Jacques Demy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Demy.

Jacques Demy est un cinéaste français, né le 5 juin 1931 à Pontchâteau (Loire-Atlantique) et mort le 27 octobre 1990 dans le 14e arrondissement de Paris.

Principalement connu comme réalisateur, mais également scénariste, dialoguiste, parolier, producteur et acteur, il était proche de la Nouvelle Vague. Il est surtout connu pour ses films musicaux : Les Parapluies de Cherbourg (1964), Les Demoiselles de Rochefort (1967), Peau d'Âne (1970) ou encore Une chambre en ville (1982).

Biographie[modifier | modifier le code]

L'enfance[modifier | modifier le code]

La famille paternelle de Jacques Demy est de Pontchâteau, lieu de sa naissance, où sa grand-mère tient un café pendant son enfance et où est enterré son grand-père, lui aussi nommé Jacques, mort en 1934[N 1]. Son père, Raymond Demy, est garagiste[N 2] (le « garage de l'Hôtel de Ville » et le domicile de la famille se trouvaient au no 9 du quai des Tanneurs à Nantes, devenu, après le comblement de l'Erdre, l'allée des Tanneurs, une contre-allée du cours des 50-Otages[N 3]). Le père de Jacques a espéré que son fils aîné reprendrait plus tard son garage et lui a fait faire un apprentissage de chaudronnier. Sa mère, Marie-Louise, est coiffeuse, mais n'exerce plus, en général. Pour l'été, ils louent pour quelques semaines une maison au hameau de La Chebuette à Saint-Julien-de-Concelles près de Nantes. Jacques a un frère cadet, Yvon, assez proche par l'âge, et une sœur plus jeune, Hélène[1].

Les parents de Jacques Demy sont grands amateurs de spectacles : cinéma (au Katorza, à l'Apollo[N 4]), opérettes ou opéras (au théâtre Graslin), et leur fils le devient aussi très tôt, fréquentant de plus le théâtre de marionnettes[N 5] installé en permanence à Nantes à partir de 1932. À partir de 14 ans, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il devient un véritable cinéphile, lisant la revue L'Écran français et fréquentant le ciné-club de Nantes.

Un praticien précoce des arts du spectacle[modifier | modifier le code]

Il est aussi très tôt devenu un praticien des arts du spectacle : dès quatre ans avec son propre théâtre de marionnettes, et, à partir de neuf ans, avec un petit projecteur de cinéma. Un peu plus tard, il réalise quelques films d'animation par la technique de la peinture sur pellicule. Il a aussi reçu un enseignement musical (violon) entre 1939 et 1943.

De septembre 1943 à août 1944, en raison des risques liés aux bombardements de Nantes, il est réfugié chez un sabotier de la Pierre Percée, près de Nantes[N 6], non loin de la Chebuette. À ce moment ou un peu plus tard[N 7], il réalise notamment un film sur une attaque aérienne contre le pont de Mauves. Fin 1944, il achète sa première caméra, et il en aura une plus perfectionnée à la fin de 1946. Il réalise d'abord quelques films avec acteurs, ainsi que des documentaires, en particulier, en 1947, Le Sabot, suite de son séjour à La Chapelle-Basse-Mer et première ébauche de son film Le Sabotier du Val de Loire (1955). Mais surtout, de 1946 à 1948, il se consacre à l'animation de personnages miniatures, réalisant des films de quelques minutes, La Ballerine puis Attaque nocturne[N 8]. C'est à cette période qu'il rencontre pour la première fois le cinéaste Christian-Jaque, de passage à Nantes, qui l'encourage et pousse son père à accepter la vocation du jeune Demy[2].

Études secondaires et Beaux-Arts de Nantes[modifier | modifier le code]

Il fait des études de type primaire supérieur jusqu'à l'âge de 14 ans et entre le 1er octobre 1945 au collège Launay[N 9]. Lui-même, qui envisageait déjà de devenir cinéaste, aurait préféré faire des études longues au lycée Clemenceau, mais il s'est heurté à un refus de la part de son père, pour les études classiques comme pour le cinéma. Malgré cela, il réussit bien dans toutes les matières, alors qu'il ne s'intéresse qu'aux Lettres et au Dessin. Il semble avoir obtenu le Brevet d'études industrielles et un CAP de mécanicien garagiste[N 10].

Sur son temps libre (le jeudi, le dimanche matin, certains soirs), il suit des cours à l'école des Beaux-Arts de Nantes[N 11],[3] ; il y rencontre des gens qui participeront à la suite de sa carrière : Bernard Evein, de Saint-Nazaire et Jacqueline Moreau, d'Ancenis (future costumière) ou à un moindre degré, André Guérin et Jean Porcher.

Comme le montre bien le film Jacquot de Nantes réalisé par Agnès Varda, le cinéma a été une véritable vocation pour Jacques Demy. Après qu'il est arrivé au terme de ses études secondaires, son père va mettre fin à son opposition antérieure.

Études supérieures et débuts professionnels[modifier | modifier le code]

En 1949, Jacques Demy, aidé par Christian-Jaque, part à Paris suivre les cours de l'ETPC (École technique de photographie et de cinématographie), située rue de Vaugirard[2]. Il retrouve ses condisciples des Beaux-Arts de Nantes, entrés à l'IDHEC ou aux Beaux-Arts de Paris, ainsi qu'un nouveau venu, sorti de l'école d'architecture de Nantes, Bernard Toublanc-Michel. Pour son épreuve de sortie en 1952[3], il réalise un court-métrage de dix minutes, Les Horizons morts. Il accomplit ensuite son service militaire[4].

