Pierrot le fou

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Pierrot le fou est un film franco-italien réalisé par Jean-Luc Godard, sorti en 1965.

Sommaire

[modifier] Synopsis

Ferdinand Griffon est un homme qui vit avec sa femme et leurs enfants. Il est un peu désabusé car il vient de perdre son emploi à la télévision. Un soir, alors qu'il revient d'une désolante soirée mondaine chez ses beaux-parents, il se rend compte que la baby-sitter qui était venue garder ses enfants est un ancien flirt, Marianne. Il décide de tout quitter et de partir avec elle vers le Sud de la France, dans un grand périple où se mêleront trafic d'armes, complots politiques, rencontres incongrues, mais aussi des pauses bucoliques et des déchirements amoureux…

[modifier] Commentaire

Sur le thème éternel de l'amour et de la mort, Jean-Luc Godard signe un film éclatant, coloré et poétique. Coloré... au sens propre : les couleurs rouge et bleu sont fréquemment associées dans les décors, ou sous forme de filtres colorant certaines scènes. Des objets tricolores (bleu, blanc, rouge) sont parfois aussi donnés à voir (un drapeau, une enseigne de cinéma apparaissant fugitivement entre deux scènes...). Et si on a parlé de film poétique, c'est entre autres parce que des pages de poésie en prose, de réflexions littéraires et autres calligrammes apparaissent périodiquement.

Le rejet de la société de consommation, le droit au bonheur et au rêve sont rendus à travers une cavale de Paris vers la Méditerranée. Les références à la peinture, la littérature et la bande dessinée sont nombreuses - et on reconnaît aussi nombre de slogans publicitaires de l'époque dans les dialogues.

La surprise est au bout de chaque séquence et le final s'avère explosif.

Bien qu'il ne soit jamais nommé, Rimbaud est constamment présent à travers les citations ("Une saison en enfer", "L'amour est à réinventer", "La vraie vie est ailleurs",... ainsi que la citation finale). Rimbaud apparaît d'ailleurs dans un portrait en noir et blanc (citation cinematographique), orné de voyelles de couleurs. Enfin, l'attitude de certains personnages rappelle l'attitude de Rimbaud (Ferdinand et Marianne, désargentes, se refusent à travailler ; Fred fait du trafic d'armes en Afrique, pour ne pas parler de la fuite vers le Sud). Louis-Ferdinand Céline apparaît par la citation cinématographique de ses deux romans: Guignol's Band et Le pont de Londres. Ferdinand (dont le prénom à lui seul rappelle Céline) évoque un voyage "au bout de la nuit"...

[modifier] Fiche technique

[modifier] Distribution

[modifier] Autour du film

  • L'histoire est sans rapport avec celle de Pierre Loutrel (voir les propos de Jean-Luc Godard à l'occasion de la selection de Pierrot le fou à la Mostra de Venise)[1]
  • L'histoire du film est aussi librement inspirée d'un roman policier de Lionel White (Titre original « Obsession », en français « Le Démon de Onze Heures »)[2]
  • Lors de sa sortie, Pierrot le fou fut interdit au moins de dix-huit ans pour "anarchisme intellectuel et moral".
  • Louis Aragon a écrit sur Pierrot le fou un article intitulé Qu'est-ce que l'art Jean-Luc Godard. Il cite l'article de Michel Cournot.
  • Le film est à l'origine de la vocation de cinéaste de Chantal Akerman, qui a su vouloir faire du cinéma après avoir vu ce film à 15 ans.
  • Leos Carax fait de nombreuses références à Pierrot le fou dans Les Amants du Pont-Neuf.
  • Laurent Baffie fait sans doute un clin d'œil à Pierrot le fou dans son film Les Clés de bagnole en commandant systématiquement deux demis. Ferdinand-Pierrot ayant la même habitude dans le film de Godard, explique qu'il aime, après en avoir fini « un », qu’il lui en reste « la moitié ».
  • En clin d'œil au film, Mathieu Kassovitz a intitulé son premier film : Fierrot le pou.
  • C'est également en référence à son titre, que le fameux blog de Pierre Ménès est intitulé Pierrot le Foot.
  • Un épisode de Cowboy Bebop s'appelle aussi Pierrot le Fou.
  • Dans la scène de voiture de Sin City (film de Robert Rodriguez) qu'il a réalisé, Quentin Tarantino utilise le même procédé que Jean-Luc Godard pour évoquer le défilement de la route. Des spots de différentes couleurs passent alternativement de chaque côté du pare-brise.
  • Malgré ce que Jean Luc Godard a essayé lui-même de faire croire, le scénario de ce film ne s'est pas écrit au jour le jour, mais était depuis longtemps pensé par le cinéaste (voir Godard au travail d'Alain Bergala).
  • Le tournage s'est déroulé à Paris, ainsi que sur l'île de Porquerolles, dans le Var.
  • Les rôles principaux devaient au départ être tenus par Michel Piccoli et Sylvie Vartan, mais cette dernière refusa. Le cinéaste décida donc de changer de couple et fit appel à Jean-Paul Belmondo ainsi qu'à Anna Karina, sa première femme, qui collabora pour la sixième fois avec son mari.
  • Jean-Paul Belmondo et Anna Karina chantent eux-mêmes deux chansons dans le film.
  • Le groupe de Metal français Hypno5e a intégré certains passages vocaux du film dans ses compositions.

[modifier] Récompenses

  • Prix de la critique et nomination au Lion d'or de Saint Marc, lors de la Mostra de Venise 1965.
  • Nomination au prix du meilleur acteur étranger pour Jean-Paul Belmondo, lors des BAFTA Awards 1967.

[modifier] Lien externe

Pierrot le fou sur l'Internet Movie Database

Pierrot le fou sur Cinémediafilm

[modifier] Notes et références

  1. Jean-Luc Godard et Anna Karina à la Mostra de Venise 1965, Archive INA
  2. Jean Luc GODARD, cinéaste- écrivain,Julien D'ABRIGEON


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