permettant à Himmler d'exercer sa terreur notamment en Russie. Il présida le tribunal qui remit à Roland Freisler, président du Volksgerichtshof (le « tribunal du peuple »), les officiers qui avaient tenté de tuer Hitler le 20 juillet 1944, pour qu'ils soient éliminés.

Fiche de détention de Keitel après son arrestation par les forces américaines.

Le 8 mai 1945 à Berlin, il présenta à l'Union soviétique la capitulation de l'Allemagne. Il conduit la délégation allemande. En entrant, il salue de son bâton de maréchal. Apercevant le drapeau tricolore, il fait remarquer, à haute voix : « Ach ! Il y a aussi des Français ! Il ne manquait plus que cela ! »[1] Il est escorté de Stumpf, Friedeburg et six officiers allemands.

Au procès de Nuremberg, il plaide d'abord non coupable, mais reconnaît son « erreur » avant le verdict, tout en fondant sa défense sur une obéissance sans limite[2]. Il est condamné à mort pour plan concerté ou complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour son rôle prépondérant dans la guerre d'extermination à l'Est et pendu. Il demande vainement à être fusillé plutôt que pendu[3].

Avant d'être exécuté, il s'exclame Deutschland über alles ! (« L'Allemagne au-dessus de tout ! »)

Cadavre de Keitel après son exécution.

L'étroitesse de la trappe du gibet a provoqué des contusions faciales sur plusieurs condamnés. Ce qui explique le sang sur le visage[4].

Promotions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Croix de chevalier
  • Croix de fer de 1er classe (1914) avec l'agrafe de 1939
  • Croix de fer de 2nd classe (1914) avec l'agrafe de 1939
  • Croix de chevalier de l'Ordre de la Maison Royale de Hohenzollern avec glaives
  • Croix du mérite de guerre (Brunswick) de 1er classe
  • Croix du mérite de guerre (Brunswick) de 2nd classe avec le fermoir de “Bewährung”
  • Croix de chevalier de l'Ordre de la Maison Ducale Ernestine de Saxe de 2nd classe avec glaives
  • Insigne d'honneur général du Grand-Duché de Hesse pour acte de bravoure
  • Croix de Frédéric-Auguste d'Oldenbourg de 1er classe
  • Croix hanséatique d'Hambourg
  • Croix hanséatique de Brême
  • Croix d'honneur pour les combattants de 1914–1918
  • Ordre Ducal d'Henri le Lion (Brunswick) de 4e classe
  • Médaille du service de longue durée dans les forces armées de 1er classe (Croix des 25 ans de service)
  • Médaille du service de longue durée dans les forces armées de 2nd classe (Médaille des 15 ans de service)
  • Croix du Mérite militaire de 3e classe avec décoration de guerre
  • Médaille de l'Anschluss
  • Médaille des Sudètes avec barrette du Château de Prague
  • Médaille de Memel
  • Insigne des blessés du 20 juillet 1944 en argent
  • Symbole d'or du Parti nazi (avril 1939)[5]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. op. cit. Maurice Vaïse (1995) p. 15
  2. Keitel, Wilhelm (1946), Schlusswort des Angeklagten. In: Der Nürnberger Prozess gegen die Hauptkriegsverbrecher vor dem internationalen Militärgerichtshof. Nürnberg 14. November 1945 - 1. Oktober 1946. t. 22, p. 428-431 : "Ich habe geirrt und war nicht imstande zu verhindern, was hätte verhindern werden müssen", J'ai commis une erreur et n'ai pas été en mesure d'empêcher ce qui aurait dû être empêché
  3. La mort par pendaison étant jugée infamante
  4. Selon la page anglaise de Wikipedia.
  5. Christian Bernadac, La Luftwaffe, Paris, Éditions France empire, Collection Le Glaive et les Bourreaux (V), 1983, p. 165.


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Christian Bernadac, La Luftwaffe, Paris, Éditions France empire, Collection Le Glaive et les Bourreaux (V), 1983, (ISBN 2-7048-0269-6) pages 164 à 174
  • Maurice Vaïsse (dir.), « Une capitulation sans conditions pour l’Allemagne : 7, 8 et 9 mai 1945, la Paix », Historia Spécial, Paris, Historama, vol. 35 « Il y a cinquante ans : la capitulation de l’Allemagne », no 35,‎ Mai/juin 1995, p. 10-17