À son retour, il envisage de travailler dans le cinéma d'animation et se met au service de Paul Grimault[3], avec lequel il réalise des parties de films publicitaires, animant notamment des boîtes de pâtes Lustucru. En même temps, il a plusieurs projets personnels qui n'aboutissent pas : Les Très Riches Heures d'une enfant sage (sur un scénario personnel) ; Le Faux Nez (sur un scénario de Jean-Paul Sartre). Cependant, il est remarqué par une firme de publicité qui va lui procurer plusieurs mois de travail, en collaboration avec Bernard Evein. C'est aussi l'époque où il se lance dans un roman, qu'il abandonne rapidement, mais qui est la première ébauche du scénario d'Une chambre en ville[4].

Il se réoriente vers le cinéma documentaire et, en 1953, écrit le scénario du Sabotier du Val de Loire[3]. Il prend contact avec le documentariste Georges Rouquier qui apprécie ce travail et prend Jacques Demy comme assistant pour un documentaire sur Lourdes et pour un autre sur Arthur Honegger, tournés en 1954-1955. Georges Rouquier réussit à mettre sur pied la production du Sabotier avec Pathé-Cinéma[N 12] ; le film est tourné en octobre 1955, obtenant un grand succès critique en 1956.

Il est ensuite engagé par Jean Masson pour un film d'actualité, Le Mariage de Monaco, une commande de la principauté, sur le mariage de Grace Kelly[N 13] et de Rainier III de Monaco[5]. À la fin de l'année 1956, il est de nouveau assistant de Georges Rouquier pour le film S.O.S. Noronha[3].

Les courts métrages de la fin des années 1950[modifier | modifier le code]

Le Bel Indifférent (1957)[6]

Sur le tournage de S.O.S. Noronha, il a fait connaissance de Jean Marais qui lui permettra ensuite de contacter Jean Cocteau ; celui-ci donne à Jacques Demy les droits cinématographiques de sa courte pièce Le Bel Indifférent, créée en 1940. Ce court-métrage est aussi produit par Pathé-Cinéma, compte tenu du succès du Sabotier, bien que les acteurs d'abord envisagés (Édith Piaf et Paul Meurisse) aient dû être remplacés par Jeanne Allard, une actrice moins connue et Angelo Bellini, un non professionnel recruté sur son apparence pour un rôle totalement muet.

Le Musée Grévin (1958)[7]

En 1958, Jacques Demy met au point le scénario d'un long-métrage, Un billet pour Johannesbourg (le futur Lola), mais dans l'immédiat doit continuer avec des courts métrages. Il est de nouveau le collaborateur de Jean Masson pour Le Musée Grévin (musique de Jean Françaix), un film dont il ne se montre pas très satisfait par la suite.

La Mère et l'enfant (1959)[8]

C'est une commande du Ministère de la Santé sur l'éducation des jeunes enfants de la naissance à l'âge de deux ans. Passés les conseils prodigués aux jeunes mamans, ce film a une tonalité propre à Jacques Demy dans la mesure où est valorisée l'idée de la prise d'autonomie de l'enfant par rapport à sa mère.

Ars (1959)[9]

Un peu plus tard, il a une proposition d'une maison de production catholique, les Productions du Parvis, qui avait financé le film sur Lourdes ; il s'agit cette fois d'un sujet sur la vie du curé d'Ars. Jacques Demy est d'abord réticent, puis accepte après être allé à Ars. C'est avec ce film que commence sa collaboration avec Philippe Dussart, un des dirigeants des Productions du Parvis, qui sera directeur de production de plusieurs de ses films ultérieurs.

Les films des années 1960[modifier | modifier le code]

Lola (tourné en 1960)[10]

En 1959, il réussit à intéresser à son scénario de long métrage Georges de Beauregard, producteur d’À bout de souffle, de Jean-Luc Godard, mais le budget qu'il obtient est assez restreint (38 millions de francs 1959), de sorte qu'il est obligé de revoir son projet initial à la baisse : noir et blanc au lieu de couleur, moins de chorégraphie, moins de décors. De surcroît, il doit renoncer à Jean-Louis Trintignant, qu'il souhaitait diriger dans le rôle central de Roland Cassard : de fait, il engage Marc Michel, trois jours seulement avant la date du tournage. Le film, rebaptisé Lola (initialement Un billet pour Johannesburg), est marqué par sa première collaboration avec Michel Legrand pour la musique[11].

Les Sept Péchés capitaux (sketch La luxure) (1961)[12]

Après la sortie de Lola, qui n'en fait pas encore un cinéaste de premier plan, Jacques Demy est invité à participer au film à sketches Les Sept Péchés capitaux dans lequel il tourne le sketch La Luxure.

En même temps, il met au point le scénario des Parapluies de Cherbourg et travaille déjà sur la musique de ce film avec Michel Legrand. Cette fois, il réussit à intéresser à ce projet la productrice Mag Bodard, mais il se passera pas mal de temps avant qu'elle rassemble les financements nécessaires[13].

La Baie des Anges (1963)[14]

Au cours d'un passage à Cannes lors du festival, Jacques Demy entrevoit la possibilité d'un film sur le jeu, film qui va être rapidement mis en route et réalisé grâce à l'appui de Jeanne Moreau, sous le titre La Baie des Anges[1].

Les Parapluies de Cherbourg (1964)[15]

Le budget finalement réuni par Mag Bodard est de 1 300 000 francs, avec une participation de la 20th Century Fox. Le film, tourné dans des conditions satisfaisantes, obtient immédiatement un succès public et critique. Il gagne le prix Louis-Delluc dès janvier 1964, puis la Palme d'or à Cannes[16]. En France le public plébiscite le film avec 1,3 million de spectateurs et le succès du film à l’étranger (notamment au Japon) donne à Jacques Demy et aux autres protagonistes : Mag Bodard, Michel Legrand et Catherine Deneuve, une immense notoriété internationale[17].

