Praxis (philosophie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Praxis.

La praxis est un concept philosophique qui vient du grec ancien, théorisé par exemple par Aristote dans l’Éthique à Nicomaque et la Métaphysique. Chez ce penseur, elle désigne la pratique ou l'action, c'est-à-dire les activités qui ne sont pas seulement contemplatives ou théoriques, mais qui transforment le sujet. De surcroît, la praxis est sans autre fin que le perfectionnement de l'agent, ce qui la distingue de la poïésis.

Chez les Grecs[modifier | modifier le code]

L'action au sens strict, est en opposition au faire. Aristote distingue alors la praxis[1] de la poïésis. La praxis a une finalité interne à l'action, non séparable de l'action (« Le fait de bien agir est le but même de l'action. »). La poïésis (ou création, ou production) relève de l'instrumentalité et a pour finalité la production d'un bien ou d'un service, c'est-à-dire de quelque chose d'extérieur à l'action de celui qui le fabrique ou le rend.

Au sens d'action sous-tendue par une idée vers un résultat pratique[2], elle désigne l'ensemble des activités humaines susceptibles de transformer les rapports sociaux et/ou de modifier le milieu naturel.

Hannah Arendt, dans Condition de l'homme moderne, commente et reprend le concept aristotélicien de praxis.

Chez les marxistes[modifier | modifier le code]

Le concept a été largement exploité par les philosophes d'obédience marxiste.

Chez Antonio Gramsci, la philosophie de la praxis désigne sa propre conception du marxisme opposée au déterminisme économique. Selon les situationnistes, qui rejoignent en cela Antonio Gramsci, la praxis est la pratique qui se reconnaît elle-même par la théorie qui découle de son action.

Chez Sartre, dans sa Critique de la raison dialectique, la praxis désigne le champ de l'activité pratique s'opposant à l'hexis (pratique rigidifiée)[3].

Chez Jean-Marie Vincent et André Gorz, qui se réfèrent à Aristote, au faire instrumental (poiésis) est opposé l'agir (praxis) qui recouvre tous les domaines où le but est l'épanouissement de l'homme : il s'agit de l'action politique mais aussi du travail autonome, des loisirs, de l'activité artistique, éducative, solidaire, etc.[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.universalis.fr/encyclopedie/pratique-et-praxis/
  2. Définitions lexicographiques et étymologiques de « Praxis » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  3. Critique de la raison dialectique, tome 1 "théorie des ensembles pratiques"éditions Gallimard p.179
  4. Voir Jean-Marie Vincent, Critique du travail. Le faire et l'agir, Paris, PUF, 1987 ; André Gorz, Métamorphoses du travail, Paris, Galilée, 1988.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Aristote
Marxisme et existentialisme

Articles connexes[modifier | modifier le code]