Les Parapluies de Cherbourg est relié à Lola par le personnage de Roland Cassard, qui évoque son ancien amour pour Lola sur une vue du Passage Pommeraye désert, mais aussi par celui de Cécile Desnoyers, venue de Nantes à Cherbourg, à laquelle Geneviève fait allusion en passant.

Les Demoiselles de Rochefort (1967)[18]

Malgré le succès des Parapluies de Cherbourg, le financement des Demoiselles de Rochefort n'a pas été très facile[N 14] parce que le budget nécessaire est énorme pour l'époque. Une coproduction franco-britannique est d'abord envisagée, mais n'aboutit pas ; en revanche, Mag Bodard parvient à obtenir la participation de Warner-7 Arts, qui permet de doubler le budget (atteignant 6 000 000 de francs 1966) et d'amener dans la distribution les acteurs américains Gene Kelly et George Chakiris.

Après Les Demoiselles de Rochefort, Jacques Demy part aux États-Unis, où il est déjà allé deux fois : en 1965, alors que Les Parapluies de Cherbourg avait été sélectionné pour les Oscars ; il a alors fait la connaissance d'un cadre de Columbia, Jerry Ayres ; en 1966, lors de l'engagement de Gene Kelly. Cette fois il est invité par le Festival de San Francisco, mais il va rester plus de deux ans aux États-Unis.

Model Shop (1969)[19]

Jerry Ayres lui donne la possibilité de tourner un film pour Columbia. Très rapidement Jacques Demy élabore son sujet, autour de sa propre fascination pour Los Angeles et le pays en général. Columbia accepte le sujet sous réserve d'une limite budgétaire (1 000 000 $) que le film sera loin d'atteindre (700 000 $). Model Shop reprend le personnage de Lola, mais un certain nombre de difficultés qui apparaissent détourneront par la suite Jacques Demy d'essayer d'établir des liens aussi forts entre ses films. Model Shop n'est pas dans la tonalité des films précédents : Demy examine un bout des États-Unis avec une attention quasi documentaire. Il veut représenter Los Angeles à travers sa vision européenne[20]. Harrison Ford avait été pressenti de façon très sérieuse pour ce film, mais c'est finalement Gary Lockwood (Frank Poole dans 2001, l'Odyssée de l'espace) qui a eu le rôle[21].

Sorti à New-York, Model Shop est un échec immédiat ; en France, le film n'est pas doublé, il reste donc limité au circuit Art et Essai. Malgré tout, ayant été peu coûteux, le film couvre ses dépenses grâce à la télévision et cet échec n'est pas porté au débit de Jacques Demy qui reçoit une nouvelle proposition (Walking in the Spring Rain, avec Ingrid Bergman et Anthony Quinn). Mais il préfère rentrer en France pour son projet personnel de Peau d'Âne, Mag Bodard lui ayant annoncé que le budget en était prêt[22].

Les années 1970[modifier | modifier le code]

Peau d'Âne (1970)[23]

Jacques Demy a élaboré le scénario et les dialogues, et la musique composée par Michel Legrand, au cours de son séjour américain. La production associe Mag Bodard et la Paramount (et sa filiale française Marianne Films). Mais le tournage va être plus difficile que prévu, malgré l'enthousiasme de l'équipe, en raison de l'insuffisance du budget de départ (4 000 000 de francs) obligeant à une très forte limitation du décor et de la figuration. Bernard Evein ayant évalué le coût du décor à 700 000 francs, au lieu de 350 000 envisagés par la production, abandonne le projet. Jacques Demy et Catherine Deneuve mettent leur salaire en participation. Malgré tout, le budget sera dépassé (4 800 000).

Les mouvements pop art et peace and love que Demy découvre aux États-Unis pendant le tournage de son précédent film, influencent celui-ci où l'on retrouve des décors très colorés[24].

Le Joueur de flûte ou The Pied Piper (1972)[25]
L'Événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la Lune (1973)[26]

Le scénario d'Une chambre en ville est au point au début de 1973 et la musique est composée en 1973-74, non pas par Michel Legrand qui n'a pas voulu travailler sur ce sujet, mais par Michel Colombier. En 1976, il semble que la réalisation soit très proche, avec Gaumont (Daniel Toscan du Plantier) et Planfilm comme producteurs, mais surviennent un certain nombre d'obstacles. Tout d'abord, le refus de Catherine Deneuve d'utiliser le play-back, puis le refus des producteurs de confier le premier rôle féminin à Dominique Sanda et pour terminer, les problèmes de Gaumont dus à l'échec de plusieurs films de cette époque.

Jacques Demy reçoit de Rolf Liebermann à l'Opéra de Paris la proposition de mettre en scène l'opéra de Jean-Philippe Rameau Platée, mais c'est lui qui décline finalement[5], ne voyant pas ce qu'il pourrait apporter à cette œuvre[N 15].

En 1975, alors qu'il cherche des producteurs pour Une chambre en ville, Jacques Demy élabore un scénario pour Yves Montand : Dancing (futur Trois places pour le 26) puis en 1976, celui de Constance, quelquefois (futur projet Kobi), deux projets qui n'aboutissent pas dans l'immédiat.

Autre projet avorté : celui de tourner un film en URSS, dans le cadre des coproductions internationales qui ont abouti par exemple au film d'Akira Kurosawa Dersou Ouzala. Le scénario d'Anouchka, écrit par Jacques Demy en 1975 est fondé sur le tournage d'un film musical d'après le roman de Tolstoï Anna Karénine. Le projet, qui était très avancé, est abandonné en 1978[5].

Lady Oscar (1978)[27]

En fin de compte, c'est du Japon qu'il va obtenir la possibilité de réaliser un nouveau film avec Lady Oscar. Dans la filmographie de Jacques Demy, la présence de ce film japonais, qui n'a pour ainsi dire pas été exploité en France (et en Europe en général), mais qui a été un succès au Japon et en Asie, repose sur le souvenir que le Japon a gardé des Parapluies de Cherbourg[5]. Le sujet est issu de La Rose de Versailles, un manga historique japonais sur la Révolution française. Le film est tourné en France, avec une distribution anglaise, où apparaissent quelques Français comme Georges et Lambert Wilson[27].

Les années 1980[modifier | modifier le code]

Durant cette période, Jacques Demy a tourné quelques films publicitaires, notamment en 1981, des spots de promotion de la lecture et en 1986, une commande du Ministère des Affaires étrangères sur les succès de la recherche française (spots dans lesquels apparaît Mathieu Demy).

La Naissance du jour (1980)

En 1979, Jacques Demy reçoit la proposition de tourner pour la chaine de télévision FR3 une adaptation du livre de Colette. Il refuse d'abord, mais devant l'insistance de plusieurs protagonistes, notamment la fille de Colette, il finit par accepter.

Une chambre en ville (1982)[28]

La situation de Une chambre en ville se résout en quelque sorte à la suite de la victoire de François Mitterrand en 1981. Grâce à Dominique Sanda, une des actrices de La Naissance du jour, il est mis en contact avec Christine Gouze-Rénal, qui accepte le projet, en partie dit-elle dans l'euphorie de l'après mai 81.

Le film renoue avec de plus anciens : entièrement chanté comme Les Parapluies de Cherbourg, situé à Nantes, comme Lola (un des personnages de Lola est d'ailleurs évoqué dans le film, par le biais d'une note de réparation de téléviseur) mais présente plusieurs traits originaux : l'intervention explicite du conflit social, puisque l'action se déroule en 1955 pendant les grèves de la construction navale de Nantes et Saint-Nazaire ; l'explicitation de la relation sexuelle ; la radicalisation de la passion amoureuse, qui débouche sur la mort. À noter que cette fois-ci, c'est Michel Colombier qui compose la bande originale du film, Michel Legrand à qui Demy a demandé d'écrire la partition ayant refusé car il pense que le film ne marchera pas. Gérard Depardieu et Catherine Deneuve sont pressentis pour incarner les rôles titres. Cependant, Deneuve, ne voulant pas être doublée pour le chant, refuse le rôle, entrainant la défection de Depardieu par la même occasion[5].

À sa sortie, Une chambre en ville n’est pas un succès commercial[29]. Cet échec est aggravé par « l'affaire Une chambre en ville » : un certain nombre de critiques de cinéma dénoncent dans la presse cet insuccès de Jacques Demy en mettant la sortie simultanée de L'As des as, de Gérard Oury; ils s'attirent une réplique de l'acteur principal de L'As des as, Jean-Paul Belmondo. Jacques Demy, qui n'est pour rien dans l'affaire, exprime simplement ses remerciements aux critiques qui l’ont soutenu.

Parking (1985)[30]

Un scénario écrit dans les années 1970 d'après le mythe d'Orphée trouve un producteur à cette époque, mais avec la condition de pouvoir présenter le film au festival de Cannes suivant, soit quelques mois après seulement (il n'est, finalement, pas terminé à temps[31]). Le résultat est une précipitation qui, ajoutée à une certaine insuffisance budgétaire, fait que le film est largement raté, notamment du point de vue Jacques Demy lui-même qui l'a déclaré exclu de sa filmographie. Demy vit également mal le fait que l'acteur principal Francis Huster ait obtenu du producteur de pouvoir interpréter lui-même les chansons du film, avec un résultat que le réalisateur juge catastrophique. Sur le plan commercial, c'est un échec[29].

Trois places pour le 26 (1988)[32]

En 1986, Jacques Demy propose à Yves Montand son scénario Kobi, que Montand refuse, mais il intéresse Claude Berri (on est peu de temps après la sortie de Jean de Florette) à un autre projet de Demy, qui va être retravaillé pour se fonder pour une part importante sur la biographie authentique de Montand. Claude Berri accorde à Jacques Demy des conditions de préparation et tournage tout à fait satisfaisantes[5]. Ce film sera pourtant un demi échec sur le plan commercial.

La Table tournante, collaboration avec Paul Grimault (1988)[33]

Durant les années 1983-84, Jacques Demy assiste Paul Grimault pour la réalisation d'un film de rétrospective de ses dessins animés de court métrage. Il s'agit de présenter ces courts-métrages (ou des extraits) en les liant par une trame dans laquelle Paul Grimault dialogue avec un clown animé[5]. Au cours de cette présentation intervient aussi Anouk Aimée, la voix de la bergère dans La Bergère et le Ramoneur (1949).

Reprise du projet Kobi et Jacquot de Nantes

Le tournage de Trois places pour le 26 a été marqué par deux hospitalisations de Jacques Demy et celles-ci vont devenir plus fréquentes. Il reprend le scénario de Kobi et un travail de préparation est lancé, mais finalement abandonné compte tenu de l'état de santé du cinéaste.

Il consacre dès lors ses loisirs forcés à la rédaction de ses souvenirs d'enfance, qu'il communique au fur et à mesure à Agnès Varda ; en mars 1990, celle-ci décide d'en faire un film, qui est tourné dès le printemps et l'été de 1990 ; après une interruption à la mort de Jacques Demy, ce film est achevé au début de 1991.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Tombe de Jacques Demy au cimetière du Montparnasse.

Jacques Demy et Agnès Varda se sont rencontrés au festival du court métrage de Tours en 1958 et se sont mariés en 1962. Ils ont eu un fils, Mathieu Demy, né en 1973, et Jacques Demy a adopté la fille d'Agnès Varda, Rosalie Varda[34], qui est costumière et la fille biologique d'Antoine Bourseiller. Ils avaient une demeure à Paris et une propriété (un ancien moulin) sur l'île de Noirmoutier en Vendée. C'est à Noirmoutier qu'ont été tournés les plans de Jacques Demy sur une plage dans Jacquot de Nantes. Agnès Varda lui a rendu hommage dans ses films Jacquot de Nantes (1991), Les demoiselles ont eu 25 ans (1993) et L'Univers de Jacques Demy (1995).

Jacques Demy meurt en 1990, officiellement d'un cancer[35]. Il est enterré au cimetière du Montparnasse (9e division). Ce n'est qu'en 2008 qu'Agnès Varda révèle que la véritable cause de la mort de Demy était le sida[36],[34]. Jacques Demy n'avait pas souhaité, en 1990, que la véritable cause de son décès soit dévoilée[37].

Pendant ses études, il n'avait pas appris de langue étrangère. Il a appris l'anglais durant les années 1960, en suivant des cours et des stages, ainsi qu'en séjournant aux États-Unis. À l'époque du projet Anouchka, qui a duré plusieurs années, il a aussi appris le russe[38].

Au début des années 1970, il a passé (à l'exemple de Michel Legrand) un brevet de pilotage d'avion de tourisme[39].

Le cinéma de Jacques Demy[modifier | modifier le code]

Musique de film[modifier | modifier le code]

Les films de Jacques Demy accordent une grande place à la musique. Il a souvent fait appel à Michel Legrand pour composer les musiques. Excepté les long-métrages produits à l'étranger, seule la bande originale d’Une chambre en ville est composée par un autre compositeur : Michel Colombier[5].

Demy s'attelle lui-même aux textes, et allant même à deux occasions jusqu'à réaliser des films entièrement chantés : Les Parapluies de Cherbourg et Une chambre en ville. Ces deux films du reste se démarquent paradoxalement de son univers féerique pour explorer le sentimental dans une description sociale méticuleuse. Il est probablement le seul réalisateur en dehors des États-Unis à avoir obtenu un succès international dans le domaine du film musical avec Les Parapluies de Cherbourg (Palme d'Or au festival de Cannes) et de la comédie musicale avec Les Demoiselles de Rochefort.

Entre imaginaire et réalité[modifier | modifier le code]

Les contes, les légendes, voire le féerique, sont très présents dans ses films : Peau d'Âne d'après Charles Perrault, Le joueur de flûte dans la légende du joueur de flûte de Hamelin, Parking d'après le mythe d'Orphée ; dans les Demoiselles de Rochefort, il y insère des éléments de la vie quotidienne et ses problèmes pour obtenir des films mêlant rêve et réalité[40].

Cette frontière entre réalité et conte se retrouve également dans la localisation de ses films. Enfant du bord de mer, Jacques Demy plaça l'action de nombre de ceux-ci dans une cité portuaire, lieu frontière entre terre et mer, entre réalité et rêve, entre quotidien et évasion, et espace de rencontre entre plusieurs horizons : Lola et Une chambre en ville à Nantes ; Les Parapluies de Cherbourg ; Les Demoiselles de Rochefort ; La Baie des Anges à Nice ; Trois places pour le 26 à Marseille. Dans ce dernier film, il offre à Yves Montand son seul rôle chantant et dansant au cinéma.

Dans la continuité[modifier | modifier le code]

Jacques Demy insère des clins d'œil à ses films précédents dans certains longs métrages, comme s'ils formaient ensemble une longue histoire découpée[5]. Par exemple Roland Cassard, diamantaire amoureux de Lola épouse Geneviève dans Les Parapluies de Cherbourg, après avoir fait fortune aux États-Unis. De même, la mère et ancienne danseuse qu'il rencontre à Nantes, avant qu'elle ne parte retrouver sa fille à Cherbourg chez son beau-frère coiffeur, est découpée en morceaux dans Les Demoiselles de Rochefort. En examinant ses films, on s'aperçoit qu'aucune rencontre n'est insignifiante.

Des thèmes sombres[modifier | modifier le code]

Sous le couvert de films en apparence colorés et chantants, l’univers de Demy est extrêmement sombre. Ses films ont pour la plupart des conclusions malheureuses, excepté pour Les demoiselles de Rochefort[40] bien que les deux amoureux principaux se loupent jusqu'à la fin sans jamais se rencontrer. Jacques Demy avait tout de même confié lors d'une conférence après une projection d'Une chambre en ville à la Cinémathèque française dans les années 1980, qu'il avait envisagé dans un premier scénario que Maxence se faisait écraser par le camion dans lequel Delphine et sa sœur montent à Paris. La figure du père y est montrée très négativement (La Baie des Anges), ou purement et simplement absente (Lola, Trois places pour le 26). Lorsqu’il revient chercher sa femme et son fils (Lola), c’est pour repartir plus tard (Model Shop). Dans la majeure partie des films, il est décédé et la mère vit seule avec sa fille (Lola, Les Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort, Une chambre en ville où le couple veuve-fille est présent deux fois). On relève aussi une fascination pour l’aristocratie, même déchue, de la part d’un fils d’ouvrier : les mères veuves sont parfois baronnes (Une chambre en ville, Trois places pour le 26). Enfin, le cinéma de Demy est hanté par l’idée de l’inceste (Peau d’Âne, Parking, Une chambre en ville, Trois places pour le 26) et par la bisexualité (ambigüe dans Lady Oscar, la jeune femme élevée en garçon par son père ; montrée dans Parking, où Orphée, marié, est amoureux d’un homme, où Eurydice porte des vêtements masculins ; évoquée sous forme de comédie : l’homme enceint de L'Événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la Lune)[41]. Par ailleurs, Demy a été, à ses débuts, un documentariste sensible et rigoureux s’exprimant dans des courts-métrages en noir et blanc (Le Sabotier du Val-de-Loire, Ars…)[N 16].

Héritage[modifier | modifier le code]

Créateur d'une œuvre ayant marqué plusieurs générations de spectateurs, il ne s'est trouvé personne pour poursuivre sa voie, hormis des hommages, parfois parodiques. Néanmoins, Jeanne et le Garçon formidable en 1998 en reprend les fondements en les adaptant à l'époque. En 1991, Agnès Varda réalise : Jacquot de Nantes, film biographique sur la vie du jeune Jacques Demy, son futur mari.

Le cinéaste Christophe Honoré revendique l'héritage de Demy. Comme Demy, il intègre régulièrement des chansons dans ses films (Les Chansons d'amour 2007, Les Bien-Aimés 2011). Il considère Lola comme son « film fétiche » : « On a tous un film fétiche, qui nous appartient, nous accompagne. Le mien, c'est Lola, le premier film de Demy que j'ai vu. Il m'a surpris et touché. La façon dont Demy jouait avec les comédiens et la bande-son, en n'hésitant pas à créer entre eux les décalages, quelle audace ! Pour moi, tout devenait soudain possible[42]. »

Filmographie[modifier | modifier le code]

La filmographie de Jacques Demy est disponible dans un coffret intitulé Intégrale Jacques Demy, comprenant 12 DVD, un CD audio[N 17] et un livret de photos. Cependant, malgré son intitulé, ce coffret n'inclut pas les courts-métrages Musée Grévin et La Mère et l'enfant.
Référence : Intégrale Jacques Demy, Ciné-Tamaris, 2008, DVD (EAN 3333290001615) : Édité par Ciné-Tamaris Vidéo et Arte Vidéo, avec le soutien du CNC, du Comité Jean Cocteau, de la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent et de l'INA[43].

Courts métrages[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Réalisateur
Assistant réalisateur

Box office [45][modifier | modifier le code]

Film Année de production Entrées en France
Lola 1961 620 690
La Baie des Anges 1963 542 960
Les Parapluies de Cherbourg 1964 1 322 784
Les Demoiselles de Rochefort 1967 1 434 295
Model Shop 1969 48 009
Peau d'âne 1970 2 669 661
Le Joueur de flûte 1972 75 108
L'Événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la Lune 1973 350 379
Lady Oscar 1979 3 319
Une chambre en ville 1982 231 624
Parking 1985 142 035
Trois places pour le 26 1988 295 017

Annexes[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lola, découpage et dialogue intégral, revue L'Avant-Scène Cinéma, no 4, 15 mai 1961.
  • Jacques Demy, Les Demoiselles de Rochefort, texte du film, Solar, 1967.
  • Peau d'âne, film de Jacques Demy d'après le conte de Charles Perrault, Éditions des Deux Coqs d'or, 1970.
  • Jacques Demy, Les Parapluies de Cherbourg, comédie « en chanté », musique de Michel Legrand, collection « Musique et musiciens », Lattès, 1979.
  • Serge Toubiana, « Jacques Demy ou le bel entêtement », Cahiers du cinéma, no 438,‎ décembre 1990, p. 5
  • Xavier Carrère, « Demy ou la fêlure », Trafic, no 14,‎ printemps 1995, p. 114
  • Jean-Pierre Berthomé (préf. Paul Guimard), Jacques Demy et les racines du rêve, Nantes, Éditions L'Atalante,‎ 1996 (1re éd. 1982) (ISBN 2-84172-042-X)
    Jean-Pierre Berthomé, né en 1944 ou 1945, est professeur à l'université Rennes 2, Département Arts Lettres Communication, Spécialité Arts. Il a écrit plusieurs livres sur l'art et la technique du cinéma. En ce qui concerne Jacques Demy, Jean-Pierre Berthomé est dès son adolescence un cinéphile assidu au ciné-club de Nantes. Il assiste au tournage du film Lola et suit avec intérêt la carrière ultérieure de Jacques Demy. En 1976, il commence une série d'entretiens avec le cinéaste, puis décide d'écrire un livre sur lui. Il élabore d'une part une thèse de 3° cycle soutenue en 1981 à l'université Paris-1 sous le titre L'œuvre de Jacques Demy (source : Catalogue du SUDOC), d'autre part la version grand public publiée en 1982 par la librairie L'Atalante. En 1996, il ajoute les chapitres finaux, mais ne change pratiquement pas ceux de la version d'origine.
  • Les Parapluies de Cherbourg, étude critique de Jean-Pierre Berthomé, collection « Synopsis », no 27, Nathan, 1995.
  • Camille Taboulay, Le Cinéma enchanté de Jacques Demy, Paris, Cahiers du cinéma,‎ 1996 (ISBN 978-2866421670)
  • Gérard Pangon et Camille Taboulay, Cannes, 1964 : Les Parapluies de Cherbourg, collection « Les années-festival », Mille et une nuits et Arte éditions, 1997.
  • Jean-Marc Lalanne, « Noirceur et féerie de Jacques Demy », Cahiers du cinéma, no 511,‎ mars 1997, p. 60
  • Philippe Colomb, « L'étrange Demy-monde », dans Marie-Hélène Bourcier, Q comme queer : les séminaires Q de 1996-1997, Cahiers GKC, coll. « Question de genre »,‎ 1998, p. 39
  • Michel Marie, Les Demoiselles de Rochefort, collection « Cahier de notes », Les enfants de cinéma, non daté.
  • Alain Philippon, Peau d'Âne, collection « Cahier de notes », Les enfants de cinéma, 2001.
  • Jacques Demy, Chansons et textes chantés, Éditions Léo Scheer,‎ 2004 (ISBN 978-2915280623)
  • Laurent Jullier, Abécédaire des Parapluies de Cherbourg, collection « Ciné-création », no 1, Éd. de l'Amandier, 2007.
  • Marie Colmant et Olivier Père, Jacques Demy tout entier, Paris, Éditions de La Martinière, coll. « Hors collection »,‎ 2010 (ISBN 978-2732441771)
  • Revue 303, no 115, spécial Jacques Demy, ouvrage collectif sous la direction éditoriale de Jérôme Baron, Conseil régional des Pays de la Loire, mai 2011.
  • Le Monde enchanté de Jacques Demy, catalogue d’exposition, Skira-Flammarion-La Cinémathèque française-Ciné-Tamaris, 2013 (préface de Costa-Gavras).
  • Raphaël Lefèvre, Une chambre en ville, collection « Côté Films », no 23, Yellow Now, 2013.
  • Les Demoiselles de Rochefort, découpage et dialogue intégral, revue L’Avant-Scène Cinéma, no 602, avril 2013.
  • Alain Naze, Jacques Demy, l'enfance retrouvée, collection « Quelle drôle d'époque ! », L'Harmattan, 2014.
  • Jacques Layani, Jacques Demy, un portrait personnel, L'Harmattan, 2014.

Films sur Jacques Demy[modifier | modifier le code]

Hommages, expositions et rétrospectives[modifier | modifier le code]

La plaque de la place Jacques-Demy à Paris.
Plaque de la place Jacques-Demy à Paris.
  • En 2000, une place Jacques-Demy est inaugurée dans le 14e arrondissement de Paris.
  • La médiathèque Jacques-Demy est le principal établissement du réseau nantais des médiathèque. L'exposition Un Nantais nommé Jacques Demy[46] y était visible du 24 octobre 2010 au 26 février 2011.
  • Circuit Sur les Pas de Jacques Demy à Nantes proposé par Nantes Tourisme[47].
  • Happy Manif sur les traces de Jacques Demy, 19 février 2011.
  • De mai à septembre 2011, la ville de Rochefort commémora en divers lieux de la ville le 45e anniversaire du tournage des Demoiselles de Rochefort en organisant des expositions, des visites commentées de quelques lieux de tournage, une rétrospective des films de Jacques Demy ainsi que des prestations dansées par des troupes ou des volontaires sur des extraits chantés du film. De plus, il était prévu le samedi 17 septembre 2011, à l'occasion des Journées Européennes du Patrimoine, et pour clore cette commémoration, une projection du film à 21 h sur la place Colbert, lieu principal du tournage original, mais celle-ci dut être annulée in extremis en raison d'une mauvaise météo[48].
  • Du 10 avril au 4 août 2013, la Cinémathèque française organise une rétrospective du cinéaste « Le Monde enchanté de Demy », avec diffusions des classiques en salles dans toute la France[49]. Ces films ayant été tournés à l'origine en argentique, la société Ciné-Tamaris, qui œuvre notamment à la diffusion du travail de Jacques Demy, a remastérisé la filmographie du réalisateur emblématique de la Nouvelle Vague afin qu'elle soit adaptée aux techniques de projections actuelles.
  • Le jeudi 16 mai 2013, à l'occasion du Festival de Cannes 2013 et en hommage à Jacques Demy, le film Palme d'Or 1964 Les Parapluies de Cherbourg (copie restaurée), a été projeté en avant-première.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La tombe du grand-père Jacques Demy apparaît dans la première scène de Jacquot de Nantes
  2. En 1939, il sera mobilisé comme ouvrier de l'armement à l'usine nantaise de la Société des Batignolles (cf. Jacquot de Nantes).
  3. Dans Jacquot de Nantes, l'adresse donnée est « garage de l'Hôtel de Ville, quai des Tanneurs ».
  4. Le cinéma Katorza fonctionne encore près du théâtre Graslin ; l'Apollo a été fermé en 2000.
  5. Théâtre de la famille Créteur, qui a encore fonctionné longtemps après la guerre
  6. La Pierre Percée est un hameau de la commune de La Chapelle-Basse-Mer
  7. La chronologie dans Jacquot de Nantes est parfois différente de celle proposée par (Berthomé 1996).
  8. Les extraits qui apparaissent dans Jacquot de Nantes sont des reconstitutions. Au moment du tournage de ce film, Agnès Varda a retrouvé dans le grenier du garage des pellicules 9,5 mm desséchées et deux personnages de carton de Attaque nocturne. Le décor et les autres personnages de ce film d'animation ont été reconstitués de mémoire par Jacques Demy, aucun élément de pellicule ne subsistant, et le film a été de nouveau photographié image par image. Le Pont de Mauves et La Ballerine ont aussi été refaits, en copiant les pellicules disponibles (voir la présentation des trois films d'animation dans le coffret Intégrale Jacques Demy).
  9. À l'origine École Launay ; la dénomination Launay est encore couramment utilisée ; l'établissement s'appelle en fait Collège Leloup-Bouhier depuis 1935, actuellement Lycée professionnel Leloup-Bouhier, 11, boulevard de Launay, Nantes.
  10. Cf. documents présentés dans L'Univers de Jacques Demy, une carte de collégien et une attestation scolaire de 1948, en partie tronquée, de sorte qu'on ne voit pas s'il a obtenu ces diplômes ou s'il va les préparer l'année suivante. Un document présenté à l'exposition de Nantes 2010-2011 (cahier de géométrie) montre clairement qu'en 1948-49, Jacques Demy est encore au collège Launay, en 1°I
  11. Ces études de Jacques Demy aux Beaux-Arts de Nantes ne sont pas du tout évoquées dans Jacquot de Nantes alors qu'il comporte plusieurs scènes concernant le collège Launay.
  12. Budget de 4 millions de francs 1955, 25 % venant de Georges Rouquier, 75 % de Pathé.
  13. Jacques Demy dira par la suite avoir été le dernier cinéaste à avoir dirigé Grace Kelly, dans la scène de la visite de la galerie des ancêtres. Il évoquera aussi l'agrément de tourner avec de gros moyens financiers.
  14. Les Parapluies de Cherbourg et Les Demoiselles de Rochefort seront remastérisés en 32 bits par Agnès Varda en 1999.
  15. En 1972, il avait mis en scène Le Rossignol d'Igor Stravinski
  16. Ces points ont été développés par les deux biographes du cinéaste (Berthomé 1996 et Taboulay 1996).
  17. Ce CD contient une introduction par Michel Legrand, puis les versions de travail de plusieurs airs des Parapluies de Cherbourg (Sur le quai, Chez Dubourg, La gare), des Demoiselles de Rochefort (Chansons des jumelles, de La femme coupée en morceaux, de Simon, de Solange) et de Trois places pour le 26 (L'interview, Ensemble) ; de Peau d'âne (une version différente de Amour, amour).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Agnès Varda, L'Univers de Jacques Demy, 1995.
  2. a et b Interview de Christian Jaque dans « Restez donc avec nous le lundi », TF1, 24/05/1976.
  3. a, b, c, d et e Biographie de Jacques Demy sur cineressources.net, consulté le 2 janvier 2010.
  4. a et b Berthomé 1996, Chapitre I
  5. a, b, c, d, e, f, g, h et i Jacques Demy sur lesgensducinema.com, consulté le 15 février 2010.
  6. Le Bel Indifférent, sur cineressources.net, consulté le 2 janvier 2010.
  7. Le Musée Grévin sur cineressources.net, consulté le 2 janvier 2010.
  8. La Mère et l'Enfant sur cineressources.net, consulté le 2 janvier 2010.
  9. Ars sur cineressources.net, consulté le 2 janvier 2010.
  10. Lola sur cineressources.net, consulté le 4 janvier 2010.
  11. Stéphane Pajot, « Jacques Demy parle de Lola », Presse-Océan,‎ 6 décembre 2009 (ISSN 1144-3596, lire en ligne)
  12. Les Sept péchés capitaux : La Luxure sur cineressources.net, consulté le 4 janvier 2010.
  13. « Mag Bodard », Les Producteurs, France Régions 3, 14/05/1985
  14. La Baie des anges, sur cineressources.net, consulté le 4 janvier 2010.
  15. Les Parapluies de Cherbourg sur cineressources.net, consulté le 4 janvier 2010.
  16. « Festival de Cannes  : le palmarès 1964 » sur festival-cannes.com, consulté le 5 janvier 2010.
  17. « Les Parapluies de Cherbourg : Secrets de tournage » sur allocine.fr, consulté le 6 janvier 2010.
  18. Les Demoiselles de Rochefort sur cineressources.net, consulté le 4 janvier 2010.
  19. The Model Shop sur cineressources.net, consulté le 4 janvier 2010.
  20. Alexander Horwath, Thomas Elsaesser, Noel King, The Last Great American Picture Show: New Hollywood Cinema in the 1970s, Amsterdam University Press, 2004 (ISBN 9789053566312), p. 90
  21. Laurence Caracalla Harrison Ford, Silverback Books, 2007 (ISBN 9782752802477), p. 18
  22. Source des deux parties précédentes : Jean-Pierre Berthomé, Jacques Demy. Les extraits des fiches techniques indiquent des interventions notables du point de vue de la biographie de Jacques Demy.
  23. Peau d'Ane sur cineressources.net, consulté le 4 février 2010.
  24. Le Film vu par Rosalie Varda, supplément du DVD Peau d'âne (Ciné-Tamaris / Arte Vidéo).
  25. The Pied Piper sur cineressources.net, consulté le 4 février 2010.
  26. L'Événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la lune sur cineressources.net, consulté le 4 février 2010.
  27. a et b Lady Oscar sur cineressources.net, consulté le 4 février 2010.
  28. Une chambre en ville sur cineressources.net, consulté le 4 février 2010.
  29. a et b Biographie de Jacques Demy sur premiere.fr, consulté le 9 mai 2010.
  30. Parking sur cineressources.net, consulté le 4 février 2010.
  31. Interview de Jacques Demy, Soir 3, 27 mai 1985
  32. Trois places pour le 26 sur cineressources.net, consulté le 4 février 2010.
  33. La Table tournante sur cineressources.net, consulté le 4 février 2010.
  34. a et b Mathilde Blottière, « Les films de Jacques Demy enfin édités en DVD », Télérama, 15 novembre 2008.
  35. Comme au cinéma, 20 septembre 2005
  36. Interview parue dans Têtu en novembre 2008.
  37. « Rencontre avec Agnès Varda », lekinorama.com, 5 décembre 2008
  38. Témoignage d'Hélène Demy dans L'Univers de Jacques Demy. Il admirait sa sœur parce qu'elle était devenue professeur d'anglais.
  39. Son brevet de pilote est présenté dans L'Univers de Jacques Demy.
  40. a et b « Portrait de Jacques Demy », L'Art en tête, FR3, 23 mai 1987.
  41. Raphaël Lefèvre, « Jacques Demy et le sexe : Le puritain malicieux », Critikat,‎ 24 juillet 2012 (lire en ligne)
  42. Thomas Baurez, « Christophe Honoré, un cinéaste sous influence ? », L'Express,‎ 26 août 2011 (lire en ligne)
  43. « Catalogue », Ciné-Tamaris
  44. La Luxure sur le site Ciné-Ressources
  45. [1] sur le site Box Office Story
  46. Gérard Lefort, « Danse avec Lola », Libération, 23/10/2010.
  47. Office de tourisme de Nantes Métropole
  48. lesdemoisellesderochefort.fr
  49. Page du site officiel de la cinématèque française dédiée à l'exposition

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :